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volumineuse. — Forme : variable, elle passe fréquemment de l'ovoïde mamelonnée au sommet à l'ovoïde-arrondie, et quelquefois aussi à la turbinée assez obtuse, fortement veritrue dans toute sa partie inférieure et des plus régulières. — Pédoncule : court ou de Ion- Poire de la Voie aux Prêtres. - Deuxième Type. gueur moyenne, fort

ou très-fort, arqué, souvent renflé à la base , obliquement implanté à fleur de fruit ou dans un faible évasement à bords égaux et arrondis. — Œil : assez grand , très-ouvert, occupant le centre d'un large bassin rarement bien profond. — Peau :

jaune olivâtre, ponctuée de gris et généralement lavée de vermillon brillant sur toute la face exposée au soleil. — Chair :

blanche, grosse , micassante , pierreuse au cœur , devenant aisément pâteuse. — Eau : jamais abondante , sucrée , plus ou moins musquée, habituellement un peu acerbe.

Maturité. — Courant d'octobre et pouvant atteindre exceptionnellement le mois de décembre.

Qualité. — Troisième pour le couteau, deuxième pour la compote.

Historique. — Plusieurs de nos modernes pomologues ont complètement méconnu cette très-ancienne poire, puisqu'ils l'ont déclarée identique avec le Beurré Beauchamp, délicieux fruit belge remontant seulement au commencement de ce siècle et décrit pages 312-314 de notre premier volume. Mais Duhamel, en 1768, ayant donné une description très-exacte de la variété Voie aux Prêtres, ou Bergamote Cadette, nous allons la reproduire, afin de constater que la nôtre concorde bien avec la sienne :

« Arbre : Poirier très-vigoureux, se greffant sur franc et sur cognassier, et donnant beaucoup de fruit. Rameaux : gros, courts, droits, d'un gris-jaune, presque ventre de biche, semés de gros points. Yeux : gros, allongés, arrondis, pointus, écartés de la branche, soutenus par de gros supports. Feuilles : médiocrement grandes,... arrondies du côté du pédicule, se terminant en pointe par l'autre extrémité... la plupart se plient en gouttière ; les bords sont unis et sans aucune dentelure ; les pédicules sont longs d'environ 9 lignes.

« Fruit : Il est gros, son diamètre étant de 2 pouces 8 lignes et sa hauteur de 2 pouces

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7 lignes. Forme : un peu turbinée. Dans les terrains qui ne sont pas très-propres pour ce poirier, le fruit n'a communément que 24 ou 2t> lignes de hauteur sur 25 ou 26 lignes de diamètre et il est plutôt arrondi et de la forme des poires d'Orange, que turbiné. Œil : bien ouvert, placé dans un aplatissement. Queue : grosse, longue de 8 à 10 lignes, plantée dans un enfoncement très-peu creusé et souvent recouvert d'une petite bosse à sa naissance. Peau : elle se teint de rouge du côté du soleil ; l'autre côté jaunit lorsque le fruit acquiert sa maturité. Chair et Eau : bonnes, quoique inférieures à celles de la plupart des autres Bergamotes. Maturité : Octobre. — Cette poire, pour peu qu'elle soit passée de maturité, devient cotonneuse. » (Traité des arbres fruitiers, 1768, t. II, pp. 172-173.)

Avant Duhamel différents auteurs avaient mentionné chez nous ce poirier, dont Cadet paraît être le nom primitif. Dès 1628 le Lectier, d'Orléans, l'inscrivit dans son Catalogue, sous ce nom, parmi les variétés mûrissant en septembre-octobre (p. 11), puis, sous la dénomination Voie aux Prêtres, parmi celles mûres seulement au cours de décembre (p. 16). De Bonnefond, en 1653, agit de même aux pages 97 et 103 de son Jardinier français ; aussi pourrait-on croire ces deux poires dissemblables, si Merlet, en 1675, ne les réunissait pas l'une à l'autre :

« La Voye aux Prestres ou la Poire de Cadet — dit-il — est une espèce de Bergamote qui est grosse... et assez bonne estant mangée à propos, autrement elle devient pasteuse... Meurit en octobre. » [L'Abrégé des bons fruits, 1675, pp. 90 et 94.)

La question d'origine n'a été touchée, pour cette variété, par aucun des auteurs que je viens de citer. Dom Claude Saint-Étienne, un de leurs contemporains, sembla seul, sans qu'on puisse l'affirmer, la regarder en 1670 comme sortie du Bordelais sous son plus ancien nom, Cadet : « Le Milan, dit Cadet à Bourdeaux — « écrivit-il — est façon de Bergamote Bugi , bon peu devant la Toussaints. » (Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, 1670, pp. 63-64.) Depuis lors je ne vois personne qui, directement ou indirectement, fasse allusion à la provenance de cette poire. Si pourtant, le pomologue Henri Manger pensait en 1783 (Systematische Pomologie, p. 171) qu'elle pourrait bien être la variété Anicienne, ainsi appelée du Romain Anicius, assurait Pline en son Historia naturalis (livre XV, chap. xvi), mais sans donner sur ce fruit le moindre détail descriptif; d'où suit que l'opinion émise par Manger ne repose absolument sur rien. Quant aux noms poires de Cadet et de la Voie aux Prêtres, si le premier me paraît rappeler le souvenir des anciens Cadets aux gardes, jeunes nobles élevés militairement, je ne saurais, pour le second, trouver la moindre définition, tellement il est bizarre, incompréhensible !

Observation». — Peu de fruits sont plus dénués de qualité que la poire de la Voie aux Prêtres. Avec raison la Quintinye (1690) la classe au rang des « mauvaises variétés. » Duhamel (1768), on l'a vu plus haut, dit qu'elle est inférieure à la plupart des Bergamotes et que tous les terrains ne lui sont pas très-propres. Aujourd'hui ceux de nos horticulteurs qui la possèdent véritablement, et non pas son faux synonyme le Beurré Beauchamp, à chair si savoureuse, si parfumée I sont de l'avis formulé par Prévost, en 1839, dans la Pomologie de la Seine-Inférieure :

« Il est fâcheux — déclare-t-il — que cette poire, l'une des plus belles de la saison, ait des défauts assez notables pour qu'il y ait lieu à conseiller d'en abandonner la culture. Il est très-difficile de reconnaître quand il faut la manger pour qu'elle soit bonne, c'est-à-dire non acerbe et point encore blette, car ces deux défauts se succèdent assez promptement. Il faut donc renoncer à sa culture dans les jardins. » (1er cahier, pp. 44-45.)

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