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saignée générale du bras ou du pied, ce qui n’empêchera pas de faire au cou des applications de sangsues plus ou moins fréquentes, suivant la gravité du cas.

Il peut arriver, rarement il est vrai, que malgré tous les moyens proposés , l’angine marche avec une rapidité effrayante, et que le malade soit ménacé d’être suffoqué par la tuméfaction excessive des amygdales ; c’est alors qu’il faut avoir recours à un chirurgien pour faire des incisions qui en fassent sortir le sang ou le pus dont elles sont engorgées.

Si l’angine se termine par suppuration , comme cela arrive quelquefois lorsque l’inflammation a été très-aiguë, on donne des gargarismes avec l’eau de guimauve, le miel rosat , une boisson émolliente contenant quelques gouttes de vinaigre ou de jus de citron, la limonade , l’orangeade , l’eau de groseille, le sirop de ce fruit étendu d’eauy etc.

Quelquefois, par suite de l’inflammation, les amygdales et la luette restent opiniâtrement engorgées , de telle façon qu’il est impossible de dissoudre cet engorgement par les moyens indiqués plus haut. On essaie alors de donner des gargarismes astringens avec des substances, stimulantes ; et si tous ces moyens ayant échoué, les amygdales restent dures, épaisses , et qu’elles gênent la déglutition , on est obligé de s’adresser à un chirurgien, pour qu’il en fasse l’extirpation. Au reste on attend ordinairement quelques mois, et même une année, pour s’assurer isi cette, opération est définitivement nécessaire.

L’angine tonsillaire et de l’arrière-bouche peut exister trèslongrtemps sans que pourtant le^ aûiygdales se trouvent dans un état qui exige l’opération dont nous avons parlé. On voit des personnes porter presque habituellement une inflammation légère de ces parties. Cette inflammation , qu’on" appelle alors chronique, succède assez souvent à une inflammation aiguë; d’autres fois pourtant elle est légère dès le début : dans l’un ou l’autre cas il faut examiner si cetté angine chronique n’est point entretenue par la suppression d’une évacuation habituelle , par exemple , des règles, des hémorrhoïdes , d’une hémorrhagie du nez, par le froid des pieds ou d’autres parties du corps. Dans cé cas, il est évident qu’il faudrait tâcher de rappeler lçs évacuations supprimées et de faire cesser le froid. Une cause asse£ commune de la persistance des angines est la gastrite chronique : on reconnaît celte cause à l’état de la langue, qui est rouge sur les bords et sale dans le centre; il y a en même temps dégoût et perte d’appétit. Cette complication exige le même traitement que celui de la gastrite chronique (V. ce mot). L’angine peut aussi être entretenue par la déclamation, le chant; il faut alors interrompre. Les ouvriers

qui respirent l’air embrasé des forges, des fournaises et des fours de différentes usines, et de plusieurs élablissemens où la chaleur est très-intense , sont assez exposés à cette incommodité. Le premier remède serait de faire cesser ce genre.de travail; mais malheureusement cemoyen n’est pas toujours facile pour des gens qui n’ont d’autre moyen d’existence.

Angine du. pharynx et de C œsophage.. On appelle pharynx la partie supérieure du canal qui conduit les alimens dans l’estomac, et œsophage ce canal lui-même. Ces parties sont sujettes aux inflammations comme les précédentes.

L’inflammation de l’œsophage est beaucoup plus rare que celle du pharynx : celle-ci est produite sous l’influence des mêmes causes que l’angine tonsillaire dont nous avons parlé plus haut.

Il est facile de reconnaîtra ces inflammations : il y a difficulté d’avaler, même après que les alimens ou les boissons ont franchi l’arrière-bouche; souvent même ils sont repoussés par la bouche et les narines par un effort de toux. Au reste , il est peu important de préciser au juste le point inflammatoire ; car on traite cette inflammation par les moyens qui conviennent en général à l’angine ; par conséquent, sangsues au cou , boissons émollientes, bains de pied, diète, repos, etc. Comme cette inflammation est souvent liée avec celle defl’estomac, il faut avoir recours aux mêmes moyens que pour la gastrite, qui au reste sont ceux que nous venons d’indiquer.

Angine laryngée et trachéale:. On appelle larynx la partie, supérieure du canal de la respiration , et qui se manifeste à l’extérieur par uneprotubérance connue vulgairement sous le nom d e, pomme cC Adam. La trachée n’est -autre chose que je canal destiné à conduire l’air depuis le larynx jusqu’aux poumons. Ce canal est tapissé d’une membrane muqueuse qui fait suite avec celle de l’intérieur des narines; c’est pour cela que l’on voit souvent l’inflammation de la membrane muqueuse du nez , que l’on appelle improprement rhume (le cerveau 3 descendre jusqu’au canal dont nous parlons, pour constituer ce qu’on appelle alors catarrhe ou rhume de poitrine. Tant que l’inflammation se borne à la partie supérieure du conduit aérien , c’està-dire au larynx , on la nomme angine laryngée; si elle s’étendait plus bas dans la trachée, ou lui donnerait le nom de ' laryngée trachéale. Un catarrhe, porté à un degré très-aigu , n’est autre chose qu’une angine trachéale; car il n’y a de différence entre ces deux affections qu’en ce que l’une est plus intense que l’autre. Chez les enfans , cette même angine du larynx constitue le croup dont nous parlerons dans un article à part ; elle produit chez ces derniers la suffocation assez faci-

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lement, ce qui n’arrive que très-rarement chez les personnes plus avancées' en âge. Il ne faut donc pas croire que le croup soit une maladie d’une nature différente que l’angine du larynx ordinaire : c’est toujours une inflammation; mais chez les enfans, elle produit plus facilement la suffocation, parce que le canal de la respiration est beaucoup plus étroit chez eux que chez les adultes^; parce que sôus l’influence d’une inflammation lès enfans secrétent une grande quantité de muscosités qui se durcit très-facilement , rétrécit le canal aérien , d’où résulte naturellement lexri aigu , et plus tard la suffocation , si la maladie marche rapidement.

Les causes de l’angine laryngée sont à peu près les mêmes que celle de l’angine en général , mais le froid en est la cause la plus ordinaire.

On reconnaît très-facilement cette inflammation : il y a douleur, chaleur, sensibilité excessive au larynx (pomme d’Adam), ardeur, sécheresse du gosier, petite toux sèche qui chatouillé le gosier ; la voix est rauque ou plutôt voilée.

Si la maladie fait des progrès , il y a fièvre , soif, et quelquefois une espèce de râle. Les secousses de la toux augmentent la sensibilité de la partie malade. La déglutition des liquides est douloureuse , même parfois impossible.

Lorsque cette angine n’èst pas bien traitée, elle peut devenir chronique et constituer à la fin ce qu’on appelle une phthisie laryngée. Le malade tousse alors continuellement; l’ardeur et l’irritation des voies aériennes sont moins vives, mais n’ont presque pas d’interruption ; la maigreur et tous les symptômes de la consomption surviennent, et les malades arrivent au terme fatal.

Le traitement de l’angine laryngée diffère à peine de celui des autres angines : c’est toujours une inflammation que l’on doit combattre. Comme les conséquences de celle-ci peuvent être extrêmement graves, il faut l’attaquer dès le début.

Il importe de calmer promptement l’irritation par l’application des sangsues au nombre de ï5 , 20 , 3o , 4<> > suivant l’âge et la constitution du malade ; on recouvre les piqûres par un cataplasme émollient , et l’on revient aux sangsues si l'inflammation ne paraît pas se calmer. Boissons émollientes, repos , et surtout silence absolu.

Lorsque la maladie passe à l’état chronique, que l’individu éprouve le besoin d’expectorer, on continuera toujours le traitement émollient, mais on lui fera prendre quelques pastilles d’ipécacuanlia pour favoriser l’expectoration; enfin si la maladie dégénère en phthisie , on la traite comme la phthisie laryngée. ( Y. ce mot. )

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ANGINE DES ENFANS, ou croup. On donne ce nom a l’inflammation de la membrane muqueuse qui tapisse le pharynx , le larynx et une portion des bronches ; elle a pour caractère particulier celui de donner lieu à la formation d’une membrane particulière qui provoque le suffocation des enfans qui en sont affectés.

Causes. Les causes qui prédisposent à cette affection sont l’enfance, surtout dès la deuxième à la septième année : les enfans faibles peuvent en être atteints comme les forts, malgré l’opinion contraire de quelques personnes. Le croup affecte rarement les adultes et les vieillards.

Les causes efficientes sont les vicissitudes de l’atmosphère; une constitution froide ou chaude , sèche ou humide ; la suppression de la transpiration etdes autres sécrétions ; les coups, les violences extérieures.

Signes. Le croup est une maladie très-dangereuse , surtout chez les enfans, et très-souvent au-dessus des ressources de l’art ; de là la nécessité de reconnaître le croup dès son début. Les enfans affectés de croup ou chez lesquels il va se développer, ont moins de gaîté; ils éprouvent des frissons, ils toussent, ils ont de la fièvre; lé pouls est fort développé , la toux est sèche , et ces mêmes enfans avalent de travers , pour me servir de l’expression vulgaire. .

Dans certains cas le croup débute brusquement; les enfans en sont atteints comme d’un coup de foudre, et aux signes précédens se joignent des convulsions, le tétanos ; la voix devient rauque , la toux profonde , et les enfans poussent des cris comparables a celui d’un coq, ou au son que produit l’air qui traverse un tuyau d’airain; la respiration est sifflante , entrecoupée , pénible. Comme l’inflammation s’étend quelquefois jusque dans l’estomac et dans le reste du canal intestinal , on peut voir le vomissement ou le dévoiement, ou tous les deux en même temps.

Si on examine le pouls, il est plutôt fort, développé; d’autres fois petit, intermittent. La face peut être rouge ou pâle; et à mesure que la circulation se fait plus difficilement , la face devient livide, bleuâtre , et des symptômes apoplectiques se manifestent. A la fin on voit arriver des sueurs froides et gluantes ; on remarque que la toux est convulsive ; on aperçoit des symptômes de tétanos , et surtout on observe qu’il y a tension abdominale; le délire, l’état comateux existent assez souvent; les urines sont troubles, blanchâtres; l’haleine devient fétide; et c’est à la gangrène de la fausse membrane qu’est due cette fétidité.

Ce croup peut être intermittent comme la plupart des ma-

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