Poire SANS-PAREILLE DU NORD
Sjoonymc. — Poire Concombrine (Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum, 1867, t. VII).
Description de l'arbre. — Bois : fort. — Rameaux : nombreux, généralement très -érigés, des plus gros et assez longs, légèrement géniculés, brun verdâtre nuancé de gris et de rouge, ayant les lenticelles larges, apparentes,
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Poire Sans-Pareille du Nord.
clair-semées, les coussinets ressortis et de très-courts mérithalles. — Yeux : moyens ou volumineux, coniques, aigus, brunâtres, non appliqués contre le bois. — Feuilles ; petites, un peu coriaces, ovales ou ovales-allongées, acuminées, planes
ou contournées , et même souvent arquées , à bords unis en partie ou faiblement denticulés, à pétiole blanchâtre, de longueur moyenne, épais , rigide, non stipulé.
Fertilité. — Ordinaire.
Culture. — Il n'a rien de particulier dans sa végétation, se plaît sur toute espèce de sujet et prend dès sa deuxième année une forme pyramidale aussi régulière qu'on le peut désirer.
— Grosseur : volumineuse et parfois énorme. — Forme :
très-allongée, habituellement cylindrique et contournée, mais affectant souvent aussi celle d'une Calebasse légèrement étranglée à son milieu.
— Pédoncule : assez court et de moyenne force , rarement arqué , obliquement inséré dans une faible cavité à bords inégaux. — Œil : petit ou moyen, presque saillant, ouvert, quelquefois placé tout de côté. — Peau : mince, jaunecitron, semée de larges points grisâtres , portant quelques fines mouchetures fauves, et plus ou moins nuancée de rose vif sur la face qui regarde le soleil. — Chair :
très-blanche, mi-cassante et mi-fine, à peine granuleuse
au cœur. — Eau : jamais abondante, douceâtre, assez sucrée, manquant généralement de parfum, mais douée néanmoins d'une certaine saveur.
Maturité. — Fin de novembre et pouvant atteindre le commencement de janvier.
Qualité. — Troisième pour le couteau, première comme fruit à compote.
Historique. — Les pépiniéristes du Nord de la France n'ont pu me fournir aucun renseignement sur ce poirier; son origine m'est donc encore inconnue. Les
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Romains possédaient bien une poire Courge [Pirum Cucurbitanum], mais cette dénomination ne convient nullement à la Sans-Pareille du Nord, dont la forme rappelle celle d'un Concombre et non d'une Courge. Je crois d'ailleurs cette variété assez moderne. Prévost, dans la Pomologie de la Seine-Inférieure, fut le premier qui l'étudia :
« La poire Sans-Pareille du Nord — écrivit-il en 1 847 — était depuis longtemps dans quelques jardins de notre localité, sans nom ou sous les pseudonymes Saint-Lézin et Beurré d'Anjou, lorsqu'en 1838 je l'ai reçue des bords du Loiret, avec le nom que je lui conserve ici. C'est une poire à compote; pourtant sa chair fine, tendre et sucrée, la ferait manger volontiers crue, dans un cas de disette de meilleurs fruits. Cuite, elle est fine, succulente, douce et sucrée. » (5e cahier, pp. 151-152.)
On le voit par ce passage, voilà plus de trente ans déjà qu'on appelle Sans- Pareille du Nord, la présente variété ; je dois alors, avec Prévost, continuer de la nommer ainsi. Mais je le regrette, car le nom Concombrine, sous lequel elle a été décrite à Paris, en 1867, par M. le professeur Decaisne, lui convient entièrement.
Observations. — Il n'est pas besoin d'insister pour établir qu'il n'existe aucune espèce de ressemblance, comme on l'a dit parfois, entre la Sans-Pareille du Nord et les poires de Saint-Lézin et de Curé; un simple coup d'œil jeté sur ces deux derniers fruits, le prouvera mieux que toute discussion (voir t. I, p. 610, et t. II, p. 632).