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Poire WILLIAMS

Synonymes. — Poires : 1. Bon -Chrétien Williams ("William Hooker, Transactions of the horticultural Society of London, 1816, lre série, t. II, p. 250). — 2. D'Angleterre [de Van Mons] (Van Monsj Catalogue général de 1823). — 3. Bartlett ou Bartlett de Boston (Thompson, Catalogue of fruits cultivated in the garden of the horticultural Society of London, 1842, p. 130, n° 105 ; — et A. J. Downing, the Fruits and fruit trees of America, 1849, p. 334, n° 9). — 4. Guillaume (A. J. Downing, ibid.). — 5. Barnet's William (Tougard, Tableau analytique des variétés de poires, 1852, pp. 13-14). — 6. Bon-Chrétien Barnet's (Id. ibid.). —7. Bartlets William's (Liron d'Airoles, Notices pomologiques , 1855, t. I, p. 55). — 8. Delavault (Bivort, Annales de pomologie belge et étrangère, 1855, t. III, p. 57). — 9. Charles Durieux (Dochnahl, Obstkunde, 1856, 2e partie, p. 181). — 10. Clara Durieux (Liron d'Airoles, Liste synonymique historique des diverses variétés du poirier, 1859, Table des fruits à Fétude, 1er Supplément, p. 7). — 11. Doyenné Clément (Charles Downing, the Fruits and fruit trees of America, 1863, p. 421).

Description de l'arbre. — Bois : assez fort. — Rameaux : nombreux, légèrement étalés, très-gros, de longueur moyenne, bien coudés, brun clair jaunâtre ou, quelquefois, verdâtre, ayant les lenticelles irrégulières, gris cendré, et les coussinets sensiblement accusés. — Yeux : moyens ou volumineux, ovoïdes et pointus, faiblement écartés du bois. — Feuilles : ovoïdes, grandes, vert jaunâtre, profondément dentées en scie, à pétiole court, épais et rigide.

Fertilité. — Remarquable.

Culture. — La vigueur de ce poirier n'a rien d'exagéré ; on le greffe sur franc ou cognassier, la croissance de l'écusson est ordinaire et les pyramides sont des plus jolies.

Description du fruit. — Grosseur : au-dessus de la moyenne et parfois plus volumineuse. — Forme : ovoïde ou oblongue peu régulière, souvent assez bosselée, bien ventrue à son milieu, plus ou moins pentagone à la base et presque toujours côtelée et mamelonnée au sommet. — Pédoncule : court ou de longueur moyenne, bien nourri, généralement renflé à ses deux extrémités, arqué, obliquement inséré dans une large cavité de profondeur variable et dont les bords sont inégaux et fortement plissés. — Œil : moyen, ouvert ou mi-clos, modérément enfoncé, entouré de gibbosités. — Peau : fine, jaune-paille, semée de points grisâtres, largement tachée de fauve autour du pédoncule, quelque peu marbrée de

même dans le voisinage de l'œil ou sur le côté de l'ombre, et lavée de carmin clair

sur l'autre face. — Chair : blanche, juteuse, très-line et très-fondante, à peine

. „..„. granuleuse au centre.

Poire Williams. °

— h au ; lort abondante,

très -sucrée, acidulé et possédant une délicieuse saveur, quoique musquée.

Maturité. — Fin d'août et se prolongeant jusqu'à la mi-septembre.

Qualité. — Première.

Historique. — C'est aux Anglais que la France est redevable de ce poirier, l'un des plus précieux parmi les variétés précoces. Sa première fructification , qu'erronément plusieurs auteurs font remonter à l'année 1770, époque à laquelle le pépin dont elle est sortie n'était même pas semé , sa première fructification date du commencement de notre xixe siècle.

M. William Hooker l'a formellement prouvé le 3 décembre 1816, dans les Annales de la Société d'Horticulture de Londres, où il s'exprime comme suit (nous traduisons littéralement) :

« Au mois d'août 1816, des fruits de ce poirier ont été offerts à notre Société par M. Richard Williams, de Turnham-Green [près Londres]... Le nom Bon-Chrétien Williams lui vient de M. Aiton; il le désigne ainsi dans son Epitome of the Hortus Kewensis... Le pied-type — dit-on — poussa de graine, il y a une vingtaine d'années [vers 1796], dans le jardin de M. Wheeler, instituteur à Aldermaston (Berkshire), et fut laissé sur place afin d'en bien étudier les produits. Plus tard on en distribua des rameaux avec une grande profusior ; aussi existe-t-il maintenant de nombreux sujets de cette variété dans la pépinière de M. Williams et dans plusieurs autres jardins des environs de Londres. » (Transactions of the horticultural Society of London, 1816, lre série, t. H, p. 250.)

D'Angleterre le poirier Williams passa promptement aux États-Unis; mais cependant, nous venons de le constater, on n'a pu l'y cultiver dès 1799, ainsi que l'a supposé le pomologue américain Downing :

« Cette variété anglaise — écrivait-il en 1849 — née dans le Berkshire et que M. Enoch Bartlett, de Dorchester-lez-Boston, importa chez nous en 1799, ayant en route perdu son étiquette, reçut de nos jardiniers, dès le début, le nom poire Bartlett. Depuis on a continué de le lui appliquer ; elle le porte donc si généralement, aujourd'hui, qu'on ne pourrait l'en déposséder. » (The Fruits and fruit trees of America, 1849, p. 335, n° 9. ) Léon Leclerc, ancien député de Laval (Mayenne), et qui fut un pomologiste

très-connu, doit être regardé comme le propagateur, en France, de ce même poirier, dont un de ses correspondants lui adressa, de Londres, des rameaux en 1828. Il s'empressa de les multiplier et d'en offrir ensuite (1831) des greffes au Muséum de Paris.

Observations. — La Williams demande à mûrir au fruitier, et pour lors veut être cueillie assez verte. Elle blossit facilement ; il faut donc la surveiller avec soin, ses qualités disparaissant aussitôt que commence sa décomposition. — J'ai reçu de Belgique, en 1858, un poirier Clara Durieux dans lequel on n'a pas tardé, dans mes pépinières, à reconnaître le Williams. Il est à croire qu'on l'aura peu répandu, car je l'ai vu décrit seulement par M. Liron d'Airoles (1859, Notice pomologique, Table des variétés à l'étude, 1er Supplément, p. 7). Mais, et pareille erreur devient inconcevable, ayant redemandé un second sujet du faux poirier, ce fut un Beurré Dalbret qui cette fois se révéla sous l'étiquette Clara Durieux !

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