Poire PARFUM D'HIVER
Synonymes. — Poires : 1. Bouvart ou Bouvert musqué (le Lectier, d'Orléans, Catalogue des arbres cultivés dam son verger et plant, 1628, p. 19 ; — et Merlet, l'Abrégé des bons fruits, édition de 1675, p. 104). — 2. Petit-Bouvert ou Bouvart ( dora Claude Saint-Étienne, Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, 1670, p. 84).
Description de l'arbre. — Bois : faible. — Rameaux : très-peu nombreux et généralement étalés, assez courts, de moyenne grosseur, à peine géniculés, marron clair , aux lenticelles larges , apparentes , clair-semées , aux coussinets m. 32
presque nuls. — Yeux : petits, ovoïdes, légèrement écartés du bois, ayant les écailles grises et mal soudées. — Feuilles : grandes, ovales-allongées, acuminées, à bords faiblement crénelés ou presqu'unis, à pétiole long et fort.
Fertilité. — Abondante.
Poire Parfum d'Hiver. n T „ , , . ,
Culture. — Le iranc est le sujet
que ce poirier préfère ; sa vigueur
laisse à désirer; la croissance de
l'écusson n'a rien d'exceptionnel;
quant aux pyramides , elles sont
irrégulières, peu convenables.
Description du fruit. —
Grosseur : moyenne , et parfois audessus de la moyenne. — Forme :
turbinée très - arrondie , quelque peu bosselée et moins volumineuse d'un côté que de l'autre. — Pédoncule : long, grêle à son milieu, plus fort à ses extrémités , souvent noueux à sa partie supérieure , arqué , obliquement implanté à la surface du fruit et parfois appuyé contre un léger mamelon. — Œil :
grand , bien ouvert , entouré de gibbosités , presque saillant. — Peau : assez rugueuse , à fond jaune olivâtre sombre nuancé de gris , toute parsemée de larges points roux et faiblement lavée de rouge-brique sur le côté du soleil.
— Chair : blanchâtre, demi-fine, cassante ou mi-cassante, aqueuse, très-pierreuse au centre. — Eau : abondante, peu sucrée, assez astringente, fenouillée plutôt que musquée.
Maturité. — Fin de janvier et se prolongeant aisément jusqu'en avril.
Qualité. — Troisième pour le couteau, première pour la cuisson.
Historique. — Bouvard musqué fut le nom primitif de cette poire, dont l'origine échappe à nos recherches ; elle le portait encore uniquement en 1670, mais en 1675 Merlet commençait à lui donner le surnom Parfum d'Hiver, le seul sous lequel on la connaisse aujourd'hui.
« Le Parfum d'Hyver, ou le Bouvart musqué — dit cet auteur — est uue très-belle poire, grosse et ronde, d'un jaune coloré, qui charge bien, et qui est meilleur cuite que crue. » {L'Abrégé des bons fruits, 1075, p. 104.)
En 1670 dom Claude Saint-Étienne l'avait déjà signalée en ces termes, qui la caractérisent parfaitement :
« Le Petit-Bouvert, ou Bouvart, est rond, plus gros qu'une petite balle [de paume] d'un vert gris et un peu rougeastre, musqué, est excellent cru vers la Pcntecoste. » (Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, 1670, p. 84.)
Fnfin nous pouvons ajouter qu'en 1600 on cultivait cette variété à Orléans, dans