‹ Dictionnaire de pomologieChapitre 81 sur 742 · Poire DOYENNÉ DE SAUMUR · texte numérisé non relu

Poire DOYENNÉ DE SAUMUR

Synonymes. — Poires : 1. Beurré Seringë [de Nérard] (André Leroy, Catalogue descriptif et raisonné des arbres fruitiers et d'ornement, 1858, p. 3l,n°267). — 2. Doyenné fondant (ld. ibid.).

Description de l'arl»re. — Bois : peu fort. — Rameaux : nombreux, étalés, duveteux, de moyenne grosseur, courts, très-flexueux, d'un gris-jaune légèrement verdâtre, ayant les lenticelles larges, apparentes, très-espacées , et les coussinets

DO Y [doyenné sau]

peu développés. — Yeux; assez gros, coniques-allongés, des plus pointus, écartés du bois et parfois même placés en éperon. — Feuilles : petites , d'un vert souvent cuivré, ovales-arrondies, très -faible ment dentées sur leurs bords, au pétiole long, bien nourri et généralement un peu rosé.

n . T„na Fertilité. — Excessive.

Premier It/pe.

Culture. — C'est un poirier d'un développement tardif, restant encore faible à sa deuxième année, mais formant ensuite des pyramides assez satisfaisantes. Le franc lui convient mieux que le cognassier.

Description du fruit. — Grosseur : moyenne et quelquefois moins volumineuse. — Forme : très-variable ; passant de l'ovoïde régulière et plus ou moins allongée , à la turbinée obtuse, ventrue, bosselée et généralement étranglée près du sommet. — Pédoncule : habituellement un peu court, mais souvent aussi assez long ; toujours de grosseur moyenne et recourbé, il est obliquement implanté dans une cavité rarement profonde et dont, l'un des bords, formant mamelon , le comprime en tout ou en partie. — Œil : moyen, ouvert, saillant ou légèrement enfoncé. — Peau ; jaune pâle verdâtre, semée de points gris-roux plus rapprochés du côté du soleil que du côté de l'ombre , et maculée ou tachetée de même autour du pédoncule. — Chair : blanche, très-fine, fondante, juteuse, parfumée, ayant un arrièregoût quelque peu musqué.

Maturité. — Fin d'août et commencement de septembre.

Qualité. — Première.

Historique. — Nous prenions vers 1840 des greffes de ce poirier dans l'ancienne collection, maintenant détruite , du Jardin du Comice horticole d'Angers. On l'y cultivait alors depuis plusieurs années, et sous le nom qu'il porte actuellement : Doyenné de Saumur. Mais cette variété provient-elle du Saumurois ?.. Si les pépiniéristes angevins le croient généralement, on n'a pu toutefois découvrir encore ni son lieu d'origine ni l'époque de la première fructification du pied-type. La seule chose qu'il me soit possible d'affirmer, c'est qu'on le connaissait ici avant 1840; et qu'en 1845, notamment, j'en faisais

Deuxième Type.

86 DOY [doyenné sei — sen]

planter un jeune sujet dans ma nouvelle École de poiriers , où l'on peut aujourd'hui le voir en plein rapport.

Observations. — Dès 1835 on s'aperçut dans mes pépinières que le BEURRÉ SERINGE, qui récemment m'avait été expédié de Lyon par M. Nérard, se trouvait identique, arbre et fruit, avec le Doyenné de Saumur. Je dus alors, à partir de 1858, faire dans mon Catalogue ce premier nom synonyme du second. On a dit depuis : Le Beurré Seringe diffère entièrement du Doyenné de Saumur; il a mûri pour la première fois en 1847 et a valu de la part de la Société d'Horticulture de Lyon une médaille d'argent à M. Nérard, son obtenteur.... — Tout ceci m'est parfaitement connu ; mais je n'en dois pas moins déclarer que l'arbre de ce Beurré qui me fut jadis envoyé de Lyon par M. Nérard , actuellement décédé , n'était autre que le Doyenné de Saumur. Il existe encore, je le répète, dans mon École, où il se trouve planté à côté du poirier Hamon, gagné par ce même pépiniériste, qui me l'avait expédié avec son Beurré Seringe. Du reste, jaloux de m'entourer de tous les éclaircissements possibles, j'ai prié différents pomologues et horticulteurs du Lyonnais de me fournir sur ce Beurré des notes très-précises. Or, les uns m'ont répondu qu'ils ne le cultivaient plus et qu'on le rencontrait difficilement, maintenant, dans leur contrée ; les autres , qu'ils ne l'avaient jamais connu. Mais une dernière lettre contenant des renseignements positifs, m'est enfin arrivée, et comme elle émane d'un écrivain fort accrédité dans le monde horticole, du savant et honorable M. Mas, président de la Société d'Horticulture de l'Ain et directeur du recueil le Verger, je vais la reproduire textuellement :

« Bourg , 18 décembre 1867.

« Cher Monsieur André Leroy, « Ce que j'ai reçu de différentes pépinières sous le nom de Beurré Seringe, s'est toujours trouvé i.e Doyenné de Saumur; et M. Nérard, en m'envoyant la collection de ses semis, ne m'a pas envoyé de Beurré Seringe. Je le voyais fréquemment, mais il n'osait pas me parler de cette variété, parce qu'il avait sans doute reconnu qu'il avait fait erreur en propageant le Doyenné de Saumur sous le nom de Beurré Seringe. Vous voyez que pour moi le Beurré Seringe n'existe pus. »

Nous ajouterons qu'à Paris on possède au Jardin des Plantes un poirier appelé Seringe, quoiqu'il soit très-différent de la variété ainsi surnommée par feu Nérard. Mais nous en reparlerons plus loin, en décrivant la poire Hamon.

Poire DOYENNÉ DU SEIGNEUR. — Synonyme de poire Doyenné. Voir ce nom.

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