‹ Dictionnaire de pomologieChapitre 86 sur 742 · Poire DUC DE BRADANT · texte numérisé non relu

Poire DUC DE BRADANT

Description de l'arbre* — Bois :

fort. — Rameaux : assez nombreux, étalés, très-gros, de longueur moyenne, peu géniculés, vert foncé légèrement nuancé de gris, à lenticelles apparentes et clair-semées , à coussinets des plus aplatis. — Yeux ; petits, ovoïdes, pointus , noyés dans l'écorce , ayant les écailles mal soudées. — Feuilles : peu grandes mais abondantes, d'un beau vert foncé, ovales ou elliptiques, entières sur leurs bords et munies d'un pétiole épais et très-long.

Fertilité. — Bonne.

Culture. — C'est un poirier qui ne saurait croître sur le cognassier, mais placé sur franc il s'y montre vigoureux et dès sa deuxième année y fait de fortes, de jolies pyramides.

ses : moyenne. — Forme : allongée , obtuse , bosselée , ventrue vers la base , un peu étranglée près du sommet. — Pédoncule : assez court, menu, arqué, souvent noueux et renflé à son point d'attache, obliquement implanté à fleur de peau. — Œil : saillant, contourné, mi-clos. — Peau : jaune verdàtre, ponctuée de roux, marbrée de fauve auprès du pédoncule et du côté du soleil, où elle est plutôt vert tendre, que jaune. — Chai?' : blanche, demi-fine et demi-cassante, légèrement pierreuse et marcescente. — Eau : suffisante, sucrée, acidulé, manquant un peu trop de parfum.

Maturité. — Courant d'octobre et se prolongeant jusqu'au début de novembre.

Qualité. — Deuxième.

Historique. — En 1832 M. Tougard, alors président de la Société d'Horticulture de Rouen, assignait à ce fruit l'origine suivante, page 82 de son Tableau analytique des variétés de poires : « Le poirier Duc de Brabant a été gagné par M. Millet, « d'Ath (Belgique). » La confusion, ici, est manifeste, car Yan Mons fut positivement l'obtenteur de ce poirier ; mais ce qui la rend plus évidente encore, ce sont les époques de maturité que M. Tougard attribuait aux produits de cet arbre fruitier : il les classait parmi les poires mûrissant « en mai, juin et juillet, » lorsqu'au contraire leur point extrême de conservation dépasse fort exceptionnellement la mi-novembre. Ou doit donc infirmer ce renseignement, qui concerne une toute autre variété, pour accepter l'opinion de M. Bivort, le continuateur des travaux arboricoles de Van Mons :

« Le poirier Duc de Brabant — écrivait en 1849 M. Bivort — faisait partie d'un envoi de grellés expédié par le professeur Van Mons à M. Simon Bouvier [au château Gobert, à

DUC [duc bra — for]

Jodoigne], vers 1827 ; il est donc probable que sa première production date de cette époque. Il était alors innommé et portait seulement le n° 45. Ce n'est qu'en 1843 que l'arbre greffé à Jodoigne s'est mis en rapport et que M. Bouvier, séduit par la beauté et la bonté de son fruit, l'a cru digne d'être dédié au prince dont il porte le nom. » [Album de pomologie, t. II, p. 5.) Observations. — On croyait à Paris, il y a dix ans, la poire Fondante de Charneu identique avec la poire Duc de Brabant, et pour lors deux ou trois poroologues rangèrent la seconde parmi les synonymes de la première. Ce fut sans doute leur méprise qui plus tard amena les Américains à réunir aussi ces variétés, pourtant bien dissemblables. Si l'on consulte le recueil de Downing intitulé the Fruits and fruit trees of America, on voit effectivement, page 494 de l'édition publiée en 1863, que la poire Duc de Brabant y est décrite et qu'on lui a donné pour synonymes tous les divers surnoms portés par la Fondante de Charneu : Désirée Van Mons, Beurré Charneuse, Miel de "Waterloo, etc., etc. Mais aujourd'hui nous pensons que l'on doit être, partout, convaincu de la non-identité de ces deux poiriers, car ils sont fort répandus.

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