S AI [SAINT-LÉZ — LOU
« tire son nom de la chapelle de Saint-Lézin, près Angers, dans le jardin de laquelle « on commença à la greffer. » De nos jours ce poirier, complètement dépourvu de mérite, ne se cultive plus, si ce n'est chez les collectionneurs. La petite chapelle dont Ménage vient de parler se voit encore à trois kilomètres d'Angers, sur la commune et proche les ardoisières de Trelazé. Elle avait été bâtie jadis par les ouvriers de ces ardoisières, puis dédiée à saint Lézin, patron de leur corporation. Ce saint, qui fut à la fois évêque et comte d'Anjou, mourut le 1er novembre 605 ; il occupa pendant dix- neuf ans le siège épiscopal d'Angers.
Observations. — Par suite d'une erreur commune à plusieurs écrivains, on crut, il y a quelques années, la poire de Curé (voir notre tome Ier, pp. 610-613) identique avec le Saint-Lézin. On sait actuellement qu'il n'en est pas ainsi. Dans sa Pomologie de la Seine-Inférieure , déjà Prévost l'affirmait en 1848, mais son autorité ne put convaincre immédiatement tous les dissidents :
« La ci-devant Société royale d'Horticulture de Paris — dit-il — et le Bon-Sardinier, ont confondu la poire de Curé, fruit presque encore nouveau et généralement d'assez bonne qualité, avec la Saint-Lézin, connue depuis au moins deux cents ans, et tout au plus bonne pour compotes. Je crois donc nécessaire de décrire la poire maintenant fort peu connue de Saint-Lézin, afin qu'on ne considère pas, sur la foi des ouvrages précités, ce nom comme synonyme de la poire de Curé » (6e cabier, pp. 174-175.)
Puis cet arboriculteur si distingué ajoutait avec raison :
« La Saint-Lézin est remarquable par son fort volume, mais c'est là tout son mérite, et il ne doit pas lui valoir les honneurs de la culture, puisque la Belle-Angevine, qui lui est supérieure en qualité et se conserve plus longtemps, acquiert un volume beaucoup plus considérable et prend un plus beau coloris. » [ïbid.)