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Si le siège de la brûlure ne permettait pas qu’on plongeât la partie dans le liquide, on se contenterait de l’arroser au moyen d’une éponge , et de la recouvrir de compresses qui en seraient imbibées.
Au bout de quelques jours, s’il existe des cloches, on les perce avec une épingle ou la pointe d’une lancette en deux ou trois places pour faire écouler la sérosité, et on laisse l’épiderme appliqué sur la plaie, afin que l’air ne l’irrite pas trop vivement. Soit ensuite que l’épiderme tombe ou qu’il ne tombe pas, pour soustraire entièrement au contact de l’air les parties qui ont été affectées , on les recouvrira d’un linge ou de papier brouillard fin enduit de cérat simple , s’il y a encore de la douleur, où de cérat saturné, si la sensibilité est totalement amortie. On peut aussi remplacer le cérat par un liniment composé d’une partie d’huile d’olive ou d’amandes douces et de deux parties de blanc d’œuf. On applique sur le papier brouillard des compresses imbibées d’extrait de saturne mêlé avec l’eau, ou bién si l’irritation est encore trop vive, des compresses peu serrées trempées dans une décoction de guimauve et de pavots , dont on a soin de les humecter souvent.
Si la chaleur et l’irritation étaient trop vives, et qu’elles ne permissent pas l’application des linges, on oindrait la plaie deux fois par jour avec du cérat simple très-liquide, ou mieux encore avec un liniment composé par parties égales d’huile d’olive et d’eau de chaux que l’on agite ensemble et que l’on étend ensuite à nu sur la plaie avec un pinceau très-fin ou la barbe d’une plume. On couvre ensuite la plaie avec un linge très-fin enduit de cérat ou du liniment indiqué; ce linge doit être percé d’un grand nombre de petits trous, afin de faciliter l’écoulement du pus.
Traitement de la brCdure super ficielle très- étendue. Si l’accident est arrivé depuis peu d’instans et que les symptômes inflammatoires généraux ne se soient pas encore manifestés , on enveloppera les parties brûlées avec des linges imbibés du liquide que nous avons indiqué plus haut ; mais si la douleur était trèsvive , que la fièvre commençât déjà à se manifester, il y aurait du danger à faire de semblables applications, et l’on traiterait le malade comme s’il étaient atteint d’un érysipèle très-étendu accompagné de fièvre. On recouvrira les parties avec des linges fins imbibés d’une décoction de graine de lin ou de racine de guimauve ', que l’on aura soin de tenir constamment humectés. On pratiquera une ou deux saignées; on interdira toute espèce d’alimens, et l’on ne donnera pour boissons que des tisanes très-émollientes, telles que l’eau de gomme arabique , de racine de guimauve , de bouillon blanc, l’orangeade,
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la limonade très-légère, l’eau de groseille, etc.; et cela jusqu’à ce que l’inflammation et la fièvre soit entièrement calmées, ce qui n’ arrive ordinairement qu’après plusieurs jours. On pourra joindre à ce traitement quelques lavemens émoiliens.
Quelques jours après que les cloches se seront formées, et quand l’irritation sera moins vive, on les percera et l’onze conduira ensuite comme il a été prescrit en parlant du traitement de la brûlure peu étendue.
Traitement de la brûlure profonde. Il est inutile dans ce cas de s’opposer par les applications astringentes au progrès de l’inflammation; on ne doit chercher qu’à la calmer. Pour cela, il n’y a rien de mieux à faire que d’appliquer sur la plaie des cataplasmes faits avec la farine de lin ou la guimauve. Ces moyens simples aident puisamment à apaiser les douleurs, à préparer unebonne suppuration qui facilite la chute des escarres. Lorsque l’on aperçoit quelques parties de cellesrci prêtes à se détacher, on les coupe avec des ciseaux, en évitant de les tirailler , de peur d’irriter la plaie.
Si la brûlure a donné lieu aux accidens généraux dont nous avons parlé plus' haut, c’est-à-dire si l’inflammation locale a développé une-fièvre inflammatoire, ce qui arrivé immanquablement, pour peu que la brûlure soit étendue; il fautcondamnerle malade au repos, à l’abstinence complète dîalimens, et aux boissons émollientes ou légèrement acidulées. On donnera des lavemensémolliens , et même on pratiquera la saignée silafièvre est très-forte. La plaie qui reste à nu après la chute de l’escarre ou de quelques-unes de ses parties doit être traitée, comme une plaie ordinaire. Il faut d’abord ôter le pus qui s’y est accumulé au moyen d’un linge fin ou de petits tampons de charpie. On doit rejeter tous les organes qui ne peuvent que s’opposer à la cicatrisation ; il suffit de laisser dans là plaie un peu de charpie sèche qui absorbe le pus à mesure qu’il se forme, et entretient un degré convenable d’irritation. Cependant si la plaie était trés-rouge et animée, on s’abstiendrait même de charpie. Il n’en est pas de même, lorsque la cicatrisation est sur le point d’être achevée; il est bon alors d’entourer sës. bords avec un linge enduit de cérat ou de beurre frais, et.de recouvrir le fout avec de la charpie qui sans cela s’attacherait aux chairs , y entretiendrait une irritation trop vive , et s’opposerait à leur réunion.
Nous ne parlons pas ici des cas ou la brûlure aurait attaqué les membres si profondément, qu’il ne resterait d’autre espoir que l’amputation, ou qu’elle aurait produit des lésions d’une nature asspz grave pour exiger les secours de la chirurgie.
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Tout ce que nous pourrions dire ne pourrait pas servir de guide aux personnel étrangères à cet art.
BUBON. On appelle ainsi une tumeur qui se manifeste ordinairement aux glandes des aines et quelquefois à celles des aisselles et du cou. On distingue plusieurs bubons auxquels on donne des noms particuliers, suivant les causes qui les ontproduits. Ainsi on appelle bubon pestilentiel celui qui se manifeste chez les personnes atteintes de la peste ; bubons scrofuleux , ceux qui accompagnent l’affection scrofuleuse; bubons syphilitiques ou vénériens , ceux qui reconnaissent pour cause une maladie vénérienne; bubons d’ irritation^ ceux qui sont déterminés par l’irritation ou l’inflammation qui se propage d’un point quelconque jusqu’aux glandes les plus voisines.
Sans nous arrêter à ces divisions, que l’on pourrait multiplier encore , si l’on en établissait autant qu’il y a dé causes qui peuvent produire l’engorgement des glandes, nous dirons que le bubon est toujours le résultat d’une irritation portée sur les glandes dont nous avons parlé;, cette irritation appelle les fluides dans ces parties ; elles s’engorgent, augmentent de volume , s’enflamment ét se terminent ou par la résolution , c’està-dire par le retour à l’état primitif, ou par la suppuration , ou par l’état cancéreux ou squirrheux. Telle est en général la marche de toutes les irritations. Si on les arrête à leur début, elles avortent; si on les lai||e parcourir toutes leurs périodes, elles s’enflamment et suppurent; si elles persistent très-Iong-temps, les tissus qui en sont le siège se durcissent, acquièrent une consistance lardacée ; et si une nouvelle irritation attaqué ces parties ainsi désorganisées; cette dégénérescence porte le nom de cancer.
On voit donc qu’il est assez inutile de s’occuper des causes qui peuvent produire l’engorgement et la tuméfaction des glandes des aines ou des aisselles. Ces causes quelles qu’elles soient sont des causes irritantes ; le résultat n’est donc et ne peut être qu’une irritation, une inflammation , et le traitementdoit être essentiellement le. même.
Comme nous nous sommes occupés du bubon pestilentiel à l’article peste j, du bubon scrofuleux à l’article scrofule, et que le bubon d’irritation est de la même nature qu’une tumeur inflammatoire, nous ne parlerons ici que des bubons vénériens.
Le bubon vénérien est une tumeur formée par l’engorgement des glandes des aines , des aisselles et du cou , mais le plus ordinairement des premières, à la suite d’une liaison avec une personne atteinte d’une maladie vénérienne. Cette affection est aussi connue vulgairement sous le nom de poulain, parce qu’elle force les malades à marcher les jambes écartées , à peu
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près comme le font les très-jeunes chevaux. On peut les distinguer en primitifs et en consécutifs. On les appelle primitifs lorsqu’ils se manifestent peu de temps après le commerce suspect, sans avoir été précédés d’aucun symptôme d’affection vénérienne ; on les nomme consécutifs, au contraire, quand ils se manifestent après l’apparition de chancres, de pustules ou d’écoulemens blénorrhagiques, ou que la maladie vénérienne est devenue constitutionnelle. Les bubons de cette espèce sont les plus communs de tous', et c’est presque constamment aux , aines qu’ils se manifestent; ils sont le résultat de l’irritation des organes sexuels placés dans le voisinage. Quand ils sont l’effet d’une maladie vénérienne qui a porléde trouble dans toute l’économie, en terme plus vulgaire, de la vérole, on les observe aussi aux glandes des aisselles et du cou.
L’apparition d’un bubon est précédée d’une sensation de gêne et de tension à la région des aines. Bientôt on s’aperçoit qu’une ou plusieurs glandes sont tuméfiées ; le gonflement fait tous lés jours des progrès; il en résulte une tumeur dure qui gêne beaucoup la marche; la surface de cette tumeur est rouge, et elle devient le siège de douleurs de plus en plus violentes; enfin, la suppuration s’établit plus ou moins promptement, suivant le degré de l’inflammation. Le bubon que nous venons de décrire est le bubon aiguj mais il ne se manifesté pas toujours avec des symptômés aussi violons, il marcb^quelquefois avec beaucoup de lenteur et sans faire souffrir le malade ; la peau conserve alors sa couleur ordinaire, et cet état se prolonge quelquefois pendant plusieurs semaines et même plusieurs mois,et on en a vu persister des années entières ; on les nomme alors bubons indolens. Ordinairement ils se développent et décroissent avec une égale lenteur ; rarement ils suppurent, et, lorsque cela arrive, ils laissent après eux des engorgemens dont on n’obtient la guérison que difficilement. 11 arrive quelquefois que ces bubons, après être restés long-temps, stationnaires, passent tout à eotip à l’état inflammatoire et suiventla marche de ceux dont il vient d’être fait mention plus haut.
Traitement des bubons aigus. JLe traitement des bubons syphilitiques ne diffère pas de celui de toute autre inflammation glandulaire; il n’y a que le degré d’intensité des phénomènes inflammatoires qui exige quelques modifications particulières:. Et d’abord, si l’on a affaire à un engorgement qui débute par une grande sensibilité, on s’occupera d’arrêter promptement l’inflammation, en appliquant de très-bonne heure un plus ou moins grand nombre de. sangsues autour de la tumeur; on peut employer de 20 à 40 sangsues à la fois. Ce moyen réussit souvent à arrêter l’inflammation dès son début. On
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peut revenir à une seconde saignée locale , si la première n’avait pas produit l’effet que l’on en attendait. La glace pilée, que l’on fait succéder aux applications de sangsues, empêche presque constamment le développement ultérieur de l’inflammation; mais ce moyen, pour être efficace, doit être continué sans interruption, au moins pendant quarante-huit heures. Si l’on n’appliquait le froid que pendant quelques instans, il y aurait réaction dans la partie malade, et l’iuflammation reparaîtrait avec plus de violence qu’auparavant. Le meilleur moyen de maintenir la glace sur la tumeur consiste à la piler et à la renfermer dans une vessie ; lorsqu’elle est fondue , on a une seconde.vessie toute préparée pour remplacer à l’instant celle que l’on vient d’ôter. Il est bien entendu que pendant ce temps le malade doit garder un repos absolu. On obtient souvent de très-bons résultats de l’application de la glace, lors même qu’elle n’a pas été précédée de la saignée locale. Si l’inflammation tombait à son dernier degré, et que la tumeur fut déjà suppuréë^ ce que l’on reconnaît à la fluctuation qu’elle présente , il, ne faudrait plus tenter del’arrêtér au moyen des sangsues ou de la glaee ; il faudrait au contraire l’amener à l’état complet de suppuration du à la résolution, en la recouvrant de cataplasmes émolliens faits avec- la farine de lin ou la mie de pain, ou la feuille de guimauve, etc. On deyrait sè comporter de la même manière, si les moyens que nous avons indiqués n’avaient pas réussi à faire avorter l’inflammation à son début, et qu’elle continuât à fake des progrès , malgré l’application des sangsues e.t de la glacé. Quelquefois la violence de l’inflammation est telle qu’elle produit la fièvre; alors on doit interdire au malade toute espèce d’ajimens, et le condamner à l’usage strict des boissons émollientes. Oh lui fera prendre souvent des bains entiers; on lui administrera des iavemèns émoiliens , et il' gardera le repos. Si la douleur que donne là tuméfaction est très-vive , on cherchera a la calmer eh arrosant le cataplasme émollient avec quelques gouttes de laudanum, ou mieux encore en recouvrant la tumeur avec des compresses imbibées d’une décoction de morelle et de pavots. Ces moyens déterminent ordinairement la résolution ou la suppuration de l’engorgement. Si la résolutions lieu , il n’y a qu’à continuer le même traitement jusqu’à ce qu’elle soit achevée. Si au contraire la suppuration arrive et que le bubon s’ouvre , on mettra sur l’ouverture un tampon-dé charpie que l’on recouvrira d’un cataplasme ou d’une compresse trempée dans une décoction émolliente. Mais la tumeur passe aSsez; souvent à l’état de suppuration sans que le pus puisse sé faire une issue ; il faut alors en pratiquer une artificielle. On le pratique de deux ma-
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nières , ou en y faisant une incision avec le bistouri , ou en y appliquant un morceau de potasse. La première est incontestablement la meilleure , mais elle exige la main d’une personne de l’art. On peut pratiquer soi-même la seconde de la manière suivante : on applique sur la tumeur une petite pièce de toile gommée (sparadrap) percée d’un petit trou qui corresponde au centre de la tumeur; dans ce trou on place un morceau de potasse, de la grosseur d’un pois, que l’on maintient fixe en le recouvrant avec une seconde pièce de toile gommée ; on laisse la potasse appliquée pendant dix ou douze heures ; si le pus sort, on panse comme il a été dit plus haut; sinon, on remplace la potasse par un second morceau jusqu’à ce que le caustique ait formé une issue au pus. Nous devons^ avertir qu’un morceau de potasse plus gros que celui que nous a ons indiqué creuserait une plaie trop large , dont la cicatrisation se ferait ensuite très-difficilement. En général, il n’est pas prudent d’employer ce moyen , si son usage n’est dirigé par une personne qui l’ait vu mettre en pratique.
Traitement des bubons indolens ou chroniques. Tel est le traitement qu’il convient généralement d’employer dans lé bubon aigu ; mais lorsqu’il ne se développe qu’avec lenteur, qu’il est peu sensible, qu’il n’est accompagné d’aucun des symptômes qui caractérisent une inflammation aiguë, on doit se conduire d’une manière un peu différente. Soitque le bubon se soit montré indolent dès son origine, ou qu’il n’ait revêtu ce caractère qu’après une inflammation plus ou moins vive, on doit le traiter par tous les moyens propres à èn favoriser la résolution. Le plus efficace est sans contredit le traitement mercuriel, dont rien n’empêche alors l’application, puisqu’on n’a pas lieu de redouter les accidens qui peuvent résulter de son emploi lorsque ces partiesaont le siège d’üne irritation inflammatoire. On pratiquera donc des frictions avec l’onguent mercuriel une ou deux fois par jour sur la tumeur et à son pourtour. On y fera tomber tous les jours une douche; et lorsque ces moyens commencent à réveiller la sensibilité , l’expérience prouve qu’une application de 7 ou 8 sangsues, tous les deux ou trois jours, amène assez promptement la résolution. Comme tout le monde ne peut pasprendre des douches, onpeuty suppléer par des emplâtres de savon, de diaçhylon, ou par un cataplasme émollient arrosé d’extrait de saturne, ou en pratiquant des onctions avec le liniment ammoniacal indiqué page 65. II peut arriver aussi que ce traitement excite trop fortement la vitalité de la partie engorgée, et que celle-ci passe à l’état inflammatoire aigu ; dans ce cas, il est évident qu’on doit se conduire comme si l’on avait affaire à un bubon aigu ordinaire.
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On emploie le même traitement dans les cas où les tumeurs se terminent par induration. Cependant, si ces tumeurs dures étaient accompagnées de douleurs lancinantes, on se garderait d’employer les remèdes slimulans, que l’on remplacerait alors par les cataplasmes émolliens et les boissons de la même nature.
Noüs terminerons cet article en avertissant qu’il ne suffit pas de traiter les bubons lorsqu’ils sont déterminés par une affection vénérienne ; il faut encore s’occuper du traitement de cette maladie. ( V. Syphilis. )
CACHEXIE. On emploie quelquefois cette expression pour désigner un état de dépérissement qui se manifeste dans la période la plus avancée de plusieurs maladies chroniques. Les mots marasme, atrophie, consomption, ne désignent qu’un des phénomènes de cet état général. Il est donc évident que la cachexie ne constitue pas une affection particulière, et que le moyen de la faire cesser consiste dans la guérison de la maladie qui y donne lieu. Si l’individu est atteint d’un gastrite chronique, d’une pneumonie chronique, etc., etc. , et que les lésions de ces organes amènent un dépérissement universel, il faut rechercher en quoi consistent ces lésions, et chercher à les guérir par les moyens indiqués dans les divers articles où ces maladies sont traitées en détail.
CALCULS BILIAIRES. On les appelle aussi calculs hépatiques ou calculs du foie , Il se forme souvent dans le tissu même du foie, dans le réservoir de la bile et dans ses conduits des concrétions plus ou moins dures, et dont la présence peut donner lieu à divers accidens. Lorsque ces concrétions spnt petites, elles peuvent exister sans donner lieu à aucune douleur ; céla arrive, surtout si elles sont renfermées dans la vésicule de la bile, sans la distendre ni obstruer ses conduits ; il n’en est pas de même lorsque ces calculs se sont développés dans le tissu du foie. »
Les symptômes de la présence des calculs biliaires et hépatiques sont généralement très-obscurs ; ii est même certain que dans beaucoup de cas ils se sont développés sans produire le moindre trouble dans lés fonctions des organes. Dans certaines circonstances, les malades n’en sont avertis que par une pesanteur et de la gêne, lorsqu’ils se couchent sur le côté, gauche; la sensation douloureuse dont se plaint le malade est rapportée tantôt au côté droit ou au creux de l’estomac;
quelquefois elle semble se propager jusqu’au sein droit, et souvent jusqu’à l’épaule ou à la région du cou. En général, on n’aperçoit que les signés ordinaires qui annoncent une irritation ou un engorgement du foie; ainsi la peau tire quelquefois sur le jaune., la langue est chargée de mucosités jaunâtres; mais ces signes sont loin de se rencontrer constamment, et lors même qu’ils ont lieu, on ne peut pas encore prononcer que les calculs existent. Le signe le plus certain, le seul même qui puisse servir de guide, c’est' l’évacuation de calculs hilaires qui peut avoir lieu à diverses époques avec les selles , surtout si ce signe est accompagné de ceux que nous venons d’énumérer.
Il peut arriver que les^ calculs biliaires, surtout s’ils sont anguleux ou hérissés d’aspérités , irritent et enflamment les tissus ayec lesquels ils sont en contact; il se forme des adhérences soit avec l’estomac, soit avec quelque autr-e partie du canal intestinal, ou même avec les parois du ventre. La suppuration s’empare alors de ees>parties , et il s’établit un abcès ou une fistule à travers Lesquels les calculs peuvent être évacués. Cette terminaison a été observée quelquefois ; mais elle est extrêmement rare.
Il n’existe pas de médicamens qui aillent dissoudre dans le foie ou dans la vésicule les calculs qui s’y sont formés. Tous les dissolvans préconisés dans ces sortes de cas ne sont que du charlatanisme ; il faut donc se borner àun traitement à peu près semblable à celui des engorgemèns et des irritations du foie : si l’estomac est en bon état , on fera prendre au malade quelques légers purgatifs , afin d’entretenir la liberté du ventre ; par exemple 3 ou 4 grains de calomel deux fois par jour. S’il y avait des signes d’inflammation, on commencerait avant tout par les calmer, au moyën des saignées générales et locales, des applications émollientes sur la région de l’estomac et du foie, des bains généraux, et des boissons émollientes et rafraîchissantes. On conseillera en même temps un exercice modéré, de la gaîté, des alimens de facile digestion, et de temps en temps de légers purgatifs, tels que celui que nous venons d’indiquer. Tel est le traitement le plus sage, et dont on puisse obtenir le plus de succès.
CALCULS DES REINS. (Y. , Graveixe. )
CALCULS DE LA VESSIE , ou maladie de la pierre. Il se forme dans la vessie, tant de l’homme que de la femme, des espèces de pierre dont le volume et la consistance sont varia- " blés. L’origine de ces calculs est assezrsouvent due à un petit gravier qui s’est d’abord formé dans les reins, et qui a été en-