‹ Dictionnaire de santé ou vocabulaire de médecineChapitre 22 sur 106 · CAL · texte numérisé non relu

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suite amené dans la vessie par les conduits de l’urine qui communiquent avec les reins. Les sels dont l’urine est formée se déposent peu à peu autour de ce noyau primitif qui finit par acquérir dans certains cas un volume considérable. Tout autre corps étranger tombé dans, la vessie. peut aussi donner lieu au même accident.

On reconnaît en général la présence d’un calcul dans la vessie aux signes suivans : démangeaison à l’extrémité du canal de l’urètre, pesanteur et douleur dans la vessie, impossibilitd.de supporter les secousses d’une voiture, quelquefois difficulté d’uriner; enfin le moyen le plus certain de s’assurer de l’existence d’un calcul consiste à introduire une sonde dans la fessfe , au moyen de laquelle il n?est pas difficile de reconnaître la présence de la pierre, pour peu que la main soit exercée à çe genre de recherches.

Le traitement de la pierre nécessite constamment les secours d’un, chirurgien habile. Il n’y a que deux moyens de s’en débarrasser; le premier consiste a pratiquer une issue artificielle à la pierre au moyen d’un instrument tranchant; c’estce qu’on appelle l’ opération, cle ta taille ; l’autre, plus moderne, consiste à broyer le CalcuLdans la vessie au moyen d’instruméns trèsingénieüx que l’on introduit par le canal de l’urètre. Les dissolvans que l’on a prônés à diverses époques sont absolument sans aucune espèce d’efficacité.

Si le calcul n’était pas formé, et que l’on en fût seulement menacé par l’émission de quelques graviers mêlés aux urines , on aurait recours aux moyens employés contre la gravelle (V. ce mot), «et l’on aurait soin le matin en se levant, ou après un long repos quelconque , de ne pas uriner avant d’avoir fait un peu de mouvement , afin que les graviers soient entraînés avec les urines et ne forment pas un dépôt au fond de la vessie, comme cela pourrait arriver si on n’avait pas recours a la précaution que l’on vient d’indiquer. Çe moyen est si simple que nous le conseillons même aux personnes qüi ne sont nullement menacées de la pierre.

CÀLENTLRE. Nom impropre que l’on donne à une maladie qui attaque les marins lorsqu’ils traversent la zone tortorride. Voici comment elle se manifeste.

Les marins. sont saisis tout à coup et ordinairement pendant la nuit d’un délire furieux ; ils ont le visage rouge , les yeux étincelans ; ils menacentlespersonnes qui sont autour d’eux ; ils sont tourmentés de l’envie de se précipiter dans lamer, qui leur paraît une vaste prairie couverte d’arbres et émaillée de fleurs, et ils s’y précipiteraient en effet , si on ne les surveillait.

Cette affection , comme il est facile de le voir, ne constitue

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pas une maladie d’une nature particulière, comine on pourrait le croire; ce n’est autre chose qu’une fièvre cérébrale, ou, pour parler plus exactement , c’est une inflammation du cerveau ou des membranes qui l’enveloppent. La chaleur à laquelle les marins sont exposés en passant sous la ligne produit sur eux le même effet qu’elle produirait dans toute autre circonstance, c’est-à-dire qu’elle échauffe fortement le cerveau , le stimule , et que le sang s’y porte ensuite avec violence. L’affection que l’on nomme fièvre chaude est accompagnée des mêmes symptômes.

Le traitement ne saurait être un instant douteux; c’est le même que celui d’une inflammation cérébrale quelconque : par conséquent, on débutera sans hésiter parles saignées générales du bras ou du cou , et par des applications dé sangsues au nombre de 4o ou 5o aux tempes et derrière les oreilles. On mettrales pieds du malade dansl’eau chaude, et on lui fera en même temps des applications froides sur la tête. Comme il n’est pas possible d’avoir de la glace à bord sous les régions équinoxiales, on y suppléera par des affusions d’éther sur la tête, qui produit un froid assez intense par sa prompte évaporation ; on donnera en même temps, avec abondance, des boissons acidulées, telles que la limonade , l’orangeade , le sirop de groseille, celui de vinaigre, etc,, etc.; on prescrira des lavemens émolliens. Si la maladie persiste, on reviendra à la saignée et surtout aux sangsues autour des tempes, et aux applications des moyens réfrigérans, qui doivent, dans tous les cas, être continués sans interruption pendant plusieurs heures et même des jours entiers pour en obtenir de bons effets. '

CANCER; Idée générale de cette maladie. Il ne serait pas trèsfacile de donner une définition exacte des affections cancéreuses. Les idées que l’on s’en était formées jusqu’à nos jours, loin d’être satisfaisantes, ne présentaient qu’ün vague insupportable. Tantôt c’était un virus ou une humeur corrompue qui corrodait les organes malades; tantôt c’était un principe d’une nature occulte qui agissait sur l’économie sans savoir comment. Quand une induration se formait quelque part, on attendait pour décider si c’était une fumeur cancéreuse ; s’il survenait un ulcère, on prononçait que l’on avait réellement affaire à un cancer; si la tumeur se dissipait, on affirmait que cette affection n’existait pas. Ces théories désespérantes s’accordaient toutes à regarder le cancer comme une maladie dont aucun secours humain n’êtait.capable d’empêcher le développement, ni d’arrêter les ravages. Les progrès de la médecine moderne , en faisant connaître la nature réelle de cette affection, permettent de l’envisager sous un jour moins sombre,

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