‹ Dictionnaire de pomologieChapitre 605 sur 742 · SAI [SATNT-PÈR— -SAM · texte numérisé non relu

SAI [SATNT-PÈR— -SAM

même, s'il faut en croire André Césalpin, qui dans son traité de Plantis, imprimé à Paris en 4583, la cite (n° 14) et voit en elle celle appelée jadis Regia par Pline, le naturaliste romain. Je dois toutefois affirmer qu'une telle opinion n'a rien d'exact, puisque Pline (livre XV, chap. xvi) parle ainsi de la Royale : « Elle « est aplatie et à pédoncule peu développé. » Il est alors complètement impossible de retrouver là ce fruit fort allongé et longuement pédoncule que nous nommons poire de Pape ou de Saint-Père. Quant à la « saveur très-agréable » dont Curtius gratifie sa poire Papale, on ne saurait, malgré son manque de qualité dans notre pays, s'en étonner : non-seulement, en ces siècles reculés, le petit nombre de fruits cultivés rendait les gourmets moins exigeants qu'aujourd'hui, mais encore chacun sait combien, sortie du sol natal, une variété perd souvent de son mérite. En France, où la poire de Saint-Père apparaît dès 1 628 ( le Lectier, Catalogue, p. 21), il est même assez curieux de montrer comment la grande estime que tout d'abord on lui avait accordée , diminua suivant que nos vergers se peuplèrent de meilleures espèces :

« La Brute-Bonne de Borne, longuette comme Vallée, d'un vert grisastre, a la queue moyenne, se mange en hiver et est très-bonne. » {Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, p. 77.)

Voilà le jugement qu'en 1670 dom Claude Saint-Étienne porte sur elle, mais qu'un siècle plus tard Duhamel (1768) est loin déjà de confirmer :

« Sa chair — écrivait-il — est blanche, tendre, ordinairement sans pierres ; son eau est abondante, et dans la parfaite maturité du fruit elle s'adoucit assez pour qu'on puisse le manger crud; il est excellent cuit et en compotes. » {Traité des arbres fruitiers, t. II,

Si maintenant on interroge les pomologues de notre époque, tous disent comme Prévost en 1846 :

« La grande quantité de bonnes poires que nous possédons actuellement, ne permet plus de cultiver la poire de Saint-Père ou du Pape pour être mangée crue ; mais sa beauté, ses qualités comme poire à cuire la feront toujours conserver parmi les fruits à compote. » {Pomologie de la Seine-Inférieure, 4e cahier, pp. 122-123.)

Observations. — Parmi les synonymes les plus connus de cette variété, il en est trois, Bugiarda, Brute-Bonne et Pape, auxquels il importe de joindre constamment les mots déterminatifs d'Hiver, autrement on pourrait croire qu'ils appartiennent, le premier au Bon-Chrétien de Bruxelles, ou Bugiarda d'Eté, et les deux autres à la Grise Bonne, dite aussi Brute-Bonne d'Été ou Poire de Pape d'Été.

Poire SAINT-PIERRE D'HIVER. — Synonyme de poire de Fer. Voir ce nom.

Poire SAINT-ROCH. — Synonyme de Doyenné Saint-Roch. Voir ce nom.

Poire SAINT-SAMSON. — Synonyme de poire d'Épargne* Voir ce nom.

SAI [saint-vin]

Page 1