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au pourtour de l’anus, il faut se hâter de la faire retrancher par un chirurgien, sans attendre qu’elle ait envahi les parties voisines , surtout si l’on a employé sans succès le traitement émollient, qui consiste dans les bains de sièges, les lavemens rafraîchi ssan s et l’application de sangsues à l’anus fréquemment répétée ; car C’est toujours par ce traitement que l’on doit débuter , quel que soit le siège de la maladie. Quand elle est arrivée au point d’excorier et de détruire en grande partie l’intérieur du rectum, on ne doit plus employer que les palliatifs, tels que le cérat opiacé, le repos du lit, les boissons laxatives, pour procurer des selles faciles.
Cancer de la- peau , -des lèvres 3 du nez , etc. Les altérations qui précèdent un ulcère cancéreux de la peau ne sont pas toujours les mêmes. Un bouton vésiculeux rempli de sang, une simple gerçure peuvent être Porigine d’un ulcère cancéreux; quelquefois c’est un bouton dur, tantôt proéininant, ressemblant à une verrue, tantôt plat, fendillé, grisâtre. Dans un grand nombre de cas , ce bouton reste stationnaire et indolent pendant plusieurs années; d’autrefois la vive démangeaison qu’il occasione oblige le malade à se gratter ét àl’écorcher ; cette irritation le fait grossir, il devient livide, douloureux, s’étend aux parties voisines , et forme enfin un ulcère dont les progrès vont toujours croissant. C’est au visage, au nez, aux lèvres, au pourtour de l’anus , que Ces ulcères cancéreux se manifestent le plus souvent.
Traitement. Dès qu’un bouton, une plaie, un ulcère présentent quelques caractères cancéreux, il est important de mettre tout en usage pour calmer la douleur et l’irritation. C’est surtout ici qu’il est dangereux de se fier aux pratiques vulgaires , et surtout de recourir aux cautérisations superficielles qui hâtent constamment les progrès du mal. La plupart des applications locales que l’on faisait jusqu’ici étant excitantes, la maladie ne faisait qu’empirer, et l’on attribuait gravement à la nature du mal une incurabilité qui ne dépendait que de la nature du traitement. L’idée que les anciens se formaient de ce genre d’affection, en la désignant sous le nom de noti me tangere 3 (ne me louchez pas}, ne doit pas nous empêcher de chercher les moyens de la guérir. Nous-dirons aussi ne me touchez pas 3 mais seulement ne me touchez pas avec des médicàmens âcres, stimulons, irritons. Nous conseillerons au contraire les saignées locales , c’est-âTdire l’application des sangsues souvent et long-temps répétée, autour des boutons ou des ulcères cancéreux les bains, les applications émollientes sur les parties malades, un régime doux, des boissons émollientes, quelques légers laxatifs de temps à autre, et le repos. L’expé-
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rience constate tous les jours les heureux résultats de ce traitement.
Si, malgré ces moyens ; l’on ne pouvait se rendre maître de l’irritation, il faudrait avoir recours à une opération chirurgicale, et enlever toute la partie malade avec un instrument tranchant, si toutefois le siège de la maladie permettait de pratiquer cette opération. Dans le cas contraire, on continuerait l’emploi des émolliens et des caïmans; on a aussi recours à la cautérisation au moyen du fer rougi ou de quelque substance caustique; mais l’emploi de ces moyens est trop incertain et même trop dangereux pour que nous osions le conseiller.
CARCINOME. (Y. Cancer.)
CARDI ALGIE, crampe d’ estomac , gastralgie , gastrodynie. Tous ces noms synonymes ont été employés pour désigner certaines douleurs d’estomac, lorsqu'elles existent sans aucun symptôme de fièvre. La cardialgie n’est pas ressentie de la même manière par tous les individus. Dans plusieurs cas ,Ies malades éprouvent des besoins qui simulent le sentiment de la faim; ils se plaignent de tiraillemens d’estomac, d’une faiblesse générale, de douleurs qui se calment quelquefois assez promptement par l’usage des alimens, mais qui ne tardent pas à reparaître au bout de quelques heures, lorsque la digestion est faite. Certains malades n’éprouvent qu’un sentiment obscur de chaleur, de'douleur, de pesanteur et quelquefois de gonflement dans la région dé l’estomac. Chez d’autres, la douleur né se manifeste qu’à des intervalles assez éloignés et avec beaucoup de violence , et c’est alors surtout qu’on lui donne le nom de crampe d’estomac. Quelquefois elle 'consiste dans un sentiment d’ardeur, de brûlure qui semble remonter de l’estomac au gosier'; on P appelle alors fer-chaud , soda 3 brâlecou,. etc.' Cette maladie peut être accompagnée ou d’une faim excessive, ou de digestions pénibles, ou de perversions du goût, c’est-à-dire d’appétènee d’alimens d’une nature extraordinaire, tels que la craie, le plâtre, le sel, les fruits verts, etc. La cardialgie est beaucoup moins fréquente chez les hommes que. chez les femmes, dont un grand nombre se plaignent assez souvent de douleurs nerveuses d'estomac. Elles y sont principalement sujettes, lorsque la menstruation s’établit difficilement pendant la grossesse, surtout si elles éprouvent des contrariétés et des chagrins. Les gens de lettres, les personnes livrées aux habitudes solitaires et en général aux excès vénériens, les ivrognes y sont les plus exposés. Les excès dans le boire et dans le manger, ainsi que la faim, les passions tristes et prolongées sont des causes fréquentes de cette affection.
En quoi consiste cette maladie ? Est-elle d’une nature diffé-
vente de celte que noiis avons appelée ailleurs gastrite chronique? Nous ne le croyons pas. ( Y. Gastrite chroniqçe. ) L’absence de la fièvre, qui pourrait faire soupçonner qu’il n’est question ici que d’une affection purement nerveuse, n’est pas une raison, suffisante pour en faire une maladie à part. Toute irritation de l’estomac ne donne pas la fièvre ; d’ailleurs qu’est-ce qu’une affection pyrement nerveuse? La douleur quelle qu’elle soit ne suppose-t-elle pas toujours un surcroît d’activité dans la partie qui en est le siège? Or un surcroît d’activité, une excitation, une irritation, sont des mots qui ont absolument la même valeur. S’il n’y a pas fièvre, comme dans les irritations ordinaires de l’estomac, cela dépend en général de ce que, dans le cas. qui nous occupe, l’estomac n’est irrité que dans un point de son étendue ; c’est ce qui existe surtout lorsque les souffrances s’apaisent par l’emploi des stimulans ou des alimens. En effet, les parties saines étant alors agréablement affectées, une sensation de plaisir fait oublier la douleur de l’endroit malade; mais celui-ci ne tarde pas à devenir plus sensible , parce qu’il s’enflamme nécessairement davantage sous l’influence des moyens employés pour calmer la douleur. C’est ce bien-être momentané qui engagé la plupart des personnes sujettes aui douleurs' cl’ estomac, qu’elles appellent nerveuses, à recourir aux antispasmodiques , tels que l’éther, l’opium, Tassa fqetida, le succin, la castoréum; aux boissons stimulantes et échauffantes, telles que 1e vin généreux, le thé, 4e café, etc., ainsi qu’aux alimens fortifians. Nous avouons que la plupart du temps ces moyens réussissent à suspendre momentanément le sentiment de te douleur; mais, loin de détruire te cause de la maladie, ils ne foiit que l’augmenter. Cela doit être, puisque cetté cause est une inflammation lente, înais permanente , de quelques points dé l’estomac, et que ces moyens sont tous propres à développer cette inflammation. Si donc l’on veut obtenir une guérison véritable, et non pas seulement un calme passager, il faut avoir le courage de renoncer aux éthers, aux élixirs , aux teintures de castoréum , aü vin , aux liqueurs alcoholiques, au café, au thé. Il faut remplacer 1a bonne chère et les alimens fortifians par un régime doux, peu abondant, composé de lait , si l’estomac le digère bien , de végétaux frais, de viandes blanches, de légers potages au vermicelle, à 1a semoule, à 1a fécule, au sagou, au satep, au tapioca, au riz, etc., de boissons d’eau pure ou avec addition dp quelques gouttes de vin, et revenir peu àpeu et par degrés presque insensibles à un Tégime plus substantiel. Mais ces moyens, pour être couronnés de quelques succès , ne doivent pas être mis de côté après quelques jours, ni même après quelques semaines ; il faut quel-
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quefois plusieurs mois et même des années pour obtenir la gué* rison. Si les douleurs reviennent fréquemment, et surtout si le malade paraît avoir beaucoup de sang, rien n’empêche de faire de temps en temps une application d’une quinzaine de sangsues sur la région de l’estomac. Il serait bon aussi d’y laisser autant que possible un cataplasme émollient.
CARDXTE. Inflammation aiguë du cœur qui s’annonce par les, mêmes symptômes que la péricardite. Cette affection est assez rare, et comme le traitement ainsi que les symptômès ne diffèrent pas de ceux de la péricardite , voyez ce mot.
CARPQLOGIE. C’est le nom que l’on donne à une agitation irrégulière des mains qui cherchent à saisir quelque chose, à plier, à rouler les couvertures du lit, etc. Ces mouvemens sont en général d’un très-mauvais augure, quand ils surviennent pendant le cours d’une inflammation aiguë.
CARREAU. Atrophie mésentérique. C’est pour nous conformer à l’usage que nous employons encore cette expression vicieuse. On va voir en effet, d’après ce que nous allons dire, que.ee que l’on nomme carreau n’est autre chose qu’uné irritation chronique du canal intestinal, laquelle irritation s’est propagée à des glandes voisines que l’on nomme glandes mésentériques. Ces glandes, par l’effet de l’irritation qu’elles ont contractée, s’enflamment et acquièrent un volume plus considérable que dans l’état ordinaire ; le ventre se gonfle, se durcit , et e’est à cause de là dureté et du volume qu’ilacquiert que eette maladie a été appelée carreau.
Ue carreau n’est point une maladie particulière à l’enfance , ainsi qu’on le croit vulgairement ; car on trouve des engofgemens ou tuméfactions des glandes mésentériques à tous les âges de la vie. Cependant il faut convenir que ces tubercules se rencontrent plus fréquemment dans les premières années de la vie qu’à toute autre époque; et c’est probablement pour cette raison qu’on en avait fait une maladie propre seulement aux en fan s.
Les causes àa carreau sont en général toutes celles des inflammations du canal intestinal. Mais il faut bien reconnaître qu’il existe une disposition particulière à cette maladie, puisque l’on voit fréquemment un grand nombre d’enfans de la même famille succomber au carreau. Cette disposition est la même que celle des scrofules. En effet , parmi les enfans qui naissent de-parens scrofuleux, les uns sont sujets aux engorgemens des glandes du cou ; quelques-uns ont les yeux rouges et chassieux; chez d’autres ce sont les glandes des viscères, et surtout celles du mésentère qui se tuméfient; et c’est à ce gonflement que l’on a donné le nom de carreau. Quelquefois , tous
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CéS symptômes existent simultanément, en sorte qué le mêuié enfant peut être à-lâ-fois rachitique (noué), affecté du carreau , avoir les glandes du cou engorgées, le teint blafard, lès yeux chassieux et rouges, etc. > etc. Mais de ce que cette affection se rencontre plus communément chez lés enfans scrofuleux que chez ceux qui ne le sont pas, il ne faut pas en conclure que ces derniers en soient toujours exempts. L’habitation dans dès lieux obscurs et humides , la misère , le défaut d’exercice peuvent contribuer au développement de cette maladie, surtout chez 'les sujets qui y sont prédisposés. Une nourriture trop substantielle, trop excitante, et qui n’est pas en rapport avec l’extrême sensibilité des organes digestifs des enfans, en maintenant dans ces Organes un état habituel d’irritation peut aussi donner lieu au carreau, ou du moins à une inflammation chronique des entrailles , sans engorgement des glandes voisines , ce qui -n’ est pas moins dangereux. Nous ne saurions assez appeler l’attention des mères sur eette dernière causé, parce quë leur zélé peu éclairé les rend souvent complices d’un mal qu’elles pourraient éviter, si elles étaient bien convaincues que la frugalité est encore plus nécessaire aux enfans qu’aux adultes, à cause de la plus grande facilité avec laquelle leurs organes s’irritent et s’ènflammënt. La gourmandise n’est pas seulement un mal moral pour les enfans; c’est encore un mal physique , et ce n’est que sous ce point de vue que nous l’envisageons. Si une nourriture trop substantielle ést dangereuse, le défaut d’alimentation l’est également; mais il faut bien le dire , on voit bien plus d’exemples de maladies d’entrailles chez les enfans causées par l’excès que par le défaut de nourriture.
Voici maintenant à quels signes l’on reconnaît qu’un enfant est affecté du carreau. Dang les premiers temps , les digestions sont mauvaises, il y a diarrhée par intervalles, la langue est chargée d’un enduit muqueux, le petit malade a des douleurs passagères de ventre, la face est pâle et quelquefois bouflie, l’haleine est forte, la transpiration a une odeur acide, la respiration paraît gênée, l’appétit diminué et l’enfant, même le plus gai, devient triste et mélancolique. Tous ces symptômes peuvent convenir à d’autres affections ; aussi n’a-t-on pas encore des indices certains de l’existence du carreau; mais plus tard la maladie prend un. caractère plus décidé. Le ventre se tuméfie, devient dur eLsensible , laissant quelquefois apercevoir au toucher des tumeurs dures, arrondies ou bosselées, plus ou moins nombreuses; il y a tantôt dégoût dés aimions, tantôt faim insatiable ; le dévoiement est presque continuel ; l’amaigrissement devient extrême ; les lèvres, la bouche et la
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langue sont d’un rouge de feu ; il y a fièvre ; quelquefois l’hydropisie survient, et enfin la mort termine la scène.
Le traitement est le même que celui de toutes les irritations chroniques du canal intestinal. En conséquence, il ne peut y avoir de traitement raisonnable que celui qui consiste à combattre l’inflammation. Le mot carreau est un mot vide de sens,,et qui ne désigne nullement l’état, le siège et la nature de la maladie. Si l’irritation du canal intestinal est vive, ce dont il est facile de s’assurer par la rougeur plus ou moins vive de la. langue, l’opiniâtreté du dévoiement, le défaut d’appétit , on retranchera franchement toute espèce de nourriture, et on ne donnera au malade que des boissons émollientes, dont on adaptera la nature à ses goûts; car, à cet âge, on ne peut pas toujours lui faire prendre' celles que l’on désirerait. Ainsi on pourra choisir entre les boissons d’orge , de gomme arabique, la tisane de riz, le sirop d’orgeat, de guimauve, l’eau sucrée , etc. , etc. On attaquera directement l’inflammation aü moyen des saignées locales ; ainsi on placera 8 ou 10 et même un plus grand nombre de sangsues sur le ventre, et s’il y a dévoiement , â la marge de l’anus. On reviendra de temps en temps à ce moyen , par exemple tous les huit jours, jusqu’à ce que l’inflammation soit apaisée. On- couvrira le ventre de cataplasmes ou de- compresses émollientes. Si les symptômes de l’inflammation sont peu prononcés, et que l’on n’aperçoive pour ainsi dire que les signes qui annoncent la prédisposition à la maladie , on se contentera d’éloigner l’enfant des causes qui pourraient la développer. Ainsi on diminuera la quantité de la nourriture, si elle est trop abondante; on ne lui donnera que des alimens peu apprêtés, d’une digestion facile, et en très-petite quantité à la fois, tels que le lait, les potages de semoule, de fécule, de vermicelle, de tapioca, etc. Un air libre et sec, l’habitation à la campagne, joints au régime prescrit , sont des moyens qui contribuent puissamment à détruire la disposition à la maladie qui nous occupe. Enfin, lorsque là convalescence se prononce, on revient par degrés à une nourriture plus forte, mais telle pourtant qu’elle ne soit pas une seconde cause de maladie. Ainsi, on donnera des viandes blanches de poulet, d’agneau, de Yeau, des végétaux frais, tels que l’oseille, la laitue, l’épinard, la chicorée, etc.
Nous nous sommes éloignés ici de la pratique bizarre et incôliérente qui consiste à administrer aux enfans affectés du carreau les fondans, les purgatifs, les toniques, etc. Ces rnédicarnens ne sont pas seulement inutiles, mais il est certain qu’ils sont dangereux, qu’ils ne peuvent qu’aggraver l’état du malade,
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et que, quand celui-ci guérit après en avoir fait usage, la guérison s’est opérée malgré eux et non par leur moyen, puisque ees médicamcus sont tous d’une nature plus ou moins excitante, et qu’il est démontré que le carreau n’est autre chose qu’une inflammation chronique des entrailles, plus la lumé- ‘ faction des glandes du mésentère placées dans leur voisinage.
CATALEPSIE. Maladie extrêmement rare, qui s’annonce par les symptômes suivans : Attaque subite , perte complète du sentiment ét du mouvement, en sorte que l’on peut pincer, maltraiter le malade impunément; le corps conserve l’attitude r où il se trouvait tfù moment de l’attaque ; les membres gardent la position qu’on leur donne comme si c’était ceux d’un automate; c’est surtout ce symptôme extraordinaire qui fait distinguer "cette affection de plusieurs autres avec lesquelles elle a des rapports, telles que l’apoplexie, l’asphyxie, l’épilepsie, qui ne présentent jamais ce phénomène. Une attaque de catalepsie peut durer depuis quelques minutes jusqu’à vingt-quatre heures et même plus, et faire croire à une mort réelle , si l’on s’en tenait à un examen superficiel.
La nature de cette maladie , à laquelle les femmes sont beaucoup plus sujettes que les hommes, a une grande analogie avec lés affections hystériques dont elle semble être un desplushaùts degrés. Comme l’hystérie, la catalepsie serait donc entretenue par une irritation des organes reproducteurs , dont on Connaît toute l’influence sur le cerveau. Ce ne serait donc point une maladie tellement extraordinaire que l’on ne pût en assigner la cause, et dont on ne pût obtenir la guérison. On sait aujourd’hui que le moyen le plus sûr d’attaquer les affe'ctipns hystériques est de combattre l’irritation de la matrice qui y donne lieu ; car, en faisant cesser cette irritation, oh fait cesser en mêmelemps celle du cerveau, qui n’est que sympathique de la première, mais qui cependant exerce à son tour son influence sur le reste du système nerveux. ( Voyez, pour le traitement, l’art. Hystérie. ) Cependant, puisqu’on a vu des hommes atteints de cette singulière maladie, elle peut être produite par d’autres causes que par une irritation sympathique de la matrice ; le cerveau peut très-bien être affecté primitivement et indépendamment d’un autre organe, ou bien recevoir l’irritation de tout autre , point que celui que nous avons indiqué comme étant la cause la plus fréquente.
UATARRHE. Ce mot est employé généralement pour indiquer une irritation des membranes muqueuses avec écoulement d’une certaine quantité de mucosités fournies par ces membranes. Le vulgaire et autrefois les médecins eux-mêmes ne considéraient dans le catarrhe que l’écoulement de cette ma-
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tière, dont ils faisaient la maladie principale, sans avoir égard à la nature même de la maladie. Cependant la plus simple analogie aurait dû montrer de tout temps que l’afflux d’un liquide quelconque plus abondant que dans l’état ordinaire n’avait jamais lieu que lorsque l’énergie de l’organe qui le fournissait était augmentée, et que cette activité pouv'âit s’élever jusqu’au degré inflammatoire. L’oeil étant enflammé, les larmes coulent avec abondance ; ta membrane intérieure du nez étant irritée , les mucosités sont plus abondantes que dans Pétat ordinaire; en conclura-t-on que les larmes, .que le mucus sont la maladie elle-même? Et pourquoi n’appliquerait-on pas le même raisonnement dans toute autre circonstance? L’expectoration de crachats augmentée, que l’on appelle catharre pulmonaire . sera pour nous un signé de l’irritation de la membrane muqueuse des conduits aériens, qui se ramifient jusque dans les dernières cellules des poumons, comme la diarrhée nous indique l’irritation de l’extrémité inférieure du canal intestinal ; les fleurs blanches ou catarrhe utérin , l’irritation de la membrane muqueuse dè la matrice , etc; '• ,
11 est bien clair d’après cet aperçu que l’on devrait donner le nom de catharre à tout écoulement fourni par une membrane muqueuse quel que fût son siège ; mais comme nous ne voulons pas changer un langage que l’usage a consacré , nous ne remploierons qu’à l’égard du catarrhe pulmonaire , du catharre utérin oti fleurs blanches , et dp catarrhe de ta vessie.
CATARRHE PULMONAIRE , rhume de poitrine. C’est le mode d’inflammation le plus ordinaire et le plus simple de la membrane muqueuse des poumons et des conduits aériens. Comme toutes les inflammations", elle peut se présenter soiis divers aspects , suivant son degré, le tempérament et l’âge de la personne.
Nous allons choisir le cas le plus simple pour servir de modèle à toutes les irritations du canal aérien auxquelles on donne le nom de catarrhe. Supposons qu’une personne bien portante s’expose au froid : bientôt après elle est affectée d’un catarrhe aigu qui débute ordinairement par un corysa, ou, comme l’appelle improprement le vulgaire , un rhume dè cerveau. Le deuxième ou le troisième jour l’irritation ést déjà transportée au larynx, c’est ce que le vulgaire appelle encore rhume du cerveau tombé dans la gorge ou dans la poitrine. D’autre fois il débute par un chatouillement du gosier qui ne tarde pas à se propager vers la trachée elles bronches. ( On appelle trachée le tronc primitif qui conduit l’air dans les poumons , et bronches les ramifications de la trachée. ) Dans d’autres circonstances , c’est par les bronches prés du poumon que F irritation eom-
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mence ; alors on sent une âcreté dans la poitrine, un chatouillement qui provoque la toux.
Dans tous les cas, soit à la suite d’un refroidissement, soit à la suite d’une affection morale, d’un accès de colère, etc., lorsque ces causes doivent produire le catarrhe, il y a corysa, embarras dans l’arri ère-bouche , picotement dans le gosier ou dans la poitrine, éternuement, envie de tousser- A ces premiers symptômes on voit bientôt s’ajouter une' sensation de plénitude dans la poitrine, accompagnée d’un sentiment de lassitude dans les membres; la face se colore, le pouls devient plus fort , Ja lassitude et l’accablement augmentent , le malade est extrêmement sensible au froid, la toux devient fréquente et incommode ; chez quelques personnes les yeux sont rouges et larmoyans. Si le catarrhe continue, il peut devenir fort grave ; il y a alors toux continuelle atec expectoration de mucosités âcres et irritantes. Dans le principe de la maladie, les douleurs sont quelquefois si vives, que le maladeredoute la moindre secousse qui pourrait provoquer la toux. On voit des individus saisir le bois de leur lit, s’appuyer la poitrine contre les oreillers, se couvrir le visage de linges pour éviter toute cause de toux. Chaque secousse détermine une vibration dans les poumons, et des douleurs tellement fortes, que l’on croit avoir un déchirement dans la poitrine. Il se développe alors un peu de fièvre, le pouls est accéléré, il y a chaleur de la pean , douleur frontale, lassitude des membres, quelquefois rougeur de la langue sur ses bords : symptômes qui annoncent que l’estomac participe plus ou moins de l’irritation pulmonaire.
Après que cet état a persévéré pendant plusieurs jours, l’inflammation diminue ; Ta toux d’abord douloureuse devient moins pénible , le malade crache un mucus abondant, épais, qui a l’aspect purulent ; il mouche plus abondamment et avec facilité ; la respiration devient moins pénible ; elle cesse d’être sifflante ; l’appétit. revient peu à peu ; l’oppression cesse la peau est humide; la toux est rare; les crachats sont de plus en plus épais , et c’est alors que l’on dit vulgairement que le rhume est mûr. L’expectoration peut durer phis ou moins longtemps, suivant la saison. Toutes choses égales d’ailleurs , le rhume dure moins en été qu’en hiver , et'lorsqu’on se couvre chaudement, ou que l’on garde le lit, que lorsqu’on reste exposé à l’influence du froid.
Le catarrhe , ou plutôt l’imjlation qui le constitue , s:e fixe quelquefois dans les parties supérieures du canal aérien ; mais plus ordinairement, la trachée, les bronches et même les poumons sont affectés simultanément. Quelquefois l’inflammation passe de la membrane muqueuse au tissu même du poumon ,
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et alors la maladie prend un autre nom; on l’appelle inflammation de poitrine, ou plus^simplement pneumonie; (V. ce mot.)
Chez d’autres individus, l’irritation, après avoir diminué pendant quelques jours, se renouvelle, diminue de nouveau, et reparaît ainsi plusieurs fois. Elle peut durer de cette manière pendant plusieurs mois, et donner lieu à l’inflammation du poumon et à la formation de tubercules ; c’est alors qu’elle prend le nom de phthisie , qui, comme on le voit, n’est et ne peut être qu’une inflammation chronique des poumons, que l’on aurait souvent pu arrêter, si; dès le principe, on avait attaqué l’irritation ou le catarrhe comme il devait l’être , et que l’on n’eût pas-nttendu , les bras croisés , que l’inflammation eût désorganisé lé tissu du poumon , et rendu incurable une maladie dont on néglige trop 'souvent les premier^ progrès.
Les causes sont en générq). toutes celles des irritations de poitrine. Le froid est la plus ordinairé ; à cet égard nous devons entrer dans quelques explications. L’impression du froid est d’autant plus dangereuse que le corps et surtout le poumon est plus échauffé ; en sorte que la mêmè température qui ne serait nullement nuisible à une personne qui n’auràit pas chaud, le serait à une autre qui se trouverait dans tra. état opposé/ C’est ainsi que l’air frais est nuisible au sortir d’un appartement chaud ; qu’un arbre peut offrir un ombrage perfide au voyageur, à l’ouvrier haletant de fatigue ; qu’on peut trouver la mort dans un bain froid , si l’on se jette dans l’eau tandis que le corps est encore en sueur. Toutes ces causes ne sont donc dangereuses que relativement. Il est une autre cause fréquente du catarrhe et de l’irritation de poitrine en général sur laquelle nous devons fortement appeler l’attention : c’est la danse. Pris avec, modération , cet exercice est favorable à la santé; mais malheureusement il devient pour, plusieurs personnes une passion qui mène bien vite à l’abus/ C’est ordinairement durant les soirées d’hiver, surtout dans les villes, que l’on s’y livre avec le plus d’ardeur. Durant la danse, les mouvemens cadencés du corps , l’activité physique et morale que développe la musique et l’envie de plaire excitent d’abord agréablement la circulation du sang; mais comme les bals se prolongent ordinairement fort ayant dans la nuit, la danse devient une véritable fatigue ; tout le corps entre en moiteur, et la respiration devient forcément plus fréquente ; en conséquence les poumons s'échauffent et se gorgent de sang. En supposant même qu’il n’y eût que cés seules causes, les poumons ainsi agités devraient finir par contracter l’irritation , surtout si la cause se renouvelait souvent. Mais il y a pis que cela encore ; le poumon étant très-échauflfé, on sort d’une salle chaude, et l’on passe
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brusquement dans une atmosphère quelquefois glacée; ce passage subit du chaud au froid resserre les vaisseaux capillaires des poumons, y retient le sang, et un catarrhe ou une fluxion de poitrine en sont la conséquence nécessaire. En vain se couvrirait-on de vêtemens les mieux fourrés, l’air n’entre pas moins dans la poitrine , parce que la respiration est indispensable. Je ne mets pas en doute un seul instant que le plus grand nombre dés catarrhes, des fluxions de poitrine , des phthisies pulmonaires ne soient le produit de la danse, et c’est pour cela que j’insiste si fortement sur ce point , parce que malheureusement on n’y donne pas assez d’attention. Que l’on danse si on le veut , mais que la danse soit un objet de' récréation .et non de destruction. Que les dames surtout ne se fassent pas un point d’honneur et d’amour-propré d’être engagées plus souvent quenelle ou telle de leur société, et de n’avoir pas un instant de repos pendant toute une longue soirée. Cette funeste vanité qu’elles tirent alors de l’empire de leurs charmes pourrait leur causer de tardifs regrets. Il vaut mieux, faire tapisserie quelquefois, comme on le dit vulgairement, et courir moins de dangers. L’inutilité de pareils conseils n’est que trop connue; souvent, je le sais, ils sont payés par le sarcasme et la dérision; mais dans un ouvrage de la nature de cèlui-ci , j’ai dît ne pas passer sous silence une cause si ordinaire de maladie de poitrine.
Traitement du, catarrhe aigu. Lorsqu’on voit une personne saine atteinte d’un catarrhe de la nature dé cel ui qui vient d’être décrit , il faut d’abord éloigner les causes de cette inflammation et soumettre le malade au traitement ànti-phlogistique (émollient) dans toute/ sa rigueur. On appliquera 20 ou 3o sangsues sur le trajet du canal respiratoire et à la partie supérieure de la poitrine ; on recouvrira le cou et la poitrine de cataplasmes émolliens ; on prescrira la diète , des boissons émollientes , le séjour au lit: il est rare que le catarrhe résiste à ce traitement. Quand il est moins violent on se contenté dé la diète , du repos et des boissons émollientes. Mais si le catarrhe est plus intense , si la toux occasione de grandes douleurs , et que le sujet soit fort , on fera précéder les sangsues d’une saignée de bras. Tel est le traitement indiqué par la raison et confirmé par l’expérience. En voiôi un autre dont nous ne parlons que pour en signaler les dangers: il consiste à provoquer la transpiration chez les personnes prises tout à coup de rhume ou de catarrhe. Tous les jours on voit des gens s’administrer de fortes infusions de thé animées avec de l’espritde-vin , du vin chaud , du punch, etc.; d’autres personnes font un exercice violent et se font suer dans leur lit au moyen
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de tisanes sudorifiques. Ce traitement réussit quelquefois; mais ces moyens violens ne sont que des quitte ou double , car comme ils sont tous très-éçhauffans, et que la nature de la maladie est uneinflammation, on court grandrisque de l’exaspérer, au lieu de la guérir. Or les résultats sont trop graves pour en courir les chances.
Lorsque le catarrhe est devenu chronique, le traitement doit être un peu différent. Si le malade est sanguin, on enlèvera le catarrhe par le traitepaent antiphlogistique , c’est-à-dire, par les boissons émollientes 5 le repos et les sangsues. Si au contraire il est faible, lymphatique, décharné , que le catarrhe soit devenu habituel , qu’il crache beaucoup , sans pourtant qu’il ÿ ait fièvre, il faut le nourrir, le vêtir chaudement, lui faire faire de l’exercice ; on peut lui permettre un peu de vin , de la gelée de lichen et quelques boissons sudorifiques ; on pourra aussi placer un vésicatoire sur la poitrine , et provoquer l’expectoration par quelques cuillerées de la préparation indiquée à la page 190 sous le nom de potion expectorante. Mais il faut faire attention à l’état du canal intestinal ; car s’il était irrité , s’il y avait de la fièvre , aucun de ces stimulons ne pourrait convenir. On peut juger en général que le catarrhe va intéresser le poumon lorsque la fièvre , qui n’avait pas eu lieu jusque là, se fait apercevoir, ou bien quand le petit mouvement fébrile déjà existant , au lieu de djminuer, se présente avec des redoublemens nocturnes, Le catarrhe est alors une , maladie grave ; c’est une véritable pneumonie chronique ou maladie de poitrine , comme on le dit. Il est donc urgent d’attaquer l’irritation pulmonaire avec vigueur, tandis qu’elle n’occupe encore que la membrane muqueuse' des bronches et de la trachée; il ne faut pas dire, comme on l’entend si souvent : ce n’est qu’une toux d’irritation , ce n’est qu’un rhume, et s’endormir dans une fausse, sécurité. XJne toux, un rhume, un catarrhe sont les premiers degrés d’une maladie de poitrine, et peuvent conduire à la phthisie pulmonaire. Mais s’il est essentiel de ne pas négliger ces . premiers symptômes, quelque légers qu’ils soient , il l’est encore plus de ne pas employer un traitement échauffent qqi pourrait augmenter une inflammation qui n’était d’abord que légère.
CATARRHE UTÉRIN , ou fleurs blanches , leuchorrée. Cette affection particulière aux femmes est caractérisée à l’extérieur . par un écoulement blanchâtre des organes sexuels.
Le catarrhe utérin peut être, aigu et accompagné de tous les signes d’une inflammation de Ta matrice , mais plus ordinaire- ; uamt il est chronique , et alors il n’est accompagné d’aucune douleur.