‹ Dictionnaire de pomologieChapitre 580 sur 742 · Poire de SAINT-AUGUSTIN · texte numérisé non relu

Poire de SAINT-AUGUSTIN

Synonymes. — Poires : 1. Petit-Certeau crociie (De Bonnefoud, le Jardinier français, 1653> p. 104). — 2. De Pise [par erreur] (Merlel, l' Abrégé des bons fruits, 1675, p. 120); — et laQuintiuye, Instructions pour les jardins fruitiers et potagers, 1690-1739, l. 1, p. 258). — 3. Petit-Certeau d'Hiver (Jean Mayer, Pomona /ranconica, 177G-1801, t. III, p. 299).

Description de l'arbre. — Bois : assez fort. — Rameaux : nombreux, érigés ou légèrement étalés et parfois un peu contournés, surtout à la base de la tige, de

S AI [saint-aug]

Poire de Saint- Augustin.

grosseur et de longueur moyennes, géniculés, vert jaunâtre ou grisâtre nuancé de fauve clair, finement et abondamment ponctués, aux coussinets bien ressortis. —

Yeux : assez volumineux, coniques, aigus et sensiblement rapprochés du bois. — Feuilles : grandes, d'un vert-brun très-luisant, planes ou arquées , ayant les bords des plus faiblement dentelés, le pétiole démesurément long et peu nourri.

Fertilité. — Remarquable, mais trèslente à se produire.

Culture. — Sa vigueur n'a rien d'excessif; il pousse convenablement sur toute espèce de sujet; l'écusson ne se développe pas trèsvite ; en général les pyramides de ce poirier sont un peu basses mais régulières et bien touffues.

Description du fruit. — Grosseur ; au-dessous de la moyenne. — Forme : turbinée-allongée , assez régulière, légèrement obtuse et souvent un peu voûtée dans toute sa partie supérieure. — Pédoncule: long, de moyenne force, arqué, charnu à la base, obliquement implanté à fleur de peau ou dans une petite cavité à bords inégaux et mamelonnés. — Œil : grand, bien ouvert, à peine enfoncé. — Peau : jaune sale, ponctuée de gris, largement maculée de fauve autour de l'oeil et du pédoncule, et parfois très -faiblement nuancée de brun-rouge sur le côté de l'insolation. -- Chair : blanche, mi- fine, cassante et croquante, pierreuse au centre. — Eau : rarement abondante, assez douce, sucrée et quelque peu musquée, possédant généralement une saveur fort agréable. Maturité. — Courant de février et se prolongeant jusqu'en avril. Qualité. — Deuxième.

Historique. — Yoilà plusieurs siècles que dans notre Anjou, dont il est originaire, on cultive ce poirier ; il s'y rencontre communément sur les fermes et ses abondants produits se vendent crus sur nos marchés, ou criés cuits de par nos rues. L'érudit Ménage, qui toujours se préoccupa beaucoup de l'Anjou, sa province natale, enregistra dans son Dictionnaire étymologique de la langue française , publié pour la première fois en 1650 , l'état civil de cette variété, alors fort estimée. Voici la note que nous y lisons :

« Saint- Augustin. — Sorte de Poires ; ainsi appellées du Village de S. Augustin, à 3 lieues d'Angers, dans le voisinage de S. George : d'où, vers le commencement du xvne siècle, elles ont été apportées d'abord à Angers, et quelque temps après à Paris. »

Quand on la propagea , cette variété reçut presque aussitôt le surnom de Petit-Cerleau d'Hiver, justifié par la ressemblance de forme et de couleur qu'elle offre généralement avec le Certeau d'Hiver ; puis encore celui de Petit-Certeau croche, venu sans doute de l'irrégularité de sa partie supérieure, parfois sensiblement voûtée. Mais Merlet et la Quintinye lui appliquèrent indûment, de 1675 à 1690, le synonyme Poire de Pise , se rapportant à l'Angélique de Bordeaux , appelée fort

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