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Qu’est-ce qu’un cancer? Le cancer est constamment le produit d’un inflammation ou d’une irritation chronique occasionée par les causes ordinaires de ces maladies; tels sont les coups, les chutes, la trop grande activité de l’organe qui en est le siège, pne excitation répétée trop souvent sur ces organes, etc. Ce sont les glandes et les tissus glanduleux qui sont le plus souvent le siège du cancer; cependant il n’est pas rare que d’autres tissus soient aussi atteints de cette désorganisation ; les cancers de l’estomac, des intestins , de la bouche, du nez, etc., en sont la preuve. L’irritation ou l’inflammatiom lente qui persiste long-temps dans la glande, au liend’j appeler le sang comme dans les inflammations aiguës, y appelle la lymphe; celle-ci les engorge et les durcit. La tumeur reste quelquefois long-temps dans lé même état et souvent sans douleur ; mais enfin une inflammation aiguë et secondaire s’y développe, désorganise la glande, et une ulcération cancéreuse se manifeste. Cependant cette terminaison n’est pas toujours la, même, et la tumeur se dissout quelquefois, ou bien elle diminue de volume, ou enfin elle reste stationnaire.
Il n’est pas difficile de comprendre que si on avait employé un traitement convenable dès le début de l’irritation, on aurait pu arrêter les progrès de la tumeur et prévenir la formation du cancer. En effet, l’expérience prouve tous les jours qu’en enlevant par les saignées* la diète et les boissons émollientes, les inflammations commençantes de la matrice , du sein , de la face, etc.; etc., on empêche le cancer de se former; et il est même certain que les mêmes moyens peuvent , dans quelques circonstances , arrêter les progrès des ulcères déjà établis, si l’irritation ne s’ést point encore propagée jusqu’aux viscères.
Cette théorie ducancer est, comme on levoit, diamétralement en opposition avec les idées que l’on s’en était faites. Le mot cancer une fois prononcé, il semblait que le médecin dût eh rester spectateur oisif, et laisser le mal faire des ravages que: rien ne pouvait empêcher. Il est bien certain que l’on voit des familles atteintes plus particulièrement que d’autres de ces affections, comme on voit également les scrofules, la phthisie pulmonaire se transmettre par l’hérédité; mais il ne faut pas croire pour cela que ces maladies soient, comme on le dit, dans le sang, et que leur développement soit inévitable. Les parens transmettent à leurs enfans leur constitution, leur aptitude à contracter certaines maladies, mais non, les maladies ellesmêmes. Celui qui apportera en naissant une tête volumineuse et un cou court sera disposé à l’apoplexie; celui qui aura reçu une poitrine étroite sera disposé aux affections. des poumons; de la même manière , un autre peut avoir reçu une structure
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organique qui le dispose plus particulièrement aux affections cancéreuses; mais il ne s’ensuit pas qu’un virus destructeur circule dans ses veines, puisque toutes ces maladies sont également produites par toutes les causes ordinaires des inflammations. G’est ainsi qu’un coup donné au sein peut déterminer dans cet organe la formation d’une tumeur qui peut passer à l’état cancéreux.
Le cancer n’est donc qu’un des derniers degrés de l’inflammation enté sur un tissu gonflé, épaissi, lardacé à la suite d’une inflammation chronique qui en a altéré ia structure à la longue. En simplifiant ainsi la manière d’envisager cette maladie (et nous affirmons que c’est la seule véritable), on prévoit qu’il en doit être de même à l’égard du traitement. Celui-ci consiste essentiellement à borner les progrès de l’engorgement naissant par les saignées locales et tous les moyens émolliens; à traiter encore par les mêmes moyens les ulcères déjà cancéreux si l’on n’a pas été assez heureux pour prévenir ce résultat dangereux; enfin à retrancher la partie malade lorsque tous les autres moyens ont échoué. Nous croyons âu reste devoir parler avec quelques détails de quelques espèces de cancer que l’on rencontre le plus généralement. Nous prévenons toutefois que le cancer ne change pas de nature quel que soit son siège, et qu’un cancer du sein, de la matrice, de l’estomac, est toujours une inflammation avec désorganisation de ces parties , et rien de plus.
Cancer et sq'àirrhe du sein. Il débute ordinairement d’une manière obscure et insidieuse. On commence par avoir la sensation d’une tumeur peu volumineuse, mobile et à peine sensible. Cette iumeur fait avec lé temps des progrès plus ou moins rapides; elle devient quelquefois inégale et bosselée; la peau qui la recouvre est luisante et tendue, lorsqu’elle a acquis un volume un peu considérable. On ressent d’abord des douleurs sourdes qui deviennent ensuite lancinantes , et forcent enfin ia malade à recourir à des conseils souvent trop tardifs.
Si rien n’arrête les progrès de la maladie, la tumeur se ramollit , se désorganise , passe à l’état de suppuration , et constitue alors le véritable cancer; car on est convenu de ne l’appeler ainsi que lorsque la surface de; la tumeur est ulcérée, qu’il en découle un pus sanguinolent, noirâtre et fétide ; avant cette époque , la tumeur porte le nom de squîrrhe. Mais malgré ces deux dénominations différentes, il ne s’agit pas de maladies distinctes; c’est toujours la même, leur» degré seul varie. Arrivée au point fâcheux qui constitue le Caùcer proprement dit, la maladie produit son influence sur toute l’ économie; la peau prend une teinte jaune paille ou plutôt l’aspect
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de la cire ; la malade éprouie un malaise extrême ; elle est souvent tourmentée par la fièvre , la constipation ou le dévoiement. La maladie locale ne cesse de faire des ravages; la mamelle est bientôt envahie tout entière; toutes les parties charnues de la poitrine tombent en suppuration; les côtes sont quelquefois mises à nu; souvent les glandes de Faisselle, placées dans le voisinage, se tuméfient et suivent la même marche que la tumeur primitive; la plaie, couverte d’un putrilage grisâtre et infect, offre l’aspect le plus horrible et le plus dégoûtant ; il n’est pas rare que des hémorrhagies produites par la destruction des vaisseaux sanguins augmentent le danger; enfin le malade succombe.
Les causes du cancer des mamelles sont en général les causes générales des inflammations ; cependant nous devons en signaler quelques-unes comme lui donnantlieu d’une manière plus fréquente. Tels sont un engorgement de lait, l’impression d’un air froid, un coup léger dont la malade ne conserve' pas même le souvenir , une compression exercée sur les seins par un moyen quelconque. Outre cela, il est une cause sur laquelle nous éveillerons particulièrement l’attention des femmes. ïl est déplorable que la raison ne puisse pas l’emporter sur le vain désir de plaire par une taille artistement svelte, et qui ne seyait que ridicule si elle n’était en même temps dangereuse. L’usage des corsets trop serrés gêne la circulation du sang,' ce que toutes les femmes savent fort bien, puisqu’elles peuvent voir les empreintes qu’il laisse souvent sur elles. Le sang ainsi arrêté engorge les seins , les irrite , et une tumeur se forme; on n’y fait pas attention , et le caricer se manifeste. Femmes qui croyez-vous embellir en mettant votre corps à la torture j songez qu’il n’y a de beau que ce qui est naturel, et songez surtout aux conséquences d’une mode si souvent funeste. D’insipides flatteurs vanteront la grâce de votre taille artificielle; ne les écoutez pas, et sachez entendre quelquefois des vérités utiles. Vous n’avez pas besoin d’être coupées en deux comme une guêpe pour plaire aux hommes sensés, et vous devez dédaigner les hommages adulateurs de ceux qui ne sont que frivoles. Que de regrets, lorsque vous aurez porté à votre santé des coups irréparables! Il vaut mieux briller aujourd’hui, direz-vous, et mourir demain. Fort bien, src’estun compte arrêté ; mais avez-vous fait un pacte avec la douleur? Et dès lors, pourquoi vous plaindre, dès qu’elle vient vous assaillir avant le temps et couronner si tristement vos triomphes d’un jour?
L e traitement du cancer qui nous occupe a été de tout temps aussi absurde. et aussi bizarre que les idées que l’on s’était for-
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mées de cette maladie. Ceux qui regardaient cette affection comme incurable se contentaient dp la traiter par des moyens palliatifs propres seulement à rendre la douleur plus supportable. Ces moyens étaient surtout lés médicamens narcotiques, tels que l’opium, le pavot, lamorelle, la ciguë , etc., dont on faisait des applications locales de différentes manières. D’autres ayaient recours à l’emploi des prétendus fondans et des résolutifs, tels que le mercure et ses différentes préparations, le savon, les baumes et les emplâtres de toute espèce. Tout cet appareil de traitement fondé sur une théorie erronée était plus propre à accélérer qu’à retarder la marche de la maladie ; aussi la fréquence des insuccès Pavait-elle fait placer par les médecins au rang des maladies incurables.
Mais l’expérience, d’accordavec la raison, doit engager à ne pas porter un jugement précipité sur l’incurabilité des tumeurs des mamelles, lors même qu’elles sont inégales, bosselées , douloureuses. Tant que la désorganisation n’est pas opérée, on ne dpit pas plus désespérer de la guérison que de toute autre tumeur inflammatoire; car nous le répétons,. il ne s’agit que d’une irritation , d’un surcroît d’activité, d’une inflammation lente où vive développée dans ces parties. On peut donc en arrêter les progrès en lui opposant un traitement franchement émollient, dirigé avec les soins et la prudence convenable ; mais ce traitement est long, souvent très-long, et il est assez rare que la malade ait la patience de s’y soumettre pendant tout le temps nécessaire. Dès que l’on aperçoit la formation de la tumeur, on conseillerai la malade un régime simple et trèsléger, des boissons délayantes, des bains, des applications émollientes, telles que les cataplasmes de farine de lin , de mie de pain et de lait, de feuilles de guimauve , etc. On fera en même temps des saignées locales sur la partie engorgée au moyen de sangsues au nombre de i5, 20, 5o, &o, suivant Tétendue de la tumeur, les forces de la malade et la vivacité des douleurs qu’elle éprouve. Cès applications doivent être répétées fréquemment, par exemple tous les huit ou quinze jours, car ce n’est guère que de l’jempïoi de cès moyens réitérés avec constance et opiniâtreté que l’on doit espérer un heureux résultat. Si la riialade était tourmentée de constipations, on lui administrerait de temps en temps de légers laxatifs qui auraient le double avantage de produire sur le canal digestif une révulsion, une excitation passagère qui peuvent aider à la résolution de la tumeur. Mais le point essentiel est d’insister long-temps sur les moyens que nous venons d’indiquer. Ce traitement est le seul raisonnable , puisqu’il est le seul conforme à la nature de la maladie , et l’expérience qui doit passer ici avant tout , en dé-
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montre tous les jours l’efficacité. Hors delà, il n’y a qu’incohérence, qu’incertitude, et ceux qui ont recours à un autre genre de médication seraient incapables de citer un seul exemple de guérison, et d’expliquer les motifs d’un traitement qu’ils n’ad* ministrent que parce qu’on l’a fait avant eux, quoique son inutilité en devrait avoir fait justice depuis long-temps.
Employée avec constance et dès le principe, la médication que nous avons conseillée réussira presque dans tous les cas à arrêter le développement de la tumeur, à la faire disparaître peu à peu, et à calmer les douleurs. Cependant, si après quelques mois de traitement on ne pouvait réussir à en arrêter les progrès, que la tumeur au lieu de diminuer augmentât de volume et qu’elle devînt plus douloureuse, il faudrait sans balancer recourirà une opération chirurgicale et la faire extirper.Plus tard, il ne serait peiit-être plus temps de le faire ; et d’ailleurs le danger d’une récidive est moins grand lorsque la tumeur est encore mobile et qu’on peut l’enlever en entier que lorsqu’elle s’ést étendue de manière qu’il Soit impossible d’extirper toutes les ramifications des dégénérescences cancéreuses qui ne tardent pas à faire reparaître la maladie. On ne doit pas trop s’effray er de cette opération, moins douloureuse qu’on ne le croit vulgairement et d’une exécution extrêmement simple et facile, n’offrant de danger que lorsqu’elle a été différée trop longtemps; encore ce danger n’est- il que consécutif, l’opération elle-même n’en présentant âucun. Lorsqu’enfin l’on a laissé marcher la tumeur et qu’elle est arrivée a son dernier terme, que la plaie est saignante , infecte et trop étendue pour qu’il soit possible d’extirper toutes. les parties malades , il n’ÿ à plus guère d’espoir de guérison, et l’on doit se borner à calmer, s’il se peut, les douleurs, au moyen des applications de compresses imbibées d’une décoction de pavots et de quelques gouttes de laudanum. Cependant nous avons des exemples de succès,rares il est vrai , mais qui doivent pourtant engager à tenter encore, l’emploi réitéré des sangsues sur les bords cancéreux de l’ulcère, en y joignant celui des applications émollientes, de la diète ou d’un régime léger et du repos absolu.
Cancer et squirrhe de là matrice. Comme la précédente, cette affection qui débute par une irritation d’abord insensible de la partie qui en est le siège, n’est point une -thaladie d’une nature extraordinaire ; on doit lui appliquer ce que nous avons dit du cancer en général.
Les. symptômes du cancer de la matrice ne sont pas les mêmes à toutes les époques de cette maladie,, et l’on peut même dire que les premiers signes ne sont point encore ceux d’un cancer, puisqu’on n’appelle ainsi que le dernier terme de l’in-
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flammation des organes quj en sont affectés. Il y a donc d’a bord irritation pure et simple, puis induration qu’on nomme squirrhe, puis enfin dégénérescence des tissus tuméfiés. Ce léger aperçu doit consoler les femmes dont l’imagination se frappe aussitôt qu’elles ressentent la moindre douleur dans la région de l’utérus ( matrice)." Le travail inflammatoire qui donne lieu à cettn douleur n’a pas une marche nécessaire, et quoique la terminaison en soit fâcheuse, s’il parcourt toutes ses périodes , cette terminaison n’ést point inévitable , et l’on peut la prévenir par des soins sagement dirigés. Voici au reste comment s’annonce le squirrhe et ensuite le cancer de la matrice. La femme éprou ve un sentiment de gêne , de pesanteur et de douleur dans le bas ventre; le cours des menstrues est irrégulier ou interrompu; il y a quelquefois difficultés d’uriner, douleurs sourdes dans les hanches, dans les aines et les cuisses ; écoulement blanc, muqueux on sanguinolent, élâneemensplus ou moins fréquens dans le col de la matrice ; le toucher y fait apercevoir une tumeur dure et très - sensible ; les mamelles sont parfois gonflées et douloureuses. À mesure que l’irritation lait dès progrès , tous les symptômes précités deviennent plus . intenses, lés tissus se désorganisent et fournissent un écoulement plus abondant et de plus en plus fétide, contenant des caillots de sang ou des tissus tombés ènputriiage. Toute l'économie reçoit alors l’impression de l’organe malade ; les fonctions digestives sont troublées et presque huiles , l’embonpoint disparaît, la peau est d’un jaune sale, molle, blafarde , et semble à peine tenir encore aux chairs ; la tristesse du regard , l’abattement général de la malade , toui annonce une profonde altéé- f ration dans sa constitution entière ; la fièvre de consomption (hectique) est continuelle, et la mort vient heureusement terminer cette scène de douleurs.
La marche et la durée de cette maladie ne sontpas toujours les mêmes ; elles varient même à l’infini ; tantôt én effet le col de la matrice reste long-temps indolent et à l’état d’induration, tantôt au contraire rinflarnmation désorganise promptement les parties qu’elle attaque, et la mort arrive dans très-peu de temps.
Les causes du squirrhe et du cancer de la matrice sont trèsnombreuses. L’âge est une des premières.' C’est une chose digne de remarque que cette maladie épargne presque constamment les deux extrémités de la vie , la jeunesse et la vieillesse. L’âge le plus fréquent est celui de la'cessation des règles, c’est-à-dire de la trente-sixième à la cinquantième année; cependant il ne faut pas en conclure qu’on ne la rencontre jamais avant l’une ou l’autre de ces époques. Les femmes blondes, d’une constitution lymphatique, délicate et nerveuse , y sont
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plus disposées que les brunes d’un tempérament sanguin et bilieux. On la rencontre beaucoup plus fréquemment dans les grandes villes et surtout chez les femmes des classes inférieures que dans les campagnes : la plus grande dissolution des mœurs chez les premières ne serait-elle peut-être pas une raison suffisante de cette différence? Comme tous les extrêmes sont dangereux on a observé que le célibat dispose au«eancer de la matrice , ainsi que l’abus des plaisirs vénériens. Dans l’un de ces cas la matrice est trop excitée par un surcroît d’énergie résultant de la privation ; dans l’autre il l’est également trop par l’abus des jouissances ; or nous avons dit que la maladie débutait par une irritation , une excitation , une inflammation. Enfin une sensibilité particulière de la matrice sans le concours de Gauses étrangères , des manœuvres imprudentes exercées sur cet organe, les mariages trop précoces , etc. , peuvent donner lieu à cette maladie. En générai, ou l’observe plus fréquemment chez les femmes qui ont été réglées de très-bonne heure que chez celles qui ne le sont que très-tard.
Le traitement est variable suivant les progrès du mal. Dans le principe et avant la formation de l’ulcère , lorsqu’il y a chaleur , tumeur récente -, irrégularité de la menstruation , on débute par attaquer cette inflammation naissante au moyen d’une application de sangsues au périnée , à layulve ou à la partie Supérieure des cuisses, et l’on a recours à ce moyen autant de fois que lés mêmes symptômes sont remarqués. On fera coïncider cette application avec l’époque de la menstruation ordinaire ; mais si l’inflammation était trop vive , on les emploierait beaucoup plus souvent. Le nombre varie. entre i5, 3o , 4°, suivant la force de la malade et l’intensité de l’inflammation. Si la malade n’est pas d’une constitution trop délicate, on lui appliquera de la glace sur le bas-ventre ; mais ce moyen exige des précautions ; car si on ne l’emploie que pendant peu de temps , il y a réaction de lapar tie malade , et l’inflammation est encore plus vive ; il faut donc la laisser en place pendant tout le temps que dure la chaleur et la douleur, ou y renoncer entièrement. Les bains généraux , les bains de siège , les injections émollientes, les lavemens; de la même nature ne sauraient être employés plus à propos que dans cette maladie. Les purgatifs légers, tels que le séné ,1e sel de Glauber (sulfate de soude), celui d’Empson (sulfate de magnésie) peuvent être donnés de temps.en temps et à légères doses, s’il n’y a pas affection du canal intestinal ; dans le cas contraire on se bornera aux boissons émollientes. Un régime léger composé de viandes blanches , de fruits cuits ou crus, suivant la saison , de végétaux, tels que la laitue , l’épinard, l’oseille, les navets, de
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lait, secondera puissamment le traitement indiqué , en y joignant le repos ou un exercice très-modéré.
Ces moyens employés avec persévérance (surtout les saignées locales) réussiront très-souvent à arrêter la maladie ; mais si l’on avait commencé ce traitement trop tard , et que l’induration fût déjà formée , il ne faudrait pas encore désespérer€u succès. En effet, au moyen d’un instrument très-ingénieux que l’on nomme spéculum uteri, on peut porter des sangsues sur le col même delà matrice, etplusieursexemples prou vent qu’en les appliquant ainsi à plusieurs reprises, au nombre deio ou i5 , on parvient à obtenir le ramollissement et la résolution de la tumeur. Quoique cet heureux résultat ne soit pas constant, il ne faut pas négliger d’y avoir recours , bièn entendu que l’on ne négligera aucun des moyens accessoires indiqués plus haut. On cherchera en même temps à apaiser les. douleurs par des injections calmantes. Les plus convenables sont les décoctions faites avec une tête de pavot et la morelle, auxquelles on peut ajouter quelques gouttes de laudanum. On peut encore se servir d’eau de guimauve, de lait , soit put', soit avec addition d’un demi-grain d’opium ou de pavot et de morelle ; en général on ne doit pas employer trop souvent les.: préparations opiacées, et il y a plus de sudcès à attendre d’un traitement tout-à-fait émollient.
Lorsque le squirrhe est passé à l’état de suppuration, et que le mal est detenu incurable, on cherche à Calmer les douleurs au moyen des injections de pavot et de morelle avec addition de quelques gouttes de laudanum , ou simplement d,e l’eau de guimauve avec le laudanum ou un peu d’opium , on commence par employer de i 5 à ao. gouttes de laudanum ou un grain d’opium pulvérisé par chaque injection ; et l’on peut élever progressivemènfeette dose jusqu’à un gros de laudanum , ou 2 ou 5. grains d’opium. S’il y à hémorrhagie, on donnera à la malade une boisson d’eau de riz acidulée avec quelques gouttes d’acide sulfuriqué, ou une décoction de grande consoude, ou mieux encore de rathania, si l’on peut s’en procurer.
De nos jours, on a tenté plusieurs fois de retrancher. avec le fer la partie squirrheuse, lorsqu’elle avait une surface peu étem due. C’est un moyen que l’on peut tenter quand tous les autres ont échoué; mais on rie doit pas trop compter sur le succès, quoiqu’il y en ait des exemples.
Cancer et squirrhe de l’ estomac , vulgairement maladie du pylore. Est-ce une maladie d’une nature particulière? Non. Lorsque l’estomac a été pendant long-temps le siège d’une irritation , les parois qui constituent cette espèce de sac membraneux s’engorgent par un effet naturel de l’irritation , s’épaississent.
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passent à l’état d’induration, ce qui constitue le squirrhe , puis s’ulcèrent, ce qui constitue le cancer . Cet état peut affecter une surface plus ou moins étendue de l’estomac , et donner lieu par conséquent à Aes symptômes un peu différens.
Lorsque le squirrhe ou cancer est placé à l’ouverture de l'estomac qu’on nomme pylore ou portier, parce que les alimens passent delà dans les\ intestins , il s’oppose à leur passage, ce qui donne lieu à des vomissemens opiniâtrés. S’il occupe d’autres points de l’estomaçt, les alimens passent quelquefois avem plus de facilité, mais le malade souffre beaucoup et tombe constamment dans un état de dépérissement effroyable, ce que l’on conçoit aisément , puisque la nutrition ne peut pas avoir lieu. Dans tous les cas, lë malade commence par éprouver un sentiment habituel de pesanteur, de douleurs sourdes vers l’estomac; il a des digestions pénibles, des rots, des régurgitations. Il y a quelquefois suspension complète de fous ces phénomènes ; mais ils ne tardent pas à reparaître, et toujours avec plus d’intensité, jusqu’à ce qu’enfin il y ait désorganisation et ulcération des points malades. Les vomissemens sont alors presque continuels ; souvent ils sont composés de matières noirâtres, semblables à de la suie détrempée , d’une odeur insupportable; les selles sont de la même nature ; la maigreur est effrayante, les douleurs insupportables , la fièvre de consomption continuelle. La mort arrive.
Les causes du cancer de l’estomac sont absolument les mêmes que celles de la gastrite ou inflammation de l’estomac (V. Gastkitë); ou plutôt la gastrite elle-même précède constamment le cancer, puisque ce dernier n’est que le résultat d’une irritation prolongée de l’estomac.'Cette affection est beaucoup plus commune chez les hommes que chez les femmes ; on en concevra facilement la raison en connaissant la remarquable ténacité des passions tristes chez les hommes , dont l’influence est si grande sur le développement des maladies de l’estomac, et en faisant attention que ceux-ci font bien plus souvent abus de bonne chère que les femmes. Il n’est pas rare que les moyens employés pour traiter la gastrite chronique exaspèrent l’irritation, et amènent enfin la dégénérescence cancéreuse. En effet , la plupart des pèrsonnes qui éprouvent ce qu’elles appellent des faiblesses d’estomac s’imaginent qu’elles ont besoin de toniques , et cherchent à se fortifier par les alimens les plus .savoureux. La digestion devient-elle lente, vous les voyez; stimuler leur estomac par des vins généreux et chauds, par des élixirs, par des amers, ou, ce qui est pire encore, elles prennent dçs vomitifs ou des purgatifs. Or il n’est pas nécessaire de dire combien une telle conduite est propre à augmenter le degré de malaise
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qui n’est dû qu’à une irritation, et que l’on aurait fait cesser sans doute par des alimens doux, ou même par une diète absolue , si le cas l’exigeait.
Le traitement du cancer de l’estomac est essentiellement le même que celiii de la gastrite chronique. On prescrira donc de temps en temps, quelques saignées locales sur l’estomac au moyen des sansgues ; on donnera pour boisson de l’eau ou des tisanes rafraîchissantes, et l’on écartera avec le plus grand soin tous les SQÎ-disant stomachiques , toniques, fondons , apéritifs, qui ne feraient qu’accélérer la marche de la maladie. On privera le malade d’alimens pendant un certain temps, surtout s’il y a de la fièvre et que les digestions soient trop douloureuses. Plus tard on cherchera à lui rendre ses forces, sans irriter les points enflammés, par des alimens doux et légers, principalement le lait, si le malade peut le digérer, par les farineux de facile digestion, les bouillons de poulet, les viandes blanches, jusqu’à ce qu’enfin il puisse retourner à son régime habituel, On peut espérer d’arrêter Ja maladie par ces moyens employés avec persévérance , à moins que la désorganisation des parties malades ne soit arrivée à un tel point qu’elle ne laisse plus de chances de guérison. Mais, nous le répétons, sans l’éloignement de toute nourriture forte et de toute médication excitante , il n’y a point de succès à attendre.
Cancer des intestins. Il est absolument de la même nature que celui deTestomac, et constitue l’un des derniers degrés de l’irritation de ces parties. Il exige le même traitement que le précédent, excepté les saignées locales qui doivent être faites à l’anus on sur le point douloureux.
Cancer et squirrhe de l’anus ou du rectum. On reconnaît celte affection aux signes suivans : le malade ne va à la selle qu’avec des douleurs aiguës ; il s’écoule de l’anus des mucosités sanguinolentes qui deviennent de plus en plus fétiçTes à mesure que la maladie fait des progrès ; on aperçoit une ou plusieurs tumeurs occupant un point de l’intestin ou l’extrémité de l’anus; les douleurs deviennent lancinantesy les tumeurs s’excorient et fournissent une sanie d’une odeur insupportable; l’intestin se rétrécit quelquefois au point que l’excrétion des matières est impossible , et la maladie peut se terminer par la mort.
Les causes sont quelquefois très-obscures. Cette maladie peut succéder aux hémorrhoïdes , à une affection vénérienne, à une dartre de cette partie. Les corps irritans introduits dans l’anus, le vice abject et honteux de la pédérastie en sont des causes assez fréquentes.
Le traitement n’est pas facile , lorsque la maladie a son siège dans l’intérieur de l’intestin ; mais lorsque la tumeur est située