‹ Dictionnaire de santé ou vocabulaire de médecineChapitre 48 sur 106 · G AS · texte numérisé non relu

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par les plus émollientes, telles que l’eau de gomme, de guimauve, la limonade, l’orangeade. On fera sur la région épigastrique une application de sangsues en plus ou moins grande quantité, suivant l’âge et la force du sujet , et suivant l’intensité de l’irritation. ;Le nombre varie depuis six jusqu’à quatre-vingts et même plus. On applique par-dessus les piqûres des. sangsues un cataplasme émollient, que l’on aurait soin d’enlever s’il fatiguait trop par son poids. Si l’irritation ne s’apaise pas, on reviendra avec confiance à une seconde, à une troisième application de sangsues. A mesure qu’elle diminuera , on sera moins sévère dans le choix des boissons , mais cependant il n’en faudra jamais permettre dé celles qui pourraient contenir des arômes, ou de l’alcohol, ou des stimulans quelconques: la moindre imprudence à cet égard peut renouveler la maladie.

Gastro-entérite-aiguë avec la forme appelée par les auteurs fièvre bilieuse. Il arrive souvent qu’après avoir prédominé pendant quelques jours dans la partie supérieure du canal digestif, l’irritation file dans les parties inférieures du même canal. Si cette irritation se borne à l’estomac et aux intestins grêles , c’est la gastro-entérite ( fièvre des auteurs ). Elle peut aussi débuter par les intestins grêles et filer vers la partie supérieure, ou sè manifester simultanément dans les deux parties.

Le pouls est plus fréquent et plus développé que dans la gastrite , chaleur ardente , soif , faiblesse. La langue est rouge ou recouverte d’un enduit jaunâtre : appétence de boissons acidulées. La peau, d’abord sèche, devient ensuitehali tueuse ; la sécrétion de labile est augmentée. C’est la couleur jaune dès muqueuses et cette augmentation de bile qui a fait donner à cette forme le nom de fièvre bilieuse. Les fonctions cérébrales ne sont pas lesèejs; la douleur n’est pas sensible à la pression , à moins que l’inflammation ne soit portée à un haut degré. L’absence de la diarrhée indique que l’irritation n’est pas arrivée au colon. Cette forme présente encore plusieurs nuances inutiles à connaître.

Causes. Les mèmès que celles de la gastrite. La gastrite elle-même. Cette forme de la gastro-entérite se présente plus souvent en automne qu’eh toute autre saison.

Pronostic. À un léger degré, elle sè termine au bout de trois à quatre jours. A un degré plus élevé, elle peut durer jusqu’à vingt jours. Elle se dissipe par des sueurs ou des Selles abondantes, ou sans évacuation critique. En général, cette maladie est peu dangereuse, à moins qu’on n’augménte l’irritation par un traitement perturbateur et excitant. L’art la surmonté plus aisément lorsqu’elle est primitive que lorsqu’elle éST consécutive.

Traitement. On rejettera les vomitifs que les routiniers employaient autrefois sous prétexte d’évacuer la bile : mais comme nous savons que cette bile n’est que l’effet de l’irritation, nous emploierons les moyens propres à calmer l’irritation, et la bile cessera de couler avec abondance. Diète absolue, boissons émollientes légèrement acidulées. Si la maladie faisait des progrès, application de sangsues sur l’épigastre et sur la région ombilicale. Repos.

Gastro-entérite aiguë , avec la forme appelée par les auteurs fièvre inflammatoire , fièvre angéioténique, synoque. — Symptômes. Les symptômes sont les mêmes que ceux de la forme précédente, excepté que la langue est plus rouge, le teint plus coloré , et les sécrétions de bile moins abondantes. C’est absolument la même affection , mais chez un sujet sanguin , vigoureux, sans vomissemens bilieux, sans coloration jaune.

Causes. Toutes les causes ordinaires de la gastrite et de la gastro-entérite. Les tempéramens sanguins, les sujets dont la santé est ordinairement florissante, y sont plus généralement disposés que tout autre individu.

Pronostic. Elle est facile à déplacer, si on l’attaque dès le début, surtout chez un sujet chez qui elle se manifeste pour la première fois. Elle est plus dangereuse, si elle est consécutive à une ancienne irritation gastro-intestinale. Si on la laisse marcher, elle peut s’élever au degré dit fièvre adynamique, et dès lors devenir mortelle.

Traitement. Repos; diète; boissons douces; acidulées, s’il n’y a pas complication de pneumonie. Ce précepte s’étend à tous les cas où cette complication aurait lieu, parce qu’on a remarqué que les acides provoquaient la toux dans ces circonstances. Ces boissons seront l’eau sucrée , la tisane de gomme, quelques gouttes d’acide sulfurique ou citrique dans ces boissons. Sangsues sur l’épigastre et la région ombilicale, dont on répétera les applications, si une seule ne suffit pas à arrêter les progrès de la maladie. Quelques lavemens émolliens.

Gastro-entérite aiguë s avec la forme dite fièvre ardente. — Symptômes. Les douleurs sont plus fortes que dans le cas précédent, l’ardeur est excessive, la soif inextinguible , le pouls très-rapide; un violent mal de tête accompagne ces symptômes; le malade délire , il cherche à s’échapper du lit; la constipation est opiniâtre; les urines sont rouges. Si l’on stimule le canal alimentaire, la langue devient noirâtre, aride. Tous ces symptômes ont fait donner à cette forme le nom de fièvre ardente, dont les auteurs ont aussi fait une fièvre essentielle; on l’a encore appelée causus.

Causes, Les mêmes que celle de la forme dite angéioté-*

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nique. Les chaleurs de l’été contribuent puissamment à la produire.

Pronostic. Si le sujet n’est pas porteur de quelque vieille gastrite, si sa constitution est bonne, si d’ailleurs le traitement n’est pas incendiaire, si la maladie est encore récente et à son début, on peut la surmonter; mais si le contraire a lieu, elle peut donner de justes inquiétudes.

Traitement. Diète sévère. Le malade sera placé dans une chambre dont la température soit fraîche. Saignées locales par le moyen de sangsues sur l’abdomen : on pourra faire précéder la saignée générale, si le pouls est fort, dur et serré. Boissons émollientes, acidulées avec un sirop ou l’acide sulfurique, citrique, à la dose de quelques gouttes par pinte. Fomentations froides et acidulées sur l’abdomen, à moins qu’il n’y ait complication d’irritation pulmonaire , cas où le froid et les acides sont toujours contre-indiqués. S’il y a irritation cérébrale, compressions froides sur la tête, dont l’application doit être prolongée. Lavemens acidulés , émolliens. Bains tièdes.

Gastro-entérite aiguë 3 avec la forme dite fièvre muqueuse. — Symptômes. C’est toujours la même irritation, mais chez un sujet d’une constitution lymphatique, muqueuse, chez qui la digestion est peu active. Si l’on ajoute aux symptômes ordinaires de la gastro-entérite l’inflammation de quelques autres muqueuses, comme de celle du poumon, de la vessie, on aura la fièvre muqueuse des auteurs. Il y a inappétence , impossibilité de digérer, rougeur de la langue ; souvent des aphtes se manifestent dans la bouche , dans le pharynx et ailleurs : quelquefois complication de dyssenterie , douleurs contuses dans les membres, et parfois dans les articulations.

Causes. Les causes prédisposantes sont : le tempérament lymphatique , les constitutions des individus chez lesquels on observe une espèce de nonchalance dans les mouvemens, et dont les tissus offrent peu de consistance. La température chaude et humide, la mauvaise nourriture, le défaut d’alimens, l’usage exclusif des boissons aqueuses, sont les causes les plus ordinaires de cette affection chez les sujets prédisposés.

Pronostic. Comme cette forme de la gastro-entérite annonce ordinairement moins d’intensité dans l’irritation, elle est rarement dangereuse ; d’ailleurs le danger est en raison de l’activité de l’irritation , des forces du malade et des autres affections qui pourraient compliquer la maladie.

Traitement. L’usage des saignées est moins urgent dans cette forme que dans les précédentes ; cependant, si l’irritation faisait des progrès rapides, on appliquerait des sangsues sur

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l’épigastre. S’il y a complication de catarrhe , on en applique sur le trajet de la trachée-artère, sur le point douloureux de la poitrine; à la marge de l’anus, s’il y a diarrhée. Boissons émollientes, acidulées s’il n’y a pas de catarrhe. Si l’irritation n’est pas très-intense, on pourra préparer les boissons avec les graminées; mais on se gardera de faire usage de ces dernières si la soif est ardente, la langue très-rouge. Point d’aromates, point de toniques, point de bouillons. Sinapismes, vésicatoires, lorsque l’irritation a été auparavant combattue par les antiphlogistiques.

Gastro-entérite aiguë , forme dite fièvre vermineuse. —■ Symptômes. Outre les signes ordinaires de la gastro-entérite, il faut joindre ceux qui annoncent la présence des vers. Chatouillement au gosier, à l’extrémité du nez , à l’anus ; haleine forte et d’une odeur aigre. Dilatation de la pupille, quelquefois douleur rongeante vers le siège que les vers occupent. Chez les individus doués d?une grande irritabilité , il se manifeste des convulsions accompagnées de douleurs’ excessives dans l’abdomen.

Causes. La mauvaise nourriture, une constitution anémique, la malpropreté, l’enfance, sont les causes qui prédisposent ordinairement aux vers. La cause la plus fréquente, est l’inflammation du canal intestinal, qui favorise singulièrement leur développement. Cependant les vers peuvent précéder l’inflammation et en être la cause.

Pronostic. Il est rarement fâcheux, à moins que l’irritation ne soit fort ancienne, ou que les vers n’aient perforé le canal alimentaire.

Traitement. Après avoir combattu l’inflammation par les antiphlogistiques, comme s’il n’y avait pas de vers, on administre quelques potions huileuses, par exemple l’huile d’a? mandes douces avec le. suc de citron donné par cuillerées. Les vermifuges amers, tels que la mousse de Corse, l’absynthe, le semen-contra , etc., ne conviennent que lorsque l’inflammation n’existe pas, ou qu’elle est entièrement dissipée. On obtient un bon effet d’une application sur l’abdomen faite avec des compresses imbibées d’huile , dans laquelle ôn aura fait dissoudre quelques grains de camphre.

Gastro ~ entérite aiguë, avec les formes appelées par lès auteurs fièvre ataxique et fièvre adynamique. — Symptômes. iIe Forme. Si la gastro- entérite fait des progrès, on observe des phénomènes nerveux fort irréguliers, tels que tremblement, délire, visions, aliénations, sensations douloureuses rapportées à différentes parties du corps. À mesure que la fièvre augmente, le malade s’agite; fl est en proie à dés convulsions

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