CHO
Les signés auxquels On reconnaît cette singulière maladie , sont en général les suivans : gesticulations irrégulières et involontaires, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre , quelquefois des deux côtés à la fois. Lorsque les mouvemens n’ont lieu que d’un seul côté , et qu’on cherche à les comprimer , ces mouvemens se manifestent du côté opposé. J’ai été témoin de ce fait chez deux jeunes Allés atteintes de chorée. Au moment de l’accès qui arrivait plusieurs fois dans la journée, le bras droit se mettait à gesticuler ; je le saisissais fortement avec les mains pour empêcher cés mouvemens ; aussitôt le bras gauche s’agitait de la même manière ; une autre personne saisissait ce bras, et alors la poitrine éprouvait des mouvemens convulsifs tels , que la malade paraissait menacée de suffocation.
Les causes de cette maladie sont toutes celles qui agissent sur le système nerveux et principalement sur le cerveau. Elle affecte surtout les jeunes gens de l’âge de douze ou quinze ans ; cependant les personnes d’un âge plus avancé peuvent également en être affectées. On a vü de nos jours cette maladie frapper presque en masse toutes, les femmes et les jeunes gens de certaines communes, où des missionnaires, emportés par un zèle outré, frappaient Timagination par des prédications effrayantes. Cette affection du système nerveux se transmet très - souyent par imitation ; àussi est- il prudent d’éloigner ces malades de la vue des autres personnes , et surtout des jeunes filles, dont le cerveau très-excitable se frappe facilement, et à qui , ainsi que l’expérience le prouve, cette maladie se communique avec la plus grande facilité. Les habitudes solitaires , l’abus des plaisirs de l’amour donnent aussi lieu à cette maladie , ainsi que les affections morales vives , et quelques affections organiques du cerveau.
Le traitement , pour être raisonnable, doit être basé sur la nature de l’affection ; or cette affection est évidemment une irritation cérébrale. Lorsque cette irritation revient périodiquement , il faut la traiter comme une fièvre intermittente, toutefois après avoir soustrait la personne à l’influence des causés de la maladie. Ainsi on administrera le quinquina ou le sulfate de qninine dans l’intervalle des accès. On séparera les unes des autres toutes les personnes atteintes de chorée. On cherchera à distraire le malade par des occupations agréables. L’usage journalier des bains tièdes , dès boissons aqueuses , un régime doux et rafraîchissant peuvent avoir des avantages réels. Au reste cette maladie est rarement dangereuse, à moins qu’elle ne reconnaisse pour cause une altération organique du cerveau. Si la chorée était accompagnée de signés d’inflammation cérébrale , qui s’annonce ordinairement par des maux de
33d COL
tête, il faudrait avoir recours à la saignée, soit générale, soit partielle , en appliquant quelques sangsues aux tempes et derrière les oreilles.
CHOIJFLEUR. (V. Syphilis.)
CLOU HYSTÉRIQUE. (V. Migraine.)
COLIQUE. On appelle ainsi une affection des entrailles qui Se manifeste par les symptômes suivans : douleurs plus ou moins violentes , principalement autour du nombril ; quelquefois elles sont fréquentes , -accompagnées ou précédées de coliques , de tiraillemens , qui se dirigent peu à peu vers l’anus ; puis il y a des douleurs aux lombes, Vers l’estomac, qui persistent lorsque la colique a passé. Dans certaines circonstances le malade rend des matières fécales , puis il ne rend que quelques mucosités sanguinolentes accompagnées de douleurs très-vives. D’autres fois la dyssenterie fournît des matières bilieuses , et c’est cé qui arrive surtout lorsque la colique est accompagnée de l’inflammation delà partie supérieure du canal intestinal. Quelquefois le malade éprouve de fréquentes envies d’aller à. la selle sans pouvoir rendre des matiérespc’est ce qu’on appelle ténesmes, épreintes. La colique peut aussi avoir lieu sans diarrhée , et même avec constipation opiniâtre; c’est pourquoi on avait conseillé les purgatifs. Mais le plus ordinairement la colique commence par oecasioner le dévojement, puis des douleurs ont lieu, des besoins d’aller à la garde-robe et souvent sans aucun résultat.
La nature de cette maladie consiste dans l’inflammation d’une partie du canal intestinal appelée côlon , d’où elle tire son nom. Cette inflammation peut être déterminée par les mêmés causes que celles de la gastrite. L’automne est la saison dans laquelle on l’observe particulièrement. Ce que l’on ne peut guère attribuer qü’à l’usage des fruits non mûrs. Les alternatives de froid et de chaud, et le froid des pieds, sont au nombre des causes les plus fréquentes de la colique. Les personnes intempérantes qui se gorgent d’alimens sont en général sujettes à cette maladie , si leur estomac est bon ; car autrement ils contractent une gastrite ou irritation de l’estoinac. Quand l’estomac a résisLé à l’action des ajimens ,r ceux-ci arrivent mal digérés dans les parties inférieures dn canal intestinal ; elles, l’irritent, et y déterminent l’inflammation dont nous nous occupons.'
La diarrhée et la dyssenterie ne sont autre chose, la plupart du temps, que des coliques d’un degré plus nu moins élevé, ou pour mieux dire ce sont des résultats de l’irritation des parties inférieures du canal intestinal.
Lorsque les douleurs aiguës se font sentir dans les reins, on à donné à cette maladie le nom de colique néphrétique ; dans l’estomac, colique d’estomac; lorsqu’elle est accompagnée d’évacuation de bile, on l’a appelée colique bîleuse, etc. ; mais le nom de colique ne peut évidemment convenir qu’aux inflammations du canal intestinal appelé colon. Si les douleurs se font sentir dans l’estomac, c’est une cardiqlgie (V. ce mol) ; si c’est dans les reins, c’est une. néphrite (V. ce mot). Quant aux évacuations bilieuses, elles peuvent avoir lieu toutes les fois que l’inflammation se propage jusqu’atr foie,, ou qu’elle existe dans les parties supérieures du canal digestif , où aboutissent les conduits de la bile.
On appelle colique de miserere celle qui est accompagnée de vomissemeng violens de matières fécales , avec des douleurs atroces (Y. plus bas Colique de miserere). Enfin on nomme colique des peintres celle qui est produite par les préparations de plomb, et à laquelle les peintres sont particulièrement exposés (V. plus bas colique des peintres).
Nous ne nous occuperons dans cet article qüp du traitement de la colique proprement dite , c’est-à-dire de l’inflammation du colon. Ce traitement n’est pas difficile à deviner, d’après l’idée que l’on s’est formée de cette maladie. Ànèiennement les uns employaient d’émétique et l’hipécacuanha; les autres, les purgatifs, la rhubarbe, l’opium, etc. Cette incohérence dans le traitement était l’indice le plus certain que l’on ne connaissait pas la nature dè cette affection ; aujourd’hui l’on peut dire que l’on opère des miracles par la manière dont, on traite la colique , la diarrhéeet la dyssenterie. Il semblerait d’abord que l’on dût donner au malade des toniques pour relever ses forces abattues; mais on 'ne tarde pas à être désabusé quand on sait que. l’on a a faire à une inflammation que les toniques ne doivent qu’augmenter. On en obtient à la vérité quelquefoisdes succès; mais ces exemples sont si rares qu’ils ne sauraient autoriser à y avoir recours^
Le principal moyen à mettre en usage est l’application des sangsues à l’anus , au nombre de i5 , 20 , 3o , 4n » suivant l’âge et la constitution du malade. Ce moyen employé dès le début arrête presque toujours la maladie comme par enchantement. Si les douleurs se font sentir dans les points supérieurs du canal intestinal,, s’il y a complication de gastrite , d’inflammation du foie , on applique également des sangsues sur l’estomac , sur le fore , sur les reins , en un mot sur les points qui paraissent çtre spécialement le siège de la douleur. Gn seconde leut effet par la diète et les boissons émollientes, telles que l’eau de gomme , de riz gommé , d’orge , etc. Dans tous les cas
33 s COL
où il n’y a pas de fièvre et où la colique est simple , lès saiigsues opèrent la guérison d’une manière merveilleuse.
Si la maladie étaijt devenue chronique , le traitement serait un peu différent. Comme il ne serait pas possible d’employer une diète sévère., on devrait au moins se mettre à un régime doux et léger, afin de ne pas irriter davantage le canal intestinal. Les potages maigres au vermicelle, au riz, à la semoule, au tapioca, doivent être la base delà nourriture. A mesure que la colique et le dévoiement diminuent, on passe très-insensiblement à Une nourriture un peu plus substantielle; ainsi on joindra au régime précédent un oeuf frais, un peu d’épinard, de chicorée, de navet, de poulet, etc., jusqu’à ce qu’enfin l’on puisse retourner au régime habituel. Au reste cette affection devenue chronique exige un traitement semblable à celui de la gastrite et de la ■gastro-entérite chronique. (Y. ces. mots. ) COLIQUE DE MISERERE, Iléus, passion, iliaque, volvulus. C’est le nom que l’on donne à une affection des entrailles, des plus violentes, dont le caractère principal consiste dans le vomissement des matières contenues dans le canal intestinal, avec constipation opiniâtre. ' Elle diffère du colera-morbus où il y a déjection par haut et par bas, tandis que dans la coliquo de miserere, il n’y a que vomissement accompagné de douleurs atroces. ,
Lès symptômes et la marche de cette maladie sent ies suivans : les douleurs sont ressenties principalement autour du nombril ; les parois du ventre sont dures et contractées ; les excrémens sont rejetés par le haut, ce qui prouve que le mouvement des intestins est interverti. On a même vu des malades chez qui les lavemens étaient rejetés par la bouche. La constipation est des plus opiniâtres : il y a altération profonde des traits de la face, difficulté de respirer , défaillance , convulsions, flexion du tronc du corps en arrrière , froid des extrémités, sueurs froides, abattement, faiblesse extrême , hoquet, délire, et enfin la mort, lorsque la marche de la maladie n’est pas arrêtée. Cette marche est extrêmement rapide, et la maladie se termine par la santé ou la mort au bout de très-peu de jours. - ,
Les causes de la colique de miserere sont les passions vives ; l’accumulation et l’endurcissement des matières stercorales dans les intestins; lêseoups ; les chutes sur le ventre; la suppression des hémorrhoïdes ; les vers; des corps étrangers introduits dans les entrailles ; les écarts de régime, et surtout la compression d’une anse d’intestins, comme cela arrive; dans les hernies étranglées. Le tempérament nerveux et la jeunesse disposent à cette maladie.
Le traitement k St loin d’être constamment le même; si cette affection dépend d’une hernie étranglée , il faut faire pratiquer l’opération par un chirurgien; si c’est de la suppression des hémorrhoïdes, les rappeler au moyen d’une application de sangsues à l’anus; si c’est de l’accumulation des matières stércorales, administrer des lavemens purgatifs, et donner en même temps de légers laxatifs, tels qu’une infusion de follicules de séné, une once d’huile de ricin dans du bouillon aux herbes om'de veaü. On fera aussi des applications de glace ou à son défaut d’eau très-froide sur le ventre : une saignée; de brâs et en même temps une forte application de sangsues sur le ventre sont un des mpyens sur lesquels, on doit le plus compter. Il ne faut pas craindre d’en appliquer de 5o à 5ô, parce qu’il est important de ne pas laisser marcher l’irritation intestinale, qui, comme nous Pavons dit, peut devenir promptement mortelle. D’ailleurs, les évacuations sanguines, en déterminant une distension de tous les tissus, facilitant l’expulsion des matières, point essentiel à obtenir. Lorsque sous l’emploi de la glace on n’apèrçoit pas d’amélioration, on doit lui substituer des cataplasmes chauds et émolliens, ou ce qui vaudrait mieux, si on peut le faire, mettre le malade dans un bain tiède. On donnera pour boisson de l’eau de tilleul , ou quelque autre tisane légère, avec addition d’eau de fleur d’oranger; mais il est ordinairement assez difficile de donner quelque chose à l’intérieur, à cause,des vomissemèns opiniâtres qui tourmentent le malade.
COLIQUE DES PEINTRES ou de plomb , colique saturnine , colique métallique , colique des plombiers. Tous ces noms ont été donnés à une espèce de colique, violente qui se manifeste chez les individus qui travaillent le plomb, ou qui font usage de ses préparations : tels, sont les peintres, lés plombiers, les potiers d’étain , lès doreurs ; chez les personnes qui boivent de l’eau qui a coulé dans des conduits de plomb, qui font usage d’ustensiles de plomb, qui boivent des vins frelatés avec delafitharge, qui n’est autre chose qu’une préparation de plomb.
Les signes "de la colique de plomb sont les' suivans : d’abord il est assez rare que le malade n’indique pas lui-même la nature du mal qu’il éprouve et les causés qui y ont donné lieu , ce qui suffit ordinairement pour l’indication du traitement. U y a beaucoup de symptômes qui sont communs à tous les genres de coliques, ne fussent que les douleurs ;=mais il y en a de particuliers que voici : l’invasion de la maladie n’est pas brusque comme dans la colique ordinaire , mais elle est ordinairemen lente; on éprouve des douleurs de ventre sourdes et passa-
gères; les selles sont difficiles et douloureuses ; plus tard il y a constipation ; les douleurs sont plus vives et se font principalement sentir vers le nombril; le ventre est dur, peu sensible au toucher; il y a dès nausées, puis des vomissemens; les urines sortent avec difficulté; la respiration est gênée; des douleurs vagues se font sentir, quelquefois il survient des tremblemens, des convulsions, puis la paralysie des membres, et rarement de la fièvre. Cette maladie dure ordinairement sept ou huit jours; elle peut se terminer par la mort.
Les causes de cette maladie sont le plomb et ses préparations introduits dans l’économie.
Le traitement de là colique de plomb est rationnel ou empirique. Le traitement rationnel, fondé sur la nature de la maladie, doit être nécessairement émollient et antiphlogistique, puisqu’il est question de remédier à une irritation aiguë du canal intestinal. Ainsi on administrera des boissons mucilaginëuses de gommé arabique,' de guimauve, du bouillon de veau, etc. ; on fera sur le ventre une application de 5o à 4o sangsues qae l’on renouvellera plus., ou moins souvent, selon la violence des douleurs-' on mettra le malade dans un bain tiède; on lui administrera deslavemens émolliens; on lui fera des fomentations sur le ver.tre, ou bien on le recouvrira avec un large cataplasme u j- fariné de lin ou de toute autre substance émolliente. Ce traitement, suivi avec persévérance., réussit presque constamment à opérer la guérison , à moins qu’il n’y ait altération profonde des intestins. L’autre traitement que j’appelle empirique est extrêmement compliqué. Une longue expérience à l’hôpital de la Charité de Paris prouve qu’il est souvent couronné de succès; cependant nous devons dire qu’il ne conviendrait nullement dans les cas où la colique serait accompagnée de fièvre. Nous allons le donner tel qu’il est employé dans cet hôpital.
Le premier jour , on donne au malade un lavement composé comme il suit :
P. Follicules de séné, j/2 once ; faites bouillir dâri^ 1/2 bouteille d’eau commune, et ajoutez sulfate de soude { sel de Gîauber ) , j/2 once.
Durant la journée, on lui fera boire yne boisson ainsi préparée : ,
P. Casse en bâton concassée, 2 onces ; faites bouillir dans 1 litre d’eau : ajoutez sulfate de magnésie Ç sel d’Empson ) , 1 once; tartre stibié , 5 grains.
Le soir, on fait prendre un lavement anodin préparé avec 6 onces d’huile de noix et 12 onces de vin rouge.
Vers les huit heures , on donné à l’intérieur la préparation suivante :
P. Thériaque , i gros.
Opium, 1/2 grain; mêlez.
Le deuxième jour, on donne dès le matin, en deux fois et à une heure d’intervalle, 6 grains d’émétique dissous dans î ou 2 yerres d’eau , et pour faciliter le vomissement, on fait prendre de l’eau tiède miellée. Lorsque le malade ne vomit , plus, on lui fait boire pendant le reste du jour la tisane sudorifique suivante : .
P. î once de bois de gaïac, autant de squine et de salsepareille; faites bouillir dans i litre et 1/2 d’eau que l’on réduit à 1 litre; ajoutez 1 once de sassafras et une 1/2 Once de bois de réglisse; faites bouillir légèrement et passez à travers un linge.
À la fin du jour, on donne le lavement anodin du premier jour, ainsi que la thériaque et l’opium.
Le troisième jour , on fait prendre en 'quatre fois dans la matinée 1 litre de la tisane sudorifique précédente composée seulement avec le gaïac, la squine et la salsepareille, à laquelle on ajoute i once de séné ; on fait bouillir, pendant 3 ou 4 minutés, et l’on passe à tràvers un linge. Dans le reste du jour , on administre la tisane sudorifique du deuxième jour , et le soir on donne 1 e lavement anodin, la thériaque ét l’opium, comme le premier jour.
Le quatrième jour , on donne le matin la boisson purgative suivante :
P. Séné,, 2 gros ; faites bouillir dans 1 verre et 1/2 d’eau, que l’on réduit à 1 verre, et ajoutez :
Sulfate de soude (sel de Glauber J , 172 once.
Jalap en poudre, 1 gros.
Sirop de nerprun, 1 once.
Durant la journée , le malade prend' de la tisane sudfirifique du deuxième jour : le soir, on donne le lavement anodin, la thériaque et l’opium, comme les autres jours.
Le cinquième jour , comme le troisième.
Le sixième jour , comme le quatrième.
La plupart du temps , les malades sont guéris au bout de la deuxième purgation. Si néanmoins après le sixième jour il restait eucore des douleurs , on prolongerait le traitement pendant quelques jours de plus. La diète doit être sévère pendant le cours du traitement; mais aussitôt qu’il est déterminé, et souvent dès le quatrième ou cinquième jour, on commence à donner au malade quelques bouillons , et lorsque les douleurs n’existent plus, on peut passer beaucoup plus promptement à
une nourriture substantielle que dans la convalescence de la plupart des autres maladies.
Si la constipation ne qédgit pas auxlavemens et aux boissons laxatives, on prescrirait i ou 2 onces d’huile de ricin dans un peu de bouillon de veau ou de poulet, et l’on reviendrait à ce moyen tous les jours, jusqu’à ce que la purgation fût produite.
Nous ne croyons pas devoir terminer cet article sans parler des moyens propres à prévenir la maladie dont il est ici question.
Dans les manufactures où l’on s’occupe de préparations' de plomb, par exemple , dans celles de blanc de céruse, on ne devrait pas permettre aux ouvriers de travailler plus d’un mois consécutif ; on devrait ensuite lés faire reposer, où leur donner d’autres occupations pendant quelques jours. L’air doit circuler librement dans les ateliers, et les ouvriers ne doivent jamais <y prendre leur nourriture. Les peintres doivent se garder d’essuyer leur pinceau avec la bouche, lorsque les couleurs dont ils font usage contiennent du plomb. L’autorité publique doit surveiller avec soin les manœuvres coupables des marchands de vins qui, pour rendre doux lescvins acides et aigres, les mêlent souvent avec du sel de saturne, de la céruse, de la litharge, toutes substances préparées avec le plomb, qui finis-" sent par déterminer des accidens très- graves chez les personnes qui boivent de ces vins sophistiqués.
COLIQUE STERCORALÉ, produite par l’accumulation des matières fécales dans les intestins. Les lavetnens émolliens, les purgatifs doux tels que la manne, ies infusions dé séné, le sel de Glauber, la nourriture végétale, le lait, le bouillon de veau en sont le traitement naturel.
COLIQUE VÉGÉTALE. On lui donne ce nom, lorsqu’on la suppose produite par l’usage de fruits crus, acerbes et peu murs, de vins et de cidres mal fermentés. Le froid produit aussi la même maladie. Les symptômes sont à peu près lés mêmés.que ceux de la précédente , sauf que son invasion est brusque et que le ventre, au lieu d’être retiré 5 est au contraire gonflé. Il y a quelquefois des vomissemens de matières yerdâtres; mais ce phénomène n’est pas constant.
Le traitement consiste dans la diète, l’usage des boissons • émollientes auxquelles on peut ajouter 1 grain et 1/2 d’opium pulvérisé , à prendre dans la journée. S’il y avait delà fièvre, on se garderait bien de donner l’opium. On fera prendre un bain tiède ; on donnera, des lavemeris émolliens , et L’on pratiquera des fomentations sur leventre, ou bien on y appliquera un large cataplasme de farine de lin, ou de feuilles de guimauve.