CHA
CAUCHEMAR. On d donné ce nom à une aflection qui consiste dans la sensation d’un poids qui comprime la poitrine ou la'région de l’estomac. La personne qui est atteinte de cauchemar s’imagine qu’un fantôme placé sur son estomac cherche à l’étouffer , qu’elle est poursuivie sans pouvoir fuir , qu’un précipice est creusé sous ses pas, etc.
Cet accident, qui ne peut pas être considéré comme une maladie, paraît dépendre de lâ situation quel’on garde en dormant , d’une digestion pénible ,td’nne pléthore qui gêne la circulation du sang, etc. Il n’y a donc pas de traitement fixe à suivre a cet égard; il varie selon les causes qui donnent lieu à cette affection.
CÉPHALALGIE. V. Migraine.
CH ARBON , ou pustule maligne. C’est une espèce de furoncle qui se termine très- rapidement par la gangrène. Les signes de cette aflection, sont les suivons : on observe une douleur et une démangeaison avec une tache rouge , puis noire, qui est bientôt surmontée d’une vésicule, qui ne tarde pas à devenir à son tour noirâtre; le membre sur lequelcette inflammation se manifeste est douloureux, quelquefois affecté de; secousses convulsives. Bientôt il survient des symptômes alarmans de fièvre violente , les traits du visage s’altèrent , et le malade meurt, s’il n’est secouru assez promptement.
Cetté maladie ne suit pas constammentla même marche ; il ne survient pas toujours des Vésicules ; la tache n’est pas toujours aussi noire ; quelqufois' elle est brune èt désorganise promptement la partie affectée elles chairs sous-jacentes. Quand le malade ne succombe pas, l’escarre qui s’était formée se détache. Il en résulte quelquefois une^perte de substance qui s’étend jusqu’à l’os , et la plaie se guérit ensuite insensiblement.
Les causes du charbon et de la pustule maligne sont ordinairement la conta gioncommuniquée par des substances animales, parle toucher d’animaux atteints de cette maladie; on a même cru qu’elle pouvait être occasionnée par la piqûre de mouches qui s’étaient reposées sur des cadavres d’animaux morts du charbon. Le fait n’est pas impossible. Les bouchers, les tanneurs y sont plus exposés que les autres personnes; on en conçoit facilement la raison.
Le traitement doit être des plus actifs, à cause de la rapidité de la marche de la maladie. Ii faut, aussitôt que l’on aperçoit les .signes de charbon ou de pustule maligne, pratiquer dés incisions sur le point affecté, afin d’arrêter les progrès de l’inflammation, ou même détruire le point gangreneux avec le fer ou le feu. Il convient aussi d’appliquer un grand nombre du sangsues autour de la partie malade, pour la dégorger plus
CHL 3a5
facilement. À l’intérieur* on ne doit donûer que des boissons émollientes ; car si on traite cette inflammation par les stimu- Ians, il est à craindre qu’on ne l’exaspère, et les exemples de succès obtenus par ces moyens sont si rares qu’ilsne sauraient autoriser à y a voir recours : au reste cette maladie grave exige la présence d’une personne de l’art.
CHARTRE. (Y. Carreau. )
CHLOROSE ou pâles couleurs. Cette, affection propre aux femmes , surtout aux jeunes filles et aux veuves , se manifeste par les symptômes sui vans : pâleur excessive , couleur verdâtre , jaunâtre, et bouffissure de la face ; lèvres blanches, paupières livides et ordinairement tuméfiées après le sommeil ; expression triste des yeux; sécheresse, teinte terne , plombée, terreuse, de la peau ; chairs flasques ; gonflemeut despieds; diminution et quelquefois perte complète de l’appétit ; désir bizarre de manger des substances impropres à la nutrition, tels que le plâtre,le charbon, la suie, le café grillé, etc. ; quelquefois nausées, vomissemens , gêne de la respiration , faiblesse et engourdissement des membres, aversion pour le mouvement. Les malades aiment la solitude , sont habituellemènt tristes, et laissent quelquefois échapper des larmes involontaires. La menstruation se fait irrégulièrement , et c’est surtout à rapproche des règles que les symptômes s’exaspèrent. Cette maladie est rarement dangereuse; cependant si elle fait des progrès, il survient des maux de. tête presque continuels, surtout à l’occiput; le ventre devient tendu et douloureux, la malade maigrit,- la fièvre hectique se déclare, et la mort arrive.
Lés causes : dès pâles couleurs sont l’état de virginité, surtout lorsqu’à l’époque de la puberté la menstruation ne s’établit pas, ou qu’elle se fait d’une manière irrégulière. Après les vierges , » les veuves y sont les plus sujettes ; c’est ce qui a fait croire que . cette maladiedépendait de l’inertie des organes génitaux ; mais tout prouve qu’il ne Vagit ici que d’une affection des organes digestifs, ainsi que le démontrent la perte de Pappétit, les désirs bizarres, les nausées, la maigreur, etc. Il n’est pas surprenant que la menstruation soit nulle ou mal réglée puisque l’irritation placée sur un organe quelconque , éloigné de la matrice, peut produire le même résultat en appelant le sang vers ces parties* Le défaut ou le désordre de la menstruation est donc l’effet et non la cause de la chlorose. On sera d’autant plus convaincu de la vérité de ce que nous avançons , qu’il n’est pas sans exemple que des hommes soient affectés de cette maladie , à laquelle on donne alorsje nom de pic a de molacia , etc. Le mariage, il est vrai , est souvent un des meilleurs moyens de guérir les pâles couleurs chez les jeunes filles, mais
3a6 CttO
c’est en appelant l’excitation, l’irritation vers les organes sexuels, ce qui diminne en même temps celle de l’estomac. Les; emménagogues (Y. ce .mot page 73), les préparations ferrugineuses produisent aussi quelquefois la guérison ; mais c’est encore en portant l’excitation sur la matrice , et en produisant ainsi une révulsion qui détourne cette même irritation de l’estomac. Ces explications, qui pourraient paraître oisives au premier coup d’œil, sont cependant d’une grande importance puisqu’elles mettent sur la voië d’un traitement raisonnablé. En effet, si la maladie qui nous occupe a son siège dans les organes de la digestion, il est évident que c’est vers ces organes que doit être dirigé tout le traitement. Puisque nous ne considérons cette affection que comme un gastro-entérite chronique du plus léger degré avec des modifications qui dépendent de la constitution, du tempérament, de l’état moral de l’individu , c’est plutôt dans les moyens ihygiéniques que dans lés médicamens que nous en chercherons la guérison. On donnera donc des alimens d’une facile digestion et légèrement excitans, pris en petite quantité à la fois, un peu de vin étendu d’eau; on conseillera l’habitation à la campagne , des vêtemens chauds et légers, des frictions sèches sur la peau,. un exercice modéré, et surtout la promenade à cheval. On a préconisé 1§ mariage comme le meilleur remède de la chlorose ; il est certain que ce moyen estutile quand cette maladie dépend d»’un amour contrarié, du veuvage, d’un excès de chasteté. Les eaux minérales ferrugineuses, soit naturelles , soit artificielles , sont quelquefois d’une grande utilité. (Y. pour; l’administration de ces eaux p. 146, 1 4?) . Lorsque les pâlescouîeurs sont accompagnées de la suppression des menstrues , ihfaut chercher à les rappeler par l’application de quelques sangsues aux organes sexuels, à l’époque où elles ont coutume de paraître ; par des frictions, dès cataplasmes émoliiens placés sur'le bas-ventre./V. Aménorrhée.)
S’il arrivait que l’estomac devînt lë siège d’une irritation ün peu vive , au lieu des moyens indiqués, on aurait recours à un traitement franchement émollient, et de la même nature que ceux prescrits pour la gastrite. ( Y. Gastrite. )
COEUR. Cet organe est sujet à plusieurs maladies dont les principales sont l’anévrisme, l’hypertrophié, les.palpitations. (Y. l’art. Anévrisme et affections organiques bùcoeijr. Y: aussi' Palpitations.)
CHQLERA-MORBUS. On a donné ce nom à une affection des plus graves , qui se manifeste par les symptômes suivons : déjections par haut et par bas de matières vertes, brunes, noi- . râtres, poisseuses; le malade éprouve une ardeur brûlante dans le trajet que parcourent ces matières ; il est dans un état de fai-
CHO , 3a?
blesse extrême; les traits du visage sont profondément altérés ; le pouls est petit et fréquent; il y a douleur, chaleur dans différens point du ventre; quelquefois convulsions, crampes des cuisses et des jambes; hoquet; froid des extrémités, et ensuite de toutie corps. Si la maladie n’est pas arrêtée, elle enlève le dans l’espace de vingt-quatre heures.
Qu’est-ce que le cholera-morbus ? Cette maladie reconnaîtelle pou^r cause les matières que l’on rejette par haut et par bas, comme le croient la plupart des personnes qui ne voient dans le corps -qu’humeurs, que bile, etc.? Non : ces déjections sont l’effet et non la cause de la maladie. L’on sait que les humeurs sont décrétées en plus grande abondance lorsque les Organes sécréteurs sont irrités, excités, que dans toute autre circonstance. Lors-donc qu’il y a vomissement, dévoiement , on doit conclure qu’il y a irritation de l’estomac et des intestins. En effet toutes les causes "capables d’exciter ces organes peuvent être causes du cholera-morbus; mais celles qui paraissent le déterminer de préférence sont les chaleurs excessives, contrastant avec la fraîcheur des nuits ; è’est ce que l’on a eu occasion d’observer de nos jours dans lés Indes orientales, à Calcutta par exemple, où cette maladie est extrêmement fréquente ; il a été constaté de plus que les personnes qui faisaient usage d’une nourriture sliihulantc, de bons vins, d’eau-dé-vie , y étaient dans ces mêmes, pays beaucoup plus exposées que ceux qui, faisaient usage de végétaux frais, de fruits, des boissons aqueuses, acidulées, etc. Chez nous, on voit les mêmes causes produire les mêmes effets; car c’est surtout dans les moisde juillet et d’août que cette maladie se manifeste. Nous ne disons pas pourtant qu’elle n’ait pas lieu dans d’autres temps ; parce queme n’est pas. seulement la chaleur excessive qui irrite l’estomac, ce sont aussi les écarts de régime, et l’usage de toutes les substances naturellement excitantes. De ce genre sont le vin, les liqueurs spiritueuses , le café, le thé, lés vomitifs et les purgatifs , plusieurs espèces de poissons, l’eau glaeée^à cause de la réaction qu’elle détermine. Les affections vives peuvent aussi déterminer une prompte irritation de l’estomac , et conséquemment des vomissemens et des déjections par le bas, du genre de celles qui constituent lé cholera-morbus. Mais une cause très-fréquente , c’est une irritation chronique de l’estomac sur laquelle vient pour ainsi dire se greffer une irritation aiguë. En effet, les ivrognes et les gastronomes, que l’on peut regarder comme portant habituellement un.e irritation plus ou moins forte des voies digestives, sont souvent exposés à cette affection. Les militaires, dont l’estomac est tour à tour tourmenté par la privation d’alimens et
SaS CHO
par la quantité énorme d’eau-de-vie qu’ils engloutissent dans certaines circonstances, ainsi que par les vicissitudes de chaud et de froid auxquelles ils sont exposés , sont assez souvent atteints de cette maladie, les uns plus tôt, les'autîes plus tard.
Le cholera-morbus n’est donc pas,, comme on pourrait îe‘ croire , une maladie d’une nature extraordinaire. C’est une gastrite portée à un degré très-élevé , et rien de plus. D’après ce que nous venons de dire, on a déjà deviné le traitement qu’il convenait de lui appliquer. Avant que l’on eût, comme aujourd’hui , des données positives sur cette maladie, on administrait des toniques et des anti-spasmodiques. Dans les pays, où elle est pour ainsi dire endémique , on donnait du bon vin , une nourriture stimulante pour en préserver lés habilans; il en résultait que l’on faisait précisément ce qui était le plus capable dé l’augmenter ou de la déterminer ; aussi peu de malades échappaient , et s’ils avaient -ce bonheur, on peut assurer que c’était malgré les remèdes. Les malades traités par les exeitans, périssent presque tous, tandis que les saignées. et les boissons émollientes sauvent en quelques heures la plupart de ceux qui peuvent recevoir ces secours, dès le début. Mais ii est important d’agir promptement; carpette irritation fait dés progrès si rapides que tout refard peut devenir mortel. La manière la plus sûre de pratiquer la saignée consiste à appliquer des sangsues, sur l’estomac, au nombre de 3o, 4o,‘5o. On peut aussi en appliquer ;5 ou 20 à la marge de l’anus. Qu’on ne s’effraie point de ce nombre, et que l’on ne perde pas de vue qu’il s’agit d’enléver rapidement une inflammation que tous les médicamené intérieurs né sauraient qu’exaspérer. Si l’on peut se procurer cîe la glace* après que le sang aura cessé découler, on pourra en faire une application pendant deux ou trois heures sur l’estomae , en même temps que les pieds , les jambes et toutes les extrémités seront tenues très-chaudement , afin d’activer le sang vers ces partiel, et l’éloigner de l’estomac, siégé de l’irritation. Nous avons dit que ce traitement était presque toujours couronné de succès; cependant si cette ihllammalion succédait à une irritation chronique du canal intestinal* comme on le voit chez les ivrognes et chez toutes les personnes qui portent depuis long-temps une affection du canal intestinal , les chances de succès seraient presque -milles.
CHOREE, danse de Saint-Guy ou de Saint-W il , scélotyrbe , chorémanie, etc. Tels sont les différens noms que l’on a donnés à une maladie qui a pour caractères distinctifs certains mouvemens involontaires et désordonnés des pieds, des mains ou de quelqu’autre partie du corps , de manière à imiter plus ou moins les mouvemens de la danse.