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Symptômes du catarrhe utérin aigu. La femme éprouve un sentiment de plénitude d.'ms le bassin , souvent accompagné de douleurs vives et lancinantes. Quelquefois il y a suintement sanguinolent ; douleurs dans les cuisses et dans le bassin ; l’humeur qui s’écoule est claire, transparente, semblable à du blanc d’œuf, âcre et irritant les parties voisines qui se gonflent quelquefois. La moindre secousse provoque les douleurs; les urines sont rouges et en petite quantité ; il peut y avoir constipation. Ces signes «ont évidemment des signes d’inflammation ; tant que celle-ci est bornée à la membrane muqueuse, elle porte le nom de catarrhe ; mais dès qu’elle s’étend au tissu même qui constitue le corps de la matrice , elle prend celui de métriteoa inflammation de l’utérus. (Y, Métrite.)
Symptômes du catarrhe utérin chronique. C’est principalement à cet état que les femmes donnent le nom de fleurs blanches. Il peut être consécutif au catarrhe aigu ; mais il peut débuter, et il débute en effet très-fréquemment sans douleur ou presque sans douleur vers les organes sexuels ; la femme -éprouve de la faiblesse à Pesiomaç> et quelquefois un sentiment général de lassitude ; lé pourtour, des yeux est noir, l’appétit languissant et dérangé. Cette affection se déclare à l’approche des menstrues, à la suite de chagrins; et surtout d’une digestion plus ou moins pénible. L’écoulement dure deux ou trois jours, se supprime quand les règles paraissent , et revient pendant quelques, jours dès qu’elles sont passées ; mais peu à peu cet écoulement dure plus long-temps, et il remplit enfin tout l’intervalle qui. existe entre les règles. C’est alors seulement que les femmes commencent à s’en occuper ; elles font attention à leur état, à leur délabrement, à leur teint qui se flétrit. Il est des femmes qui n’éprouvent des maux d’estomac que pendant la digestion; d’autres ne sont sujettes aux fleurs blanches que quand elles vivent dans un air épais et vicié. Ainsi, beaucoup de femmes ont des fleurs blanches dans les grandes villes , tandis qu’elles se suppriment assez souvent, si elles vont habiter la campagne. Les personnes d’une constitution lymphatique sonibeaucoup plus sujettes à cette incommodité que les brunes d’un tempérament sanguin ; c’est ce qui a fait croire à quelques médecins que les fleurs blanches dépendaient d’un état de faiblesse. Il est facile de concevoir que n’est le contraire, et que cet écoulement dépend d’une excitation de la matrice et non de faiblesse, puisque l’on voit souvent les fleurs blanches arriver A lamêmeépoque que les règles, qui est un temps d’excitation pour la matrice, et disparaître ensuite. Si l’écoulement blanc persiste, quoique les règles aient cessé, c’est que la matrice conserve encore de l’irritation. Cela est si vrai que
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l’écoulement devient plus abondant lorsque l’inflammation devient aiguë de chronique qu’elle était , ou que la femme fait usaged’alimens ou de boissons «chauffantes.
Les causes du catarrhe utérin sont en général une nourriture trop délicate, la danse trop fréquente et trop prolongée, la constitution lymphatique, le séjour dans un pays humide, Jes abus des plaisirs vénériens, les habitudes solitaires, les couches laborieuses ou fréquentes, la constipation* l’usage immodéré du café et du thé, en un mot toutes les causes- excitantes dpnt l’action est principalement dirigée sur la matrice. Il faut ajouter à cela que les fleurs blanches reconnaissent assez fréquemment pour cause une irritation des voies digestives; c’est ce qui fait dire à certaines femmes que cette affection leur donne des tiraillémens, des délabremens, des faiblesses d’estomac; mais ces symptômes sont l’effet de l’irritation qui affecte l’estomac, et non celui de l’écoulement; et si ce dernier a lieu concurremment avec les douleurs d’estomac c’est que l’irritation de ce dernier se répète sur la matrice. Nous ne voulons pas dire pourtant que l’irritation ne se propage aussi de la matrice à l’estomac, mais ce cas est plus rare que l’autre.
Le traitement doit nécessairement varier suivant que le catarrhe est aigu ou chronique, suivant l’âge et la constitution de l’individu, et pour parler d’une manière plus précise, suivant le degré d’irritation qui donne lieu à l’écoulement.
Le catarrhe aigaaceompagné de douleurs vives, lancinantes, exigé à peu près le mêmè traitement que l’inflammation de la matrice oa métrife. (Y . ce mot. ) Si donc l’état aigu était bien prononcé , on emploierait la méthode antiphlogistique dans toute la rigueur. Ainsi bains généraux et locaux, sangsues sur le bas-ventre et aux organes sexuels au nombre de 25 à 4o. On y revient à plusieurs reprises, si l’inflammation persiste ; cataplasmes émolliens ; fomentations sur îë bas-ventre ; repos du lit; boissons rafraîchissantes. Tant qu’il y a inflammation trèsaiguë, abstinence d’alimens ; lorsqu’elle commence à se calmer, on donnera des alimens en petite quantité et de facile digestion ; on prescrira sévèrement les liqueurs stimulantes, échauffantes , telles que le vin , le café et le thé ; on tâchera de détourner l’imagination de toute idée lascive, à plus forte raison d’actes de même nature. Au moyen dp ce traitement suivi régulièrement, les symptômes diminuent dans l’espace de 20 à 3o jours , et la maladie se termine. f
Le catarrhe utérin chronique, plus vulgairement les fleurs blanches , a été de tout temps le sujet de traitemens bizarres et contradictoires, parce que l’on ne se faisait que des idées fausses sur cette incommodité. Tous les jours encore les charlatans
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exploitent la crédulité publique par l’annonce fastueuse de quelque nouvelle découverte, de quelque spécifique infaillible contre les fleurs blanches. Nous disons hardiment qu’il n’existe pas et qu’il ne saurait exister de spécifique qui puisse opérer la guérison des fleurs blanches dans tous tes cas; et voici pourquoi. L’écoulement n’est rien ; c’est l’irritation qui le produit qui est tout dans cette maladie ; laites cesser cette irritation s’il est pos-. sible, et tout rentre dans l’ordre. Or l’irritation qui donne lieu à l’écoulement étant tantôt particulière et bornée à la matrice et à sa membrane muqueuse, tantôt n’étant que sympathique, c’est-à-dire dépendant de l’irritation d’un autre organe, par exemple de l’estomac, ce qui est très-ordinaire, il s’ensuit que dans certains cas le traitement doit être dirigé principalement sur la matrice , et que dans d’autres au contraire il doit l’être sur l’estomac, etc. En outre il faut avoir égard à la constitution de la femme, à son état de force et de santé, ainsi qu’au temps depuis lequel l’écoulement s’est établi ; car s’il existait depuis très-long temps, et qu’il fût devenu habituel, il serait dangereux de chercher à le supprimer.
Si la femme est d’une constitution nerveuse, irritable, et qu’il y ait mauvaise digestion , tiraillement d’estomac ; si, la langue est rouge dans ses bords et sale dans le .milieu, ordinairement on a affaire à une gastrite chronique, et l’on doit alors avoir recours à un traitement et à un régime émollient mais il est des femmes qui peuvent avoir un délabrement d’estomac parce qu’elles font un trop fréquent usage de boissons aqueuses, émollientes. On reconnaît cet état quand il y a tiraillement d’estomac sans rougeur de la langue, sans douleur par la pression sur la région stomacale. Oh peut alors exciter "légèrement l’estomac, par une nourriture plus fortifiante, par quelques infusions amères , telles que la camomille, le quinquina à très-petites doses, par un peu de vin étendu d’eau. Si la malade se trouve bien de ce régime, on pourra lui conseiller quelques injections astringentes de la nature de celle indiquée page i58. - -
Les femmes d’une constitution lymphatique doivent en général plutôt avoir recours aux' toniques et aux injeclions-astringentes que celles d’un tempérament opposé; cependant, s’il y avait des signes d’irritation gastrite, il faudrait aussi avoir recours au régime calmant.
Chez certaines femmes, la peau transpire peu ; il est. alors à présumer que les fleurs blanches dépendent de ce défaut d’activité de la peau, surtout si ces. femmes vivent dans une atmosphère froide et humide. Dans ce cas il faut prescrire des frictions sur tout le corps avec de la flanelle, faire porter des
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vêtemens chauds, conseiller des exercices en plein air, des alimens sains et abondans, un peu de bon vin, etc.
Les femmes d’une constitution vive et irritable emploient les injections émollientes de guimauve et de pavot. Si ces injections n’apportent aucun changement, on les fera avec la décoction de roses rouges et de pavots , puis avec la décoction de quinquina, puis enfin avec celle indiquée page i58. On doit suspendre les injections astringentes, si elles occasionent des douleurs, et les remplacer par Lés émollientes. Enfin, pour terminer cet article, nous ajouterons que, lorsque l’estomac n’est point irrité , lorsqu’il n’y a pas constipation , ni pesanteur dans le bas- ventre; en un mot lorsque les fleurs blanches coulent sans douleurs, et surtout sans signe d’irritation aiguë, la femme pourra prendre quelques boissons astringentes , par exemple la potion indiquée page 188, ou les bols indiqués page i38. Tous les prétendus sercets des charlatans contre les fleurs blanches' renferment en plus ou moins grande quantité quelques-unls des substances contenues dans ces préparations. Le succès qu’on en retire dans certaines circonstances n’est cependant pas une raison d’y avoir recours dans toutes; car, sauf les cas dont nous venons de parler, les astringens ne sauraient convenir.
CATARRHE DE LA VESSIE. C’est le nom que l’on a donné à une inflammation de la vessie, lorsqu’elle est accompagnée d’un écoulement muqueux, glaireux,' etc. Cette inflammàtioa et par conséquent le catarrhe vésical peut être aigu ou chronique.
Les signes clu catarrhe vésical aigu "sont en général les suivans. Le malade n’uriné qu’avec douleur, involontairement et quelquefois avec difficulté; l’urine d’abord incolore devient ensuite rouge , accompagnée de sédiment muqueux et parfois sanguinolent. Ôn éprouve une douleur plus ou moins vive dans la région de la vessie ; cette douleur, qui se manifeste surtout avant d’uriner et en urinant , s’étend aux reins , au périnée , à l’extrémité du canal de l’urètre. Cette maladie dure ordinairement de vingt à trente jours, mais elle passe fréquemment à l’état chronique, lorsqu’elle a été mal traitée dans le principe.
Les signés du catarrhe vésical chronique diffèrent des- précédons en ce qu’ils sont moins violens. Il est souvent la suite du catarrhe aigu ; mais il peut être tel dès le début , surtout chez les vieillards , chez les personnes qui gardent leur urine trop long-temps, et chez celles qui mènent une vie sédentaire. L’urine est blanche, trouble, glaireuse ; on éprouve un sentiment
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d’embacras et de pesanteur dans le bas-ventre ; l’éjection de l’urine est pénible ; cette affection a quelquefois des redoublemens à des époques irrégulières ; alors les. symptômes sont les mêmes que ceux du catarrhe aigu. Au bout d’un certain temps, l’on voit s’écouler des mucosités d’une odeur fétide, blanchâtres, semblables à du pus. Les urines sont quelquefois noirâtres, sanieuses, déposant, un sédiment abondant. Si l’inflammation fait des progrès, les douleurs deviennent vives, lancinantes, brûlantes; le malade perd le sommeil, la vessie se désorganise, l’inflammation gagne le péritoine, l’estomac, etc., et le malade succombe.
Traitement du. catarrhe vésical aigu. Il ne diffère pas de celui de l’inflammatiop aiguë de la vessie que l’on nomme Cystite. On arrête assez facilement, cette inflammation par des saignées générales, parles sangsues au périnée et sur le bas-ventre, par les bains , 4es ïavemens et les boissons émollientes. Il est important d’agir promptement et pour ainsi dire coup sur coup , autrement elle ne tarde pas à désorganiser les parties, ou bien l’inflammation devient chronique, et il est difficile alors de la rappeler à l’état naturel. Il faut donc insister sur les bains, les sangsues, les cataplasmes, les fomentations, les boissons émollientes; mais point de boissons acides qui irriteraient la vessie. Autrefois, oh administrait du camphre, de là térébenthine, des boissons diurétiques, mais tous ces médieamens sont des stimulans auxquels il est très-imprudent d’avoir recours; aujourd’hui , toutes les fois qu’une personne éprouve de la difficulté d’uriner, elle fait presque toujours disparaître cette incommodité par l’application des sangsues au périnée. Il peut arriver que cette affection dépende delà présence d’un calcul dans la vessie ; dans ce cas il faut en faire opérer l’extraction.
Traitement du catarrhe vésical chronique. Lorsque le catarrhe est devenu chronique on le guérit difficilement , surtout s’il existe depuis long-temps et qu’il succède au catarrhe aigu; mais quand il est récent on l’enlève assez facilement par les moyens indiqués ci-dessùs. Les médecins, ont conseillé divers moyens contre les inflammations chroniques des voies urinaires : on a préconisé tour à cour le raisin d’ours, le savon, les baumes, etc. Ces moyens procurent quelquefois du soulagement, mais il est rare qu’ils opèrent une guérison radicales
Le traitement émollient est donc le plus convenable, du moins dans les premiers temps; ensuite, lorsque la maladie persévère , on peut employer un régime doux, l’air delà campagne, des exerciees modérés à pied, etc., etc.