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Historique. — Cette poire, qui séduit à la fois par son volume, sa jolie forme et son beau coloris, ne saurait être mangée crue, mais elle décore parfaitement sur nos tables les corbeilles d'apparat, et fait d'exquises compotes. M. Joulain, pépiniériste angevin, fut son premier multiplicateur. M. Tavernier de Boullongne, dont elle porte le nom , la lui donna en 4835 ; il l'avait, l'année précédente, trouvée à l'état sauvage dans ses bois de la Bodinière , situés commune de Trelazé , près Angers. Ce poirier mérite une place dans les jardins; et pour montrer que le seul désir d'aider à la propagation d'une variété locale, ne nous dicte pas cet avis , nous allons invoquer l'opinion de M. Charles Baltet, de Troyes, arboriculteur bien connu par ses écrits. Voici comment, en 1860, il s'exprimait, dans son ouvrage intitulé les Bonnes Poires, sur l'espèce qui nous occupe :
« Cuite de la façon la plus simple, je trouve délicieuse — disait-il — la chair de cette
poire Plusieurs pomiculteurs souriront en me voyant recommander un fruit banni de
maintes collections, parce qu'il est peu connu ou confondu avec le Tarquin des Pyrénées [le Râteau blanc]. Je leur ferai observer que beaucoup plus fertile que le Léon Leclerc, le Tavernier de Boullongne, en pyramide et en haute tige, orne un jardin fruitier un mois après la récolte des autres sortes; c'est l'instant où il acquiert son volume définitif. » (Page 45.)
Observations. — Un de nos pomologues a cru pouvoir, en 1860, classer la poire Tavernier de Boullongne parmi les synonymes de l'Angleterre d'Hiver. Il faut alors qu'il ait eu sous les yeux un sujet mal étiqueté, car les arbres de ces deux variétés sont très -dissemblables (voir t. I, p. 138, l'Angleterre d'Hiver).