Poire DOYENNÉ BOUSSOCH
Synonymes, — Poires : 1. Philippe-Double (Bivort, Album de pomologie, 1847, t. I, n° 47). — 2. Gros-Monseigneur {Portefeuille des horticulteurs, 1848, t. II, p. 162). — 3. Nouvelle Boussoch (Prévost, Pomologie de la Seine-Inférieure, 1848, 6" Cahier, p. 165). — 4. Beurré de Mérode (Willermoz, Observations sur le genre poirier, 1848, p. 21). — 5. Beurré de Westerloo {Id. ibid.). — 6. Double-Philippe (M. ibid.). — 7. Beurré de Mérodk-Westerloo (Bivort, Annales de pomologie belge et étrangère, 1857, t. V, p. 81). — 8. Beurré Boussoch (de Liron d'Airoles, Liste synonymique des variétés du poirier, Table des fruits à l'étude, 1859, p. 20). — 9. De Mérode (Id. ibid., l<>r Supplément, p. 1 ). — 10. Doyenné de Mérode (Congrès pomologique, Pomologie de la France, 1864, t. II, n° 86).
Description de l'arbre. — Bois :
assez faible. — Rameavx : nombreux , habituellement bien étalés , grêles et courts, peu géniculés, rouge grisâtre, à lenticelles apparentes mais très-espacées, à coussinets saillants. — Yeux :
des plus gros, ovoïdes-allongés, aigus, presque sortis en éperon. — Feuilles :
vert clair brillant et parfois nuancé de carmin, ovalesarrondies , souvent acuminées , ayant les bords faiblement dentés ou presque entiers , le pétiole long et menu.
Culture. — On le greffe sur franc plutôt que sur cognassier; faible et d'un développement tardif, il fait cependant de passables pyramides lorsqu'il atteint sa troisième année.
Description «lu frnit. — Grosseur : volumineuse. — Forme : ovoïde fortement globuleuse, ayant ordinairement un côté moins ventru que l'autre. — Pédoncule : assez court, gros, irrégulier, noueux, renflé à ses extrémités, obliquement inséré dans une large et profonde cavité. — Œil : petit, ouvert ou mi-clos,
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faiblement enfoncé. — Peau : d'un beau jaune, couverte en partie de gros points gris et de taches fauves, et parfois carminée sur la face exposée au soleil. — Chair : blanc de neige, un peu grossière, demi-fondante, exempte de pierres, souvent sèche et pâteuse. — Eau : suffisante, sucrée, vineuse, agréablement acidulée, rarement bien aromatique .
Maturité. — De la mi-septembre à la mi-octobre.
Qualité. — Deuxième, et première par exception, lorsqu'il est mangé avant sa complète maturité, et qu'alors son eau est abondante et parfumée.
Mistoriqme. — Dans sa séance du 29 septembre 1862, le Congrès international de pomologie de Namur ayant eu à s'occuper de la poire ici décrite, un membre fit observer que son nom primitif avait été Beurré de Mérode, et non pas Doyenné Boussoch. Nous ignorons sur quoi repose cette assertion, à l'appui de laquelle aucune preuve ne fut fournie; mais nous savons que le Doyenné Boussoch, regardé comme un gain de Van Mons, date du commencement de ce siècle et dut sortir de la pépinière de la Fidélité, exploitée jusqu'en 1819, à Bruxelles, par cet arboriculteur. « Importé chez nous en 1836, le Doyenné Boussoch, dit M. le professeur du « Breuil, a été obtenu d'un semis de pépins de Doyenné blanc. » ( Yoir Cours d'arboriculture, 1852, t. II, p. 569-u, et Cours professé à Périgueux au mois de mai 1867, inséré dans le Bulletin de la Société d' Horticulture de la Dordogne, p. 123, dite année. ) Dès 1840, la culture de ce poirier avait pris en France une certaine extension. Le pomologue américain Hoyey (t. I, p. 31 ) nous apprend que M. Kenrich, son compatriote, emportait de Paris, au printemps de 1841, cette variété sous l'unique nom de Boussoch. De plus, le Catalogue du Jardin de la Société d'Horticulture de Londres, montre qu'en 1842 elle venait aussi de paraître chez les Anglais et qu'elle y portait également cette seule dénomination. Voilà donc trente ans au moins que nos jardiniers la connaissent, la propagent, et presque tous l'ont constamment appelée Doyenné Boussoch. Je dois alors lui conserver ce nom, tout en regrettant de ne pouvoir indiquer l'époque précise où elle le reçut, ni de quel personnage il rappelle la mémoire.
Observations. — Le Doyenné Boussoch est un des fruits dont le point parfait de maturité se reconnaît le plus difficilement ; tous les pomologues sont de cet avis ; aussi l'ont-ils généralement classé parmi les poires de deuxième ordre; et avec raison, puisque s'il est mangé un peu trop mûr on le trouve dénué de saveur et d'eau.