‹ Dictionnaire de pomologieChapitre 59 sur 742 · DOY [DOYENNÉ · texte numérisé non relu

DOY [DOYENNÉ

sentiment n'a rien d'invraisemblable, surtout si l'on réfléchit que le plus ancien pomologue chez lequel, après la découverte de l'imprimerie, on rencontra le Doyenné, fut précisément un italien, Agostino Gallo. (Voir le Vinti giornate deW agricollura, p. 106.) Mais alors le nom Sementinum était oublié, disparu, et celui de Doyenné restait encore à créer. La dénomination qu' Agostino Gallo donne en 1559 à ce fruit — Pera Ghiacciuolà : Poire de Petite-Glace ou de Neige — ne permettrait donc pas de le reconnaître aujourd'hui, si dès 1660 on ne voyait dom Claude Saint-Étienne écrire ce qui suit : « Poire de Neige est ronde , grosse comme « Bergamote, jaune, et a la que courte et grosse. » [Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits.) Puis presque aussitôt, en 1675, Merlet lève toute incertitude par cette description :

« Le Beurré blanc, ou à courte queue, dit communément Doyenné, de Saint-Michel, la Poire de Neige, ou la Bonne-Ente, est une belle, bonne et grosse poire, qui a la couleur d'un Citron, dont elle a aussi le nom, et qui est tres-fondante. » [L'Abrégé des bons fruits, page 89.)

Pendant le xvie siècle, et jusqu'à la moitié du xvue, le nom Ghiacciuolà fut acquis à cette poire, même en France, où d'abord on ne le crut pas synonyme de Saint- Michel, et où, surtout, on le défigura passablement. Ainsi le Lectier, dans le Catalogue des arbres fruitiers qu'il cultivait à Orléans (1628), le transformait en Giaccole de Rome, et Nicolas de Bonnefonds en Giacciola di Borna, dans la première édition de son Jardinier français (1652). Des trente-trois surnoms dont nous avons montré, en tête du présent article, que ce fruit fut baptisé, un seul — Poire Doyenné — lui est maintenant généralement appliqué. Il commençait à le porter vers 1640; Nicolas de Bonnefonds, en 1652, le lui reconnaissait, avec «Bœuré blanc ou Saint-Michel» pour synonymes ; et peu après, en 1660, dom Claude Saint-Étienne observait dans le recueil cité plus haut : que le nom Doyenné avait été donné à cette poire pour en indiquer l'excellence , puisqu'on disait toujours , ajoutait-il , d'une chose de qualité supérieure : C'est la doyenne.

Observations. — On a parfois relégué au second rang, ou peu s'en est fallu, le Doyenné. Si cette poire avait besoin — ce qui n'est pas — d'une réhabilitation, les lignes suivantes, écrites en 1858 par M. le professeur Decaisne , suffiraient amplement pour la lui obtenir :

« Je partage — a dit cet auteur — l'opinion de Mayer au sujet du Doyenné : la Quintinye ne lui a pas rendu la justice qu'il mérite , et jusqu'ici presque tous les pomologistes l'ont copié, même Duhamel. A sa beauté, sa grosseur, son abondance, la poire de Doyenné joint

un degré suffisant de saveur pour la faire estimer et rechercher partout Elle peut se

conserver plus de quinze jours quand on a la précaution de la placer dans un fruitier

obscur, sec et sans courant d'air Aussi les marchés de Paris en sont-ils parfois abondam-

,1"'"1 pourvus, cl leur prix moyen se maintient depuis plusieurs années, de 5 à 8 francs le emil. » {{,(: .lurdiii fruitier du Muséum, t. 1er.)

Le nom de Milan blanc n'est pas synonyme de Doyenné, ainsi que par méprise on le supposait en 1852; il se rapporte uniquement à la Bergamote d'Été. Nous en dirons autant du terme Gracioli, très-ancien surnom du Bon-Chrétien d'Été, et qui souvent fut pris pour les mots Ghiacciuole, Giacciole, parfaitement synonymes, eux, de notre Doyenné. Mais on trouvera de plus complètes explications à cet égard, si l'on veut bien consulter les articles Bergamote d'Été et Bon-Chrétien d'Eté, insérés au tome Ier de ce Dictionnaire (pages 237 et 457). — Il existe une variété provenue de ce poirier : le Doyenné Panaché ; elle est décrite plus loin, à son rang alphabétique.

DOY [doyenné aff — ale] 55

Poire DOYENNÉ D'AFFAY. — Synonyme de Doyenné Defays. Voir ce nom.

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