‹ Dictionnaire de pomologieChapitre 536 sur 742 · QUI · texte numérisé non relu

QUI

inséré obliquement ou perpendiculairement dans une petite cavité entourée de bosses inégales. — Œil: moyen, mi-clos, profondément enfoncé. — Peau : épaisse, jaune- paille, abondamment ponctuée et nuancée de gris-roux, et quelquefois carminée sur le côté de l'insolation. — Chair : blanche, fine, mi-fondante, juteuse, un peu pierreuse auprès des loges. — Eau : abondante, sucrée, faiblement aromatique mais possédant une saveur aigrelette fort agréable.

Maturité. — Courant de mars et pouvant atteindre le mois de mai.

Qualité. — Deuxième, et parfois première lorsque sa chair est bien parfumée.

Historique. — Recommandable surtout pour la longue conservation de ses fruits, ce poirier provient d'un semis fait en 1846 par M. Boisbunel, pépiniériste à Rouen; son premier rapport remonte à 1860; sa propagation, à 1862. Les Sociétés d'Horticulture de Paris et de Rouen ayant eu à se prononcer sur le mérite de cette variété, l'ont mise au rang des poiriers qu'on doit s'empresser de multiplier. Quant à son obtenteur , en lui donnant le nom du plus célèbre arboriculteur du xvne siècle, il a déjà fait beaucoup pour l'avenir de cette poire à maturité printanière. La Quintinye, qui d'avocat se fit jardinier et renversa par ses découvertes en physiologie végétale l'aveugle routine de ses devanciers, la Quintinye appartient à l'Angoumois. Il naquit à Chabanais (Charente) en 1626 et mourut au château de Versailles en 1688. Louis XIV lui confia la difficile mission de créer dans un terrain entièrement marécageux les vergers et les potagers de ce château. Il réussit au delà de toute espérance ; et le roi , depuis lors, l'attacha à sa personne comme directeur de ses jardins fruitiers. Plus même, il l'anoblit. Mais j'ai trouvé à la Bibliothèque de Versailles, dans un ouvrage spécial et fort peu connu, les renseignements suivants, qui témoignent mieux encore de la haute estime dont ce monarque l'honora constamment :

« Louis XIV — y lit-on — l'avait environné de toute sorte d'attentions et de considération; il lui avait fait construire dans le potager une maison commode, élégante, et quand après sa mort sa veuve lui fut présentée, il lui dit : « Madame, nous venons de faire une perte que « nous ne pourrons jamais réparer. » (Philippar, Catalogue méthodique du Jardin des Riantes de Versailles, précédé d'une Notice sur les Jardins Royaux de cette ville; 1843, p. 26.)

Le volumineux traité horticole que nous a légué la Quintinye sera toujours consulté avec profit ; nous l'avons , au point de vue de la pomologie seulement, analysé page 13 de notre tome Ier, inutile alors d'en parler ici.

Observations. — Je dois noter que le pépiniériste Louis Noisette a décrit et figuré en 1839, dans son Jardin fruitier (p. 177, pi. 87), une poire La Quintinye mûrissant en mars, excessivement volumineuse, de forme turbinée-allongée et de médiocre qualité. Elle avait été présentée le 8 mai 1833, sous le faux nom Saint-Lézin, à l'examen de la Société d'Horticulture de Paris. Chargé de l'étudier, cet arboriculteur déclara qu'elle n'était pas le Saint-Lézin de nos vieux pomologues ; puis supposant qu'elle pouvait être le fruit ainsi nommé par la Quintinye dans son recueil , où sans le caractériser ce dernier dit seulement : « On le mange « au mois de mars, » Noisette proposa — et ce fut adopté — d'appeler la Quintinye cette poire inconnue Qu'est-elle devenue, depuis 1833 ?

Poire la QUINTINYE [par erreur]. — Synonyme de poire Belle-Angevine. Voir ce nom.

Page 1