‹ Dictionnaire de pomologieChapitre 717 sur 742 · VIR-VIS · texte numérisé non relu

VIR-VIS

Baron de Chambray est Seigneur, ce qui la fait appeller dans le Pays, la Chambrette. » {L'Abrégé des bons fruits, 2° édition, pp. 98-100.)

La Quintinye, contemporain de Merlet, cultiva cette variété dans le verger de Louis XIV, à Versailles, et s'étendit longuement sur elle, dans le remarquable ouvrage qu'il écrivit avant 1688. J'en extrais les lignes suivantes, d'un intérêt marqué pour nous :

« Elle devroit — dit-il — porter le simple nom de Virgoulée, plutôt que tout autre. Ce qui m'en fait juger ainsi, c'est à cause du Village de Virgoulée, voisin de la Ville de Saint-Léonard en Limousin, Village duquel nous l'avons tirée,... par la libéralité du marquis de Cbambray, qui en étoit le Seigneur,... et où apparemment elle avoit passé un fort long tems sans éclat, ni plus ni moins, pour ainsi due, qu'une perle dans sa coquille... Or, depuis ce tems-là, elle a commencé tout de bon à faire parler d'elle... Quand on la prend à propos, elle se trouve un des meilleurs fruits du monde... et sa réputation a fait, qu'en fort peu d'années elle s'est autant répandue dans tous les Jardins Fruitiers de l'Europe, qu' aucune autre Poire que nous commissions... » (Instructions pour les jardins fruitiers et potagers, 1690-1692, t. I, p. 143.)

Ni Merlet ni la Quintinye, on a dû le remarquer, n'ont précisé l'époque de la propagation, dans Paris et ses environs, du poirier Virgouleuse. Ménage, qui eut soin de s'en enquérir, l'a consignée, avec plusieurs autres renseignements curieux sur cet arbre, dans la seconde édition de son Dictionnaire étymologique, publiée en 1694 :

« Ce fut — déclare-t-il — un nommé M. de Laborie, secrétaire du Roy, qui l'apporta à Paris, vers l'an 1630, ce qui l'a fait appeller aussi, par d'autres, Foire de Laborie. On la nomme également, dans le Limousin, poire de Glace. » (Dictionnaire étymologique de la langue française, édition de 1694, au mot Virgouleuse.)

Et de ce passage il résulte que le poirier Virgouleuse était déjà connu à Paris quand la Quintinye le greffa dans les jardins fruitiers de Versailles, puisque ces derniers remontent au plus à 1675.

Observations. — De nos jours cette variété d'automne et d'hiver est moins estimée qu'autrefois. Cela tient, non pas à ce qu'elle a perdu de ses qualités, mais au grand nombre de poires nouvelles sorties des milliers de semis faits depuis le commencement du siècle ; poires dont plusieurs égalent en bonté la Virgouleuse, et sont, de plus, exemptes de ses défauts. On lui reproche en effet : de prendre l'odeur des objets sur lesquels on la pose ; de noircir extérieurement et intérieurement au moindre choc, à la plus faible pression ; d'avoir parfois un goût de cire ; enfin de se crevasser assez souvent sur l'arbre , d'où elle tombe ensuite à peu près pourrie. Tous ces reproches sont fondés, mais il est facile d'empêcher la Virgouleuse de les mériter, en ne la mettant au fruitier que sur du sable, de la mousse ou des tablettes inodores et très-sèches, puis en ne l'y exposant à aucun froissement. Quant au goût de cire, quant aux crevasses, pour l'en préserver il faut planter l'arbre au levant ou au couchant, et surtout, nous l'avons déjà dit, le placer en espalier.

Poire VIRGULE. — Synonyme de poire Virgouleuse. Voir ce nom.

Poire en VIS. — Synonyme de poire Cornemuse. Voir ce nom.

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