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SAL-SAN

sensiblement renflé à ses extrémités, recourbé, placé de côté au centre d'une étroite cavité bordée de quelques plis. — Œil : ouvert, moyen, régulier, à peine enfoncé.

— Peau : mince, souvent assez rugueuse, jaune-cire, toute semée de petits points verdàtres, rayée de gris dans le bassin ombilical, parfois largement tachée de roux squammeux et parfois aussi lavée de brun-rouge sur la partie frappée par le soleil.

— Chair : blanchâtre, grossière, mi-fondante, pierreuse au centre. — Eau : rarement abondante, assez sucrée, douce et si fortement musquée qu'elle en est désagréable.

Maturité. — Commencement et courant de septembre.

Qualité. — Troisième.

Historique. — Ce fruit n'a d'autre mérite, aujourd'hui, que sa grande ancienneté. Le nom qu'il porte peut le faire supposer d'origine italienne, mais cependant aucun des pomologues de cette nation ne l'a, jadis, ni décrit ni mentionné. Aussi leur silence me semble-t-il d'autant plus contraire à cette origine, que Salviati étant le nom d'une illustre famille d'Italie, ces auteurs auraient eu, nécessairement, de sérieux motifs pour ne pas laisser de côté un poirier qui, né chez eux, eût en outre été dédié à l'une de leurs célébrités nationales. Je dis célébrité, car le personnage auquel cette poire pourrait, en raison de son âge, avoir été consacrée, serait le fameux Bernard Salviati, né à Florence vers 1500 et mort à Rome en 1568. D'abord amiral dans l'ordre de Malte, il battit souvent les Turcs, puis vint ensuite, comme évèque, occuper en France les sièges épiscopaux de Saint-Papoul et de Clermont, et plus tard, fait cardinal, la place de grand aumônier de Catherine de Médicis. Ce n'est du reste qu'à partir de 1675 qu'on voit nos pomologues parler d'une poire Salviati. Merlet fut le premier qui la cita, et encore en défigura-t-il un peu le nom :

« La poire de Salveati — écrit-il — est assez grosse, ronde et plate, a la queue longue

et menue, est belle et jaune comme une Poire de cire, d'un bœuré solide est des

meilleures se mange en Septembre. » [L'Abrégé des bons fruits, 1675, p. 86.)

En 1690 la Quintinye la décrit à son tour (t. Ier, p. 176) sous son vrai nom, mais il ne la classe pas, lui, parmi « les meilleures. » La poire Salviati — dit-il simplement — est assez bonne... Appréciation plus juste, pour le temps, que celle de Merlet. L'étude des trois synonymes appartenant à la Salviati, montre qu avant 1675 on la nommait chez nous Epine Rose-Grise. l)om Claude Saint-Etienne, en 1670, l'a seul caractérisée sous cette appellation [Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, p. 55); antérieurement on ne la trouve inscrite dans nui autre recueil français. 11 eu faut donc conclure que sa culture par nos jardiniers remonte environ a 1660, et que le surnom Salviati ne lui l'ut guère appliqué qu'à partir de 1675. Quant à la provenance réelle de ce poirier, je le crois sorti de France, et non pas d'Italie. C'était en 1690 l'opinion du botaniste Henri Hessen (voir son Gartenlust, pp. 274, 279 et 285), puis celle également de Jean Mayer, qui la formulait ainsi eu 1801 :

a 11 y a une ville de Salvetat ou Sauvetat en Agenois, une de Sauve, Salvia, en Provence, et une autre à peu près du même nom en Anjou : il est possible alors que le Salviati soit originaire de l'une de ces villes. » ( ïomona francouka, 1776-1801, t. M, p. 248, n° 79.)

Ioires: de SANG, \ gyû5nymes de poire Sanguine

\ de France. Yoir ce nom.

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