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seaux qui le contenaient, ne peut pas toujours être résorbé ; il ne peut pas non plus être évacué au moyen des saignées ; c’est pour cela que cette maladie est quelquefois au-dessus de toutes les ressources de l’art.

En même temps que l’on s’occupera de retirer du sang du malade parles moyens que nous venons d’indiquer, on lui mettra les pieds dans un bain, chaud sinapisé. On lui fera des applications froides sur la tête au moyen de linges imbibés d’eau fraîche et de vinaigre, ou mieux encore, s’il est possible, en la recouvrant de glacp pilée, enfermée dans une yessie.de cochon. Ainsi, émissions sanguines pour dégorger le cerveau; chaleurs aux pieds, application de sinapismes aux jambes, aux cuisses pour attirer le sang vers ces extrémités ; application du froid sur la tête pour arrêter le. transport du sang au cerveau. On peut aussi faire une application de ventouses sur les cuisses pour déterminer une révulsion concurremment avec les autres, moyens. Comme le malade frappé d’apoplexie n’avale, pas ou qu’il le fait très-difficilement, on lui administrera quelques lavemens irritans, toujours dans le but de détourner l’irritation du cerveau. On pourrait composer ces lavemens de cette manière. : prenez 1 once ou 1 once et i/a de miel de mercuriale; mêlez ce purgatif avec suffisante quantité d’eau pour jun lavement. On peut remplacer le miel par 1 once de sel de Glauber.

Lorsque le malade a le bonheur d’échapper à la mort, ce qui n’est pas le cas le plus ordinaire , il ne faut pas qù’ii se livre à une trop grande sécurité; car, comme on l’a déjà vu plus haut, il est rare qu’il soit entièrement guéri, et il est exposé à une récidive, s’il n’emploie pas les plus grandes précautions. Il faut ranger les personnes qui ont éprouvé une attaque d’apoplexie, sans y succomber, dans la même catégorie que les individus prédisposés à cette maladie. Le traitement et le régime que ces personnes doivent suivre et toutes les précautions qu’elles doivent prendre sont absolument les mêmes; ainsi ce que nous avons dit concernant le traitement préservatif de l’apoplexie est également applicable à ceux qui en ont déjà éprouvé une ou plusieurs attaques.

Nous ne finirons pas cet article sans dire un mot sur une erreur qui a été long-temps accréditée, même par des médecins d’une grande réputation. Avant les progrès immenses de la médecine moderne, on divisait l’apoplexie cérébrale en plusieurs espèces , dont on faisait souvent des maladies de nature différente, et auxquelles on croyait devoir appliquer untraitement différ ent. Ainsi il y avait des apoplexies sanguines, des apoplexie.? Sÿretjsfs ?.<Jes apoplexies Q&çvws.eç , etc, CJettç erreur venait dç

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ce qu’en examinant le cerveau des personnes qui avaient été frappées d’apoplexie , on y trouvait tantôt du sang épanché ', apoplexie sanguine , tantôt de l’eau , apoplexie séreuse , tantôt on n’y trouvait rien , apoplexie nerveuse. La différence de eés résultats ne signifie nullement qu’il y en ait dans la nature de la maladie. En effet, sous l’influence des causes dont nous avons parlé , le cerveau est irrité yen vertu d’une loi invariable que là ou il y a irritation il y a appel de fluides , le sang se porte au cerveau. Suivant la rapidité avec laquelle ce transport a lieu , le sang s’extravase , et alors il y a épanchement sanguin; ou bien la partie aqueuse du sang transude seule à travers les vaisseaux qui le contiennent, et alors il y a épanchement de sérosité ; ou enfin les vaisseaux ne laissent échapper ni sérosité ni eau , et dans ce cas on ne doit trouver aucune trace d’épanchement , mais seulement engorgement des vaisseaux. Il est évident que dans tous ces cas l’on a toujours affaire à l’irritation cérébrale, et surtout à un afflux de sang vers le cerveau. Donc, dans tous ces cas, il est inutile d’établir des complications arbitraires et embarrassantes de maladie et de traitement, et puisque l’apoplexie est toujours de même nature , le traitement doit aussi être le même. La seule différence consiste dans le degré , dans Iâ violence de la maladie ; mais l’apoplexie n’en est pas plus pour cela de nature différente qu’une inflammation légère des yeux, par exemple, ne l’est d’une inflammation vive. Dans l’un et l’autre cas, c’est une inflammation ; l’une est plus forte que l’autre, et voilà tout.

ÀPYREXIE ou intermittence. Ce mot a la même signification qu’absence de fièvre. On appelle donc en médecine apyrexie l’espace de temps qui s’écoule entre un accès de fièvre et un autre accès. L’apyrexie est complète , lorsque le malade se trouve absolument sans fièvre pendant un accès et un autre accès; elle est incomplète, si lé contraire a lieu. L’apyrexie' suppose donc toujours une fièvre ou une irritation quelconque qui se manifesté à des intervalles réglés. Il est extrêmement important de savoir que c’est pendant le temps de l’apyrexie que l’on doit administrer les fébrifuges, et jamais durant les accès. Plus l’apyrexie sera franche , de manière que le malade n’ait pas le moindre symptôme de fièvre , plus on est assuré du succès de l’administration de ces médicamens.

Ainsi , lorsqu’on donne le quinquina , il ne faut pas le faire durant les accès de fièvre , mais bien dans l’intervalle d’un accès à l’autre, pourvu toutefois que cet intervalle soit absolument sans fièvre. (Voyez Fièvre.)

ASPHYXIE. On appelle asphyxie une espèce de mort ap-

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parente avec interruption plus ou moins complète de la respiration, et par suite de la circulation du sang. L’asphyxie est toujours produite par une cause qui agit d’abord sur les organes respiratoires.'^ telle que les vapeurs de charbon , par exemple , ou par un obstacle qui empêche qu’ils ne reçoivent l’air nécessaire à leurs fonctions.

Nous ne pensons pas qu’il soit inutile de donner ici un léger aperçu de la manière donts’exécute la respiration, parce qu’enen connaissant^ mécanisme, on auraune idée plus exacte de l’asphyxie , et on comprendra mieux les raisons qui doivent nous diriger dans l’administration des secours que l’on donne aux asphyxiés. '

L’air atmosphérique est nécessaire à l’entretien de la vie. Nous l’introduisons dans nos poumons par le moyen de l’inspiration, et après qu’il y a séjourné quelque temps , il est chassé par l’expiration : ce sont ces deux mouvemens alternatifs , pour introduire l’air et pour l’expulser, qui constituent la respiration. Arrivé dans les poumons, Pair de l’atmosphère se décompose ; son oxigène s’unit au sang, qui acquiert par ce moyen des propriétés vivifiantes qu’il avait perdues pendant la circulation* En effet, le sang qui arrive aux poumons est noir; il devient d’un beau rouge, lorsqu’en les traversant il subit l’influence de Pair atmosphérique. On conçoit que la pureté de l’air est nécessaire à l’exercice de la respiration , et par conséquent au maintien de la vie; car si le sang n’est pas vivifié delà manière dont nous l’avons dit, c’est-à-dire en s’unissant à l’oxigène, il reste noir comme celui des veines, et ce sang noir devient un poison , loin d’être apte à l’entretien de la santé et de la vie. Si donc une personne était privée d’air, comme cela arrive à celles qui se noient ou qui meurent étrangîées, le sang ne subirait pas les changemens nécessaires , et l’individu périrait asphyxié par défaut de respiration. Mais on peut encore périr asphyxié, si Pair. est vicié par la présence d’un gaz étranger. C’est ainsi qu’en respirant l’air d’une chambre où l’on aurait fait brûler du charbon , on peut être asphyxié, non par la privation d’air , mais parce qu’il est mêlé au gaz acide carbonique développé pendant la combustion , lequel gaz est essentiellement vénéneux. C’est encore de la même manière que sont asphyxiés les ouvriers qui descendent dans les fossés d’aisance , où l’air qu’ils respirent est vicié par la présence du gaz hydrogène sulfuré , qui est également un poison.

Ainsi, dans ces derniers cas , on est asphyxié pour introduire, avec l’air atmosphérique , un gaz mortel; dans les premiers, au contraire, on est asphyxié , parce que les p'oumons ne

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reçoivent pas même l’air atmosphérique. Il est donc naturel de diviser les asphyxies en deux espèces bien marquées, i°asphyxies par la non respiration ou l’absence de l’air; 2°as~ phyxies par respiration d’un air -vicié.

i° Les asphyxies , produites par la non respiration sont i° l’asphyxie par submersion ou des noyés; 2° l’asphyxie des personnes étranglées ou des pendus; 3° l’asphyxie des nouveau-nés; 4° l’asphyxie produite parla chaleur; 5° l’asphyxie produite par la foudre.

2° Les asphyxies par respiration d’un air vicié que l’on rencontre le plus souvent sont i° l’asphyxie par la vapeur dë charbon, du raisin, du vin ou d’autres fruits en fermentation, des mines de charbon, et celle produite par la respiration de l’air des lieux où se! trouvent beaucoup de personnes rassemblées ; tels sont les salles de spectacles, les temples, etc. 21 L’asphyxie des fosses d’aisance, des égouts, des puisards. Enfin il est une autre espèce d’asphyxie qui ne dépend pas primitivement du défaut de respiration ou d’un air vicié, mais d’un engourdissement général; c’est l’asphyxie produite par le froid.

Nous allons nous, occuper successivement de ces diverses espèces d’asphyxie , et du traitement qui leur convient.

Asphyxie des noyés. Comme il est certain que l’on a souvent rappelé à la vie des individus que l’on avait trouvés noyés , et qui étaient réputés mort , il faut se hâter d’administrer les secours convenables, lors même que l’individu paraîtrait entièrement mort. Comme il ne faut pas perdre un seul instant, on commencera le traitement dans le bateau même où Ton aura mis le noyé après l’qvôir pêché. On le couchera sur le côté droit, la tête découverte et un peu relevée. Rien n’est aussi dangereux que de suspendre les noyés par les pieds, comme on le pratiquait autrefois , sous prétexte de faire rendre l’eau qui aurait été avalée.

Lorsque le noyé a été porté dans un endroit convenable, on le couche dans la position indiquée sur un lit modérément chaud, de manière que la tête soit un peu plus élevée que les pieds. Il est bon qu’une personne soutienne le front, en faisant pencher légèrement la.tête pour favoriser la sortie de l’eau qui se trouve dans sa bouche. Lorsqu’on s’est assuré que l’individu n’a reçu aucune blessure mortelle , on s’occupe efficacement de le rappeler à la vie. Pour cela , on lui passe, à plusieurs reprises, sous le nez un flacon d’alcali volatif ou d’eau de la reine de Hongrie ; ou enfin si l’on n’a ni l’un ni l’autre à sa disposition., on sç sert d’âdw incites bieq soufrées dont oq lui

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fait flairer la flamme, ou bien encore on irrite l’intérieur des narines avec une barbe de plume ; mais ce dernier moyen est bien moins sûr que les autres. On lui chatouille aussi les lèvres avec une barbe de plume.

Pendant qu’une pei’sonne administre ces secours , une autre s’occupe à réchauffer le corps. Ce serait imprudent de l’exposer tout à coup à la chaleur ; on ne doit y procéder que lentement et par degrés. On commence donc par placer des linges chauds sur le ventre , ou mieux encore une vessie remplie d’eau chaude; on enveloppe les pieds et les mains avec de la laine chaude ; on en place également dans le creux des aisselles et dans celui des aines ; on promène sur tout le corps des sachets remplis de cendres chaudes ou toute autre chose qui puisse donner delà chaleur. On fait des frictions sèches sur toutes les parties du corps avec une brosse de crin ou avec un morceau de drap; après quoi on fait d’autres frictions avec de l’eau-de-vie camphrée , ^e l’esprit-de-vin ou de Peau de Cologne.

On tâche ensuite de déterminer la respiration : pour cela on exercé de légères compressions alternativement sur la poitrine et sur le ventre ; quelquefois le malade finit par respirer au moyen de ces manœuvres , mais il est plus-sûr de lui insuffler de Pair dans les poumons.

Moyens d’ introduire de l’air dans les poumons. Le moyen le plus simple pour insuffler de Pair dans les poumons consiste à introduire un soufflet dans l’une des narines et à souffler pendant que l’on tient l’autre narine et la bouche fermée. On serait encore plus sûr d’introduire de l’air dans les poumons , en faisant arriver une sonde de gomme élastique par l’une des narines, jusque dans le canal de la respiration, et en adaptant le soufflet à l’autre extrémité. Mais cette pratique exige nécesr sairement la main d’une personne de Part. Nous en disons autant du procédé suivant, qui est le meilleur lorsqu’on sait y avoir recours. On porte le doigt indicateur de la main gauche jusqu’au fond de la bouche, et l’on tire la langue en avant , en même temps que l’on presse sur sa base pour l’abaisser. Cette manœuvre a pour but d’ouvrir l’orifice du canal de la respiration recouvert par une espèce de soupape que l’on nomme l’épiglotte. De la main droite on porte dans ce conduit la petite extrémité d’un tube auquel on a donné le nom de tube laryngien ; on adapte ensuite à l’autre extrémité un soufflet ou une vessie remplie d’air , et Ton pousse Pair dans les potfcnons, que l’on fait ensuite sortir en comprimant la poitrine, de manière à imiter la respiration naturelle. Commé il est assez important de savoir faire usage du tube laryngien ,

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nous donnerons ici une courte description de cet instrument. C’est un tube conique d’argent ou de cuivre, de la longueur de sept ou de huit pouces; la petite extrémité est aplatie et percée de deux trous allongés; l’autre est assez élargie pour recevoir le. tuyau d’un soufflet. À un pouce environ de la petite extrémité , cet instrument présente une courburè à laquelleest adaptée une petite pièce ronde d’argent ou d’un autre métal, percée de trous, de manière que l’on puisse fixer à sa partie inférieure une lame d’amadou de la même dimension. Cette plaque est destinée à fermer exactement l’entrée du canal de la respiration , afin que l’air ne puisse, pas s?échapper et qu’il pénètre jusqu’aux poumons. Cet instrument peut servir dans tous les cas où il est nécessaire de rétablir la respiration, lorsqu’elle a été suspendue ou troublée par une cause quelconque.

On administre au noyé un lavement irritant qui peut être composé de 1 once de sel de Glauber etde8 onces d’eau ou de 3 onces de sel de cuisine avec 1 livre d’eau e;t4 ou 5 cuillerées de vinaigre. L’emploi du tabac en lavement ou en fumigation , conseillé par quelques auteurs, est dangereux ; on doit le rejeter.

Si , malgré tous ces moyens , on n’aperçoit aucun heureux résultat y il ne faut pas se décourager : on emploiera des irritans plus énergiques; par exemple, on allumera dès morceaux d’amadou que l’on placera sur les bras , les cuisses , sur le ventre ou le creux de l’estomac. Dans le cas où le malade aurait le visage d’un rouge foncé , que les yeux seraient bril— lans, en1 un mot, que l’on apercevrait des signes de stagnation de sang dans le cerveau , . et qu’en outre les membres fussent chauds , il faudrait se hâter de faire pratiquer une saignée au bras ou au pied, ou mieux à une des veines du cou.

Lorsque le malade commence à donner des signes de vie et qu’il peut avaler, on lui administre , par cuillerées, quelques gouttes d’eau-de-vie camphrée, d’esprit-de-vin, d’eau de Cologne étendue avec deux ou trois parties d’eau , ou du vin chaud. Si ces boissons provoquent des nausées , on peut donner 1 ou 2 grains d’émétique dans un peu d’eau, ce qui serait surtout avantageux , si le noyé avait encore l’estomac chargé d’alimens. Mais on se gardera bien de donner l’émétique si le malade se trouvait dans l’état presque apoplectique, contre lequel nous avons dit plus haut qu’il fallait avoir recours à la saignée. Si l’émétique, au lieu de faire vomir, opérait par le bas, on donnerait au malade quelques cuillerées de vin chaud.

Il est un moyen dont on obtient un très-grand avantage dans

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le traitement de l’asphyxie qui nous occupe, mais malheureusement il n’est pas toujours possible de l’avoir à sa disposition.

Je veux parler de l’électricité. On l’administre au moyen de la pile de Yolta. Si cet instrument se trouve sur les lieux où l’accident est arrivé , voici la manière dont on doit en faire usage. Chacun des pôles de la pile est armé d’une chaîne métallique qui se termine par une petite boule également métallique. On place une de ces boules dans la bouche , et l’autre dans l’anus de la personne asphyxiée en faisant en sorte que les deux chaînes soient tenues parfaitement isolées. Si le malade n’est pas réellement mort, réveillé par cet agent énergique , il ne tarde pas à donner des signes de vie. Cependant , lors même qu’il n’en donnerait pas dès les premiers momens , il ne faudrait pas se déconcerter, puisqu’on a vu des individus offrant toutes les apparences d’une mort réelle ne donner des signes de vie qu’après neuf ou dix heures de traitement.

Nous ne terminerons pas ce que nous avions à dire sur les secours à donner aux noyés , sans donner ici une liste de tout ce qui Compose l’appareil dé sûreté que l’on devrait avoir dans les lieux où l’on est exposé à être asphyxié; par exemple, sur les navires , dans les ports de mer, des lacs et des fleuves, dans les mines de toute éspèce.

Cet appareil convient généralement pour toute espèce d’asphyxie.

Il serait même à souhaiter que chaque Commune en fût fournie, afin que l’on sût toujours où recourir dans le besoin.

Les principales pièces de cet appareil sont les suivantes :

i° Sept aunes de flanelle coupée en deux dans le sens de leur longueur , de manière à en former des bandes et des rouleaux, pour mieux envelopper le corps et les membres.

2° Quatre aunes de flanelle divisée en quatre , pour essuyer.

3° Une brosse fine et une plus grossière pour frictionner.

4° Des cuillers grandes et petites.

5“ Un petit soufflet.

6° Un tube pourintroduire l’air dans, les poumons, et autant que possible le tube Laryngien décrit plus haut.

7° Une bouteille d’eau-de-vie camphrée et une de bon vin.

8° Un flacon de vinaigre aromatique , dit des quatre voleurs.

9° Un flacon d’éther et un flacon d’alcali volatil, bouchés à l’émeri.

io° Plusieurs paquets, chacun d’un grain , de tartre stibié.

ii° Du sel de cuisine (hydrochlorate de soude).

i2° Du sel ammoniacal (hydrochlorate d’ammoniaque).

i3° Du sel de nitre (nitrate de potasse).

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i-4« Quelques barbes de plume pour chatouiller les narines, les lèvres et le gosier.

1 5U Une grande et une petite seringue.

i6° De la camomille , de la mélisse , de la menthe poivrée , pour faire des infusions au besoin.

17“ Une pompe armée d’un long tuyau de gomme élastique pour introduire dans l’estomac des liquides convenables , et pour repomper les substances nuisibles qui y seraient contenues. Cette pompe, d’invention moderne, est d’une très-grande utilité, lorsque le malade ne peut pas avaler. On l’introduit parla bouche ou par les narines jusque dans; l’estomac.

18° Une vessie de cochon.

190 Quelques laneettes , une compresse et une bande.

20° Un couteau et des ciseaux.

21" Un briquet , des allumettes et de Tamadou.

22° Une pile de Volta et tout son appareil.

23° Du chlorure de chaux ou de soude, dont on obtient un très-grand avantage dans les asphyxies par le gaz hydrogène , comme sont celles des fosses d’aisance, des égouts et des puisards.

24° Des crocs et des cordes pour retirer les noyés de l’eàu.

Asphyxie des pendus ou dès étranglés, té raisonnement et Pexpériënce démontrent que l’on peut rappeler à la vie dès individus qui s’étaient pendus où. qui avaient été étranglés, et qui donnaient cependant tou tes les signes d’une mort véritable. Nous pourrions citer à ce sujet quelques exemples choisis entré un grand nombre. Elisabeth Green , après avoir subi le supplice de la potenee , fut transportée ;dans un amphithéâtre anatomique , et Willis la rappela à la vie. Un habitant d’Amsterdam avait été condamné pour dettes à l’expropriation de tout son mobilier; il se pendit de désespoir devant la porte de sa maison ; il paraissait mort ; cependant on se hâte de couper la corde et de lui administrer de prompts secours, et après neuf heures de soins, il revient à la vie, s’endort et ne tarde pas à recouvrer la santé. Un jeune homme avait perdu son amante : il vole chez elle et se pend de désespoir dans sa chambre. La chaise dont il s’était servi pour s’élever est renversée au moment où son corps est entraîné par la corde ; la mère accourt au bruit; elle trouve son fils ne donnant plus signe de vie; elle coupe la corde et cherche, mais inutilement, de ranimer son fils: le docteur Janin arrive; il met en usage les secours de l’art; la joie succède à la douleur, et Janin jouit du doux spectacle d’une mère et d’un fils qui se jettent dans les bras l’un de l’autre, et répandent un torrent de larmes. Un Irlandais était pendu depuis vingt-cinq minutes ; la corde se rompt, et comme il pa-

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raît sans vie', le bourreau l’abaindonue ; les médecins s’eu saisissent et lui rendent la vie.

Les secoups que l’on doit donner aux pendus sont les mêmes que ceux que l’on administre aaxnoyés. Mais il est un point qu’il est plus important de ne pas négliger, c’est la saignée. En effet , les personnes pendues ou étranglées périssent non-seulement parce que la respiration a été interrompue, mais encore parce que le sang a été retenu dans le cerveau , ce qui donne lieu à une véritable apoplexie.* On pratique la saignée au bras ou mieux encore à une des veines du cou , parce qu’il est urgent dé dégorger promptement le cerveau. En même temps on emploie lés moyens conseillés plus haut pour le traitement de l’asphyxie^nx submersion.

Asphyxie des nouvequ-nqs. Les enfans qui viennent au monde dans un étatde mort apparenté , ont éprouvé des pertes considérables de sang , ou ils sont comme apoplectiques à cause de la stagnation du sang dans le cerveau.

Si l’enfant est pâle , décoloré , si ses chairs sont flasques et molles, et qu’en même temps il y ait eu une perte considérable de sang, on doit lui administrer les secours suivans :

1° On ne se pressera pas de couper le cordon par lequel l’enfant tient â la mère , tant que l’arrière -faix ne sera pas détaché, et que l’on apercëvra des battemens de ce même cordon.

2° Après avoir placé l’enfant à Pair sur le côté , en évitant de tirailler le cordon , on procédera à l’insufflation de l’air dans, les poumons par l’un des moyens indiqués plus haut, en parlant de l’asphyxie des noyés.

5° Pendant ce temps , une autre personne fera des frictions sur le dos et sur la plante des pieds avec une brosse douce ou avec un morceau de flanelle ; on froiterra également le reste du corps avec de la flanelle chaude imbibée de vin ou d’eaude-vie étendue d’eau , et l’on exercera, avec beaucoup de précautions, de légères pressions alternativement sur la poitrine , et sur le ventre, pour imiter la respiration naturelle. On obtient quelquefois d’assez bons effets en laissant tomber un filet d’eau tiède, de la hauteur de deux ou trois pieds, sur le creux de l’estomac : le chatouillement que cette chute d’eau produit détermine quelquefois le premier besoin de respirer. On pourra aussi agacer la peau en la pinçant légèrement, ainsi que les mamelles au moyen de la succion.

4° On chatouillera les narines et les lèvres de l’enfant avec une barbe de plume; mais on évitera delui faire flairer des substances irritantes , telles que l’alcali volatil , l’éther , lé vinaigre , etc.

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5° On plongera l’enfant jusqu’aux épaules dans l’eau tiède , si les moyens précédens ne réussissent pas à le rappeler à la vie.

6° On donnera un petit lavement , composé d’eau tiède savonneuse , ou si l’on n’a pas de savon , on y mettra quelques grains de sel; ou enfin si l’on n’avait pas de seringue , on introduirait un petit morceau de savon, coupé en cône, dans ï’anus de l’enfant.

Si l’arrière-faix est détaché ou expulsé, ou, end’autres termes , lorsque la mère est délivrée , on doit couper le cordon et le lier , puis continuer les soins prescrits qui doivent , dans tous les cas , durer assez long-temps ; car on voit des enfans ne donner des signes de vie qu’après plusieurs heures do traitement.

Si l’enfant se trouve dans un état contraire, c’est-à-dire qu’il soit apoplectique, le traitement varie sous quelques rapports. Les causes ordinaires de l’apoplexie des enfans sont les compressions de la tête dans un accouchement laborieux , ou du cordon ombilical.

L’enfant est d’un rouge foncé ; sa face paraît même noire et comme gonflée ,. et quelquefois on observe sur la tête une tumeur molle et remplie de sang

En pareil cas on doit se hâter :

i° De couper le cordon ombilical , et ne pas le lier tout de suite , afin de donner issue au sang.

2° Si le cordon ne fournit pas assez dé sang, on appliquera deux ou trois sangsues derrière chaque oreille.

5° On continüera le reste du traitement comme il â été prescrit pour le cas précédent , en commençant par l’insufflation de l’air dans les poumons.

Asphyxie parla chaleur. Les personnes qui ont été pendant long-temps dans un lieu chaud où l’air est très - raréfié peuvent être asphyxiées et présenter les signes d’une mort apparente. Cette sorte d’accident n’est pas rare dans les régions septentrionales, comme en Russie, où tous les habitans sont dans l’usage de prendre le samedi un bain de vapeur. Le même accident peut encore arriver aux personnes qui entrent dans un four encore chaud.

Les secours à donner en pareils cas consistent :

A transporter l’asphyxié dans un endroit frais et au grand air. En Russie , on les couche sur la neige.

2S A desserrer le malade, si ses vêtemens sont trop étroits.

3° Dès que l’asphyxié peut avaler , on lui donne à boire de la limonade , ou un mélange par parties égales d’eau et de vinaigre.

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4° On lui administre un lavement d’eau salée , contenant une once de sel de Glauber.

5° te reste du traitement se fait comme il a été dit en parlant des secours à donner aux asphyxiés par submersion.

Asphyxie par la foudre. La foudre tue dans la plupart des cas; cependant il peut arriver qu’elle ne produise qu’une mort apparente. Il faut donc tenter de rappeler à la vie les personnes qui ont été asphyxiés de cette manière , à moins qu’il n’y ait des lésions tellement graves qu’il ne soit pas possible de révoquer en doute la mort véritable.

Le traitement doit varier suivant les effets que la foudre aura produits, et suivant la constitution des individus :

i° Si le visage est rouge , gonflé , comme dans une attaque d’apoplexie , il faut se hâter d’ouvrir une des veines du coû ou du bras. On peut aussi appliquer avec avantage une ou deux ventouses scarifiées derrière les oreilles ; après avoir rasé l’endroit où l’application doit être faite. Si au contraire l’individu était pâle, décoloré, on se garderait bien de pratiquer la saignée.

20 On fera des aspersions d’eau froide sur le visage ; ces aspersions se pratiquent en plongeant la main dans l’eau que l’on jette vivement contre le visage. On couvrira la tête de linges imbibés d’eau froide et de vinaigre , ce que l’on pourrait également faire pour le reste du corps. ^

3° On procédera à l’insufflation de l’air dans les poumons suivant les moyens indiqués pour les noyés.

4° On a quelquefois obtenu des succès de l’ administration de légères secousses électriques; ce qui pourrait sembler étonnant , puisque l’asphyxie dont il est ici question est le résultat de l’électricité. Mais il en est de cela comme de plusieurs autres puissances , qui sont tantôt des causes de maladie , tantôt de précieux remèdes , suivant la force avec laquelle elles opèrent , et les circonstances qui modifient leur action.

Asphyxie par la vapeur de charbon , du raisin 3 du vin et d’autres fruits en fermentation, des mines, de charbon , , par la respiration d’ un air vicié, par le rassemblement de plusieurs personnes. On sait depuis long-temps que l’on ne peut pas vivre sans que l’air que l’on respire soit renouvelé; mais on en ignorait la cause jusqu’à ce que la chimie soit venue déchirer le voile qui la cachait à nos yeux.

On a appris que l’air atmosphérique était composé de trois gaz différens , l’oxigène, l’azoteetle gazacide carbonique. L’air alimente la respiration et la combustion au moyen de l’oxigène; d’où il s’ensuit que l’air qui a perdu beaucoup de son oxi gène

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par la respiration n’est plus propre à la respiration. Mais si l’air, sans perdre de son oxigène, contenait une proportion trop considérable de gaz étrangers non respirables , cet air donnerait infailliblement la mort. Le gaz acide carbonique est à" cet égard l’un des plus dangereux , parce qu’il se développe dans un trèsgrand nombre de circonstances. Une des causes les plus ordinaires du développement de ce gaz , est la combustion du charbon dans un endroit enfermé; aussi rien n’est plus fréquent que l’asphyxie produite par cette cause.

Le gaz acide carbonique se développe aussi en grande quantité dans les cuves où l’on fait fermenter le raisin ; c’est ce gaz qui donne la mort aux vignerons qui entrent imprudemment dans les cuvés pour fouler la vendange , sans avoir la précaution de tenir la tête en dehors de la cuve. Le vin, dont la fermentation n’est pas encore achevée , -les fruits que l’on fait fermenter pour faire le cidre , donnent lieu aux mêmes açcidens. Dans les naines où l’on exploite le charbon de terre , il se développe quelquefois une assez grande quantité de gaz acide carbonique pour asphyxier les ouvriers qui y travaillent. Enfin , l’air que l’on respire dans les lieux où se trouvent plusieurs personnes réunies peut être vicié par le gaz acide carbonique, et déterminer par conséquent les mêmes accidens que la vapeur de charbon. Il convient pourtant de dire que cet air est encore corrompu par l’exhalaison cutanée et pulmonaire des personnes rassemblées en grand nombre dansun édifice fermé.

Puisque tous ces genres d’asphyxie dont nous venons de parler sont produits par la même cause , -c’est-à-dire par le gaz acide carbonique , le traitement doit être le même dans tous ces cas.

Les secours adonner aux asphyxiés par te gaz acidecarbonujue , sont les suivans :

i" On doit se hâter de retirer les personnes asphyxiées du lieu o ù f accident est arrivé ; mais il fau t que ce soit sans danger pour ceux qui donnent les secours. Si l’asphyxié est enfermé dans u né chambre où l’pn ait brûlé du charbon , il faut ouvrir largement la porte et les fenêtres , afin de favoriser l’entréê de l’air extérieur. Si l’on vtvâit sous la main de la chaux., on en ferait u ne dissolution dans l’eau pour en asperger l’appartement ; la chaux ayant la propriété de s’emparer trèsrpromplement de l’âcide carbonique, partout où il se rencontre, on pourrait ensuite entrer impunément.

Noùs recommandons aux personnes qui retirent Iesasphyxiés d ’une cuve ou de tout autre endroit dé retenir leur respiration co mine si elles plongeaient sous l’eau; de cette manière , né re spi rànt pas le gaz acide carbonique , elles ne courent aucun

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danger de subir le même sort que ceux à qui elles portent des secours. Si l'on avait une dissolution de chaux, on y tremperait un linge que l’on se tiendrait devant la bouche, afin que l’air, en le traversant, se déchargeât de l’acide carbonique qu’il contient. . r

20 On exposera le malade au grand air, lors même que la température serait froide; on le déshabillera et on le couchera sur le dos , de manière que la.tête et la poitrine soient un peu plus élevées que le reste du corps;

5° S’il peut avaler , on lui administrera quelques gorgées d’eau vinaigrée froide. •

4° On fera avec le même liquide des aspersions sur tout le corps , principalement sur le visage et la poitrine ; on fera , par intervalle de deux ou trois minutes , des frictions avec un morceau de flanelle ou de linge imbibé d’eau-de-vie camphrée ou d’eau de Cologne.

5° On frictionnera la plante des pieds, la paumé des mains et l’épine du dos avec une forte brosse.

6? On irritera les narines en. approchant du nez un. flacon d’alcali volatil ou de fort vinaigre , ou la flamme d’allumettes bien soufrées : il ne faut pas oublier qu’il serait dangereux de laisser trop long-temps sous le nez du malade l’alcali ou la vapeur de soufre. A défaut des moyens indiqués , on irritera l’intérieur des narines avec la barbe d’une plume ou de tout autre corps propre à produire le chatouillement.

70 On laissera tomber ÿ d’une certaine hauteur , un filet d’eau, tantôt sur la poitrine, tantôt sur le creux de restomac et sur les endroits les plus sensibles de l’abdomen.

8° On administrera d’abord un lavement d’éau vinaigrée, et quelques instans plus tard un lavement purgatif contenant deux onces de miel de mercuriale ou une once et demie de sel de Glauber ou d’Empson (sulfate de soude ou sulfate de magnésie).

90 On insufflera de l’air dans les poumons par les moyens indiqués plus haut en parlant de l’asphyxie des noyés. Il est bon de procéder à l’insufilation dès les premiers momens. Cette partie du traitement est des plus essentielles.

io° S’il arrivait qu’après un certain laps de temps, l’asphyxié, malgré ces secours , ne donnât pas -encore dé signes de vie , et qu’il eût le visage rouge, gonflé, il faudrait lui pratiquer une saignée au bras ou au pied ou à une des veines du cou.

1 1° Tous les secours dont nous venons de parler doivent

Sfre admiqistvés aveç promptitude , nop dans l’ordre qu’ils eotu

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indiqués , mais tous en même temps s’il est possible. Ilne faut pas se lasser trop tôt , puisqu’on a vu des personnes présentant toutes les apparences d’une mort réelle , ne donner enfin des signes de vie qu’après cinq ou six heures de persévérance.

i2° Enfin, quand le malade est entièrement rappelé à la vie, on le transporte dans un lit chaud , en ayant la précaution de laisser les fenêtres de l’appartement ouvertes, et d’en faire sortir les personnes dont la présence est inutile. On lui administrera ensuite un bon bouillon ou tin peu de vin généreux et chaud.

■ Asphyxie des fosses d’aisance , des égouts et des puisards. Il se développe dans les fosses d’aisance, ainsi que dans les égouts et les puisards, une grande quantité dé gaz hydrogène sulfuré. Ce gaz est un poison promptement mortel, lors même qu’il serait mêlé avec beaucoup d’air. Les ouvriers qui descendent dans ces fosses, sans avoir pris les précautions convenables , sont donc exposés à être asphyxiés par ce gaz; aussi il est peu d’années où l’on n’ait à déplorer plusieurs accidens produits par cette cause.

Le traitement qu’il convient d’employer dans l’asphyxie qui nous occupe ici est le suivant :

i° Il ne fàùt jamais descendre dans les fosses d’aisance avant de les avoir purifiées du gazhydrogène sulfuré qu’elles contiennent. Il n’y a pas long-temps que l’on ne connaissait aucun des moyens convenables de désinfection. De nos jours, on a découvert que le chlorure de chaux ou de soude s’emparait du gaz hydrogène partout où il le rencontrait. Si l’on en jette dans les fosses d’aisance , on peut ensuite y descendre sans le moindre danger. On ne peut donc trop en recommander l’emploi, soit aux personnes qui doivent y travailler , soit à celles qui veulent éviter des dangers en allant au secours de ceux qui y sont restés asphyxiés. Voici maintenant la manière d’employer le chlorure de chaux en pareille circonstance.

P. Chlorure de chaux ou de soude, i livre. Eau commune , environ i5 ou 20 livres. On mêle exactement, et l’on jette cette solution dans la fosse, de manière qu’elle y tombe, autant que possible j sous forme de pluie, afin que le gaz hydrogène soit plus facilement mis en .contact avec cette eàu. Après cette opération , il n’y a plus de danger à courir, à moins que l’on ne reste assez long-temps dans la fosse pour que le gaz se développe de nouveau.

2” On trempera un linge dans une solution de chlorure de chaux, on le mettra devant la bouche du malade sans le plier, afin qu’il soit traversé par l’air qu’il aspire , et qu’il aille ainsi décomposer le gaz hydrogène qui pourrait encore se trouver

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dans les poumons de l’asphyxié. Ce moyen ne doit pourtant pas être employé trop long-temps , parce qu’il irriterait la poitrine d’une manière dangereuse. Ce procédé offre surtout des chances de succès, lorsqu’on l’emploie dès les premiers momens.

3° Si l’asphyxié avait avalé de l’eau contenue dans la fosse, on lui administrerait 2 grains d’émétique dans un verre d’eau , pour le faire vomir.

4° On emploiera, outre ces moyens, ceux dont nous avons parlé en traitant de l’asphyxie par la vapeur de charbon.

5° Si l’on observait des désordres nerveux , des spasmes, des convulsions , on tâcherait de les apaiser en mettant le malade dans un bain froid, et en lui administrant quelques cuillerées d’une potion anti -spasmodique , telle que l’eau de fleur d’oranger avec addition de quelques gouttes d’éther. Si les battemens de cœur étaient violens , on pratiquerait une saignée au bras.

6’ Enfin on appliquerait des sinapismes aux pieds et aux jambes si, malgré l’usage de ces moyens, l’individu restait privé de connaissance et de mouvement.

Asphyxie produite par le froid ouasphyxie des personnes gelées.

Les personnes qui ont été exposées pendant long- temps à Faction du froid éprouvent d’abord un engourdissement général, une sorte d’ivresse ; elles ne tardent pas à s’endormir et à perdre entièrement connaissance. La respiration et la circulation du sang sont suspendues * et tout semble indiquer une mort véritable.

Tant que les personnes gelées ne présentent pas des signes de putréfaction , on peut espérer de les rappeler à la vie. Il est impossible d’assigner le temps au-delà duquel il n’y ait plus espoir de le faire , puisqu’on cite un grand nombre d’exemples d’asphyxiés par le froid qui ont été rappelés à la vie après plusieurs jours de mort apparente. Il n’y a pas même long- temps qu’en Suède un individu qui était enseveli dans la neige depuis plusieurs semaines recouvra la vie et la santé au moyen des secours qui lui furent administrés. Il faut, donc tenter tous les moyens que l’art présente en pareilles circonstances :

i° On se gardera bien d’exposer le corps gelé à la chaleur ; on doit au contraire le plonger dans la neige, s’il y en a , ou bien le frotter avec de la glace pilée ou de la neige dans un air frais. On substitue ensuite l’eau froide à la glace, puis l’eau dégourdie, ensuite l’eau tiède; en un mot l’on cherche à réchauffer le corps , non pas brusquement, mais lentement et par degrés. La pratique contraire entraînerait inévitablement la mort de l’indvidu. m

On peut aussi mettre le malade dans un bain d’eau froide

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que l’on réchauffe doucement, en y ajoutant peu à peu de l’eau dégourdie , de l’eau tiède , etc.

a0 En le dépouillant de ses vêtemens , on ne doitpas chercher à lui ployer les membres-; s’ils sont roides , ils pourraient être fracturés.

5° On procède à l’insufflation de l’air dans les poumons d’après les moyens indiqués en parlant de l’asphyxie des noyés.

4° On irrite les lèvres et les narines, soit en les chatouillant avec une barbe de plume , soit en approchant un flacon d’alcali volatil ou de vinaigre.

5° Lorsque fe corps commence à se réchauffer et que les membres ne sont plus roides , on place le malade dans un lit non réchauffé. On lui fait, des frictions avec une brosse à la plante des pieds et sur d’autres parties du corps. On ajoute ensuite aux couvertures froides d’autres couvertures chaudes , de manière que la chaleur ne soit communiquée que graduellement.

6° On administre des laveméns irritans contenant i ou 2 onces de sel de Glauber ou d’Empson;

7° Aussitôt que la respiration et la circulation reparaissent et que le malade peut avaler, on lui administre un bouillon , ou de l’eau rougie , ou une infusion de tilleul.

-• 8° Il est quelquefois nécessaire de pratiquer une saignée pour modérer la réaction vitale qui succédé assez souvent au froid.

ASTHÉNIE. Ce mot a la même signification que faiblesse, l (Y. ce mot.)

ASTHME. On appelle ainsi une gêne très- grande de la respiration qui revient par accès.

Les signes ^ de l’asthme sont les suivans. Ordinairement vers les une ou deux heures du matin, quelquefois plus tôt, l’accès s’annonce par une sorte d’angoise dans la poitrine : la respiration devient laborieuse et sifflante; le malade est obligé de se lever sur-le-champ ou de s’asseoir sur son lit pour respirer, ne pouvant le faire lorsqu’il est couché. La toux qui au commencement de l’accès était extrêmement pénible et sèche devient plus libre à la fin, et est accompagnée d’une abondante expectoration : alors il y a diminution de tous les symptômes, l’accès est terminé, après avoir duré de î o à 1 2 heures. Les retours dé cette affection sont périodiques; ils reviennent quelquefois plusieurs jours consécutifs et à peu près aux mêmes heures , mais cçs accès laissent parfois entre eux de longs intervalles d’une santé parfaite. Chez quelques individus ils n’ont lieu qu’au bout d’un an ou même de plusieurs années. Chez d’autres au contraire ils arrivent régulièrement tous les mois comme les règles chez les femmes. On peut éprouver dans Je même jour plusieurs accès semblables à ceu^ qui viennent d’être décrits. QugncJ l’gçcès

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doit revenir la nuit suivante, le malade conserve ordinairement pendant la journée un sentiment de resserrement à la poitrine, une gêne de la respiration qui augmente surtout sous l’influence d’un exercice un peu violent.

Les causes de l’asthme sont extrêmement nombreuses ; mais on peut établir en principe que cette affection dépend constamment d’une irritation des organes de la respiration, ou de la circulation du sang : ainsi, toutes celles qui agissent directement sur les poumons ou sur le cœur peuvent donner lieu à cette maladie. Les personnes qui y succombent offrent constamment des altérations décès organes, ce qui prouvé que l’affection avait d’abord débuté par une irritation qui avait fini par amener les désorganisations que l’on rencontre. La constitution particulière des individus ainsi que l’hérédité sont aussi une cause d’asthme , puisqu’on a vu souvent les personnes d’une même famille en être atteintes de génération en génération. Les -inflammations des articulations et des muscles auxquelles on a donné le nom de goutte et de rhumatisme, abandonnent fréquemment, comme on sait, leur siège ordinaire pour se porter sur d’autres organes , entre autres sur ceux de la poitrine; c’est qu’on appelle alors goutte remontée. Cette irritation portée sur la poitrine peut donner lieu aux palpitations, à un catarrhe, et plus fréquemment aux accès d’asthme. Le froid, les brouillards , les changemens subits de température, les fièvres intermittentes, la suppression d’une évacuation, ou d’une hémorrhagie accoutumée, sont autant de causes qui agissent sur les organes respiratoires et sur le cœur, et qui, par conséquent, déterminent quelquefois l’affection asthmatique. Elle sé termine assez souvent par la phthisie pulmonaire, ou par l’hÿdropisie de poitrine.

Traitement. Comme l’asthme n’est qu’une forme de l’irritation des poumons et quelquefois du cœur, il est évident qu’il faut employer un traitement émollient. Les cordiaux, les amers, les toniques entre autres, les préparations ferrugineuses dont on a fait j usqu’à nos jours un si grand abus doivent être sévèrement bannis ; car quelles guérisons pourrait-on citer qui aient été opérées, par ce moyen ? On aura donc recours aux boissons adoucissantes , à un^régime exclusivement végétal, au repos, à 'l’abstinence des plaisirs de l’amour. On fera de temps à autre une saignée de bras, ou une application de 20 à 3o sangsues sur la poitrine. S’il n’y a pas d’irritation de l’estomac, ce que l’on peut juger à la netteté de la langue, on administrera la digitale pourprée , d’abord à la dose de 2 grains par jour, en élevant progressivement cette dose jusqu’à îo ou grains divisés en 5 ou 6 prises.

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la nourriture des asthmatiques doit être douce et légère ; le lait, les potages au lait, les légumes frais doivent en être la hase principale; les acides de toute espèce, les liquèurs spintueuses, le café doivent être proscrits avec sévérité. Le malade doit éviter avec soin l’air frais et humide, et surtout le froid des pieds : il portera en hiver une chemise de laine sur la poitrine, afin d’entretenir sur celte partie une chaleur douce et constante.

Quelques auteurs ont fait une maladie particulière d’une irritation de poitrine à laquelle ils ont donné le nom d 'angine de poitrine : mais une angine de poitrine n’est autre chose qu’un degré très-élevé de l’asthme;, la gêne de la respiration est plus grande, mais on a toujours à faire à une irritation ou à une altération des poumons' ou du cœur. Le traitement est donc le même.

Nous. avons dit qu’il était convenable de saigner de temps en temps les asthmatiques ; cependant la saignée ne conviendrait pas si le pouls, ainsi que les battemens du cœur, étaient mous, faibles et peu développés.

Enfin si les. accès d’asthme ne paraissent céder à aucun des moyens indiqués, on cherchera à en pallier la violence par l’administration des àntispamodiques tels que l’opium à la dose d’un grain dans une potion, l’éther à la dose de 1 5 ou 20 gouttes , l’assa fœtida à la dose 5 ou 6 grains dissous dans un jaune d’œuf. On ne doit jamais oublier que l’emploi de ces moyens supposé toujours le bon état des organes digestifs. Lorsque l’expectoration est difficile , on peut la favoriser par l’emploi de l’oxymel scillîtique : on en met une once dans 2 onces d’une solution de gomme arabique, et on prend cette potion par cuillerée toutes les une ou deux heures.

ATAXIQUE , Fièvre ataxique. (V. Fièvke.)

ATROPHIE. C’est la même chose que maigreur. L’atrophie ne constitue pas une maladie particulière; elle n’est que le résultat d’un défaut de nutrition, et principalement de l'inflammation apparente ou cachée de quelque organe. Une gastrite chronique , une maladie de' poitrine , etc. ^produisent l’athrophie chez les individus atteints de ces maladies. Il est donc évident que l’indication à remplir quand une personne maigrit n’est pas de la bourrer d’alimens, commele croit le vulgaire, mais de guérir la maladie qui s’oppose à la nutrition. Il faut en excepter les cas très-rares où l’individu manquerait d’une alimentation suffisante.

ATROPHIE DES NOURRICES. Si la maigreur extraordinaire dans laquelle tombent quelques nourrices provient d’une maladie particulière, il faut s’occuper du traitement de

cette maladie : mais elle peut reconnaître pour ^ause une trop grande activité dans les glandes mammaires, qui convertissent en lait la plus grande partie des alimens qui devraient servir à la nutrition du corps de la nourrice. Dans tous les cas, la femme doit toujours débuter par sevrer son enfant ou le donner à une autre nourrice. Si elle ne porte aucune affection intérieure , elle reprendra bientôt son embonpoint, au moyen d’une bonne nourriture. r ,

ATROPHIE MESENTERIQUE. C’est un des noms que l’on donne a une maladie assez commune chez les enfans , plus particulièrement connue sous le nom de carnau. (Y. Carreau.)

BERLUE. On appelle ainsi une affection de la vue qui nous représente des, objets qui n’existent réellement pas. Les per- , sonnes qui ont . la berlue tantôt croient voir voltiger devant leurs yeux une mouche, une araignée ou tout autre insecte; tantôt l’organe de la vue donne la sensation d’une foule de points brillans qui s’échappent en rayons , de bluettes, de pluie de feu, d’éclairs , etc. Cette affecf ion , peu importante, n’exige pour l’ordinaire aucun traitement ; cependant il est des cas oit cette incommodité est très-opiniâtre, et l’on doit alors fâcher de la guérir. Les meilleurs moyens pour y parvenir sont les sangsues appliquées aux tempes , et surtout les révulsifs , tels qu’un séton ou un vésicatoire placé sur la partie postérieure du cou. .

BILE. Les personnes étrangères aux connaissances médicales font jouer à la bile un rôle important dans un grand nombre de maladies. Au lieu de regarder les épanchemens, les débordemeas de hile comme un effet, elles les regardent au contraire comme une cause de la maladie dont elfes sont atteintes. Celte erreur de raisonnement serait peu dangex’euse, si l’on n’adoptait en même temps une pratique basée sur ces préjugés, et qui ne peut que nuire aux malades. Expliquons-nous. Le.foie est une glande, ou si l’on veut un organe destiné à la confection de la bile,:cétte bile est conservée en dépôt dans un réservoir que l’on nomme vésicule du fiel , ou bien elle est versée dans les intestins près de l’estomac , par un canal, que l’on nomme pour cela conduit de la bile. Cette bile est indispensable pour opérer la digestion des alimens concurremment avec d’autres humeurs qui aident à leur dissolution. Lorsque l’individu est ,en bonne santé, la présence des alimens stimule d’une manière convenable l’estomac et l’orifice du conduit de la bile placé dans son voisinage. Tant

ayG BIL

que cette stimulation reste dans des bornes déterminées , la bile «'arrive que dans les proportions voulues pour une bonne digestion. Mais si l’on chargeait l’estomac d’une trop grande quantité d’alimens , de boissons échauffantes , ou que les alimens, sans être trop abondans, fussent d’uné nature trqp âcre, trop stimulante, l’irritation passerait les bornes, et la bile arriverait en trop grande quantité ; la langue alors serait jaunâtre ; le teint de la peau , le blanc même des yeux pourraient participer plus Ou moins de celte couleur. La même chose arrive dans certains cas, si l’estomac, si la portion d’intestins, où aboutit le conduit de la bile , est le siège d’une irritation ou d’une inflammation., quelle qu’en soit la cause ; car où il y a irritation , il y a aflux: d’humeurs. En veut-on des exemples? Introduisez du tabac dans les narines , cette irritation y” fait affluer les mucosités; qu’un grain de sable entre dans les yeux, ils sont irrités , et les larmes arrivent aussitôt ; un vésicatoire irrrite la peau, et. cette irritation y fait affluer une grande quantitéde sérosité qui s’élève bientôt en forme d’ampoule. Ôn pourrait accumuler les citations , et toutes démontreraient jusqu’à l’évidence que le phénomène que nous vencms d’énoncer est le plus constant et le mieux prouvé de l’économie des corps organisés. Après cette digression nécessaire, revenons à notre sujet. Il y a épanchement de bile : cet accident se manifeste tantôt par des vomissemens ou des dévoiemens bilieux; tantôt par l’état de la langue qui est jaune et amère ;. tantôt par la couleur qui porte le nom de jaunisse: Que fait le vulgaire dans cés circonstances , et que faisaient même la plupart des médecins avant notre époque? Il y a trop de bile , disait-on: vile un bon vomitif pour en débarrasser l’estomac èt les entrailles. Que fait le vomitf en pareil cas? Ce qu’il fait toujours; il excite, il irrite l'estomac, mais comme il le fait plus vivement que tout autre substance , il n’y a rien d’étonnant s’il fait affluer là bile, et si on la vomit en grande quantité. Lors même que l’estomac n’en contiendrait pas un atome , le vomitif en ferait toujours' affluer assez pour donner le change; de même que l’œil le plus Sec se mouillerait de larmes , quand il serait irrité par un grain de sable. Le vomitif ne fait donc qu’ajouter irritation à irritation, et l’on ne peut pas mieux faire pour doubler le mal, que d’administrer un pareil traitement. Il arrive pourtant quelquefois que l’estomac contient des substances dont laprésenceest si dangereuse, qu’il est urgent d’en hâter l’expulsion, lin grand nombre de poisons sont de ce genre. Dans ces cas, il vaut toujours mieux provoquer le vomissement en chatouillant le fond du gosier, qu’en employant les vomitifs. Les personnes qui s’autorisent de quelques exemples de succès, pour avoir recours aux vomitifs dans

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