Poire DOYENNE SENTELET
Synonyme. — Poire Doyenné Santelete (John Lindley, Guide to the orchard and kitclieti garden,
Description de l'arbre. — Bois : peu fort. — Rameaux : assez nombreux, étalés, de grosseur moyenne, courts, légèrement coudés, d'un jaune tacheté de gris, à lenticelles larges mais très-espacées, à coussinets aplatis. — Yeux : petits, ovoïdes, appliqués contre l'écorce. — Feuilles : habituellement ovales, planes ou faiblement relevées en gouttière, ayant les bords à peine crénelés et le pétiole long, épais et rigide.
Fertilité. — Remarquable.
Culture. — Modérément vigoureux, cet arbre se greffe sur cognassier ou sur
DOY [doyenné sen — sie]
Poire Doyenné Sentelet.
franc ; sa croissance est ordinaire, mais ses pyramides manquent de hauteur et de
régularité.
Description du fruit. — Grosseur :
au-dessous de la moyenne. — Forme : turbinée, obtuse, ventrue, ayant généralement un côté moins renflé que l'autre.
— Pédoncule : court , assez gros , droit ou arqué, obliquement implanté dans une étroite cavité en entonnoir. — Œil: moyen, bien ouvert, régulier, peu enfoncé. — Peau : jaune sale, ponctuée, rayée de roux, maculée de fauve autour du pédoncule, marbrée de même dans le bassin ombilical et souvent colorée de rouge -brun sur la partie frappée par le soleil. — Chair:
blanche, fine, fondante, aqueuse, contenant quelques fortes pierres auprès des pépins. — Eau : abondante, sucrée, acidulé, parfumée, très-savoureuse.
Maturité. — Commencement et courant d'octobre.
Qualité. — Première.
Historique. — « Le professeur Yan Mons, qui l'a obtenue de semis, n'a laissé « aucune note qui pût nous fixer sur l'époque de la première production de cette « variété. » Voilà ce que disait du Doyenné Sentelet, M. Bivort, en le décrivant en 1849 dans son Album de pomologie (t. II, p. 26). Nous savons toutefois par un auteur allemand, par M. Jahn, que ce fruit figurait dès 1823 sous le n° 1313, et sous le nom qu'on lui donne aujourd'hui, dans la 2e partie du Catalogue du semeur belge Van Mous. (Voir Y Illustrirtes Handbuch der Obstkunde, 1860, p. 469.) En 1830 elle était déjà cultivée à Chiswick, au Jardin de la Société d'Horticulture de Londres; c'est le pomologue Lindley qui le constate, page 371 du Guide to the Orchard qu'il publiait en 1831, recueil où ce Doyenné fut alors signalé et parfaitement caractérisé. On ne l'importa chez nous que beaucoup plus tard, vers 1850.
Observations. — Quelques pomologues ont assuré que la qualité de cette poire variait souvent, et l'ont même classée de troisième ordre. Dans nos contrées il n'en est pas ainsi, elle s'y maintient constamment au rang des très-bons fruits. — Chez les Allemands, ce poirier porte en certains endroits un surnom sous lequel nous ne l'avons jamais rencontré en France, celui de Beurré Sentelet (Sentelet's Butterbirne) ; c'est du moins la dénomination que M. Dochnahl lui a donnée dans son Obstkunde, imprimé à Nuremberg en 1856 (page 118, n° 619).