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violentes, ne reconnaissant personne; les objets semblent rouler autour de lui. C’est l’irrégularité de tous ces symptômes qui Iéur avait fait donner le nom de fièvre ataxique.

2e Forme. Yeux fixes et hagards , surdité ; le malade est comme frappé de stupeur; la langue, d’abord rouge, se couvre bientôt d’un enduit noirâtre , les dents sont encroûtées d’une bave fuligineuse. Haleine fétide , perte totale des forces, respiration agitée, refus des boissons, ou si le malade en prend, elles tombent dans l’estomac comme par un couloir, et passent quelquefois dans le larynx. A mesure que la maladie fait des progrès, des symptômes de putridité se manifestent; excrémens fétides, odeur cadavéreuse de la transpiration cutanée. - La peau se couvre de taches livides , des aphthes naissent au dehors et au dedans de la bouche; les urines et d’autres excrétions sont quelquefois sanguinolentes, les gencives saignent facilement. Suivant la prédominance de tel ou tel autre symptôme, les auteurs ont donné à cette maladie le nom de typhus, de fièvre des camps, de fièvre jaune. La forme ataxique précède ordinairement la forme adynamique. Quelquefois l’ataxië se manifeste presque dès le début de la gastro- entérite ; cela a lieu surtout lorsqu’elle a été précédée par une inflammation qui fait tout à coup explosion.

Causes. L’irritation gastro-intestinale portée au plus haut degré, la constitution sanguine nerveuse, l’air chaud et humide, les affections 'morales, en général toutes les causes des phlegmasies intestinales. Un nombre considérable de malades renfermés dans le même local produit un foyer de chaleur et de miasmes qui , oécasionant la même maladie chez les personnes placées dans ce foyer, l’ont fait regarder souvent comme d’une nature contagieuse; mais il n’en est rien.

Pronostic, La forme ataxique est moins dangereuse que la forme adynamique, que l’on peut regarder comme le plus haut degré d’oppression des forces vitales dans le canal digestif et dans le cerveau. L’une et l’autre sont moins a craindre au commencement de la maladie que lorsqu’elles ont duré longtemps. Les symptômes de convulsion sont moins dangereux que ceux de stupeur. Lorsque l’irritation est parvenue au dernier degré que nous avons décrit, il n’y a plus d’espoir.

En général , toute complication de la gastro-entérite rend cette maladie plus grave ; mais le danger augmente s’il y a complication cérébrale, de péritonite, de pneumonie.

Traitement. Si l’irritation est primitive, commençante, on l’attaquera par des saignées locales sur l’épigastre , au moyen des sangsues; si elle est consécutive, on donne des boissons émollientes , de l’eau de gomme acidulée avec l’acide sulfu-

rique, citrique, de la limonade, en un mot, on administre le traitement anti-phlogistique. Les saignées sont dangereuses lorsque l’irritation est devenue très-intense; on se bornera donc à tenir le malade dans un air frais ; s’il n’est pas trop affaibli , quelques lavemens émolliens, joints aux boissons du même genre, sont les seuls moyens à employer. Les toniques, les stimulans, de quelque nature qu’ils soient, doivent être sévèrement proscrits, puisqu’il est bien reconnu que dans ces maladies la faiblesse n’est qu’apparente.

Régime des convalescens à la suite de la gastrite ou de la gastroentérite aiguë. Les symptômes de l’irritation étant apaisés, le malade est quelquefois réduit à un état de marasme extraordinaire, surtout si la maladie a duré pendant un long espace de temps. On commencera par lui donner quelques demi-tasses de lait coupé avec une tisane d’orge, de guimauve, de gomme, de tilleul, etc. Si l’appétit augmente, que la langue cesse d’être pointue et rouge, on passe à des bouillons très-légers, puis à des bouillons purs, à de petites soupes de riz, de semoule , de fécule. Si le malade s’en trouve bien, on en viendra aux confitures, au pain, à la viande de poulet, de veau, de bœuf, et enfin au régime ordinaire; mais il faut toujours tâtonner, observer l’état de la langue et du pouls : si la langue rougit, si le pouls devient fébrile sous l’emploi du régime adopté, on diminue la dose des alimens, ou même on les retranche entièrement.

GASTRITE ET CASTRO - ENTÉRITE CHRONIQUES. A l’état chronique comme à l’etat aigu, 'les phiegm'âsies du tube digestif présentent plusieurs nuances différentes. Cetté diversité peut dépendre de l’intensité de l’irritation, du tempérament des individus, de leur sensibilité, de l’âge, du sexe, des altérations qu’une longue inflammation a produites dans les tissus malades, du siège de l’affection.

I” Nuance de la gastro-entérite chronique, avec les formes dites fièvre lente , fièvre lente nerveuse , tabes mesenterica, carreau.— Symptômes. Pouls fébrile, lassitude, abattement, chaleur, soif, douleur vers l’épigastre, rougeur delà langue. S’il n’yapas de colite, le malade est ordinairement constipé. La conjonctive est rouge, le pourtour des yeux bleuâtre, le teint flétri , la peau rugueuse, comme collée sur les muscles. Urines rouges, peu abondantes. Sueurs dans le redoublement, qui a lieu le soir , surtout s’il y a complication d’irritation de poitrine. Tous les symptômes fébriles s’aggravent vers Iesoir; souvent le malade est libre le matin ; il peut vaquer à ses affaires; il n’éprouve pas de dégoût pour la nourriture. A mesure que la maladie fait des progrès, la maigreur dévient extrême. C’estce qu’on a appel k fièvre

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lente. S’il y a irritation cérébrale, convulsions, on l’a appelé fièvre lente nerveuse. S’il y a tension de l’abdomen, complication de colite, tabes mesenterica. Chez les enfans, c’est le carreau.

Causes. Toutes celles de la gastro-entérite aiguë ; mais on peut remarquer que celte nuance, que nous appelons subaiguë, est souvent le résultat des mauvais traitemens dirigés contre la gastro-entérite aiguë.

Pronostic. La terminaison varie suivant l’ancienneté et l’intensité de la maladie, la sensibilité du sujet, suivant le traitement qu’il emploie, et suivant les altérations que l’irritation a produites dans les tissus qui en sont le siège.

La guérison est plus facile chez les individus qui n’ont pas fait plusieurs rechutes, et qui n’ont pas abusé des stimulans. La gastro-entérite fébrile consécutive à l’aiguë est beaucoup plus difficile à guérir que celle qui est primitive, à cause des altérations qui en sont la suite. S’il y a engorgement des glandes, du foie, de la rate, la maladie est rebelle, mais non désespérée , pourvu qu’on ne stimule pas le malade. La maigreur considérable, les ecchymoses, les pétéchies scorbutiques, sont de mauvais signes. Si le malade perd l’appétit, s’il rejette avec opihiâtrété tout ce qu’il avale, si la diarrhée survient au milieu de tous les autres signes de faiblesse, il reste peu d’espoir.

II' Nuance de la gastro-entérite chronique ^ avec douleur dite hépatique , ratateuse , phthisique. — • Symptômes. Ils sont peu différens de ceux de la nuance précédente. Digestion lente, accompagnée d’un léger mouvement fébrile. Les stimulans que l’on donne pour aider à la digestion semblent procurer quelquè bien-être : mais bientôt le malade se plaint de nouveau ; et s'il continue à se stimuler pour mieux digérer, l’état de malaise fait chaque jour des progrès. Couleur vineuse et foncée de la peau ; douleurs rapportées à différentes régions, au cardia, au foie, à la rate, vers l’omoplate, entre les deux épaules. Cette douleur a éténomm ée. hépatique, quand elle se faisait sentir vers l’épaule droite; ratateuse , si c’était vers l’épaule gauche; phthisique , si c’était entre les deux épaules, etc. Cependant il ne faudrait pas confondre ces différentes formes de la gastro-entérite chronique avec les affections primitives du foie, de la rate, -des poumons, etc.

Causes. Les mêmes que celles de la nuance précédente.

Pronostic. Si l’on emploie hardiment les stimulans , le malade se croira mieux , mais il souffrira davantage après que leur action aura cessé. Mais si l’on administre les adoucissans »veç persévérance, on verra le bien-être reyepir peu peu, Le

danger varie, comme dans la nuance précédente, suivant l’intensité, la durée de la maladie, et suivant les lésions produites par l’irritation*

IIIe Nuance de la gastro-enterite chronique; cynorexie , bo.ulimie , hypocondrie. — Symptômes. Dans cette nuance, la gastro-entérite n’est pas toujours accompagnée de fièvre. Il y a rougeur de la pointe de la langue; ce signe est quelquefois le seul, mais le plus souvent il est accompagné de chaleur à l’es- i lomac. L’état de la peau accompagne celui de ce viscère et de la langue. Si l’estomac est enflammé, la peau est plus foncée, la conjonctive plus rouge. Si on examine le siège de l’irritation, on trouve que la digestion est accélérée, mais elle se fait avec douleur : on appelle cet état boulimie. Il y a quelquefois dyspnée, toux dite gastrique, palpitation; constriction du coeur, sentiment de plénitude, d’expansion du cœur, de tressaillemens, au point de simuler l’anévrisme. Si l’irritation fait des progrès, les forces digestives diminuent; et quoique le ; malade mange avec voracité, il ne tarde pas à tomber dans le marasme. Chez certains individus, l’urine est rouge, briquetéé. S’il n’y a pas de colique, il y a constipation opiniâtre. Les malades se trouvent soulagés quand ils peuvent aller à la selle. Pour obtenir cet effet, ils emploient des purgatifs de toute espèce, dont ils éprouvent d’abord du bien-être, mais ensuite ces purgatifs ne produisent plus le même effet et augmentent la maladie, en irritant de plus en plus la muqueuse intestinale. Les symptômes qui accompagnent cette nuance présentent des variétés infinies et tellement inconstantes, qu’il serait impossible d’en faire une monographie exacte. Mais on est certain que tous les symptômes organiques et de relation tiennent à l’état de l’estomac, puisque les sangsues appliquées sur ce viscère, la diminution de la nourriture , l’abstinence de tous les ingesta irritans et stimulons, parviennent à faire cesser cet état.

Si l’irritation persévère, le malade devient rêveur, sombre, s’occupent sans cesse de ce qu’il éprouve : c’est V hypocondrie. Cette forme est extrêmement variée; les symptômes ordinaires sont en général les suivans : dyspepsie, digestion lente et pénible, rots, vents, rumination, secousses violentes de l’estomac, hoquet, sensation de constriction, de torsion vers la

région stomacale, borborygmes , flatuosités, développement

subit d’un gaz dans l’estomac, ou balottement d’un fluide que le malade compare à une boule. Certains hypocondriaques croient sentir leurs alimens franchir le pylore ; à force de concentrer leur attention sur leur intérieur, ils acquièrent un tact tel, qu’il ne s’y passe pas le plus petit mouvement sans qu’ils

en aient la conscience. Quelques-Uns sentent très-bien les pulsations des artères abdominales. Il n’en est pas un seul qui ne s’imagine que sa maladie ne soit de nature telle, qu’on n’en ait jamais vu de semblable : ce qu’il y a de vrai, c’est qu’il ne se trouve pas deux individus chez qui les symptômes soient identiques. Cependant, ceux qui annoncent l’irritation gastrique et entérique s’y trouvent constamment, mais les symptômes sympathiques de l’irritation locale varient suivant la sensibilité, la constitution, l’âge, le sexe, le degré de la maladie et le genre d’occupation du malade, dont le moral est toujours plus ou moins affecté à l’occasion de la souffrance des viscères.

L’ hypocondrie n’est donc point un rêve de ceux qui s’en plaignent, comme l’ont avancé quelques médecins, qui, n’en connaissant ni le siège ni la Cause, ont mieux aimé en nier l’existence que d’avouer leur ignorance.

Pronostic. Cette nuance de la gastro-entérite se rencontre souvent chez les personnes qui jouissent de l’aisance , qui font bonne chère, et qui se sont livrées à des excès de vins généreux, de boissons alcoholiques. Le tempérament bilieux en est une cause prédisposante; cependant on la rencontre quelquefois chez les serophuleux que l’on a trop stimulés par les médicamens échauffans et toniques. Il est des individus chez lesquels on observe tous les symptômes de l’hypocondrie sans le concours de ces causes, mais ce n’est pas ordinaire.

Si l’on traite cette affection par la méthode antiphlogistique, on la voit disparaître peu à peu ; mais si on s’opiniâtre à administrer tous les genres de stimulation, comme on l’a presque toujours fait jusqu’ici, on finira indubitablement par développer une gastro - entérite aiguë, qui est d’autant plus dangereuse qu’elle vient se hanter sur une chronique.

IV" Nuance de la gastro-entérite chroniques squirrhe et cancer de l'estomac. — Symptômes. Ils sont communs e,t particuliers. Les signes communs sont ceux de la gastrite. Les signes particuliers sont ceux qui indiquent la présence du squirrhe. Le squirrhe est placé au cardia, au pylore, et quelquefois dans un autre point de l’estomac. Au cardia , il y a douleur, chaleur vers la région du cœur ; plus , chaleur à la gorge , soulagement instantané par les boissons rafraîchissantes. Le toucher ne peut pas donner une connaissance certaine de l’existence de cette tumeur au cardia.

Au pylores il est plus facile de s’en assurer par le toucher, mais on peut encore le confondre avec d’autres tumeurs qui se seraient développées dans le voisinage. Le doute cesse quand aux autres symptômes se joignent la lenteur de la di-

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gestion, douleur, régurgitations, vomissemens. Quelquefois, néanmoins, les alimens passent peu à peu, quoiqu’il y ait squirrhe au pylore. Dans quelques cas, le malade ne rejette les alimens que lorsqu’il en a pris une grande quantité. Outre cela, la couleur de la peau est terne , et présente cet aspect qu’on appelle cancéreux.

Sur le corps même de L’estomac. Il est assez difficile de prononcer s’il existe un squirrhe dans les parois de l’estomac, lors même que le toucher ferait percevoir une tumeur, parce que l’épiploon gastro-colique peut faire éprouver la même sensation lorsqu’il se trouve roulé, engorgé, etc. ; on peut seulement assurer qu’il existe une tumeur aux environs de l’estomac qui peut être un engorgement glanduleux, graisseux ou squirrheux; mais quand il s’y joint des douleurs, des vomissemens acides, âcres, brunâtres, des digestions laborieuses, etc. , le diagnostic est plus certain. Au reste, il suffit de savoir qu’il y a irritation de la muqueuse gastrique; le mode de dégénération n’est que probable. A travers ces symptômes, les individus maigrissent , sont tristes , désespérés ; leur état douloureux est difficile à exprimer. Il arrive souvent qu’une phlegmasie de tout le tube digestif succède à l’inflammation locale. Cette phlegmasie est marquée par les mêmes symptômes que la gastro-entérite ordinaire, c’est-à-dire fièvre aiguë , langue rouge, soif, peau sèche, prostration générale, mort.

Causes. Les causes prédisposantes sont le tempérament lymphatique et les écarts de régime. Les causes occasionelles sont la gastrite qui détermine l’afflux des humeurs vers le point irrité ; il y a alors supernutrition des tissus irrités ; de là développement de tumeurs dures , lardacées, etc.

Pronostic. Il est ordinairement fâcheux, si la digestion est très-difficile, et si, à l’existence bien reconnue de la tumeur, se joignent les symptômes ordinaires de la gastrite. L’inflammation perfore quelquefois les parois du canal intestinal, file dans le péritoine; une violente péritonite éclate, et le malade succombe en fort peu de jours. On peut presque toujours être assuré qu’il y a perforation, lorsqu’après que le malade a souffert long-temps, l’on voit la péritonite survenir, et la mort la suivre de près.

Traitement de la gastrite et de la gastro-entérite chronique , avec ses diverses nuances. La. gastrite et la gastro-entérite chronique fébriles, qui n’ont pas été aiguës dès le début, guérissent par le même traitement que les aiguës.

Quand elles sont consécutives à l’état aigu, le traitement exige quelques modifications.

Si In gastro-entérite n’est que la prolongation de la gastrite

aiguë, il faut insister long-temps sur la diète et les antiphlogistiques. Si l’individu est d’une constitution robuste, on appliquera de temps en temps 20 ou 3o sangsues sur l’épigastre; mais on s’abstiendra des saignées locales , s’il y a altération organique dont les signes sont : la tuméfaction du ventre , sa dureté, des douleurs d’entrailles, peau terne, persévérance de Faccélération du pouls. La patience, le temps, un régime doux, l’exclusion de tous les stimulans, sont les seuls moyens raisonnables dont on doive attendre d?heureux résultats.

Traitement du choiera morbus. Quand la gastro-entérite chronique se présente sous forme de choiera morbus , c’est-à-dire quand il y a vomissemens violens de matières chargées de bile, de mucosités, accompagnés de douleurs très-fortes à l’épigastre, de convulsions, de crampes, surtout après le vomissement, il ne faut point recourir aux toniques, ni aux excitans ; car lors même qu’il n’y a pas de fièvre dans cette nuance, on a constamment affaire à une irritation de l’estomac, ainsi que le prouve l’autopsie cadavérique.

L’indication est de calmer l’irritation de l’estomac par des boissons rafraîchissantes, et principalement par des saignées locales sur l’estomac. Cependant , si le malade est faible , si , lorsque le médecin est appelé, les vomissemens durent depuis trois ou quatre jours, si la face est décomposée, le pouls fugace, il ne faut plus saigner. Il faut s’en tenir alors aux boissons adoucissantes; quelquefois le malade les rejette toutes, excepté l’eau légèrement sucrée, ou même l’eau pure, que l’on ne donne que par gorgées. On placera un cataplasme émollientjsur l’épigastre; on administrera des pédiluves et des maniluves sinapisés. Dans quelques cas, on ne donne pas de boissons, parce qu’une cuillerée d’eau même pure exaspère les accidens. On est réduit alors à se borner à des demi-lavemens émolliens, auxquels on peut ajouter quelques gouttes de laudanum. Onobtient quelquefois des succès de l’application de la glace sur l’épigastre, enmême tempsquel’on entretient la poitrine et les extrémités dans un état de chaleur. Après l’emploi de la méthode antiphlogistique, quand la langue estmoins rouge, on peut donner une potion opiacée. Si cette nuance passe de l’état chronique à l’état aigu, elle doit être traitée comme une gastrite aiguë.

Traitement du carreau et des engorgemen s du foie ou de la rate. Autrefois , quànd un individu digérait mal et qu’il portait une tumeur du foie, de la rate ou d’un autre point de l’abdomen, on lui administrait les prétendus fondans, la saponaire, la chicorée sauvage, les purgatifs; et, s’il n’y avait pas de fièvre, le quinquina et plusieurs autres espèces de toniques et de stimulans. Soit que la fièvre existe ou qu’effe n’existe pas, une

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pareille médication est absurde et ne saurait convenir. C’est au siège fondamental de la maladie, à l’irritation qu’il faut adresser le traitement, etnon aux symptômes. Donc, il ne faut avoir recours qu’à la méthode antiphlogistique ; tout autre méthode est absurde et dangereuse.

Traitement de la nuance dite boulimie, cynorexie. Les antispasmodiques et les toniques ne font qu’augmenter la faim parce qu’ils augmentent l’irritation de l’estomac, qui en est la véritable cause. Il faut, au contraire , donner des émulsions fades, lactées, à grande dose; refuser les alimens de haut goût, les boissons vineuses > amères, aromatiques. En suivant ce traitement, la langue, de rouge qu’elle était, devient blanche, pâteüse; le malade tombe dans une espèce de langueur, et arrive peu à peu à la guérison. On continue l’usage du traitement adoucissant, des muqueux, des substances féculantes, et lorsque les symptômes de la gastrite sont entièrement dissipés, on retourne peu à peu au régime ordinaire.

Traitement de l’ hypocondrie. Il ne faut pas perdre de vue que les hypocondriaques exagèrent leurs maux, parce qu’ils ont l’attention constamment portée sur leurs viscères ; mais il ne faut pas croire, d’un autre côté, que chez eux tout soit idéal, II y a une véritable irritation du tube digestif qui réagit sur le cerveau, ce qui donne lieu à des symptômes nerveux, à l'espèce de monomanie dontüs paraissent atteints. Donc, on les assujettira à un régime doux et végétal, au laitage, s’ils le digèrent bien, aux boissons émollientes; on conseillera les exercices modérés, les voyages , les distractions, les bains. S’il y a constipation opiniâtre, s’il y a suppression d’une habitude hémorrhoïdale, de temps en temps une application de 10 à no sangsues à i’anüs, principalement aux époques où la fluxion sanguine avait lieu.

GLOSSITE, Inflammation du tissu de la langue. On la reconnaît aux symptômes suivans :

La langue est rouge, chaude et très-douloureuse au toucher; elle se couvre d’un enduit muqueux très-abondant; elle se tuméfie et acquiert en certains cas un volume tel, qu’elle remplit la bouche , ce qui rend la respiration pénible , la déglutition et la prononciation impossible. La bouche est béante , et il en découle continuellement une salive limpide et filante. Ces symptômes locaux sont accompagnés de symptômes généraux qui sont une suite nécessaire de toute inflammation violente; tels sont la fièvre manifestée par la chaleur de la peau, une soif dévorante, l’accélération du pouls. Il arrive souvent que l’inflammation de la langue produit celle de quelques parties voisines, principalement l’engorgement

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des glandes maxillaires , des douleurs derrière le cou. Peu à peu la violence de l’inflammation diminue , il ÿ a moins de fièvre; la langue est moins chaude, moins douloureuse, moins gonflée; la respiration , la déglutition et la prononciation deviennent plus faciles ; la langue se dépouille de l’espèce de membrane qui la recouvrait, et le malade est guéri.

Telle est la marche de cette maladie quand elle se termine par la guérison; mais il n’en est pas toujours ainsi. Si l’ori n’arrête pas promptement l’inflammation par les moyens que nous allons indiquer, la maladie peut se terminer par la suffo? cation, par la suppuration ou la gangrène.

Les causes de la glossite ou de l’inflammation de la langue sont en général toutes celles des autres inflammations; et, en particulier, les plaies, les contusions de la langue, les substances trop chaudes, âcres et caustiques appliquées sur cet organe , les piqûres d’animaux venimeux. II n’est pas rare de voir la langue s’enflammer et se tuméfier sous l’influencé de la rougeole, de la petite vérole, d’une angine, de la scarlatine.

Le traitement doit être extrêmement actif. Il s’agit de dégorger promptementla langue, pour prévenir les suites fâcheuses dont nous avons parlé. Aucun traitementne saurait être plus efficace que les saignéës locales au moyen d’un grand nombre de sangsues appliquées sous la mâchoire et sur la langue. On peut en mettre trente, quarante, cinquante, suivant l’âge du malade et la violence de l’inflammation, et revenir avec confiance à cè moyen, si Pinflammation persiste avec la même violence. II est très-avantageux de faire pratiquer en parèil cas la saignée d’une des veines placées sous la langue et que l’on nomme veinés ranines. Il faut pour cela avoir recours à là main d’un chirurgien. Avec ces premiers secours, qui sont les plus importans et les plus décisifs , on fera concourir les boissons émollientes, les gargarismes d’eau miellée légèrement acidulée avec du vinaigre ; les bains de pieds à la moutarde , les lavemens purgatifs, l’application de cataplasmes émolliens autour du cou. Enfin, sila langue était tellement gonflée qu’il ÿ eût danger imminent de suffocation, il faudrait pratiquer sur cét organe des scarifications, c’est-à-dire, des incisions profondes avec un instrument tranchant. Il est inutile de dire qu’il n’y a qu’une personne de l’art qui puisse pratiquer cette opération, qui est d’ailleurs sans danger.

GOITRE, Bronchocèle P tumeur goitreuse , gros cou. On a confondu sous le.mom générique de goitre la plupart des tumeurs des parties intérieures du cou ; mais cette dénomination doit être restreinte, Four bien entendre en quoi consiste le

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goître , il faut savoir qu’il existe à la partie antérieure du cou , immédiatement au-dessous de la pomme d’Adam, un corps charnu qui, dans l’état naturel, est peu sensible à la vue, et auquel on donne le nom de corps tyroïde. Eh bien ! le goitre n’est autre chose que le développement plus ou moins considérable de ce corps. On pourrait l’appeler hypertrophie du corps tyroïde , c’esjt-à-dire , supernutrition de cet organe. II ne faut pas confondre le goitre , tel que nous l’entendons, avec diverses autres transformations que le corps tyroïde peut éprouver; tels sontlesquirrhe, l’induration cartilagineuse, des abcès, etc. Il est vrai que ces dégénérescences ont toujours été précédées d’une simple augmentation de volume , et que dans le principe tout se réduisait à une même affection, c’est-à-dire, au goitre. Yoici comment le goitre se développe et à quels symptômes on peut le reconnaître.

La tumeur se développe lentement et par degrés, quelquefois d’un seul côté, mais plus souvent des deux côtés du conduit de larespiration. Il n’y a aucun sentiment de chaleur dans l’organe; la peau conserve sa couleur et sa chaleur naturelle, ce qui distingue cette affection d’une inflammation aiguë qui est toujours accompagnée de chaleur et de rougeur delà peau. Dans quelques cas , on a vu le goitre se développer avéc rapidité , mais pour l’ordinaire , ses progrès sont très-lents , et il s’écoule souvent des mois et des années avant qu’il ait atteint un volume un peu considérable. Quelquefois il reste stationnaire pendant un temps plus ou moins long , puis il reprend sa marche sans causas bien appréciables. Malgré la lenteur avec laquelle il se développe, le goitre finit par acquérir un volume considérable; on en voit qui atteignent depuis le volume du poing jusqu’à celui d’une citrouille, et descendent jusques sur la poitrine et même, rarement pourtant, sur le ventre. Lorsque le goitre a atteint une certaine dimension , il comprime la trachée artère et gêne la respiration ainsi que la circulation du sang. La voix s’altère et prend un timbre qui ne ressemble pas mal dans certains cas au coassement des grenouilles ; les veines du cou étant comprimées par la tumeur livrent difficilement passage au sang qui retourne de la tête au cœur; la face devient alors rouge, livide ; il survient des éblouissemens , des maux de tête , de la somnolence, et enfin l’apoplexie. Il faut avouer néanmoins que cette terminaison est extrêmement rare. En général, lorsque le goitre a acquis un certain volume , extrêmement variable suivant les individus , il s’arrête , et l’on dit qu’il a atteint son dernier terme. Il est alors extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible, d’en obtenir la guérison.

Des causes du goitre. Il paraît démontré qu’il dépend le plus

Souvent d’une influence locale, puisqu’on le voit régner d’une manière endémique dans certaines contrées. Gn le rencontre, par exemple , très-fréquemment dans les vallées des Alpes, dans celles des Pyrénées, et dans d’autres contrées basses et humides. Dans ces pays, cette affection est souvent héréditaire. Les crétins du Valais et d’autres vallées des Alpes sont tous affectés d’énormes goitres. L’humidité , la chaleur et le défaut de circulation d’air, l’usage d’eau de neige qui est la seule boisson de ceux qui habitent ces vallées sont regardés commes des causes propres au développement du goitre. Ce qui est certain, c’est que les individus atteints d’un goitre commençant guérissent pour l’ordinaire, s’ils? quittent ces contrées pour aller habiter un pays plus ouvert et moins humide. Le goitre paraît avoir beaucoup d’analogie avec les scrofules. Une constitution molle, le tempérament lymphatique y prédisposent; les cris, les chants forcés, les efforts de l’accouchement peuvent le déterminer; mais quand il estproduit par cescauses, il est ordinairement de peu de -durées

Traitement du goitre. Un des meilleurs serait de changer d’habitation, si le goitre était encore récent, et s’il était dû à l’influence du climat; mais ce moyen n’est pas praticable pour la grande majorité des individus; il faut donc chercher à combattre le goitre d’une autre manière. On a préconisé tour à tour l’épongée calcinée, les eaux sulfureuses, les sachets de sel, de savon, l’huile camphrée, les fumigations aromatiques, etc.: Mais, pour l’ordinaire, ces moyens sont infructueux. Dans ces derniers temps, on a proposé et employé avec beaucoup plus de succès l’iode et ses préparations. Ayant eu occasion d’en faire de nombreuses applications , je puis assurer que l’on obn tient une diminution très-marquée et souvent la guérison complète du goitre au moyen de cette substance.

L’iode pris à l’intérieur peut être accompagné d’accidens graves; c’est pourquoi l’on préfère l’administrer à l’extérieur sous forme de frictions. La durée du traitement est d’un ou de plusieurs mois. Lorsque le goitre est dur, douleureuxet volumineux, on favorisé beaucoup les bons effets du traitement par l’iode, en faisant auparavant une application de 10, i5, 20, 5o sangsues sur la tumeur même. On recouvre les piqûres avec un cataplasme de farine de lin , et l’on ne commence l’emploi des frictions que quatre ou cinq jours plus tard. ( Voyez pour la manière d’employer l’iode , page. 184.)

GONORRHÉE. V. Bcéxoeruagie.

GOUTTE, ARTHRÏTIS , PODAGRE, INFLAMMATION ARTICULAIRE, RHUMATISME GOUTTEUX. Voici en-.

core une maladie sur la nature de laquelle on a beaucoup écrit, beaucoup divagué., beaucoup erré. On appelle goutte une affection qui se manifeste dans les articulations des doigts du pied oudelamain.Lorsque cette affection attaque les grandes articulations, telles que celles du pied, du genou, de la cuisse, du poignet, etc., on lui a réservé, dans le langage médical, le nom de rhumatisme goutleuçc. Nous espérons démontrer que ces affections sont absolument de la même nature , que leur siège seul est différent , que les expressions de goutte et de rhumatisme goutteux ne donnent aucune idée de la maladie dont il s’agit , et qu’elles devraient être remplacées par celle d’irritation ou d’inflammation articulaire. Mais pour nous conformer à l’usage, nous allons décrire ces inflammations articulaires sous leur nom vulgaire, en avertissant toutefois que la goutte est une maladie de la même nature que le rhumatisme goutteux, la première étant l’inflammation des petites articulations, et le "'second, l’inflammation des grandes articulations.

De la goutte. Voici quels en sont les symptômes dans le plus grand nombre des cas. La première attaque de goutte arrive entre 4o et 5o ans, et le plus souvent chez les personnes robustes qui ont été fortement stimulées par la bonne chère et les excès vénériens. Elle est précédée de malaise, d’agitation, de pesanteur dans les membres, de suppression des hémorrhoïdes chez les individus qui sont habitués à cette hémorrhagie. Dans le plus grand nombre des cas, cette attaque survient tout à coup pendant la nuit. Quand l’articulation a été bien échauffée ,pa personne est réveillée par une douleur violente du gros orteil, accompagnée de malaisé et de fièvre. Il y a gonflement, rougeur du point malade , le moindre mouvement y est douloureux. On ne doit point être étonné que l’appétit soit dérangé ». qu’il y ait mal dé tête , malaise général à l’occasion d’une inflammation locale aussihornée. Autrefois ,. ces préludes de la goutte étaient quelque chose de mystérieux, d’incompréhensible : on disait que la goutte existait d’abord dans l’estomac ou ailleurs et qu’elle se portait ensuite sur les orteils ou les doigts de la main; et quand la goutte était ensuite remplacée par des douleurs d’estomac, de poitrine^etc..,on disaitqu’elle étaitremontée dans l’estomac, dans la poitrine, dans la tête , etc. Cette supposition est purement gratuite,. L’inflammation siège dans les organes de la digestion , dans l’estomac , avant de se déclarer dans les articulations, ou bien elle s’y manifeste ensuite, et voilà tout. Il y a mille autres exemples où une inflammation cesse dans un endroit, lorsqu’elle se déclare dans un autre point du corps. L’inflammation peut exister simultanément aux

pieds et dans l’estomac, et l’on ne doit pas dire que la goutte existe dans cette dernière partie , mais bien qu’il y a inflammation, irritation en même temps et dans les articulations et dans le canal intestinal.

Mais la goutte n’est pas toujours précédée de ce cortège de symptômes, parce que l’irritation n’existe pas toujours dans les organes digestifs, et que cette irritation peut gagner d’emblée les articulations qui en sont le siège.

La violence de l’inflammation diminue ordinairement au bout de 24 à 36 heures, plus ou moins. Le malade éprouve du'soulagement , l’appétit revient. Quelquefois l’inflammation recommence dans l’autre orteil , y dure deux ou trois jours, puis elle repasse au premier ou à une autre articulation, et peut ainsi en attaquer plusieurs successivement ou simultanément. Enfin, après avoir souffert pendants, i5, 20 jours, tantôt plus, tantôt moins, le malade se trouve délivré. Chez quelques individus, on n’observe qu’un léger gonflement passager , et sans fièvre. Au reste, la goutte, comme toute autre inflammation, est susceptible d’une infinité de nuances, et peut s’élever depuis ?e plus faible degré inflammatoire jusqu’au plus intense.

Les premières attaques de goutte sont loin d’être toujours aussi violentes que celle que nous venons de décrire ; car elles sont ordinairement légères. Quelquefois les malades restent deux ou trois ans sans éprouver de récidive ; mais comme la disposition persévère, une autre attaque peut se déclarer sous l’influence de la moindre cause. Ces attaques subséquentes sont ordinairement plus aiguës et plus longues que la première, la fièvre est plus vive, F articulation plus gonflée, la peau plus chaude, plus rouge et comme érysipélateuse. Souvent l’inflammation, après avoir régné dans l’articulation, cesse tout à coup ; elle est remplacée par une inflammation de la peau , telle qu’un érysipèle, une dartre, etplus souvent encore par une gastrite ou inflammation d’estomacfce qui a donné lieu à la fausse dénomination de gouitè rentrée. Telle est la marche de la goutte à l’état aigu. Elle peut exister à un degré beaucoup plus faible, la douleur peut être moins vive, la fièvre nulle ou beaucoup moins intense, etc. ; mais c’est toujours la même inflammation à un degré plus faible.

Va rhumatisme goutteux. Cette forme de l’inflammation articulaire, qui se manifeste le plus ordinairement à la suite du froid, ne diffère de la goutte, comme nous l’avons dit, que parce qu’au lieu de siéger dans le gros orteil ou dans d’autres doigts, soit du pied, soit de la main , elle attaque toute autre articulation plus considérable. Voici quels en sont la marche pi les symptômes.

Cette inflammation débute quelquefois avec beaucoup de violence dans une articulation; lesmouvemens y sont douloureux, difficiles, souvent impossibles : l’articulation devient chaude et gonflée. Le toucher, la torsion, le tiraillement augmentent la douleur. Quand l’imflammation a fait des progrès et qu’elles est portée à un haut degré , la moindre commotion suffit pour augmenter considérablement les douleurs; assez souvent elle redoublent vers le soir. Cette inflammation articulaire , comme la plupart des irritations un peu vives, exerce son influence sur les organes digestifs, ainsi qu’il est facile de le reconnaître à la perte de l’appétit , au mauvais goût de la bouche, à la saleté delà langue, à un malaise général, à une inquiétude vague, etc. Souvent la fièvre se joint à ces symptômes.

Lorsque rien n’a entravé la marche de cette maladie, on observe que l’intensité des symptômes diminue au bout de vingt-quatre à trente-six heures, plus ou moins, comme dans la goutte. Mais ce soulagement n’est pas de longue durée : après quelques heures, les mêmes phénomènes inflammatoires se déclarent de nouveau dans une autre articulation. Après un plus long séjour sur cette partie, l’inflammation en affecte une autre , et pai'court quelquefois ainsi la plupart des articulations. Cette inflammation , après avoir persisté pendant trente ou quarante jours, tantôt plus, tantôt moins, finit par disparaître peu à peu. Quelquefois elle abandonne, après ce temps, les petites articulations, et s’empare des grosses, qu’elle avait épargnées jusqu’alors. Ainsi on la voit siéger sur les os du bassin, sur les côtes, l’épine du dos , etc. Si elie existe dans les os du bassin, il y a souvent difficulté d’uriner, d’aller à la sellé. Quand elle affecte les articulations des côtes , la respiration est gênée et douloureuse du côté malade. On connaît alors que l’inflammation n’est pas dans le poumon, parce qu’il n’y a pas de toux, de catarrhe, et prîncipalement parce que les os de la poitrine sont douloureux au toucher, ce qui n’a pas lieu dans l’inflammation des poumons. Quoique nous ayons dit que le rhumatisme goutteux, ou mieux l'inflammation, "passait d’une articulation à une autre, cela n’arrive pas constamment ainsi; car dans certains cas l’inflammation persiste constamment dans la même articulation ; mais ce rx’est pas ce qui s’observe le plus ordinairement. Communément cette espèce d’inflammation est ambulante, et passe d’une articulation à une autre.

Si la marche n’est pas très-aiguë, il se forme ce qu’on appelle une tumeur blanche. Si l’inflammation persévère , et qu’elle devienne chronique, elle peut altérer la structure organique des tissus qui en sont le siège ; la carie peut s’emparer

de l’articulation, etc. Tant que l’inflammation est mobile, et qu’elle est récente , il y a de l’espoir ; mais quand elle reste fixée sur la même articulation , il faut craindre les désordres organiques. Si l’inflammation gagne les viscères, elle constitue une maladie plus grave.

Causes de la goutte et du rhumatisme goutteux. Ces inflammations se manifestent souvent chez les individus qui ont excité leur moral, leur physique , la peau, les organes sexuels , mais surtout chez ceux qui ont irrité leurs organes digestifs parles boissons stimulantes, les alimens succulens et de haut goût. Ceux qui sont forts résistent long-temps; mais enfin, après avoir abusé des stimulans de toute espèce , ils finissent par contracter une irritation du canal intestinal qui détermine ensuite celle des articulations. C’est pour cela que les nausées, le défaut ou l’excès d’appétit, en un mot toutes les formes de Finition gastrique, précèdent ordinairement les inflammations articulaires. D’ailleurs les viscères digestifs ont une grande sympathie avec les articulations , en sorte qu’il n’est pas surprenant que l’irritation des uns déterminent celle des autres.

On a pensé que le repos et l’oisiveté étaient des causes prédisposantes de la goutte. Yoici ce qui arrive alors : le repos détermine la pléthore, et celle-ci détermine l’irritation des voies, digestives , qui produit à son tour celle des articulations. L’exercice, peut préserver de la goutte en empêchant cette pléthore ou plénitude. Mais si la pléthore ne peut pas être empêchée , et que l’individu soit disposé à la goutte, l’exercice violent agit comme cause irritante, et hâte l’attaque de la maladie ; c’est ce que prouve l’expérience de tous les jours. En général , les constitutions pléthoriques ont beaucoup de peine à se garantir de la goutte. C’est pour cette raison qu’elle attaque de préférence les gens riches, qui peuvent se livrer plus facilement que les pauvres à la bonne chère et aux excès de tout genre. Le froid doit-il être regardé comme cause des inflammations articulaires ? Le rhumatisme goutteux vient souvent à la suite du froid. Ce refroidissement peut avoir été occasioné par l’immersion dans l’eau, le sommeil sur la terre humide et en plein air, les habits mouillés et séchés aux dépens de la chaleur du corps, etc. Il est rare qu’une personne qui s’est exposée plusieurs fois à ces causes , ne finisse pas par avoir une inflammation articulaire. La goutte et le rhumatisme sont trèsrares dans les pays chauds, tandis que ces affections sont trèsfréquentes dans les pays froids et tempérés. Cependanton rencontre les inflammations des organes digestifs dans les pays - ehauds, et même très-fréquemment , ce qui semblerait en opposition avec ce que nous avons dit plus haut, que la goutte était

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presque toujours précédée et produite par les irritations du canal intestinal Mais l’excitation trouve une voie de décharge; cette voie est la peau, qui est stimulée par la chaleur et la lumière, ce qui n’arrive pas dans les pays froids.

Les petites articulations, qui sont moins chaudes, où lâ circulation est moins rapide, qui sont moins protégées par les chairs, plus exposées au froid, sont plus souvent enflammées que les autres, en sorte que pour une inflammation d’une grosse articulation, on en a cent des petites. La goutte est par conséquent plus fréquente que le rhumatisme goutteux.

La goutte et le rhumatisme goutteux sont des inflammations dont la nature est la même que celle de toute autre inflammation. Ceux qui le nient s’appuient sur ce que l’on trouve dans les articulations qui ont souffert long-temps de la goutte des concrétions semblables à du gravier. Ils regardent ces concrétions comme le produit de l’humeur à laquelle ils attribuent la goutte; c’est une erreur. L’inflammation attire le sang et les humeurs vers l’articulation malade, d’après le principe que, là où. Il y a irritation y il y a appel des fluides ? ces humeurs, ces concrétions qu’elles déposent sont donc l’effet, et non la cause delà goutte. Ce qui le prouve, c’est que ces concrétions n’existent jamais que lorsque la goutte est ancienne, et que, si elles en étaient la cause, elles devraient s’y rencontrer dès le principe.

Traitement de la goutte et du rhumatisme goutteux. Une confusion effroyable régnait autrefois dans le traitement de cette maladie. C’était naturel, puisqu’on ne la connaissait pas. Tantôt on donnait des purgatifs ou des vomitifs; tantôt on faisait appliquer lés sangsues, mais en trop petit nombre pour opérer la guérison, et d’ailleurs le plus souvent on stimulait à l’intérieur, A en sorte que la maladie se reproduisait. Les uns donnaient le quinquina lorsque les attaques de goutte étaient régulières ou intermittentes ; d’autres faisaient avaler quarante , cinquante verres d’eau chaude. Quelquefois on obtenait des succès par ces moyens , mais c’était par hasard. Aujourd’hui tous les prétendus spécifiques de ces maladies sont tombés en désuétude. On sait maintenant ce que c’est que la goutte et le rhumatisme goutteux : on -sait [que c’est une irritation, une inflammation des articulations. Eh bien ! il faut poursuivre cette inflammation par les saignées locales dans tous les points où elle se rencontre. On applique 10, i5, 20, 3o, 4 0, 5o sangsues, suivant le siège et le degré de l’inflammation. On en mettra f>,

8 ou îopour le pouce ou ïe gros orteil, i5 ou 20 pour le piêlL^, 3o ou 5o pour le genou, 40 ou 60 pour les os du bassin et pour ceux de l’épine du dos. On revient à ces applications , deux.

trois , quatre fois, si l'inflammation paraît ne pas céder. S’il survient, ou s’il existe déjà une irritation interne, on la combat comme la gastrite , c’est-à-dire par les sangsues sur le creux de l’estomac, par les boissons émollientes, les lavemens de même nature. Si [l’inflammation , après avoir abandonné les articulations , s’est portée sur les viscères, il faut employer les émolliens à l’intérieur, puis stimuler à l’extérieur le siège primitif de la goutte par des frictions, des vésicatoires volans, des demi-bains; en un mot, il faut[rappeler l’irritation vers le siège primitif pour la détourner de l’intérieur. On voit quelquefois des inflammations du poumon, de l’estomac', exiger le rappel dé l’irritation à son siège primitif par les moyens indiqués, en même temps que l’on combat ces mêmes inflammations par les saignées générales et locales^ Il faut s’abstenir de toute nourriture trop substantielle et de toutes boissons stimulantes. Je ne mets pas en' doute que l’on ne puisse presque toujours guérir radicalement la goutte par L’usage prolongé et exclusif du lait, des potages farineux au lait, ce régime joint au traitement ci-dessus indiqué. Il fautgarantir lesparties malades du froid, en gardant le lit ou en les enveloppant avec de la flanelle. Pendant tout le temps que dure le traitement, il faut que le malade observe un régime sévère.

Lorsque l’irritation des viscères n’existe qu’à un faible degré, les saignées locales sur le creux de Testomâc doiventêtre moins copieuses ornais on applique toujours les révulsifs à l’extérieur sur le siège de la goutte.

Parmi les révulsifs, on vante avec raison celui que nous avons indiqué sous le titre de liqueur préconisée contre la goutte , pag. 169, à laquelle nous renvoyons pour ce qui regarde la préparation et l’administration de ce médicament.

GOUTTE SCIATIQUE. V. Sciatique.

GOUTTE SEREINE ou Amaurose. On appelle goutte sereine ou amaurose la diminution ou la perte totale de la vue, sans altération apparente de l’œil. Cette affection se reconnaît aux symptômes suivans.

Il y a diminution oü abolition complète de la vue sans vice organique apercevable. Cette affection se manifeste quelque- " fois d’une manière subite; d’autres fois elle est précédée de maux de tête, de vertiges, d’étourdissemens. Il y a ordinairement dilatation et immobilité de la pupille , et c’est même un des caractères qui la distinguent de la cataracte. L’amaurose peut être intermittente , c’est-à-dire se manifester à des intervalles réguliers ; mais pour l’ordinaire elle est continue.

- LëS^auses de l’amaurose sont l’irritation , l’inflammation , la compression, la congestion du-cerveaü, déterminée par là

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