Poire DOYENNÉ DE BORDEAUX
Synonyme. — Poire Doyenné d'Hiver de Bordeaux (Congrès pomologique, Pomologie de la
France, 1865, t. III, n° 150).
Description de l'arbre. — Bois : assez fort. — Rameaux : nombreux, érigés ou légèrement étalés, de moyenne grosseur, un peu courts, à peine géniculés, brun olivâtre, à lentieelles gris-blanc et clair-semées, à coussinets aplatis. — Yeux: moyens ou volumineux, coniques, bien pointus, appliqués partiellement contre le bois. — Feuilles : abondantes, brillantes, ovales-allongées, acuminées, planes ou
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l'élevées en gouttière, souvent contournées, ayant les bords régulièrement dentés en scie, le pétiole blanchâtre, grêle, court et pourvu de stipules peu développées.
Fertilité. — Ordinaire.
Poire Doyenné de Bordeaux.
Culture. — La vigueur
de ce poirier laisse à désirer; le franc est le sujet qui lui convient le mieux ; les pyramides qu'il y fait sont toujours de petite taille mais de forme convenable.
Description du fruit. — Grosseur : volumineuse et parfois considérable. — Forme : passant de la globuleuse écrasée à l'ovoïde fortement arrondie, mais constamment bosselée. — Pédoncule : court, bien nourri, rarement très - recourbé , obliquement implanté dans un évasement profond et large dont les bords sont des plus accidentés. — OEil : petit, mi-clos ou fermé, occupant le centre d'un vaste bassin de profondeur variable et qu'entourent de fortes gibbosités. — Peau : épaisse, habituellement rugueuse et onctueuse, jaune d'or, semée de gros points roux verdâtre, marbrée et réticulée de même, tachée de marron foncé autour du pédoncule, faiblement nuancée de rouge orangé sur le côté regardant le soleil. — Chair : très-blanche, grossière, cassante, pierreuse au centre. — Eau : suffisante, sucrée, souvent entachée d'astringence et le plus ordinairement peu savoureuse.
Maturité. — Commencement d'octobre et dépassant difficilement le mois de décembre.
Qualité. — Troisième comme fruit à couteau , mais première pour faire des compotes.
Historique. — Le Doyenné de Bordeaux est encore un de ces poiriers, modernes paraît-il, dont la naissance reste entourée de nuages. S'il était plus répandu, on serait déjà, probablement, sur les traces de son véritable père. Mais confiné qu'il est, depuis 1820, dans les environs de Bordeaux, à peine a-t-on pu, ces dernières années, s'en procurer des greffes pour l'étudier. M. "Willermoz l'a fait connaître en 1865, tome III de la Pomologie de la France, recueil publié sous les auspices du Congrès pomologique ; aucun éclaircissement, toutefois, ne se rencontre là sur le point qui nous intéresse. M. Decaisne le décrivit ensuite, et voici les seuls renseignements qu'en 1866 il reçut d'un pépiniériste bordelais :
« M. Catros-Gérand m'a donné sur cette variété les notes suivantes : « Le Doyenné de « Bordeaux, dont l'origine est inconnue, est cultivé depuis le commencement du siècle dans la
« Gironde;.... C'est un arbre de moyenne force et dont le bois ressemble à s'y méprendre
« à celui du Doyenné roux. Son fruit varie beaucoup en qualité ; il se conserve quelquefois
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« jusqu'en mars, mais le plus ordinairement il ne dépasse pas le mois de décembre. Si Ton « en rencontre parfois de délicieux, il faut avouer qu'il est généralement médiocre. » {Le Jardin fruitier du Muséum, t. Vil. )