Poire ROYALE D'ÉTÉ
Synonymes. — Poires : 1 Basilique (Olivier de Serres, le Théâtre d'agriculture et ménage des champs, 1608, p. 629). — 2. Daverat rosate (le Lectier, d'Orléans, Catalogue des arbres cultivés dans son verger et plant, 1628, p. 6; — de Bonnefond, le Jardinier français, 1652, p. 96; — et dom Claude Saint-Étienne, Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, édition de 1670, p. 49).— 3. Robine (dom Claude Saint-Étienne, ibid. ; — et Merlet, l'Abrégé des bons fruits, 1675, p. 84 ). — 4. Muscat d'Août ( Merlet, ibid.; — et la Quintinye, Instructions pour les jardins fruitiers et potagers, 1690-1739, t. 1, pp. 243 et 246). — 5. De la Honville (Iid. iibid.). — 6. D'Averat {Iid. iibid.). — 7. Royale d'Été musquée (Jean Mayer, Pomona franconica, 1776-1801, p. 180, n<> 9). — 8. D'Overot (Poiteau, Pomologie française, 1846, t. III, no 89).
Description de l'arbre. — Bois : très-fort. — Rameaux : nombreux , généralement très-étalés, excessivement longs et des plus gros, peu géniculés,
ROY [royale été;
duveteux , vert jaunâtre nuancé de gris, ayant les lenticelles larges et abondantes , les coussinets médiocrement ressortis. — Yeux : presque appliqués contre l'écorce , volumineux, ovoïdes- obtus, aux écailles légèrement disjointes. — Feuilles : assez
petites , ovales , cotonneuses , contournées ou Poire Roya e d te. planes , faiblement denticulées ou crénelées ,
(J\ portées sur un pétiole fort et de longueur
moyenne.
Fertilité. — Peu commune.
Culture. — Le cognassier lui convient beaucoup ; il possède une très -grande vigueur, développe rapidement son écusson et fait dès sa deuxième année de superbes pyramides.
Description du fruit. — Grosseur : petite et parfois un peu plus volumineuse. — Forme : turbinée - raccourcie , régulière , légèrement obtuse, très-ventrue, et souvent même presque arrondie, dans toute sa partie inférieure. — Pédoncule : assez long , mince à son milieu , renflé à ses extrémités, arqué, implanté à la surface du fruit. — OEil : moyen, ouvert, placé dans un large mais peu profond bassin. — Peau : jaune clair et blafard, finement ponctuée de gris verdâtre et plus ou moins striée de fauve dans la cavité ombilicale. — Chair : blanche, fine ou mi -fine, presque cassante, à peine granuleuse auprès des loges. — Eau: jamais abondante, très-sucrée, douce et douée d'un parfum musqué assez agréable.
Maturité. — Vers le milieu du mois d'août.
Qualité.
d'eau.
Deuxième , et parfois troisième quand sa chair est trop dépourvue
Historique. — Les pomologues Turpin et Poiteau , sachant combien cettepoire, regardée généralement comme appartenant à notre pays, avait été recherchée, pour sa bonté, au temps de Louis XIV, disaient vers 1815, dans le tome IV de leur réimpression du recueil pomologique de Duhamel , « que selon eux elle ne « possédait plus qu'une très-petite partie de ce grand mérite; » et je suis complètement de leur avis. Ce fruit, au commencement du xvnc siècle, était à peine connu. Olivier de Serres, qui mourut en 1619, l'appelait la Poire Basilique ou la Royale ; noms synonymes, puisque le second est simplement la traduction du premier, fait du mot grec basilicos , signifiant royal. La Quintinye, directeur des vergers de Louis XIV, justifiait ainsi cette dénomination :
« Ce nom — disait- il — lui fut donné de nos jours par l'illustre Père des Curieux [Olivier de Serres], qui crut, et avec raison, que comme parmi nous le titre de Roy se trouve en la personne de celui de tous les hommes qui a le plus de mérite, le nom de Royale, parmi les Poires, devoit être pour celle qui paroît avoir le moins de défauts. » (Instructions pour les jardins fruitiers et potagers, 1690-1739, t. î, pp. 243 et 246.)
Peu après Olivier de Serres, divers surnoms — Poire d' Avérât, de la Honville, Bobine, etc. — furent appliqués à la Royale d'Été et mentionnés successivement par nos écrivains horticoles ; mais de son lieu d'origine, pas un mot n'apparaît dans les recueils français. L'allemand Mayer essaya seul, avant 1801, de le découvrir,
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et, ne le pouvant, hasarda les suppositions suivantes, qui pour la plupart s'écartent celte fois de la vraisemblance :
« Avérât peut venir de la rivière d'Aveyrat ou Aveyrou, en Gascogne ; ou, avant la culture, c'étoit peut-être poire à Verrat, sanglier ; enfin de la couleur verte peut s'être fait successivement verdâtre, vérâtre, vérat. Honville peut être le nom de l'inventeur de ce fruit, ou celui du lieu où il a été gagné;.... et Robine peut venir de sa belle Robe, ou de ce que quelque Robin l'aura fait connoître le premier. » (Pomona franconica, 1776-1804, tome III, p. 180.)
A ces suppositions, j'en puis ajouter une : au début du xvnc siècle le vieux mot average, équivalent de petit ou moyen, était encore employé ; d'où suit que le faible volume de la Royale d'Été pourrait bien aussi le lui avoir fait donner pour nom. Quant à chercher parmi nos localités quelque Avérât ou Daverat, inutile, il n'en existe aucun. Mais je connais deux Honville, hameaux l'un de Seine -et -Oise, l'autre d'Eure-et-Loir; seulement rien ne permet de rattacher soit au premier, soit au second , l'origine du fruit ainsi nommé ; et cela d'autant mieux , que tous nos vieux pomologues ont constamment écrit poire de la Honville , et non pas poire de Honville.
Poire ROYALE D'ÉTÉ MUSQUÉE. — Synonyme de poire Royale d'Été. Voir ce nom.