‹ Dictionnaire de pomologieChapitre 74 sur 742 · Poire DOYENNÉ JAMIN · texte numérisé non relu

Poire DOYENNÉ JAMIN

Description de l'arbre. — Bois : très-fort. — Bameaux : nombreux, un peu arqués et généralement étalés, des plus gros, longs, légèrement coudés, vert clair grisâtre, ayant les lenticelles larges, clair-semées, les coussinets presque nuls et de longs mérithalles. — Yeux : volumineux, ovoïdes, écartés du bois, à écailles mal soudées. — Feuilles : grandes, elliptiques ou ovales-allongées, acuminées, faiblement crénelées sur leurs bords, au pétiole long et assez gros, mais excessivement flasque.

Fertilité. — Abondante.

Culture. — Ce poirier, dont le développement est vif, se greffe indistinctement

DO Y [doyenné jam]

sur franc ou cognassier; dès sa deuxième année il fait de belles et très-fortes pyramides.

Description du fruit. — Grosseur : moyenne. — Forme : presque cylindrique, bosselée et habituellement un peu renflée vers le milieu de sa hauteur. — Pédoncule : assez long, mince, arqué, formant bourrelet à son point d'attache f

obliquement inséré dans une cavité large Poire Doyenné Jamin. et profonde. — Œil : petit, mi-clos, bien

régulier, à peine enfoncé. — Peau : jaune verdâtre, entièrement ponctuée de roux , marbrée et tachée de même auprès et autour du pédoncule. — Chair : blanchâtre, demi-fine, molle, mi-fondante, aqueuse, fortement pierreuse au centre.

— Eau : abondante, rafraîchissante , faiblement sucrée, astringente et souvent entachée d'un arrière-goût herbacé.

Maturité. — Vers la mi-janvier et se prolongeant jusqu'au début de mars.

Qualité. — Deuxième.

Historique. — C'est un gain de MM. Jamin et Durand, pépiniéristes à Bourg-la-Reine , près Paris. Ils l'ont obtenu de semis en 1859 et soumis à l'examen de la Société centrale d'Horticulture de la Seine en janvier 1866, ainsi qu'il résulte du passage suivant, extrait du Journal de cette Société :

« N° 348. — Le Doyenné Jamin, mis dans le commerce par MM. Jamin et

« Durand , de Bourg-la-Reine. Un nouveau fruit ne peut être mieux patronné. « Celui-ci se mange en janvier ; il paraît bon , mais nous devrons le revoir pour « mieux le connaître. » (Tome XII, n° d'Octobre 1866, p. 632.)

Observations. — La qualité de ce fruit est assez variable ; non-seulement le Comité d'arboriculture de la Société centrale de Paris et nous- même l'avons constaté, mais aussi son estimable obtenteur, qui nous fournissait à cet égard, le 23 novembre 1867, les renseignements ci-après :

« C'est en 1859 que l'on a récolté les premiers fruits du Doyenné qui porte mon nom. J'étais absent de Bourg-la-Reine. Mes enfants, qui les avaient dégustés, voulurent me faire la gracieuseté de donner mon nom à cette variété, la meilleure de celles que nous obtenions cette année-là ; car il s'en trouvait plusieurs. Le Doyenné Jamin provenait d'un semis que j'avais fait en 1845. — Je tiens à ne vous rien cacher de ce qui concerne ce fruit; il est arrivé pour lui ce qui arrive pour beaucoup d'autres : excellent dans certaines localités, il laisse à désirer ailleurs. Cela tient, comme vous le savez, à la nature du sol. Je dois vous dire aussi que les fruits récoltés dans notre terrain, sur le pied-mère, étaient supérieurs à ceux que nous récoltâmes ensuite sur des sujets greffés sur franc. »

DO Y [doyenné jui

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