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ou de mie de pain. Si le temps est froid, on fera vêtir le malade chaudement.
COLIQUE VENTEUSE , ou flatulente, produite par le dégagement de gaz dans le canal intestinal. Les flatuosités sont ordinairement le produit d’une digestion mal faite. La mauvaise digestion dépend ou de la quali té des alimens et des boissons, ou de l’état du canal intestinal. Si les alimens sont de nature à produire des vents, on les rejette lorsque l’expérience a fait reconnaître en eux cette propriété. Si au contraire les flatuosités proviennent du mauvais état des intestins, il fauttâcher de détruire les causes qui peuvent y donner lieu ; par exemple, les personnes qui sont tourmentées de borborygmes'et de vents, après avoir mangé, quelle que soit la naturelle leurs alimens, feront bien de ne faire que de petit? repas fréquens, afin de ne mettre en contact avec leur canal intestinal qu’une quantité de nourriture qui puisse être parfaitement digérée. Cette méthode a le double avantage de favoriser la digestion , et de contribuer au rétablissement d’un organe'dont la trop grande quantité proportionnelle d’alimens empêcherait nécessairement la guérison.
COLIQUE VERMINEUSE. C’est celle qui est déterminée par la présence des vers. ( V. Vers. )
COLLYRE. Médicament liquide pour les yeux. (V. p. 140.)
CONSTIPATION. État d’une personne qui ne va que difficilement à la selle. La constipation peut dépendre de la constition habituelle de l’individu, d’une affection des entrailles, des alimens et des boissons dont il fait usage, de la température de l’atmosphère, etc. Lorsqu’elle dépend de la constitution, on ne doit pas la considérer comme une maladie. Il n’est pas rare de trouver des personnes qui ne vont à la garde-robe que tous les cinq ou six jours et même moins souvent, et qui jouîsr sent d’une bonne santé. Les individus doués d’un tempérament nerveux, dont la peau est brune , le corps sec, sont, toutes choses égales d’ailleurs, plus disposés à la constipation que ceux qui ont un tempérament lymphatique , dont la constitution est molle et pour ainsi dire humide. Les vieillards y sont plus sujets que les jeunes gens, surtout ceux qui. ont été habitués à la bonne chère^
- La constipation est ordinairement un effet des irritations chroniques des parties supérieures du canal intestinal. Lorsque cette irritation occupe l’extrémité.des parties inférieures, il y a au contraire dévoiement : en voici la raison. Les matières fécales sont attirées vers les points enflammés, et y sont retenues en vertu de la loi constante de l’économie animale , que là où il y a irritation, inflammation, il y a afflux des humeurs ou de?
matières. Les parties liquides des excrémens sont absorbées, et il ne reste que les solides; de là la constipation. Le siège de l’irritation , au contraire , en est-il peu éloigné ? les matières s’ÿ portent par la même raison que nous venons de donner, et produisent aussitôt la sensation de besoin qui engage à les éliminer du corps. On voit par là que la constipation et le dévoiementpeuvent dans beaucoup de cas être déterminés par la même cause , c’est-à-dire que l’irritation du canal intestinal produit l’une ou l’autre , suivant que cette irritation occupe les parties supérieures ou inférieures de ce canal.
Tous les hypocondriaques sont atteints de constipation opiniâtre, parce que l’hypocondrie, comme on peut le voir dans l’article où il en est question, n’est autre chose qu’une gastrite, c’est-à-dire une irritation chronique de l’estomac, et des parties supérieures des intestins. Il en est de même de l’hystérie chez les femmes , affection qui a la plus grande analogie avec celle que nous venons de nommer.
Les alimens et les boissons qui donnent lieu plus particulièrement à la constipation sont tous ceux d’une nature astringente, tels, par exemple, que les citrons, les coin'gs,ïés grenades, les nèfles : il en est de même des poires, des pommes, des, pruneaux, des cerise^ desséchées. Les vins rouges de bonne qualité, les liqueurs spiritueuses produisent aussi quelquefois la constipation; mais ils peuvent produire l’état contraire suivant qu’ils agissent sur un canal intestinal plus ou moins irrité ou disposé à l’irritation , et suivant que l’usage que l’on en fait est abondant ou modéré. Les purgatifs ëùx-mêmes déterminent à la longue la constipation chez les personnes qui en abusent. On en comprendra aisément la raison , si l’on réfléchit que les purgatifs stimulans irritent la membrane muqueuse du tube digestif, ce qui fait pleuvoir en plus grande quantité les mucosités qui humectent ce canal ; de là la diarrhée qu’ils déterminent. Mais si l’on insiste sur l’emploi de ces moyens, l’irritation qu’ils produisent passe à l’état inflammatoire, les mucosités cessent de couler, et les matières sont retenues vers le point enflammé. C’est quelquefois le contraire qui a lieu, car l’abus des purgatifs détermine chez certaines personnes ce qu’on appelle une superpurgation , c’est-à-dire, un dévoiement qu’il est extrêmement difficile et souvent impossible d’arrêter. Cela arrive , lorsque l’action du purgatif s’exerce principalement. sur l’extrémité inférieure du canal intestinal. Quel que soit l’effet produit, constipation ou dévoiement opiniâtre, la cause est toujours l’irritation trop forte produite par le purgatif. On observe la même chose à l’égard des substances stimulantes et échauffantes introduites dans l’estomac, qui peu-
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vent produire tantôt le dévoiement et tantôt la constipation.
La constitution atmosphérique exerce aussi une grande influence sur fts déjeétions alvines. En effet, dans les grandes chaleurs et dans les temps secs où la transpiration cutanée est abondante, les selles sont ordinairement difficiles ; tandis que si l’atmosphère est froide et humide, l’action du canal intestinal est augmentée dans les mêmes proportions que celle de la peau est diminuée.
Lorsqueda constipation est opiniâtré, que les matières sont dures et accumulées en grande quantité, leur évacuation est extrêmement difficile, douloureuse, et quelquefois même impossible sans les secours de l’art. Alors souvent les selles Sont un peu mêlées de stries de sang: d’autres fois les matières sont recouvertes comme de membranes muqueuses, blanches ou rougeâtres; ce qui est constamment un indice que la constipation est occasionée par une inflammation chronique du canal intestinal.
Les moyens à opposer à la constipation varient suivant la nature des causes qui l'a déterminent. Lorsque cette incommodité est passée en habitude, beaucoup de personnes la combattent par des moyens qui réussissent momentanément à la vaincre; mais elle ne tarde pas à reparaître. Les purgatifs sont de ce nombre : d’abord ils aident aux évacuations; bientôt ils ne produisent aucun effet, et ne font qu’ajouter une irritation de plus à celle qui entretient l’incommodité. Les personnes habituellement constipées viendraient presque toujours à bout d’obtenir des selles faciles, si elles ne laissaient accumuler les matières pendant plusieurs jours dans les intestins, et si elles voulaient s’astreindre à se présenter régulièrement à la garde-robe toutes les vingt-quatre heures, lors même qu’elles n’y seraient pas excitées par le besoin. On obtient en général un très-bon effet de cette méthode* Il ne faut pas se lasser de faire ces efforts pendant plusieurs jours et même plusieurs mois, quoique dans le principe, on les ferait inutilement ; car à la longue on change l’habitude du canal intestinal, et l’on finit par obtenir des selles très-régulières. On regarde en général l’évacuation des matières fécales une fois toutes les vingtquatre heures comme la plus conforme à la nature et une dés meilleures preuves de bonne digestion et du bon état du canal intestinal, j’ai connu dès personnes qui n’allaient à la selle que tous les sept ou huit jours, réüssiràen avoir une tous les jours, en suivant la méthode que nous indiquons. Nous la conseillons donc, non-seulement comme le moyen le plus sûr, mais encore comme étant sans aucun danger. Les personnes chez qui la constipation est habituelle feront usage d’alimehs doux et lé-
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gers, de végétaux frais, de fruits aqueux, de boissons rafraîchissantes, telles que le petit lait, la décoction de pruneaux, l’eau de veau, le bouillon aux herbes, etc. Ce#moyens employés avec persévérance ont l’avantage de diminuer constammenJt la constipation et même de la détruire quelquefois entièrement. Si malgré tous ces moyens la constipation restait opiniâtre, on pourrait faire prendre à la personne les pilules d’aloès et de rhubarbe indiquées page 1 82. On commence par n’en prendre qu’une seule à la fois tous les jours; si elle produit de l’effet, on s’en tient àxe nombre. On en suspend l’usage de temps en temps, afin de ne pas y habituer les intestins. Il est des circonstances où il est urgent d’évacuer les matières durcies qui se sont amassées dans le rectum, parce que leur séjour et leur quantité peuvent devenir nuisibles ; dans ces cas on administre des lavemens émolliens, faits avec la guimauve., la graine de lin auxquelles on;ajôute 2 ou 5 onces d’huile. Une décoction de feuilles de séné ou de mercuriale administrée en lavement produit plus promptement encore l’effet désiré. On a vu des personnes tellement constipées par des noyaux de cerise qu’elles avaient avalés en grande quantité, que tous ces moyens devenaient inutiles : l’on était obligé alors d’extraire les noyaux avec la pointe d’un fuseau ou avec tout autre instrument convenable. Uorsqu’un pareil accidentée présente, il faut, avant de faire cette petite opération, injecter de l’huile pure dans l’anus avec une seringue, afin de rendre les corps étrangers plus glissans et plus faciles à extraire.
La constipation dépend-elle de l’irritation chronique ou aiguë du canal intestinal ? on ne doit point s’attendre à la vaincre parles purgatifs , qui ne peuvent qu’augmenter l’inflammation. Beaucoup, de personnes qui sont dans ce cas ne peuvent évacuer qu’au moyen de lavemèns ; il faut que ceux-ci soient trèschargés de parties mucilagineuses, afin qu’ils ne dessèchent pas le canal intestinal, ce qui s’opposerait au glissement des matières. Ceux de guimauve et de graine de lin avec un peu d’huile sont les meilleurs : des fomentations émollientes ou des cataplasmes sur le ventre produisent un bon effet. Il faut faire concourir avec ces/noyens un régime approprié composé d’alimens végétaux, de chairs de jeunes animaux, tels que le veau, l’agneau, les pigeons, les jeunes poulets, et de boissons émollientes, telles que nous les avons déjà indiquées plus haut.
Enfin, lorsqu’il n’y a pas de trace d’inflammation , et que la constipation n’est qu’accidentelle, telle que celle produite par les alimens ou les boissons astringentes, par la chaleur, on a recours ^ une potion purgative préparée avec une once et demie de manne pour deux verres de liquide, ou une opce de sel
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dè Giauber ou d’Empsoh , dissous dans trois ou quatre verres d’eau.
Nous avions encore quelques observations à faire dans cet article sur l’emploi des lavemens ; mais nous renvoyons à ce que nous en disons ailleurs. ( V. Lavemens, page 162. )
CONVALESCENCE. C’est l’état qui succède à la maladie , sans être cependant encore l’état de santé parfaite.
Lorsqu’une personne a été atteinte de quelque affection grave, et principalement de celles que l’on connaît sous le nom de fièvre, elle ne doit pas, aussitôt la cessation des principaux phénomènes morbides, aussitôt la cessation de la fièvre, reprendre son genre de vie habituel. En effet , les organes , après avoir été le siège d’une irritation plus ou mons vive , sont très-, susceptibles de contracter une nouvelle irritation , si on les expose à l’action des causes capables dè reproduire cette irritation.
C’est principalement la convalescence des affections du canal intestinal qui exige les soins les plus assidus, les plus constans, je dirai même les plus minutieux. Comme,- au sortir des fièvres et de la plupart des inflammations internes , les malades seirouvent dans un grand état de faiblesse , de délabrement et de maigreur; comme la plupart d’entre eux, lorsque la convalescence est franche, sont tourmentés de la faim; on se hâte trop ordinairement de leur donner des alimens substantiels, pour reparer leurs' forces perdues. Mais cette précipitation ne peut que rappeler la fièvre, ainsi que le confirment tous les.jours des exemples sans nombre. Il faut donc se garder de donner trop tôt des substances toniques dans lè commencement de la convalescence de ces maladies. Lorsque l’affection a été de courte durée, on peut retourner plus vite au régime ordinaire, mais toujours par gradation. Mais quand la maladie a été traînée en longueur, qùe l’étàt fébrile s’est prolongé, que le malade est dans le marasme, la convalescence est très-longue, et exige beaucoup de ménagemens de la part du malade. Pendant les premiers jours, il ne doit prendre que de l’eau de veau, de poulet, de l’eau vierge coupée avec le lait, du bouillon coupé, quelques potages au lait, etc. ; mais il faut examiner si la fièvre ne revient pas sous l’influence de ces moyens ; dans ce cas on les retranche, ou l’on eii diminue la quantité, ou bien l’on ne donne que les moins nourrissans. Lorsque le malade est arrivé au point de faire quelques pas dans sa chambre,, de manger des alimens légers, sans que la digestion soit pénible, la guérison marche rapidement,- et l’on peut commencer à donner un peu de vin et d’eau avec les alimens. Après les potages dont nous avons parlé, les alimens qui se digèrent le mieux, et qui
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irritent le moins l'estomac, sont les gelées de fruits, puis un œuf frais, l’épinard, la chicorée, l’oseille, la laitue préparée au beurre, au sucre ou au lait. Viennent ensuite les bouillons de bœuf, les gelées de viandes, le poulet, le pigeon, le veau, le poisson d’eau douce, dont on fait d’abord usage en petite quantité à la fois , jusqu’à ce que l’on puisse ejrfin arriver par gradation au régime ordinaire ( si ce régime ordinaire n’est pas trop excitant, car dans ce cas il faudrait y renoncer pour toujourP). L’eau rougie est la meilleure boisson habituelle. Lorsque la fièvre est entièrement cessée, et que la convalescence est franche, il convient d’y joindre à chaque repas un peu de vin vieux pur, à la dose de 3 ou 4 cuillerées, suivant que la convalescence est plus ou moins avancée.
Les forces du malade doivent toujours précéder l’augmentation des alimens; car s’il en prenait trop avant que les forces suffisantes pour les digérer ne lui fussent revenues, elles rappelleraient infailliblement la maladie; ce n’est donc que lorsqu’il sentie besoin de manger qu’il est permis d’en augmenter la quantité. S’il éprouve des tiraillemens d’estomac, des bâillemens ; si la langue est sèche ; s’il est altéré et qu’il y ait de la fièvre, c’est parce que le malade mange trop. Il ne faut donc pas , comme on le pratique ordinairement, le forcer à manger beaucoup sous prétexte de lui donner des forces ; car comme ce n’est pas ce que l’on mange qui nourrit le corps, mais bien ce que l’on digère, et quelles alimens qui ne sont pas digérés ne font que fatiguer et irriter l’estomac, il s’ensuit que pour obtenir une bonne digestion il ne faut en introduire que ce qui peut être digéré ; le surplus est une des causes les plus fréquentes des maladies. Nous croyons nécessaire d’insister fortement sur ce point, parce qu’il existe un malheureux préjugé presque universellement répandu qu’il faut gorger les pauvres rHalades de bons alimens, de vins généreux, pour accélérer leur convalescence. On ne saurait mieux s’y prendre pour la retarder.
Là plupart des malades demandent des purgatifs au sortir d’une maladie, pour nettoyer , comme ils le disent, leur corps des mauvaises humeurs. Cette méthode est tout-à-fait nuisible à l’issue des maladies qu’on appelle fièvres , et qui sont pour la plupart des inflammations du canal intestinal. Les purgatifs sont des irritans qui peuvent faire reparaître cette inflammation ou la rendre chronique ; aussi les progrès récens de la médecine ont fait justice de cette pratique erronée.
Les maladies dont le siège n’est pas dans le canal intestinal n’exigent pas les mêmes précautions dans la convalescence ; cependant comme l’estomac a des rapports avec la plupart
des autres parties du corps, l’excitation qu’il reçoit par une alimentftion trop substantielle se répète ordinairement sur ces parties : aussi recommande-t-on les alimens doux et légers, les boissons émollientes dans le traitement des inflammations dont le siège n’est cependant pas dans l’estomac ; parce que ces inflammations s’exaspèrent constamment par les écarts de régime. Dans la convalescence des inflammations du cerveau, de la poitrine, du cœur, des reins, de la vessie, de la matrice, de la peau même, etc. , il ne faut pas se hâter de revenir à une nourriture trop abondante ou trop échauffante; parce que l’expérience démontre que ces inflammations guérissent plus difficilement, à cause de l’excitation de l’estomac produite par les alimens, excitation qui, je le répète, se reporte constamment sur les autres organes.
Il importe que lie convalescent respire un air pur et sec dans une chambre vaste , exposée au soleil et d’une température moyenne. S’il lui est possible , il ira passeç à la campagne le temps de sa convalescence. Il sera également convenable de lui faire prendre un bain dès que ses forces le lui permettront. Si la saison est froide et humide il devra se vêtir chaudement, et même dans là belle saison, ses vêtemens seront un peu plus chauds que ceux dont il fait usage en état de santé.
L’exercice est utile dans la convalescence de la plupart des maladies. Dans le principe, comme le convalescent est extrêmement faible , il faut débuter par des mouvemens proportionnés à ses forces. On commence par le changer de lit, ou le placer dans un fauteuil ou dans une chaise roulante ; il fera plus tard quelques pas dans sa chambre; ensuite il descendra dans un jardin, dans une cour, appuyé sur quelqu’un , si ses forces ne peuvent lui suffire; enfin il pourra se promener, aller dans une voiture douce ; monter à cheval, etc. reste la nature des exercices, la longueur du temps qu’on doit y consacrer se mesurent sur la fatigue ou le plaisir qu’ils procurent, et sur le bien-être qu’on en éprouve. Il faut en outreque le moral du convalescent soit entretenu dans un état de gaîté par des distractions douces et variées, suivant son âge, son sexe, ses habitudes, son caractère et sa position sociale.
Mais le point capital dans la convalescence, jele répète,c’est le régime. Tout écart dans" eè genre peut être cause d’une rechute , ou au moins prolonger la convalescence indéfiniment.
CONVULSIONS , spasmes, attaques de nerfs. Contractions plus ou moins violentes d’un ou de plusieurs muscles, souvent accompagnées de perte de connaissance, de délire passager, d’accélération du pouls, d’augmentation de chaleur, de sueur générale , etc. , etc. Les convulsions ne sont que des
symptômes et non des maladies réelles. Ce n’est donc nas aux convulsions qu'il faut adresser des remèdes comme on le fait vulgairement et comme les médecins eux-mêmes l’ont presque toujours fait jusqu’ici , mais aux organes dont l’affection donne lieu à cesmêmes symptômes. Expliquons-nous. Toutes les sensations que nous éprouvons, tous les mouvemens qui s’exécutent dans notre corps ont lieu par l’intermédiaire des nerfs. Les nerfs sont des cordonsquî se répandent dans toutes les parties du corps; il y en a de deux sortes : les uns ,que l’on appelle cérébraux, partent du cerveau ou de la moelle épinière , qui n’est que le prolongement du cerveau , et de là vont sc distribuer à tous les organes pour leur donner la faculté de- sentir et d’exécuter des mouvemens. Tous les nerfs des sens , ainsi que ceux qui se rendent aux muscles, proviennent de cette source. Ces nerfs portent à leur centre, c’est-à-dire au cerveau, les sensations de la vue , de l’ouïe , de l’odorat, du goût et du toucher. Ceux qui se distribuent dans les muscles apportent du cerveau ou de la moelle épinière l’influence nécessaire pour exécuter les mouvemens soumis à la volonté. On peut très-bien comparer cette partie du système nerveux à un arbre dont le cerveau serait la souche , la moelle épinière le tronc, les nerfs qui en sortent les branches, et les dernières ramifications de ces nerfs les feuilles. Les mouvemens indépendans de la volonté, au contraire, s’exécutent par l’intermédiaire de nerfs qui ont une tout autre origine. Ces nerfs, que nous nommerons viscéraux^ puisqu’ils se distribuent aux viscères, se trouvent dans le coeur, les poumons, l’estomac, les entrailles , le foie, les reins, etc. Ils tirent leur origine d’un grand nombre de petits ganglions situés derrière l’estomac, le long de l’épine du dos. De ces centres partent de nombreux cordons qui vont se rendre aux viscères que nous venons de nommer ; ils président à leurs mouvemens, et les rendent indépendans de notre volonté; car tout le monde sait que les pulsations du cœur et des artères; les mouvemens de l’estomac, des intestins et dé plusieurs autres viscères se passent àr notre inspu et même malgré nous. Cependant comme quelques-uns de ces cordons communiquent avec ceux qui viennent du cerveau, ils peuvent aussi lui faire parvenir des sensations par ce moyen , mais beaucoup moins vives que celles que Ton éprouve dans les organes qui ne reçoivent que des nerfs cérébraux.
Ces explications étaient nécessaires pour bien comprendre Ja nature des affections nerveuses du nombre desquelles sont les convulsions.
Supposons maintenant qu’un des centres nerveux dont nous Tenons de parler soit irrité, excité, enflammé, qu’en résultera-
t-il? Les nerfs qui tirent lëur origine de ces points maladesrempliront mal leur fonction , les muscles placés sous leur influence n’obéiront plus de la même manière aux ordres de la volonté; de là des irrégularités dans les mouvemens avec ou sans douleurs. On conçoit déjà que ces mouvemens désordonnés que l’on nomme convulsions doivent présenter des variétés infinies aux yeux d’un observateur superficiel qui ne tiendrait compte que des apparences extérieures ou symptômes.
A ceux d’un observateur éclairé, la nature de ces maladies est la même ; le siège seul est différent. Cette habitude de les considérer comme des affections différentes qui ont chacune leur remède particulier dans les pharmacies ne saurait se soutenir un seul instant devant un examen plus attentif. En effet, toutes les fois que le cerveau ou la moelle épinière, ou tous les deux seront irrités ou enflammés, les nerfs qui en sortent seront affectés. Il pourra y avoir d’abord des sensations douloureuses dans les parties auxquelles ces nerfs correspondent, ensuite des convulsions. Si l’irritation, l’inflammation ont leur siège dans le cerveau, il peut en résulter des phénomènes plus ou moins extraordinaires suivant que cet organe est irrité en tout ou en partie,' suivant que l’irritation est violente ou légère, aiguë ou chronique, accompagnée ou non d’épanchemens dans le cerveau, de désorganisation, etc., etc. Delà résultent différons signes extérieurs qui annoncent ces affections du cerveau, tels que la fièvre cérébrale , le délire, l’apoplexie, l’hydrocéphale, la paralysie d’un côté du corps , les contorsions de la bouche , le trisme ou contraction des mâchoires , la paralysie . de la langue, les mouvemens convulsifs des paupières , les grimaces de la face, les mouvemens convulsifs d’un ou de plusieurs membres qui font faire au malade des gestes ridicules, l’épilepsie, la migraine, les étourdissemens, les éblouissemens, les pesanteurs de tête, les tintemens d’oreilles , etc.
Tous ces phénomènes, quelque différente que soit la forme sous laquelle ils se présentent, n’en reconnaissent pas moins tous une affection du cerveau. Tant que la maladie, ou pour parler plus précisément, que l’irritation du cerveau est aiguë, il y a exaltation dans les organes qui en reçoivent des nerfs; par exemple, si ce sont les muscles, il y a agitation, convulsions ; si ce sont les prganes des sens, leur fonctions sont plus énergiques,l’œil est très-sensible à la lumière, l’oreille auxsons, etc. ; mais au bout d’un temps plus au moins long, toutes ces fonctions qui étaient exaltées tombent dans l’inaction; l’on voit le délire se changer en imbécillité; quelquefois la mémoire est abolie, la cécité et la surdité succèdent à l’extrême sensibilité