RAT
ci-dessous, publié en 1862 par M. de Liron d'Airoles, m'apprit enfin sa réelle et primitive dénomination, ainsi que sa véritable provenance :
« M. Jules Gérand-Catros [ pépiniériste à Bordeaux ] — disait ce pomologue — nous écrivait le 30 novembre 1860 : « A la deuxième session du Congrès pomologique, à Lyon, « j'ai présenté les fruits d'un arbre cultivé, à Bordeaux et dans la Gironde, depuis deux ou « trois siècles, sous l'unique nom de Râteau blanc. Dans cette nombreuse assemblée de
« praticiens, personne absolument ne le connaissait J'ai pensé qu'au milieu de tous les
« poiriers que vous possédez, vous pourriez trouver, à cette variété, un autre nom que celui de « Râteau blanc. » (Liste synonymique des variétés du poirier, 2e Supplément, pp. 25-26.)
M. de Liron d'Airoles fit de nombreuses recherches et put établir assez vite la parfaite identité du Râteau blanc avec la Bergamote Drouet, qu'il avait, comme nous, reçue du Mans. Voici du reste dans quels termes il circonstancia le fait :
« M. Alphonse de Richebourg, du Mans, m'a écrit le 3 avril 1861 : « Vous ne pouviez
« mieux faire que de vous adresser à moi pour la Bergamote Drouet Je vous en fais
« parvenir Vous voilà donc à même de la comparer avec le Râteau blanc, qui est sans
« doute le vrai nom de cette variété que vous aurez aidé à découvrir, car je tiens de « M. Drouet, qu'ignorant le nom de ce beau fruit à compote, et aussi comment il lui était « venu, il lui donna ce nom de Bergamote Drouet. » — Enfin, ayant transmis cette note à M. Gérand-Catros, elle m'a valu la réponse suivante : « J'ai reçu, en effet, de M. André « Leroy, d'Angers, le Râteau blanc sous le nom de Bergamote Drouet. » (Ibidem.)
On voit maintenant, par tous ces détails, combien il est difficile, et souvent même impossible, de retrouver l'origine authentique d'un fruit auquel un ou plusieurs faux noms ont été imposés. La provenance du Râteau blanc me semble suffisamment établie par la lettre de M. Gérand-Catros. Quant à l'ancienneté accordée à ce fruit, on ne peut la contester, puisqu'en 1670 dom Claude Saint- Etienne, tout en avouant qu'il ne connaissait pas la véritable maturité de cette poire, lui consacrait ces courtes lignes :
« Ratadlt est rondelet et gros comme Livre; l'un est Blanc, l'autre Gris, l'autre Noir. » (Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, pp. 85 et 91.)
Je rends donc au Râteau blanc sa place séculaire parmi les variétés, et fais un simple synonyme de Tarquin des Pyrénées, quoique ce dernier nom soit aujourd'hui fort commun, surtout dans le Béarn et les contrées qui l'avoisinent, ainsi que le constatait en 1867 M. le professeur du Breuil :
«Le Tarquin des Pyrénées — disait -il — fruit excellent cuit, montre alors une chair rouge-sang ; sa valeur est très-grande sur les marchés des Pyrénées ; le feuillage de l'arbre est aussi fort remarquable, parce qu'il est très-luisant, dans le genre de celui du Camélia. » (Cours d'arboriculture professé à Périgueux et reproduit par le Bulletin de la Société d'Horticulture de la Dordogne, année 1867, p. 123.)
Observations. — La véritable A ngleterre d'Hiver, décrite page 138 de notre premier volume, ne saurait être, comme ou l'a parfois pensé, assimilée au Râteau blanc, qu'il ne faut pas confondre non plus avec le Râteau gris, ou poire de Livre, et moins encore avec le Petit- Râteau, l'un des synonymes de la Pastorale. Mais il existe, notamment à Paris, uue fausse Angleterre d'Hiver qui n'est autre que le Râteau blanc. — Bans son Traité des fruits, Couverchel a caractérisé en 1852 (p. 491) une poire Râteau obtenue, dit-il, par un jardinier de ce nom. Comme il la lait mûrir en décembre et lui donne une peau amplement colorée «d'un beau rouge -vermillon, » je ne puis reconnaître là notre Râteau blanc. Je signale néanmoins cette poire, en raison du nom qu'elle porte.
RAT -RE A Poire RATEAU GRTS. — Synonyme de poire de Livre. Voir ce nom.