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rir son fruit de son propre lait; c’est plus encore, c’est le premier devoir d’une mère. Il est très-peu de cas qui lui permettent de se décharger sur une autre de ce soin, qu’elle ne saurait d’ailleurs négliger sans courir des risques pour sa santé.
On a vu que la formation du lait dans le sein de la mère était le signe le plus certain que la nature l’avait destinée à nourrir son enfant. Elle a fait plus; en attachant une espèce île plaisir à l’accomplissement de ce devoir et une douleur réelle à son infraction , elle a voulu presque forcer la mère à nourrir son fruit de son propre lait. En effet, lorsque les seins sont gorgés de lait, ils éprouvent une tension pénible et douloureuse; mais lorsque les lèvres innocentes du nouveau-né s’appliquent sur l’extrémité du mamelon, elles y déterminent une titillation voluptueuse pleine de délices pour la mère. En un mot, la douleur que produit la présence du lait dans les seins et le plaisir qui accompagne l’allaitement prouvent évidemment le but dé la nature.
Ce n’est pas à dire pourtant qu’il n’y ait aucun motif qui permette à la mère de s’abstenir de donner le sein à son enfant. Mais ces motifs sont loin d’être aussi généraux qu’on voudrait le prétendre. Quels sont les véritables? Ce sont ou des maladies , ou une faiblesse de complexion, ou enfin des difformités. Mais ces cas sont bien plus rares qu’on ne l’imagine , surtout si l’on fait attention qu’il est bien plus dangereux de nuire à la santé en ne nourrissant pas , qu’en le faisant.
Jamais en effet une fonction ne peut être troublée sans qu’il en résulte de graves inconvéniens pour les autres parties du corps. Des cancers du sein, des affections de l’utérus , telles que les hémorrhagies et même le squirrhe, celles connues sous le nom d’hystérie ou vapeurs, ne reconnaissent bien soüvent d’autres causes que le lait que l’on a laissé séjourner dans les mamelles.
Concluons donc que le lait de la mère étant la nourriture qui convient le mieux à l’enfant, celle-ci se montre marâtre en le lui refusant. Mais de même qu’elle doit le lui donner quand elle jouit d’une bonne santé et qu’elle est douée d’une forte constitution , elle doit l’en priver, si elle est malade , ou si elle est d’une constitution propre à fournir un lait de mauvaise qualité. Tel serait le cas d’une femme affectée de scorbut, de syphilis, celui d’une femme scrofuleuse, phthisique ou mal conformée. S’il est en effet un moyen de soustraire l’enfant à la funeste hérédité qu’il a repue de sa mère , n’est-ce pas de lui faire téter le lait d’une villageoise robuste, pleine de sanlé, et d’un tempérament opposé à celui de la mère? On
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peut en dire autant, si la mère est d’une constitution trèsfaible, sans être atteinte d’aucune maladie. Alors l’air des campagnes, le lait d’une nourrice telle que; nous l’avons indiquée ne peuvent que convenir éminemment à, ces petits êtres, placés en face de la mort presque avant d’avoir essayé la vie.
J’ai dit que l’usage d’abandonner son fruit à des mains mercenaires avait surtout prévalu dans les grandes villes. Certainement cet usage ne serait pas blâmable , s’il n’avait lieu que chez les gens qui habitent les arrière-boutiques et les appartemens où l’air n’arrive que corrompu, où surtout l’on n’aperçoit presque jamais les rayons bienfaisans du soleil. Les enfans élevés et nourris dans ces lieux bas, sombres et humides, sont toujours malingres et ne ressemblent pas mal à ces plantes étiolées, qui croissent dans les caves privées de lumière. Les parens qui se trouvent obligés de loger dans de pareilles habitations peuvent et doivent même envoyer leurs enfans à des nourrices de la campagne. Mais quand on voit cet abus régner surtout dans les classes les plus aisées de la société, dont la nourriture est, ou du moins peut toujours être saine et abondante , où toutes les commodités de la vie se trouvent réunies en profusion; quand,- dis-je, dè telles mères osent se décharger du plus saint des devoirs et s’en rapporter pour allaiter leurs enfans à des femmes étrangères, l’imagination s’indigne, le cœur se soulève , et l’on ne trouve plus d’expressions pour caractériser une telle profanation des lois de la nature.
Soit que la nière se charge du soin de donner elle-même le sein à son enfant; soit qu’elle le confie à une nourrice, il faut tâcher, autant qu’il est possible /de ne lui donner d’autre nourriture que le lait. Dans les premiers temps l’enfant tète peu à la fois et souvent ; mais à mesure qu’il prend des forces on peut éloigner insensiblement les époques où. il doit recevoir son aliment, et faire en sorte que cela ait lieu le jour plutôt que pendant la nuit. La mère s’en trouvera mieux; et comme son lait se sera formé pendant le repos, il sera mieux préparé et meilleur pour l’enfant.
Il serait assez difficile de déterminer l’époque à laquelle on peut commencer à donner avec le lait une noui’riture plus substantielle. Cependant on peut poser en principe qu’il faut s’en tenir aü lait de la mère , tant que l’accroissement et l’embonpoint de l’enfant annoncent que cette nourriture est suffisante. En général il est rare que l’on soit obligé de recourir à un supplément de nourriture avant six ou sept mois, et fùême beaucoup plus tard, si l’enfant se porte bien, Eesj
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nourrices, surtout celles des campagnes, sont dans l'habitude de donner dès les premiers jours à leurs enfans de la bouillie faite ayec la farine de froment et du lait de vache, et peu de temps après elles leur font prendre des alimens beaucoup plus substantiels : G’est une très-mauvaise méthode ; les organes digestifs des nouveau-nés sont trop irritables pour être appliqués à une autre nourriture que le luit, dont la digestion est déjà faite à moitié. On ne devrait jamais oublier ce principe applicable à tous les âges de la vie de l’homme , que moins nos alimens sont préparés, dès qu’ils sont naturels, plus ils sont à l’avantage de la santé et des forces du corps. Donner aux nouveau-nés de la bouillie ou du bouillon pour calmer les coliques, comme on le prétend, est une folie. Un bon lait est le meilleur et le plus salutaire des calrnans, et , s’il ne réussissait pas à produire cet effet, on aurait recours à la diète, et non à des alimens qui ne sont pas encore faits pour cet âge. Lorsque le temps que nous avons indiqué est arrivé, on commencera à donner à l’enfant du lait de vache, coupé ave& moitié d’eau de gruau ou de riz ; ensuite on passera insensiblement aux bouillies de fécule de pomme de terre, de froment, aux panades préparées de diverses manières, que l’on peut mêler plus tard avec du bouillon gras.
Mais à quelle époque convient-il de retrancher entièrement, le lait aux enfans? La nature l’a indiquée elle-même. C’est lorsque la dentition est assez avancée pour qu’ils puissent broyer complètement les alimens, ce qui arrive en général après la sortie des vingt premières dents, que, pour celte l’aison, l’on a nommées dents de lait. Cette époque est plus ou moins avancée chez les différens enfans , mais il est toujours facile de s’en assurer par l’inspection des mâchoires. (Voyez 8eveàge. )
ALOPÉCIE, ou chute des chevèux. Cette affection peut dépendre de causes nombreuses et variées. Telles sont la plupart des maladies aiguës accompagnées de fièvre violente , le scorbut, les dartres qui ont leur siège sur la peau de la tête, des sourcils, les violens maux de tête, les sueurs abondantes de la tête, les études prolongées, la méditation , les passions tristes, et surtout l’usage des préparations mercurielles elles maux vénériens.
L’alopécie ne constitue donc pas toujours une maladie proprement dite, mais elle est ordinairement le résultat d’une autre affection , ainsi qu’on vient de le Voir. On la rencontre assez souvent accompagnée d’altération du cuir chevelu. L’épiderme se détache alors par petites écailles sous forme de
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son, que le peigne enlève chaque fois, et qui se renouvellent très-promptement, mais sans aucune douleur.
Lorsque la chute des cheveux vient à la suite d’une maladie aiguë ; si l’âge de la personne n’est pas trop avancé , le retour des forces l’arrête ordinairement , et l’on ne tarde pas à voir de nouveaux cheveux repousser. Cependant il n’en est pas toujours ainsi : les cheveux tombent et ne reviennent plus , si l’on ne se hâte de raser entièrement la tête, pour conserver aü moins la' racine de ceux qui restent et qui repousseront plus tard.
Quelle que soit la cause de la chute des cheveux, il ne suffit pas de s’occuper dü traitement de î 'affection qui y donne lieu , mais il est de la dernière importance de les raser, et de répéter souvent celte opération. L’expérience a démontré que cette pratique réussissait dans tous les cas à arrêter la chute des cheveux, excepté celle qui provient de la vieillesse. Les sucs nourriciers sont retenus par ce moyen dans les bulbes et les troncs des cheveux eux-mêmes, qui seraient tombés infailliblement un peu plus tard malgré tous les médieamens et tous les soins que l’ojn aurait pu employer. C’est pour la même raison que l’on conseille de frotter tous les jours avec, une brosse la peau où les cheveux ont été rasés. Ce procédé a la la propriété d’appeler le sang vers ces parties , et de fournir ainsi une nutrition plus active aux petits poils .auparavant imperceptibles, et qui, après avoir été rasés plusieurs fois , acquièrent la consistance des cheveux ordinaires, et contribuent quelquefois à rendre la chevelure plus belle et mieux fournie qu’elle ne l’était auparavant.
Ce que l’on vient de lire fait voir quel crédit l’on doit accorder à tous les médieamens préconisés avec tant de pompe par les charlatans et les perruquiers, iion-seulement pour retarder la chute des cheveux, mais encore pour en faire pousser de nouveaux : telles sonitles graisses d’ours , de cerf, de lapin , de loup, etc. , auxquelles le vulgaire attache une vertu merveilleuse. Cependant nous devons dire que la plupart des onguens, linimens, lotions, etc., vantés contre la chute descheveux, n’entraînent aucun danger; c’est là tout leur mérite. Mais comme notre devoir est de dire la vérité, nous le faisons ici en répétant que tous ces moyens sont et doivent être d’une complète inutilité. Cela n’empêchera* pas les charlatans d’en vendre, ni les ignorans d’en acheter, parce que tant qu’il y aura des gens qui voudront se donner la peine d’être fripons, iis trouveront des dupes.
AMÉNORRHÉE , rétention ou interruption des règles. Les
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femmes sont sujettes à un écoulement sanguin qui arrive régulièrement chaque mois, à moins qu’il n’y ait grossesse, allaitement ou altération de la santé. Cette hémorrhagie périodique s’établit ordinairement entre l’âge de douze à quinze ans, rarement plus tard, pour cesser ensuite entièrement entre celui de quarante à cinquante, suivant qu’il a été plus ou moins précoce.
Ce n’est pas ici le lieu d’examiner pourquoi la nature a soumis la femme à cette évacuation menstruelle ; qu’il suffise de savoir que c’est une loi naturelle, et que la suppression des règles est toujours accompagnée du dérangement de la santé , et qu’il importe par conséquent d’en rétablir le cours lorsqu’il est interrompu par toute autre cause que l’âge, la grossesse oul’allaitement. Il y a deux sortes d’interruption du flux menstruel : ou les règles ne commencent pas à couler à l’époque de la vie ou elles ont coutume de paraître, on nomme cet état rétention ■; ou elles cessent de revenir à leurs périodes ordinaires, et alors il y a suppression des règles.
Les signes de l’aménorrhée peuvent tous se réduire à la cessation ou la non apparition de l’écoulement sanguin à l’époque où il a coutumè d’avoir lieu. Ce signe est infaillible, ou plutôt n’est autre chose què l’aménorrhée elle-même.
Les causes de la suppression des règles sont très-nombreuses. Pour bien comprendre la manière dont elle peut avoir lieu, il faut faire attention que tous les mois, l’utérus est sujet à une irritation, à un surcroît d’activité qui appelle le sang vers cet organe, afin que le nouvel être qui pourrait s’y former trouve par ce moyen les matériaux nécessaires à son alimentation. Cette surabondance de sang devenant inutile, s’il n’y a pas grossesse, elle est rejetéè comme superflue jusqu’au moment où le but de là nature sera rempli. Si par une cause quelconque l’activité qui survient chaque mois dans l’utérus dépasse les bornes ordinaires, il y aura perte ou inflammation de l’utérus, qui est accompagnée de la suppression. Mais cette cause est loin d’être l’une des plus communes : nous venons de voir que c’est à l’irritation de l’utérus que l’on doit attribuer les règles; mais si cette irritation avait lieu sur un autre organe , le sang changerait de cours , se porterait vers l’organe irrité, et il y aurait suppression. En effet, les forces de la vie ne sont jamais exaltées au même degré dans tous nos organes, et c’est une loi de la nature que le sang se porte constamment vers ceux qui le sont le plus, en abandonnant les autres dans la même proportion. Prenons un exemple: une femme est atteinte d’une inflammation cérébrale à l'époque de ses mois; que doit-il arriver ? Le sang se porte vers le cerveau, et les règles sont
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supprimées : elle est atteinte d’une inflammation de poitrine ; le sang se porte vers les poumons, et les règles sont supprimées. Si elle ést affectée d’une gastrite (inflammation de l’estomac) ou d’une entérite (inflammation des entrailles), le sang se porte vers ces organes, et l’évacuation n’a paslieu, ou si elle a lieu, elle est aussitôt supprimée ou bien elle est moins abondante que de coutume. Il en est de même des autres organes , quels qu’ils soient, lorsqu’ils sont le siège d’une irritation; elle y appelle constamment le sang qui cesse alors de suivre son cours naturel.
Traitement P&e tte manière d'envisager les causes de l’aménorrhée, qui est la seule raisonnable, nous met facilement sur la voie pour nous diriger dans le traitement de cette affection. L’ancienne médecine conseillait, sous le nom d ^ emmènagogues , une foule de médicamens destinés à rappeler les règles supprimées , tels que le fer et ses préparations , le safran , la rhue, la sabine, etc. , etc. ; mais ces prétendus emménagogues, qui sont tous pris dans laclasse des excitans, ne peuvent agir sur les organes sexuels qu’en irritant d’abord les viscères avec lesquels ils sont mis en contact ; ceux-ci , qui l’étaient déjà trop , gardent l’irritation, et la menstruation ne paraît point. Il n’y a donc pas d’emménagogues proprement dits, c’est-àdire de substances douées de la propriété de provoquer les règles toutes les fois qu’elles sont supprimées. Pourquoi? C’est que, leur cessation dépendant presque constamment d’une autre affection , il faut commencer par combattre cette affection , et tout rentrera dans l’ordre. Ôn s’occupera donc en premier lieu de calmer l’inflammation de la tête , de la poitrine, de l’estomac, desreins, du bas-ventre, etc., parlegenre de traitement indiqué dans ces sortes d’inflammations. Les personnes qui commencent par s’administrer les exçitans dans l’intention de pousser le sang vers ses voies naturelles se trompent étrangement; elles ne savent pas que ces moyens sont les plus propres à le fixer plus fortement dans l’intérieur, puisque le sang se porte constamment vers les tissus qui sont le plus irrités.
On peut donc poser en principe que l’emploi des émolliens est indiqué dans la plupart des cas de suppression des menstrues, mais il doit être dirigé principalement vers les organes dont l’irritation est un obstacle à l’évacuation naturelle. Si donc . l’aménorrhée est accompagnée d’une irritation de l’estomac , on la traitera comme une gastrite ( V. Gastrite ) ; si elle est accompagnée d’une inflammation de poitrine , on la traitera comme une pneumonie y ou une pleurésie , Ou une phthisie, ou un anévrisme (Y, ces mots); si elle dépend d’une iq-s
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flammation de la matrice , on la traitera comme une métrite ,
( Y. Métrite.)
En nous occupant du traitement de l’aménorrhée, nous n’entrerons donc pas dans les détails des maladies qui en sont les causes véritables , puisque ce traitement n’est autre chose que celui de ces maladies elles-mêmes. Cependant il est des circonstances où il faut chercher à rappeler directement l’évacuation menstruelle. Ainsi, lorsque l’aménorrhée a été produite par l’impression subite du froid , l’usage des boissons émollientes tièdes, les bains chauds, le séjour du lit sont des moyens qui réussissent assez généralement, en rappelant à la surface du corps le sang que le froid avait repoussé à l’intérieur. Mais si l’action du froid, en arrêtant l’évacuation naturelle du sang, avait en même temps déterminé l’inflammation de quelque organe, par exemple de la poitrine, on traiterait celte inflammation parles moyens ordinaires , c’est-à-dire par les boissons émollientes, le repos et la saignée. Lorsque la suppression dépend d’une inflammation de l’utérus ou du basventre, outre les moyens émolliens ordinaires, ôn fera aveé succès des applications de sangsues à l’anus,- sur le bas-ventre, et mieux encore aux organes sexuels. C’est surtout, dans cé cas qu’il faut bien se garder d’administrer les toniques , les emménagôgues , les stimulans, de quelque beau nom qu’ils soient parés ; ils ne peuvent faire autre chose qu’aggraver Tétât inflammatoire. 11 est néanmoins hors de doute qu’il est plusieurs de ces substances médicamenteuses qui favorisent l’éruption des règles. Dans ce nombre on distingue principalement le safran , l’armoise , l’absinthe, la sabine, les préparations de fer, parmi lesquelles on doit compter les eaux minérales ferrugineuses. Mais il n’est pas question précisément dans le traitement de, l’aménorrhée de faire reparaître un écoulement supprimé ; il faut bien plutôt détruire la cause qui y donne lieu; or les médicainens dont il vient d’être fait mention né rétablissent les règles qu’en irritant en même temps d’autres organes, et principalement le canal intestinal. Ce n’est donc qu’avec la plus grande précaution qu’il est permis de les administrer, et l’on ne doit jamais y avoir recours lorsqu’il y a irritation de ce canal; car tant que Ton n’aura pas guéri la maladie qui est cause de l’aménorrhée, ce serait en vain que Ton mettrait en usage tous les emménagôgues imaginables ; et si Ton parvenait à rappeler les menstrues par ces moyens, ce ne serait qu’au détriment de la santé.
Il arrive communément dans les cas de suppression que , quoique les règles ne coulent pas à leurs périodes ordinaires, on aperçoive , aux approches de ces périodes , quelques signes
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qui indiquent une tendance à produire i’écouiement. C’est surtout à l’approche de ce temp3 où concourent les efforts de la nature , qu’on doit employer les moyens propres à guérilla suppression. En effet, l’expérience a démontré que le succèè était alors beaucoup plus certain; et il est communément inutile de les mettre en usage dans d’autres temps, à moins qu’ils ne soient de nature à exiger d’être continués pour produire leur effet. Les moyens les plus raisonnables sont généralement la saignée du pied, l’application des sangsues aux organes sexuels, à la partie supérieure des cuisses, les bains généraux, les bains de pieds chauds ou irritans, les bains de siège souvent répétés, la vapeur d’eau chaude dirigée vers les organes sexuels , ce qui se pratique trèsr-ai sèment en mettant le siège sur un vase d’eau chaude, ou bien en dirigeant cette vapeur dans l’intérieur même au moyen d’un entonnoir; les frietions.sur les cuisses et les jambes, les lavemens irritans , tels que ceux qui contiennent une once de miel de mercuriale, ou une 1/2 once de sel de Glauber (sulfate de soude) , ou une 1/2 once de sel d’Ernpson (sulfate de magnésie), etc. Les purgatifs légers, lorsque le canal intestinal est en bon état , produisent un assez bon effet, le mouvement qu’ils impriment au canal intestinal se communiquant facilement à la matrice ; mais, nous le répétons, c’est à condition que ces deux organes ne soient point déjà trop irrités , autrement les purgatifs , ainsi que tous les médicamens stimuians, ne feraient qu’aggraver l’état de la malade. Lorsque les circonstances permettent d’y avoir recours, l’usage du mariage est un excellent moyen de s rétablir les règles supprimées , ou de les provoquer lorsqu’elles ne paraissent qué difficilement. Enfin des légères commotions électriques , dirigées convenablement sur la matrice , ont souvent été administrées avec succès lorsque tous les autres moyens avaient échoué; mais l’emploi de,cet age/it ne peut être bien dirigé que par une personne familière avec les expériences de physique : la plupart des médecins de nos jours sont dans ce cas. Les moyens que nous venons d’indiquer doivent toujours être basés sur la constitution particulière et l’état de santé de la malade; ainsi on insistera principalement sur la saignée et lés sangsues si la personne est robuste et sanguine ; sur les boissons émollientes , les bains tièdes fréquens , les lavemens émolliens si elle est d’une constitution sèche et nerveuse ; dans ce cas même les sangsues appliquées aux endroits indiqués peuvent quelquefois être employées avec succès ; sur une nourriture substantielle, sur l’exercice' à cheval ou en voiture, s’if est possible, sur la danse, la course, le saut, si la personne est d’un tempérament mou, graisseux et lymphatique. Ces*
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derniers moyens sont surtout applicables aux jeunes personnes qui sont arrivées à Page ordinaire de la menstruation, et chez qui pourtant les règles ne paraissent que difficilement ou même ne paraissent pas du tout.
On ne doit pas perdre de vue ce que nous avons dit plus haut et qu’il est essentiel de ne pas oublier, que l’aménorrhée étant le plus souvent l’effet d’une autre maladie, il faut s’occuper de traiter cette, maladie avant tout , et les règles reviennent ensuite d’elles-mêmes : la pratique contraire n’est fondée ni en théorie, ni sur l’expérienee.
Ce que nous venons de dire ne.s’applique point aux femmes arrivées à l’âge où la menstruation doit enfin cesser pour toujours. Cet âge orageux, appelé pour cette raison âge critique 3 a été examiné dans un autre article. (Y. Agjs critique. )
ANAS ARQUE. On appelle anasarque une espèce particulière d’hydropisie qui consiste en une intumescence générale du corps et des membres, produite par l’accumulàlion contre nature d’un fluide séreux dans le tissu cellulaire immédiatement au-dessous de la peau, et généralement dans toutes les parties du corps où se rencontre le tissu cellulaire.
Cette maladie commence ordinairement à se manifester par un gonflement des pieds et du bas de la jambe ; ce gonflement < est mou, presque pas élastique, et conserve assez long-temps l’impression des doigts. Dans les commencemens de la maladie, le gonflement des pieds diminue de beaucoup durant la nuit, à cause de la position horizontale du corps , et lé matin , le visage et surtout les paupières sont enflés et comme boursoufflés. Le plus souvent ces symptômes sont accompagnés de la pâleur et de la sécheresse de la peau, de soif ardente difficile à apaiser; les urines sont rougeâtres et peu abondantes. Peu à peu le gonflement fait des progrès et gagne successivement tout le corps et les membres , qui s’arrondissent comme s’ils étaient distèndus 'par un embonpoint excessif. A tous ces symptômes se joint la gêne de la respiration , qui est plus ou moins considérable, suivant le degré de l’anasarque.
Les causes de l’anasarque sont à peu près les mêmes que celles de l’hydropisie en général ; et comme le traitement n’en diffère presque pa^, nous renvoyons à cet article. (V. Hy-
DROPISIE. ) ' * ■
ANÉVRISME. On appelle ainsi une tumeur formée par la dilatation des artères avec accumulation de sang dans la portion dilaté. On donne également le nom d'anévrisme à la dilatation du cœuç ou à l’épuisement des parois qui le constituent,
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Les anévrismes des artères des membres ne sont curables que par des moyens chirurgicaux, et surtout la ligature de l’artère dilatée ; nous ne nous y arrêterons pas plus long-temps , et nous ne parlerons que des anévrismes du cœur et des grosses artères à leur origine.
ANÉVRISME ET AFFECTIONS ORGANIQUES DU COEUR , ET DES GROSSES ARTÈRES VOISINES DU COEUR. On a donné le nom d’anévrisme à une dilatation plus ou moins considérable du cœur ou des artères. Nous comprendrons dans cet article la pluparf des affections organiques du cœur, même celles qui ne sont pas des anévrismes, parce qu’elles exigent en général le même traitement et qu’elles s’annoncent par des symptômes qui ont beaucoup de ressemblance entre eux.
Pour se former une idée exacte des maladies du cœur , il est nécessaire d’entrer dans quelques détails sur les fonctions de cet organe durant l’état de santé : on n’en sentira que mieux l’importance du traitement.
Le cœur est un muscle creux composé de quatre cavités, dont deux prennent le nom d’oreillettes, et les deux autres celui de ventricules. Il est divisé par une cloison en deux parties, dont l’une à droite et formée par l’oreillette et le ventricule droits, et l’autre à gauche par l’oreillette et le ventricule gauches. Voici maintenant comment a lieu la circulation du sang, dont le cœur doit être regardé comme le principal agent. Le sang est versé dans l’oreillette droite par deux veines nommées l’une veine cave supérieure et l’autre veine cave inférieure : le sang irrite cette oreillette, qui se resserre sur ellemême et le pousse dans le ventricule droit; celui-ci irrité â son tour, se contracte également et chasse le sang par un canal que l’on nomme artère pulmonaire, parce qu’elle le porte aux poumons. Cette artère se divise et se subdivise à l’infini , de manière à former dans le poumon comme un réseau capillaire où le sang vient subir l’influence de l’air que nous respirons. Des poumons le sang arrive bientôt dans l’oreillette gauche du cœur, qui se. contracte et le fait passer dans le ventricule gauche : sollicité par la présence du sang, ce ventricule se contracte avec force et le pousse j usqu’aux extrémités du corps à travers l’artère aorte et ses nombreuses ramifications. Arrivé aux extrémités, le sang retourne au côté droit du cœur par les veines qui le reçoivent de tous côtés, et ce cireuit continue ainsi jusqu’à la fin de la vie.
Ce sont les contractions et les dilations alternatives du cœur pour recevoir et expulser le sang qui constituent ce qu’on
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appelle les pulsations. Lorsqu’elles sont plus accélérées que de coutume, on les nomme palpitations ou battemens de cœur.
Le cœur est fourni d’une grande quantité de nerfs qui Je mettent en rapport avec presque toutes les parties du corps et surtout avec le cerveau; et comme c’est au moyen des nerfs que se transmettent les impressions, les sensations, les irritations, il n’est pas étonnant que presque toutes les sensations, presque toutes les inflammations réveillent l’activité du cœur et accélèrent son mouvement. Le cœur est irrité par les affections morales qui agissent d’abord sur le cerveau, puisque ces deux organes communiquent ensemble parle moyen des nerfs; âinsi l’on voit la colère, la peur, l’amour et toutes les passions violentes produire ce que l’on appelle des émotions, des palpitations. Les exercices violens, tels que le saut, la course, l’ascension vers un endroit élevé, la toux, le cfiant, en un mot tous les efforts qui font arriver le sang en grande quantité dans le cœur ou qui le retiennent dans les poumons, sont aussi des causes d’irritation du cœur, et par conséquent dé mouvemens désordonnés de cet organe.
Les affections aiguës ou chroniques des autres parties du corps se répètent avec la plus grande facilité sur le cœur : par exemple la goutte et les rhumatismes abandonnent assez sou* vent les articulations et les muscles pour sè porter sur le cœur ; . c’est ce qu’on nomme goutte ou rhumatismes répercutés : c’est ce qui s’annonce encore par les palpitations , les étouffemens , la gêne de la respiration.
En conséquence de l’irritation qu’il reçoit soit dés autres organes , soit des causes qui agissent directement sur lui , le cœur attire plus de sang qu’à l’ordinaire , en vertu d’une loi trèsconnue, que là, où il y a irritation il y a appel des fluides. Il en résulte qu’il doitêtre affecté d’inflammation, lorsque ces causes sont assez intenses pour la produire. Cette inflammation attaqueplus particulièrement l’enveloppe du cœur nommée péricarde que le cœur lui-même : elle s’annonce alors par la chaleur du lieu malade et l’irrégularité du pouls, la gêne de la respiration et la crainte dé suffocation , le tout accompagné d’une fièvre très-violente.
Si le cœur n’est pas atteint de cette manière, il subit des altérations dans sa propre structure ; il augmente de volume et acquiert un degré d’irritabilité tel qu’il s’agite fortement, se débal pour ainsi dire , et palpite à la moindre impression physique ou morale que la personne éprouve. La circulation du sang est nécessairement troublée par l’affection de l’organe qui en est le principal agent ; on voit des malades être foreés d’interrompre brusquement leur marche, et ressentir vers le
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côté gauche de ia'poitrine une douleur qui se prolonge quelquefois jusqu’à l’épaule et au bras du même côté. Quelquefois ils ne peuvent se livrer qu’avec peine aux douceurs du sommeil ; ils sont agités par des rêves pénibles; ils éprouvent un besoin de respirer, une anxiété qui les réveille souvent en sursaut. Il est ra^e que les malades chez qui l’on observe ces désordres de la circulation ne soient pas sujets en même temps à des accès d’asthme : on appelle ainsi une gêne très-grande de la respiration qui revient périodiquement par attaques. Cet accès se manifeste ordinairement de la manière suivante : attaque le plus souvent le soir ou durant la nuit; resserrement de la poitrine, difficulté extrême et même impossibilité de respirer sans se tenir debout ou assis sur son lit; respiration sifflante, etc. Xsthme. )
Le cœur ne garde pas toujours l’irritation qui donne lieu aux accidens. précités ; s’il est robuste, il peut être affecté assez long-temps sans que sa structure organique se trouve altérée , et l’on voit quelquefois tous ces symptômes se dissiper par la cessation de l’action des causes qui les entretenaient. C’est ainsi que le cœur retourne assez promptement à son état naturel après une affection morale qui l’a fait palpiter : c’est encore ainsi que les palpitations de cœur cessent entièrement chez les femmes qu’on appelle communément vaporeuses, lorsque l’irritation de la matrice qui les détermine a été détruite par un traitement antiphlogistique sagement dirigé. Il en est de même chez les personnes d’une constitution très-mobile affectées d’une irritation de l’estomac qui dérange les fonctions du cœur. En faisant disparaître cette irritation par les boissons émollientes, une nourriture légère et peu abondante, le repos et quelques évacuations sanguines , s’il y a lieu, les palpitations disparaissent.
N’a-t-on pas arrêté dans son principe l’irritation soit de l’organe qui entretient celle du cœur, soit celle qui affecte directement et sans intermédiaire le cœur lui-même, il finit par éprouver des altérations notables dans sa structure. Ces altérations se manifestent sous des formes très- variées, et prennent différent noms , quoiqu’elles reconnaissent en générai les mêmes causes. Ainsi chez les uns la membrane qui tapisse l’intérieur des cavités du cœur s’épaissit, se durcit, s’ossifie même, ou bien se couvre d’excroissances charnues auxquelles on à donné le nom de polypes. La capacité de ces cavités se trouvant alors diminuée , le cœur ne peut plus recevoir la même . quantité de sang ni exécuter ses mouvemens de contraction et de dilatation avec la même facilité; de là les troubles de la cir- ©ulation et les palpitations qui en sont la suite inévitable. Le
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plus souvent ces excroissances polypeuse3 ont leur siège vers les orifices des cavités du cœur, et comme ces orifices donnent alors plus difficilement passage soit à l’entrée, soit à la sortie du sang, les palpitations ont lieu sans aucune interruption. Chez d’autres malades, le cœur sollicité par une irritation continuelle, acquiert quelquefois un volume considérable; ses parois s’épaississent, ce qui leur donne plus de force qu’à l’ ordinaire; aussi les palpitations sont-elles énergiques et vigoureuses. Si la maladie se prolonge, le ramolissement succède à l’état précédent , le cœur n’a pas la force de se contracter , le sang circule avec peine , embarrassé les poumons , et donne lieu à des accès d’asthme si fréquens , que le malade est continuellement tourmenté de la crainte de la suffocation. Il cherche toutes les positions pour respirer à l’aise , mais le moindre mouvement fait aborder le sang vers le cœur, ce qui augmente encore l’état d’angoisse et de souffrances difficiles à décrire ; il ne peut ni se livrer au sommeil * ni même boire ou manger sans aggraver ses tourmens : quelquefois la face et principalement les lèvres deviennent livides ; le corps se bouffit, et une hydropisie générale se manifeste. Cette terminaison pourtant n’est pas constante, car on peut mourir d’un anévrisme du cœur avant d’avoir passé par tous ces différens degrés dont nous venons de parler.
Il est des malades qui Expectorent abondamment, et les matières qu’ils rejettent ressemblent quelquefois à du pus, ce qui pourrait donner le change et faire prendre leur maladie pour une altération du poumon. Il est certain que les poumons , étant continuellement irrités par les pulsations du cœur et la présence du sang qui stagne dans leur tissu , finissent assez souvent par devenir malades^ mais Les expectorations puriformes ne sont pas toujours un indice qu’ils soient altérés.
Ce que nous venons de dire des affections organiques du cœur s’applique en grande partie à celles des gros troncs artériels à leur origine, qui ne sont pour ainsi dire que la continuation de cet organe. En effet , les anévrismes de l’aorte dans le voisinage du cœur présentent à peu près les mêmes symptômes que ceux que nous venons de décrire ; ces affections d’ailleurs exigent le même genre de traitement, et sont accompagnées des mêmes dangers; il est donc inutile d’en faire une description à part.
Les maladies du cœur sont-elles incurables? Non. L’irritation du cœur est de la même nature que celle des autres organes; par sa structure forte et vigoureuse, il peut supporter assez long-temps un surcroît d’activité sans se désorganiser; et par
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des soins bien ménagés on peut l’empêcher d’arriver au point d’altération qui constitue l’anévrisme proprement dit. La plupart des personnes qui éprouvent des palpitations s’imaginent aussitôt que le coeur est atteint de quelque affection mortelle : pour elle une pulsation plus accélérée que de coutume est un anévrisme, et ce mot fatal une fois prononcé, il semble qu’il n’y ait plus de guérison à attendre. Nous dirons donc à ces personnes que jamais une affection du coeur ne saurait être un anévrisme dès son début; que le cœur n’arrive à cet état qu’après avoir été stimulé, irrité, excité pendant plusieurs mois , et même des années ; parce que l’anévrisme suppose toujours une longue irritation préalable, sans laquelle il n’y a pas de désorganisation possible. Les personnes d’une constitution nerveuse, douées d’une grande sensibilité , éprouvent fréquemment des palpitations de cœur sans pour cela être menacées d’anévrisme, parce que les organès*de ces personnes jouissant d’une mobilité considérable, la moindre impression les met en jeu. Outre cela , on voit des personnes arriver à un âge fort avancé avec un cœur irrité depuis longtemps. Un vieux proverbe dit qu’il faut tuer les asthmatiques pour les faire mourir. Quoique ce proverbe ne soit pas toujours vrai , on voit pourtant des asthmatiques devenir fort vieux; or, l’asthme est le plus souvent entretenu par une grande irritabilité du cœur , et même par une hypertrophie ( épaississement) de cet organe. Nous avons vu également que rien n’était plus commun que de voir l’irritation soit aiguë , soit chronique des organes de la digestion et de l’utérus , entretenir celle du cœur et donner lieu aux palpitations et au trouble de la circulation du sang : or, en faisant cesser cette irritation primitive, ce que l’on voit arriver tous les jours, celle du cœur cesse ordinairement. Voilà ce que l’on peut dire d’encourageant sur les affections du cœur.
Le traitement découle naturellement dé cès principes . Puisque l’anévrisme et les autres espèces d’altérations organiques du cœur ne viennent pas à l’improviste , et qu’elles sont toujours précédées d’une irritation soit du cœur lui-même, soit des organes qui lui communiquent l’irritation, il faut attaquer celle-ci dès le début et ne pas attendre que le désordre soit arrivé à un point où tous lés moyens curatifs seraient à peu près inutiles. Ce traitement est le même que celui de toutes les irritations, mais il varie suivant l’époque de l’affection. Si donc la langue est plus rouge dans ses bords qu’à l’ordinaire , si elle est recouverte d’un enduit épais, jaunâtre, il y a gastrite ou irritation de l’estomac; dans ce cas, on retranchera les alimens au malade, on lui fera quelques applications de sangsues sur la
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région de l’estomac , on lui administrera des boissons émollientes , des layemens de même nature, et il gardera le repos le plus absolu. En supposant même que l’irritation primitive n’eût pas précisément son siège dans l’estomac, ce traitement serait encore convenable, parce que les sangsues ont toujours l’avantage de diminuer la quantité du sang , chose importante dans les affections du cœur, et qu’en outre elles établissent dans le voisinage du cœur un point d’irritation qui peut opérer une révulsion avantageuse. Ges moyens doivent être suivis avec persévérance jusqu’à ce que les symptômes de gastrite soient dissipés. S’il est question d’une femme hystérique, qu’on appelle dans le monde femme vaporeuse , il est probable que ses palpitations sont entretenues par une irritation de la matrice. On sera encore plus fondé à le croire, si les époques menstruelles sont accompagnées de douleur s, si les règles sont supprimées ou peu abondantes, si la femme est sujette aux pertes, aux fleurs blanches , etc. Dans ce cas, le traitement émollient doit être principalement dirigé vers le bas-ventre : ainsi on fera prendre souvent des bains de siège , des cataplasmes émolliens seront tenus sur l’abdomen, quelques sangsues seront appliquées de temps en temps aux parties sexuelles ou vers le haut des cuisses; la nourriture sera peu abondante et légère, et l’on 1 exclura toute espèce de boissons stimulantes, telles que le café, le thé, le vin et les liqueurs spiritueuses. Ce traitement sera continué tant que durera l’état de la malade. Voilà pour rirritation qui précède les vices organiques du cœur, qui ne donne encore lieu qu’aux palpitations ; mais quand les phénomènes qui annoncent l’hypertrophie , c’est-à-dire le développement contre nature de cèt organe , le traitement devient plus sévère , il s’agit d’arrêter cette marche alarmante. Les meilleurs , je dirai même les seuls moyens sent les suivans : saignée toutes les fois que la maladie paraît s’éxas-/ pérer; application de - linges froids et même de glace sur la région du coeur , tandis que les pieds et les. mains sont tenus chaudement ; boissons rafraîchissantes , alimens légers et en très-petite quantité; ce point est capital, parce que si les alimens sont abondans et substantiels, la nutrition du cœur se fait trop bien, l’hypertrophie, qui n’est autre chose qu’un surcroît de nutrition , fai t nécessairement des progrès. Si le malade a le courage et la persévérance de diminuer pendant longtemps sa nourriture, en joignant à cela les moyens précédons et ceux que nous indiquerons! encore, il peut espérer de guérir. Le calme des passions , l’absence des affections morales est nécessaire. On évitera aussi avec soin tout ee qui peut accélérer la circulation du sang, telle que l’ascension des degrés et des
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lieux élevés , la course , le saut , la danse , l’équitation. On doit éviter aussi les lieux trop chauds, les grands rassemblemens, les théâtres , etc. Pour la même raison on fera usage des moyens propres à tempérer la vitesse de la circulation du sang. Les boissons végétales acidulées conviennent généralement. Ainsi on pourra faire usage des sirops de groseille, de framboise, de suc de citron, de suc d’orange , ou de la limonade faite avec ces fruits, etc. Mais il est une substance qui jouit principalement de la propriété de calmer les palpitations de cœur : c’est' la digitale pourprée; elle produit la sédation du cœur d’une manière étonnante quand il n’y a pas inflammation des organes digestifs.
ïl y a plusieurs manières d’administrer la digitale pourprée : la meilleure consiste à l’associer avec quelques substances émollientes, et non excitantes comme le font certains médecins , ce qui est absurde; On peut donc la triturer par parties égales avec de la gomme ou du sucre. On en fait prendre 1 grain ïe premier jour, 2 le deuxième, 5 le troisième, etc. , et on peut élever ainsi la dose progressivement jusqu’à 10, et même ï5 grainé par jour. Ybyez au reste , pour le mode d’administration de cette plante , la page 58. '
Il n’est pas d’affection qui exige plus impérieusement l’abstinence de toute espèce dé boissons stimulantes , et princi paiement de café et de liqueurs spiritueuses , que l’hypertrophie du cœur.
Un médecin de Rome, nommé Yasalva , mettait en pratique une méthode qui exige beaucoup de patience de la part du malade, mais qui est souvent couronnée du plus heureux succès. Byèôrisiste à faire des saignées plus ou moins copieuses tous lesquatre, cinq ou huit jours, suivant la constitution et les forces dé l’individu : pour toute nourriture on donne au malade de l’eau , dans laquelle ou délaie un ou deux jaunes d’œufs. Quand ensuite le malade est devenu extrêmement faible, on relève insensiblement ses forces par des alimens légers que l’on rend peu à peu plus nourrissons. On -continue cette méthode pendant deux ou trois mois. Il est essentiel de favoriser ce traitement par le repos le plus absolu ; ainsi non seulement on gardera le lit, mais on évitera même de s’y remuer le moins qu’il sera possible.
Nous avons dit que. les grandes chaleurs étaient nuisibles aux anévrismatiques : le froid l’est encore davantage ; car le sang étant alors refoulé vers les, organes intérieurs , l'agitation du cœur, la gêne de la respiration doivent être plus considérables. Cependant, si le froid n’est appliqué que sur la région du cœur pendant que lés autres parties du corps sont tenties
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chaudement, on peut en espérer beaucoup de succès ; mais le froid doit être appliqué long-temps et presque sans interruption. Les catarrhes sont aussi plus fréquens alors que dans toute autre circonstance : on doit les combattre par Inapplication des sangsues vers le haut de la poitrine, le repos et une douce chaleur. Quand il se déclare un accès de gêne de la respiration, et que les étouffemens deviennent inquiétans, on doit pratiquer promptement la saignée.
On a conseillé pour ces maladies les eaux minérales sulfu reuses chaudes, mais elles sont pernicieuses. Les eaux minérales purgatives , diurétiquespeuvent être utiles , parce qu’elles évacuent et qu’elles peuvent déterminer une heureuse révulsion par l’irritation qu’elles exercent sur le canal intestinal ; mais il faut que ce canal soit en bon état et qu’il ne soit le siège d’aucune irritation.
Si le malade tousse habituellement, on peut employer la scille ou le kermès pour le faire expectorer; toujours à condition que les organes digestifs soient sans irritation.
Lorsque l’hydropisie survient à la suite des affections du cœur, cet état n’est pas encore un signe de détresse, et l’on peut conserver l’espoir de la guérison, si l’obstacle à la circulation du sangv n’est pas trop considérable, et si la gêne de la respiration n’est pas arrivé à un point où le malade craigne la suffocation. Dans ce cas on emploie surtout les saignées, les diurétiques (Y. pag. 66) et les purgatifs (Y. pag. 75 pour lar ' manière d’employer ces médicamens). L’inflammation de la poitrine , celle de l’estomac, des intestins peuvent se joindre aux affections organiques du cœur; il faut alors attaquer avec hardiesse ces complications qui pourraient devenir promptement funestes. On les attaque par les moyens ordinairement usités, contre ces maladies , c’est-à-dire l’application des sangsues , le repos, la diète et les boissons émollientes.
On suivra absolument le même traitement s’il s’agit d’une affection organique des orifices des artères dans, le voisinage du cœur : il est d’ailleurs impossible aux personnes étrangères à l’art de distinguer ces affections de celle du cœur lui-mêmè ; je dirai même que cette .connaissance , quand on pourrait l’ac^ quérir, serait superflue, puisque, comme nous venons de le dire , le traitement serait toujours le même.
ANGINE; On appelle ainsi l’inflammation de l’arrièrebouche et des parties supérieures des organes de la déglutition et de la respiration. On donne encore le nom d’esquinancie à eotte maladie lorsqu’elle est. très-intense ; elle se présente sous diverses formes, et prend des noms différens, suivant le siège qu elle occupe. Nous la distinguerons.: en angine tçnsU-
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taire , en angine du pharynx et de Y œsophage , en angine trachéale et angine gangreneuse .
Angine tonsillaire, C’est F inflammation du voile du palais, des amygdales et de la luette, et quelquefois de toute l’arrière-gorge. "L'angine tonsillaire se reconnaît aux symptômes suivons : ■ .
Douleur, tumeur, rougeur de l’arrière-gorge, et particulièrement des amygdales et du voile du palais; difficulté d’avaler, même la salive, qui est assez abondante; quelquefois douleur de l’intérieur des oreilles. Avant de se déclarer subitement, l’angine tonsillaire-est quelquefois précédée d’une pe tite x’ougeur; d’autres fois au contraire elle débute et marche rapidement et violemment. Si la maladie n’est pas arrêtée , il survient des symptômes généraux de fièvre , surtout s’il y a complication d’irritation d’estomac ; la langue se couvre alors d’un enduit visqueux et jaunâtre. On appelait autrefois cet état angine bilieuse, mais il n’y a point d’angine bilieuse ; elle est toujours inflammatoire, et la bile n’est autre chose qu’un effet de l’inflammation.
Quelque simple que paraisse cette angine, elle peut se terminer par la suppuration , si on ne l’arrête pas de bonne heuredans sa marche. L’inflammation peut s’étendre dè l’arrièrebouche jusqu’à l’estomac avec d’autant plus de facilité que toutes Ces parties sont tapissées sans interruption par la même membrane, muqueuse.
L’angine dont nous parlons se déclare souvent en même temps que certaines maladies de la peau , telles que la petite vérole, la scarlatine;, et principalement la rougeole. Quelque^ fois la tuméfaction des amygdales est si considérable, que la respiration devient très-pénible et la déglutition impossible , et si l’inflammation continue à faire dés progrès , le malade peut mourir suffoqué. Qu’on se rassure pourtant , cette: terminaison est extrêmement rare, et même lorsqu’on en serait menacé , il y a des moyens infaillibles de la prévenir.
Lorsqu’un organe à été le siège d’une inflammation , il est très-exposé à la récidive; mais cela est surtout vrai de l’arrière-gorge : l’angine se déclare d’autant plus facilement qu’on en a déjà été atteint une ou plusieurs fois.
Les causes de l’angine sont celles des inflammations en général. Tousles âges et toutes les constitutions y sont exposées; cependant la jeunesse, le tempérament sanguin y disposent particulièrement : le chant, les cris , les transitions subites du chaud au froid, et du froid au chaud , les breuvages frais tandis que le corps est très-échauffé, sont les causes les plus ordinaires de l’angine. D’ailleurs il est assez peu important d’en
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connaître les causes primitives; il suffit de savoir qu’on â affaire à une inflammation, qui doit toujours être combattue par les mêmes moyens, quelles que soient les causes qui l’aient produite. Les personnes étrangère?, à la médecine pensent en général qu’on ne peut combattre une maladie que lorsqu’on en connaît la cause "matérielle : c’est une erreur. La cause matérielle d’une maladie peut fort bien cesser d’agir et la maladie continuer; ce n’est donc pas seulement cette cause qu’il faut éloigner, puisque souvent elle n’existe plus. Quand on s’est planté une épine au doigt , il ne suffit pas d’arracher l’épine ; mais si elle a donné lieu à une inflammation , il faudra encore la traiter comme toute autre inflammation. De même si le froid était cause de l’angine , il ne suffirait pas de s’exposer à la chaleur pour guérir, ni de s’exposer au froid si c’était la chaleur : l’inflammation serait de même nature, et par conséquent le traitement devrait être le même.
Le traitement de l’angine tonsillaire est extrêmement simple : c’èst une inflammation qu’il s’agit de calmer. Si les symptômes sont aigus, il est certain que les sangsues enlèvent très-promptement cette inflammation, lorsqu’on les applique dès les premiers jours. On peut en mettre depuis 10 jusqu’à 3o et [\o à la partie supérieure et antérieure du cou , et recouvrir ensuite les piqûres avec un cataplasme émollient. Si malgré cette évacuation la maladie fait des progrès, on pourra faire une seconde application de sangsues; mais il n’est pas nécessaire d’emvenir à ees expédiens dans les pas ordinaires : nous parlons toujours dans la supposition que l’inflammation fait des progrès rapides. On fera prendre des bains de pieds à la moutarde ; on donnera des boissons émollientes, telles que l’eau miellée, aiguisée avec quelques gouttes de vinaigre , la tisane de guimauve , de gomme arabique , le sirop d’orgeat, les décoctions dç ligues et de jujubes, etc. Cependant il n’est pas^ à propos. que le malade boive trop fréquemment, parce que les efforts qu’il est obligé de faire pour avaler les liquides fatiguent, irritent les parties déjà enflammées. Pour la même raison , on n’emploiera pas cette forme de gargarisme, qui consiste à agiter les liquides au fond du gosier; les mouvemens que l’on est obligé de faire font plus de mal que le gargarisme ne fait de bien : il vaut donc mieux garder le liquide dans la bouche sans l’agiter. Quelquefois l’inflammation se communiqué jusqu’au cerveau; la tête devient lourde, chaude, douloureuse , tout cela accompagné des signes de fièvre assez vive. Dans ce cas, si l’on craint la congestion du cerveau , on fera mettre les pieds dans l’eau chaude , tandis que l’on appliquera de la glace ou de l’eau très- froide sur la tête. On fera faire en même temps une