Poire SAINT-LÉZIN
Description de l'arbre. — Bois : assez faible. — Rameaux : peu nombreux, érigés ou légèrement étalés, courts, bien nourris, à peine coudés, vert grisâtre nuancé de rouge pâle, finement ou abondamment ponctués, à coussinets modérément ressortis. — Yeux : presque appliqués contre l'écorce, de moyenne grosseur, triangulaires et pointus, aux écailles marron et semées de quelques mouchetures noirâtres. — Feuilles : très-grandes, ovales ou ovales-allongées, acuminées, planes ou relevées en gouttière, à bords unis en partie ou très-faiblement denticulés, ayant le pétiole blanchâtre, de force et de longueur moyennes.
Fertilité. — Abondante.
Culture. — Le franc lui convient mieux que le cognassier, car sa vigueur est des plus modérées ; l'écusson se développe tardivement ; les pyramides sont irrégulières, basses et pauvrement ramifiées.
Description «lu fruit. — Grosseur : volumineuse et parfois considérable. — Forme : très-variable, elle est conique ou turbinée, ovoïde-allongée ou ovoïde
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Poire Saint-Lézin.
un peu cylindrique; enfin on la trouve assez souvent, aussi, conique plus ou moins régulière, légèrement obtuse, bosselée, sensiblement voûtée près du sommet. — Pédoncule : long, fort, renflé aux extrémités, arqué, charnu, obliquement inséré
dans une cavité rarement bien profonde mais dont l'un des bords est presque toujours très-mamelonné.
— Œil : grand , arrondi , ouvert et légèrement enfoncé. — Peau :
mince , unie , vert clair nuancé de jaune pâle, striée de fauve dans le bassin ombilical et toute parsemée de petits points gris. — Chair :
blanche, mi-fine, mi-cassante et granuleuse autour des loges. — Eau : peu abondante et peu sucrée, dénuée de parfum et même ayant un arrière-goùt herbacé.
Maturité. — Commencement de novembre, gagnant quelquefois le mois de décembre.
Qualité. — Deuxième, et unii quement pour la cuisson.
Historique. — Dom Claude Saint-Étienne fut, parmi nos pomologues , celui qui le premier parla du Saint-Lézin ; mais alors — c'était en 1670 — l'engouement professé pour ce fruit engagea sans doute quelques horticulteurs à rebaptiser de son nom deux autres variétés, car il n'a jamais existé qu'une poire Saint-Lézin, mûrissant en novembre, et les recueils pomologiques de la fin du xvue siècle en ont mentionné trois : la vraie , puis deux qui se conservaient, parait-il, jusqu'au mois d'avril. Yoici du reste ce qu'en a dit le moine Claude Saint-Étienne :
« Se mange au commencement de décembre : Saint-Lezin vert. Il est long comme Fusée et gros à la teste ; il a la queue longue et menue ; molit à Noël ; tres-bon. »
« Se mange en février : Saint-Lezin gris, assez long, gros comme Lombardie, gris meslé de vert clair qui devient jaunastre en meurissant ; est un peu pierreux, dure jusques en avril, est fort musqué ; excellent. »
« Il y en a de Petit, pas plus gros que Sucrin. » [Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, 1670, pp. 70 et 78.)
Les deux fausses variétés ne tardèrent pas à disparaître, car dès le xvme siècle on ne les trouve plus citées , la véritable figure seule dans les ouvrages ou les Catalogues horticoles. La propagation de cette dernière ne commença guère avant l'année 1640. Ni le Lectier (1628j ni Boyceau de la Baraudière (1640) ne l'inscrivirent sur leurs longues listes de fruits, et de plus Ménage, qui en précisa l'origine en 1650 [Dictionnaire étymologique de la langue française, lre édition, 1 vol. in-4°j, la signala uniquement comme une variété locale : « Cette poire d'Anjou, écrivit-il,