‹ Dictionnaire de santé ou vocabulaire de médecineChapitre 16 sur 106 · APO · texte numérisé non relu

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avec l’acide, de la même manière que nous venons de l'indiquer.

Souvent les aphtes sont l’indice d’une fièvre à laquelle on a donné le nom de fièvre muqueuse, qui n’est autre chose qu’une irritation ordinaire de l’estomac che£ les personnes d’un tempérament lymphatique. Dans ce cas on traite le n^alade comme pour une gastrite ordinaire, et les aphtes ainsi que la fièvre disparaissent lorsque la maladie n’est pas dé naturé à résister à tous les traitemens. (V. Gastrite. )

APOPLEXIE. On appelle ainsi une affection du cerveau qui attaque d’une manière brusque, et semble frapper pour ainsi dire comme un coup de foudre.

Les symptômes auxquels on reconnaît une apoplexie , sont les suivans.Lesmoûvemensvolontairessontanéantis ou du moins de beaucoup affaiblis : le malade semble dormir d’un, sommeil plus ou moins profond, accompagné d’une espèce dé ronflement ou dé râle ; le visage est ordinairement rouge et comme gonflé par le sang; quelquefois la b*ouche est tournée-dè côté; la sensibilité' est presque éteinte, en sorte que quand l’attaque d’apoplexie est forte, on peutpincer, piquer, agacer ie malade, sans qu’il paraisse éprouver de douleur. Cependant ce signe n’est pas toujours constant , et l’on voit parfois des apoplectiliques sentir très-bien la piqûre de la lancette, ou la douleur produite par une application de ventouses.

L’attaque d’apoplexie est presque toujours, précédée de véS^ tiges, de douleurs de tête , de tintemens d’oreilles, d’éblonissemens Ou de stupeur. Ces signes précurseurs annoncent une attaque plus ou moins pi’ochaine ; quelquefois elle survient avec Ià; rapidité de l’éclair, et l’on a vu des personnes , avec la meilleure apparence de santé, être frappées au milieu d’une conversation, à table, en promenade, et ne plus donner aucun signe de vie.

Les causes de l’apoplexie doivent être essentiellement distinguées en prédisposantes et en causes qui produisent directement l’apoplexie. Je dis qu’il est essentiel d’établir cette distinction , parce. que l’apoplexie est unemaladie .qu’il est trèsdifficile de guérir, lorsqu’on en est atteint; aussi il est important de la prévenir , quand on aperçoit des dispositions à cette maladie.

Les causes qui disposent à l’apoplexie , sont l’âge avancé , une grosse tête , le cou court, un embonpoint excessif, l’usage immodéré des boissons spiritueuses, de l’opium, la suppression des évacuations habituelles , et surtout des hémorrhagies, l’étude trop assidue , ainsi que toutes les occupations intellectuelles qui agissent fortement £ur le cerveau.

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Lés causes qui peuvent déterminer immédiatement l’apoplexie chez les personnes qui y sont disposées , sont en général les exercices violens , les émotions vives, telles qu’un accès de colère , de joie ; etc., une trop grande chaleur, comme on l'observe à l’égard des soldats exposés au soleil sous des casques métalliques qui gardent long-temps la chaleur du soleil , les habits trop étroits qui gênent la circulation du sang, et surtout les cravates trop serrées. Il n’est pas rare de voir des personnes portant une cravate serrée, saisie tout à coup d’une hémorrhagienasale, de vertiges, de rougeur du visage, et ces incommodités eesser presque aussitôt qu’on ôte ces entraves, à moins que le sang ne se soit déjàportéen trop grande quantité au cerveau, pour qu’une apoplexie se soit déclarée ; c’est encore ce qui est arrivé très-fréquemment dans les armées où l’on a introduit le dangereux usage des cols de cuirs qui compriment les veines du cou , et empêchent le sang de retourner du cerveau. Les souliers et les bottes trop étroites , les jarretières , les corsets, tous moyens qui empêchent le mouvement du sang, peuvent donner lieu à une attaque d’apoplexie. On a vu des personnes être saisies d’une attaque d’apoplexie, en faisant des efforts pour vomir, pour aller à la selle, pour tousser. L’impression subite du froid, les coups , les chutes peuvent aussi déterminer un transport. de sang au cerveau, et donner lieu à l’apoplexie.

L’apoplexie , comme nous l’avôns déjà dit , est une affection grave, qüi se termine rarement par le retour complet à la santé. Si on en guérit, on est exposé à de nouvelles attaques; elle est ordinairement suivie , quand e|le ne donne pas la mort, de la diminution des facultés intellectuelles et de la paralysie plus ou moins complète d’un des côtés du corps.

Le traitement dé l’apoplexie est préservatif et curatif. Comme il est plus facile de prévenir celte maladie que delà guérir lorsqu’elle est arrivée , lespêrsonües qui en sont menacéés doivent employer tous leurs soins pour en éviter les attaques. Ainsi , les individus replets, sanguins, à large tête , avec un cou court , doivent s’astreindre à un genre de vie très-simple. Il faut nécessairement qu’ils diminuent la quantité ordinaire de leurs âlitnens qui doivent être choisis de préférence dans le règne végétal. Ils boiront peu ou presque pas devin. Ils s’abstiendront de café et de liqueurs spiritueuses. S’ils jouissent d’un tempérament sanguin, ils devront se faire saigner de temps en temps , et si, étant sujets à quelque évacuation périodique , telle que les hémorrhoïdes , ou autre hémorrhagie, ces évacuations venaient à se supprimer, il fraudraii les rappeler ou y suppléer par des applications de sangsues.

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Il est très-important aussi que les personnes disposées à l’apoplexie aient le ventre libre; la constipation gêne la circulation du sang, ce qui augmente la disposition à cette maladie ; d’ailleurs de légers purgatifs en entretenant un peu d’irritation sur le canal intestinal /produisent une révulsion favorable qui empêche le sang de se porter vers le cerveau avec la même violence. A cet égard on obtient d’assez bons effets de la préparation suivante :

P. Crème de tartre soluble , 1/2 once.

Tartre stibié , 1 grain.

Mêlez et divisez en 12 parties égales. On prend un de ces paquets tous les matins , dans iî2 verre d’eau sucrée. Quand la dose est épuisée , on recommence.

Les bains chauds ne conviennent pas aux personnes qui sont prédisposées à l’apoplexie, nûn plus que l’exposition à une chaleur quelconque. Celle du soleil principalement doit être évitée avec soin : on voit souvent deS-Voyagelirs , des gens de la campagne exposés aux ardeurs d^un soleil brfdant, périr d’un transport de sang au cerveau ; au reste , il suffit dé lire l’énumération des causes qui prédisposent à l’apoplexie et qui la produisefat immédiatement, pour ne pas s’exposer à l’action de ces causes.

Le traitement curatif, c’est-à-dire celui de l’apoplexie , lorsqu’elle s’est déclarée , est des plus faciles ,.mais malheureusement il ne réussit pas toujours. De tous les moyens que l’on puisse employer , le plus urgent c’est la saignée; il faut la pratiquer le plus promptement qu’il est possible ; le moindre retard pouvant devenir morteL On la pratique au bras ou à une des veines du cou ; mais cette opération, toute simple qu’elle est , exige la main d’une personne de l’art ; or il n’est pas toujours possible de trouver un médecin, et surtout de l’avoir à l’instant. Dans ces cas malheureux , il faut suppléer à la saignée par une forte application de sangsues derrière les oreilles et aux tempes : on fera bien d’en appliquer deux ou trois dans, l’intérieur des narines , afin de déterminer une hémorrhagie nasale ; j’insiste sur ce dernier point, parce que l’expérience a démontré l’utilité incontestable que l’on retire quelquefois de cette pratique. Je ne veux pas dire pourtant que les émissions sanguines soient un remède infaillible contre les attaques d’apoplexie ; mais il est incontestablement le meilleur, et lorsqu’il reste quelque espoir de guérison , c’est le seul dont on puisse attendre quelque soulagement.

L’apoplexie est presque toujours accompagnée d’un épanchement de sang dans le cerveau , aussi est-elle appelée par quelques auteurs hémorrhagie cérébrale. Le sang, sort i des vais-

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