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Les causes des hémorrhagies étant essentiellement les mêmes que celles de l’inflammation, ces deux affections se remplaçant souventl’iine l’autre, et étant précédées des mêmes symptômes, il est évident que l’on ne doit pas plus admettre d’hémorrhagies passives, c’est-à-dire provenant de la faiblesse du sujet, que l’on ne doit admettre d’inflammations passives.
1° La faiblesse du sujet ne prouve rien contre cette assertion; car, chez un sujet faible, il y a très-facilement irritation locale , et celte irritation locale suffit pour appeler le fsang et donner lieu à une hémorrhagie, si les vaisseaux lui livrent passage, et à une inflammation, s’ils ne le lui livrent pas.
2° Les guérisons obtenues par le moyen des astringens ne prouvent pas que l’hémorrhagie qu’ils ont guérie fût passive. En effet, ces médicamens, appliqués sur les tissus, doublent l’hémorrhagie , s’ily a réaction ; ils peuvent l'arrêter, si là réaction n’est pas supérieure à l’action des astringens. Mais quoiqu’une solution d’alun, de tannin, d’extrait de salurne, appliquée sur la peau, supprime la sueur et la transpiration, il né s’ensuit pas que la sueur et la transpiration soient passives. Lés astringens guérissent aussi quelquefois l’inflammation dè l’œil, mais c’est parce qu’ils surmontent l’énergie vitale qui produit l’inflammation; s’ils ne la surmontent pas, celle-rci est toujours augmentée. C’est donc un quitte ou double.
Néanmoins il peut y avoir des hémorrhagies purement passives , mais c’e;st quand la circulation du sang est empêchée par une ligature, un polype, l’anévrisme du cœur, la grossesse, ou une compression quelconque.
On distingue les hémorrhagies en internes et en externes : on les appelle internes, lorsque le sang est extravasé dans une cavité , dans un viscère, sans qu’il s’écoule au dehors. Ainsi , dans l’apoplexie, par exemple, il ÿ a une hémorrhagie interné, parce qu’il y a extravasion de sang dans le cerveau, etc. Il en est de même de certaines hémorrhagies des poumons, lorsque le sang épanché dans leurs tissus n’est pas rejeté au dehors par les efforts de toux, par le crachement, etc.
Les transports de sang qui donnent lieu aux hémorrhagies internes du cerveau, des poumons, de l’abdomen, des intestins, etc. , peuvent être assez rapides pour devenir très-promptement mortels. La médecine possède malheureusement peu de ressources dans ces sortes de cas , parce que le mai est presque toujours fait, lorsqu’on en réclame le secours. Cependant, ceshémorrhagies sont quelquefois suivies d’inflammations ;
op les traite alors comme ces affections.
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tes hémorrhagies externes», comme le nom l’indique , sont celles où le sang s’écoule à l’extérieur.
Le traitement des hémorrhagies est préservatif ou curatif. Les bases de l’un et de l’autre de ces trailemens peuvent se réduire aux principes suivans :
i° Pour se préserver des hémorrhagies comme de la plupart des maladies, il faut proportionner la quantité de sa nourriture au genre de vie que l’on mène, et surtout aux exercices que font les individus. En manquant à cette loi de l’hygiène, on engendre plus de sang qu’il n’en faut pour la nutrition; ce sang est attiré dans les organes les plus exposés aux irritations , d’où il résulte des congestions et par suite des inflammations ou des hémorrhagies.
a0 Chez les femmes et les jeunes gens, le sang trouve facilement une voie de décharge , en s’échappant soit par l’utérus chez les premières, ce qui constitue les règles, soit par le nez chez les seconds. Geshémorrhagieslespréserventd’accidens plus dangereux. Mais cette faculté cesse avec le temps , et alors les individus de l’un et de l’autre sexe, au lieu d’être exposés aux hémorrhagies, sont sujets à des inflammations plus ou moins graves.
5° Letraitement curatif des hémorrhagies est à peu de chose près le mêmeque celui des inflammations. En effet, la saignée, en détruisant les congestions, est le remède le plus efficace des hémorrhagies , et l’emploi des révulsifs , vésicatoires et autres irritans placés à l’extérieur; est ici delà plus grande utilité, après les évacuations sanguines , de la même manière que dans les inflammations.
4° La sobriété est indispensable pour les personnes qui ont été sujettes au hémorrhagies pendant leur jeunesse, car les congestions sanguines ne pouvant plus se résoudre par des hémorrhagies extérieures dans un âge plus avancé, il est à craindre qu’elles n’en produisent à l’intérieur, qui sont toujours plus dangereuses, ou qu’elles ne donnent lieu à des inflammations.
5° Les hémorrhagies qui sont devenues habituelles et régulières ne doivent pas être arrêtées, à moins qu’elles ne soient trop abondantes, et l’on doit chercher à les rétablir lorsqu’elles sont supprimées;, ce précepte s’applique surtout à l’égard des règles et des hémorrhoïdes. Mais en voulant rétablir ces écoùlemens sanguins chez les personnes qui ne sont pas encore parvenues à l’âge où ils devraient cesser naturellement , il ne faut pas ayoir recours aux excitans, comme on les prescrivait autrefois pour faire reparaître les hémorrhoïdes ou les règles supprimées. Cette erreur dans le traitement était fondée sur une autre er-
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reur, sur l’ignorance des causes de la suppression. On conseillait l’aloès, le jalap ou d’autres purgatifs pour rappeler les hémorrhoïdes; le safran, la sabine, les ferrugineux et bien d’autres drogues encore prétendues emménagogues , pour rétablir les menstrues. Mais comme les médicamens n’agissent sur l’anus et sur les organes génitaux qu’en stimulant d’abord d’autres viscères et principalement le canal intestinal qui l’était déjà trop , celui-ci gardait l’irritation, au lieu de la porter vers les organes indiqués, et non-seulement on ne guérissait pas, mais on produisait une inflammation d’estomac, d’intestins , des poumons, etc. En pareil cas, la médecine moderne a appris qu’il fallait d’abord combattre l’inflammation de la tête , ^du poumon, de l’estomac, du bas-ventre, etc., parce que ce sont ces inflammations qui attirent et retiennent le sang dans ïes parties qui en sont le siège, et qu’en les faisant cesser par un traitement convenable, l’hémorrhagie habituelle reprend son cours, ordinaire. Voyezpourplusapmplesdétailsrarticle Ariénobrhée.
6° Chez les sujets très-affaiblis par les pertes de sang, surtout lorsque l’hémorrhagie est tellement abondante qu’elle menace les jours du malade , il faut avoir recours aux remèdes astrim gens ; car même en supposant que ces médicamens augmentent l’irritation de la partie, cette irritation serait moins à craindre que la perte d’une trop grande quantité de sang. Les astringens dont on obtient le plus d’effet sont l’application du froid, de l’eau vinaigrée froide à l’extérieur. A l’intérieur on emploie les décoctions de roses de Provins , de tormentille, de bistorte , de miliefeuilles , d’éeorce de chêne, de grenadier, et surtout de racine derathania. On peut aussi appliquer à l’extérieur des compresses imbibées de quelqu’une de ces décoctions, ou d’une dissolution d’extrait de saturne, Mais , je le répète , on ne doit pas avoir recours à ces moyens , tant que l’hémorrhagie n’est pas menaçante, surtout chez les sujets forts et vigoureux. Voyez pour ce qui concerne Remploi des astringens ce que nous en avons dit en parlant des toniques , pag. ni, et en particulier des astringens, page 122$ Mais, c’est surtout en développant rirritation dans un lieu plus ou moins éloigné du siège de l’hémorrhagie, qu’on parvient à l’arrêter, ou à en modérer l’abondance. C’est ainsi qu’on emploie avec succès l’application des vésicatoires ou des ventouses sur la peau, pour arrêter les pertes utérines, les vomissemens de sang, lesjhémoptysies ou hémorrhagies des poumons , etc. Pourquoi ? parce que ces moyensrévulsifs , en portant l’irritation sur un autre point, font cesser , détruisent ou révulsent celle qui donnait lieu à l’hémorrhagie, et celle-ci est arrêtée. Qui ne -connaît les bons
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effets' d’un large vésicatoire appliqué sur les lombes dans le cas d’une perte utérine dangereuse et difficile à arrêter? Mais l’emploi des révulsifs exige des précautions qui ont été indiquées ailleurs. Voyez page 91 , où il est parlé des révulsifs.
Résumons en quelques mots ce qui concerne les hémorrhagies en général.
1* Elles sont toujours le résultat d’une irritation, aussi bien chez les sujets faibles que chez les sujets forts. Elles sont de la même nature que l’inflammation.
2° Donc le traitement doit consister en général dans les émolliens, les saignées, et une nourriture douce et peu substantielle.
3° Lorsque l’hémorrhagie est peu abondante , il ne faut pas l’arrêter, parce qu’elle est souvent le remède leplus sûrA’une inflammation qui se manifesterait ou se prolongerait, sans cette hémorrhagie salutaire.
4° Cependant, quand l’hémorrhagie est menaçante, on l’arrête, chez les sujets forts, par la saignée générale et locale , comme nous venons de le dire;par le repos, la diète'et lesboissons délayantes. Chez les sujets très-affaiblis, et même dans tous les cas où l’hémorrhagie ayant été très-abondante , on ne pourrait plus recourir aux saignées , parce qu’il ne reste pas assez de sang au malade , il faut arrêter promptement l’écoulement par les astringens, le froid, les irritans placés sur la peau, dans le but coopérer une révulsion.
Les hémorrhagies prennent différens noms/suivant le siège de l’écoulement sanguin; voici celles qui se rencontrent le plus souvent : *
HEMORRHAGIE DU NEZ. V. Epistaxis.
HÉMORRHAGIE DE L’ESTOMAC. V. Hématémèse.
HÉMORRHAGIE DES INTESTINS. V. Hémentérèse.
HÉMORRHAGIE DE LA VESSIE. V. Hématurie.
HÉMORRHAGIE DES POUMONS. V. Hémoptysie.
HÉMORRHAGIE DE L’ANUS. V. Hémorrhoïdes.
HÉMORRHAGIE DE L’UTÉRUS, ou PERTE. V. MÉ-
NORRHAGIE.
HÉMORRHAGIE DU CERVEAU. V. Apoplexie.
HEMORRHOÏDES. Flux hémorrhoïdal. (Avant de lire cet article, consultez celui Hémorrhoïdes en général.) On appelle hémorrhoïdes un écoulement, ou même un simple suintement de gan^ fourni par de petite? tumeurs qui se développent au pour-
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tour de l’anus ou dans son intérieur ; ce qui les a fait distinguer en hémorrhoïdes externes et internes. Voici quels sont les symptômes généraux des hémorrhoïdes :
D’abord , le signe caractérisque est l’écoulement du sang par l’extrémité de l’anus ; mais cette hémorrhagie est précédée 4’un certain nombre de symptômes particuliers. Il y a ordinairement pesanteur de tête , malaise général , douleurs vers les lombes, démangeaisons à l’anus, avec apparition de petites tumeurs ou tubercules livides et douloureux, qui laissent écouler une plus ou moins grande quantité de sang. Cependant cet écoulement arrive quelquefois sans apparition de tumeurs ; quelquefois aussi ces tumeurs se développent sans qu’il survienne d’hémorrhagie, et dans ce^ dernier cas l’on dit que les hémorrhoïdes sont sèches.
Les causes des hémorrhoïdes sont évidemment des causes irritantes qui déterminent une congestion sanguine vers l’extrémité du canal intestinal. Cette hémorrhagie se manifeste rarement chez les jeunes gens, mais c’est presque toujours chez les adultes et le plus souvent chez les personnes d’un tempérament bilieux et mélancolique. On a cru remarquer dans certaines familles une disposition héréditaire à cette affection. Quoiqu’il en soit, les causes qui concourent à la produire sont un régime trop succulent, parce qu’il fournit une quantité de sang surabondante; l’abus des liqueurs, du café, des mets épicés, qui sur-irritent le canal intestinal et y attirent le sang; l’usage trop fréquent des purgatifs violens etdeslavemens irritans, le passage d’une vie active à l’oisiveté, la position assise gardée habituellement, la constipation et les efforts pour aller à la selle, la grossesse, les obstructions et les engorgemens du foie et d’autres viscères contenus dans l’abdomen et qui gênent la cireulatiomdu sang, la suppression des menstrues, les maladies de la vessie, de l’utérus, des ovaires.
Les hémorrhoïdes arrivent presque toujours d’une manière périodique. Cette hémorrhagie a beaucoup de rapport avec les règles, soit par sa régularité, soit par son influence sur » le reste du corps. La bonne santé en dépend. En cherchant à les supprimer par les stimulans à l’intérieur, on peut produire des irritations d’entrailles, des inflammations diverses, l’hydropisie même, etc.
Les tumeurs qui surviennent à l’anus ne sont pas les hémorrhoïdes elles-mêmes, elle ne sont que l’effet de l’accumulation du sang attiré par l’irritation.
Traitement. Dans le plupart des cas, on ne doit pas supprimer le flux hémorrhoïdal , surtout lorsqu’il est périodique. Il