HEM
ne requiert les soins de la médecine que lorsqu’il est trèsabondant et souvent répété, et qu’au lieu de favoriser le bon état de la santé , il est au contraire accompagné de la diminution de l’embonpoint, de l’altération des traits du visage, de la perte des forces. Mais , je le répète , il arrive bien plus souvent que la suppression ou même le retard des hémorrhoïdes produise des accidéns plus graves'tque l’excès de cette hémorrhagie.
Pour prévenir lés hémorrhoïdes chez les individus qui n’y sont pas encore sujets , maisqui paraissent y être prédisposés, On pratiquera de temps en temps une saignée générale, et l’individu s’astreindra à un régime léger, plutôt végétal qu’animal, avec boissons aqueuses et émollientes. Si l’hémorrhagie existe déjà avec régularité, il ne faut pas y toucher , mais il faut faire en sorte que l’irritation ne gagne pas les intestins. Si cette irritation survient, on appliquera 20 ou 3o sangsues sur le ventre et principalement sur le côté droit, surtout s’il y a engorgement du côté du foie. Au reste, on poursuit l’irritation partout où elle se présente. Si l’écoulement est trop abondant et que l’individu ait de de l’embonpoint, on a recours aux saignées générales, au régime végétal, à la position horizontale sur un lit dur , aux boissons rafraîchissantes et acidulées , aux lavemens émolliéns et même aux doux laxatifs pour obvier à la Constipation. Mais, si le sujet est faible et qu’il soit déjà épuisé par des pertes considérables , on ne pourrait plus avoir recours à la saignée, et on chercherait à arrêter l’hémorrhagie par l’application du froid à l’anus, aux lombes, à l’intérieur des cuisses. On emploie à cet effet des compresses imbibées d’eau vinaigrée froide , souvent renouvelée, ou, ce qui est mieux encore, on se sert de glace pilée renfermée dans une vessie qu’on laisse appliquée pendant plusieurs heures. On administre en même temps des lavemens astringens, tel que celui indiqué page 164, des boissons également astringentes , par exemple , une des tisanes prescrites page 201. Il ne faut pourtant pas trop insister sur ces derniers moyens, car ils pourraient déterminer la constipation , ce qui s’opposerait à la guérison.
Il arrive quelquefois que les tumeurs hémorrhoïdales sont si volumineuses , qu’elles sont comme étranglées par l’anus , et que la gangrène menace de s’en emparer. Que faire en pareil cas? Si l’on applique les sangsues, l’expérience prouve qu’elles augmentent constamment là tumeur et par conséquent les dangers. La glace pilée appliquée pendant 5, 6, 8, et même 12 heures consécutives, est le moyen le plus efficace que nous connaissions ; mais il faut avoir soin de ne pas retirer la glace
HEP 5o3
de trop bonne heure, parce que la réaction vitale qui succéderait à son emploi augmenterait infailliblement l’inflammation et la tumeur.
Si le flux hémorrhoïdal venait à cesser de paraître après avoir existé d’une manière habituelle, il faudrait le rappeler; mais pour atteindre ce résultat , on n’emploiera pas les purgatifs drastiques, tels quel’aloès, le jalap, etc., et d’autres stimulans, parce que toutes ces substances irritent le canal intestinal , et qu’elles peuvent y fixer l’inflammation , y retenir le sang au lieu de le pousser à l’extérieur. Il est beaucoup plus sûr et plus rationnel d’appliquer des sangsues à l’anus aux époques où l’écoulement avait coutume de paraître , de diriger des vapeurs émollientes vers le rectum , de faire un usage fréquent de bains de, siège tièdes, et d’administrer de temps en temps des lavemens purgatifs faits avec le sel de Glauber , celui d’Empson , le miel de mercuriale, la décoction de séné, etc.
Il est un moyen presque infaillible pour rappeler les hémorrhoxdes et les règles supprimées, et qui mérite la préférence sur tous les autres, lorsqu’on peut y avoir recours. Ce moyen, c’est l’électricité : comme je l’ai administrée trèssouvent en pareil cas, je peux parler de son efficacité en parfaite connaissance de cause. Le courant électrique doit être dirigé sur l’anus.
En résumé : i° si les hémorrhoïdes sont régulières et pas trop abondantes , il ne fau t pas les arrêter.
a° Si elles sont excessives, chez un sujet fort, pléthorique, les modérer au moyen de saignées générales , de la diète , du repos, des boissons délayantes et aqueuses.
3° Si elles sont trop abondantes chez un sujet faible, les modérer par des applications froides , la glace , des boissons et des lavemens astringens. ;
4° Si les tumeurs hémorrhoïdales sont étranglées et trèsenflammées , les diminuer par les applications de glace et d’eau vinaigrée très-froide.
5" Si elles sont supprimées mal à propos, les rappeler par les sangsues appliquées tous les mois, les bains de siège, la vapeur d’eau dirigée vers l’anus , les lavemens purgatifs, l’équitation , l’électricité.
HEPATITE. On appelle hépatite l’inflammation du foie. Comme toutes les autres inflammations, celle-ci est aiguë où chronique. Nous allons d’abord parler de l’aigue. Yoici quels en sont les symptômes.
Chaleur , tension ; tumeur, douleur tantôt poignante plus
5o4 HÉP
souvent sourde vers les dernières côtes inférieures du côté droit, augmentée par une inspiration profonde, difficulté ou impossibilité de se coucher sur le côté gauche, toux sèche, nausées, vomissemens bilieux, ordinairement constipation, urines rares et rouge3, couleur jaunâtre du visage et du blanc des yeux, pouls fort, dur et accéléré, hoquet.
Les symptômes que nous venons de décrire ont quelque ressemblance avec ceux de la pleurésie ou de la pneumonie , mais il sera facile de distinguer l’hépatite de ces affections; i° parce que dans l’hépatite la douleur s’élève vers l’épaule et la clavicule droite ; 3° cette douleur augmente par la pression exercée sur le côte droit; 5° il y a difficulté de se coucher sur le côté gauche; 4° d y a vomissemens de bile; 56 souvent il existe une tuméfaction sensible vers la région du foie; 6° la couleur jaunâtre: circonstances qui n’existent pas dans les affections de poitrine.
Les causes de l’hépatite sont en général toutes celles des inflammations, et en particulier la bonne chère, l’abus des boissons spiritueuses , des vomitifs et des purgatifs, les coups, les chutes sur Je côté droit, les chaleurs excessives, les impressions morales vives , les commotions du corps et surtout du cerveau , la suppression d’un vésicatoire, d’une hémorrhagie habituelle, telle que les hémorrhoïdes , les menstrues.
Cette maladie peut se terminer heureusement au bout de sept ou huit jours par une hémorrhagie du nez , par l’apparition des hémorrhoïdes ou des menstrues, par des sueurs et des selles abondantes ; elle peut aussi amener la suppuration , ou dégénérer en inflammation chronique et constituer ce qu’on appelle l’obstruction ou l’engorgement du foie.
Traitement. Cette maladie ne doit pas être abandonnée à la nature. On obtient de bons effets des saignées locales, si l’irritation n’est pas ëncore arrivée au point de produire la noirceur des dents et de la langue, et tous les symptômes de l’ataxie ou de l’adynamie. On appliquera donc un très-grand nombre de sangsues sur le côté douloureux, par exemple 4°> 5o, 6o, 8o, suivant l’âge, les forces du malade et l’intensité de l’inflammation.
Point de vomitifs ni de vésicatoires.
Des sangsues ou des ventouses scarifiées, des applications émollientes sur la région du foie, des bains lièdes, des boissons délayantes, le repos, la diète, Yoilà les seules indications à remplir;
Si l’inflammation est très-intense, on fera précéder les sangsues par une saignée générale. Tout autre traitement est du charlatanisme.
HÉP So5
Hépatite chronique . Inflammation- chronique , obstrue tton, engorgement du foie. Elle succède souvent à l’iiépa— tite aiguë, ainsi qu’aux fièvres intermittentes, surtout lorsqu’on a abusé du quinquina en les traitant. Les symptômes des engorgemens du foie, ou, ce qui est la même chose, de l’hépatite chronique, sont assez variables. Cependant on rencontre ordinairement les suivans : douleur sourde , pesanteur et tuméfaction vers la région du foie (côté droit), couleur jaunâtre de la peau et du blanc des yeux; quelquefois, mais non constamment, difficulté de se coucher du côté gauche; langue jaunâtre, digestion plus ou moins laborieuse, souvent selles de matières grisâtres ou cendrées. Peu à peu l’embonpoint diminue ; après un temps plus ou moins long, il survient des sueurs nocturnes, la fièvre hectique (Voy.
■ Fièvre hectique), et le malade succombe. Mais cette terminaison est loin d’être toujours aussi funeste. En général il y a de l’espoir, lorsque le foie est seul siège de l’irritation, mais Je danger augmente, si l’inflammation gagne le canal intestinal.
L’hépatite chronique accompagnée de fièvre est toujours une maladie grave ; elle se termine souvent par l’hydropisie ou le marasme, enfin par la mort.
Les causes de l’hépatite chronique sont les mêmes que celles de l’aiguë; la seule différence est qu’elles agissent plus lentement.
La nature de cette maladie est très-connue. C’est une irritation du foie développée sous l’influence des causes pre'citées. Cette irritation permanente attire les fluides dans l’organe irrité , en vertu du principe que là où il y a soit irritation, soit douleur , il y a appel des fluides. Le foie acquiert par ce moyen un excédant de nutrition ; de là l’augmentation de volume qu’il éprouve et qu’on appelle obstruction , engorgement. Si l’irritation continue de marcher, la substance même du foie se désorganise, et il en résulte des abcès , des ulcérations, des perforations du foie, des calculs formés dans son intérieur, etc. Telle est d’ailleurs la marche de toutes les inflammations.
Traitement. Il consiste essentiellemént dans l’emploi des émolliens à l’intérieur; s’ily a des signes d’acuité, en emploiera les sangsues ou les ventouses scarifiées sur la région du foie.
Les amers, la myrrhe , l’aloès , les aromatiques , les fondans doivent être rejetés , parce que tous ces médicamems sont irritans.
Les eaux thermales administrées à l’intérieur sont souvent nuisibles. Quand on a recours à ce moyen, il faut toujours faire en sorte que l’estomac n’en soit pas irrité, et en suspendre l’usage dès qüe l’on aperçoit des signes de gastrite. Les
$o6 HYD
douches sur le côté malade ont quelquefois produit de bons effets.
Après l’administration des émolliens et des douches ou des bains pendant quelques semaines, on peut employer les moxas, les Vésicatoires, les frictions mercurielles, dont on a retiré quelquefois de très-bons effets. On pratique ces frictions tous les jours ou tous les deux jours sur la région même du foie, avec l’onguent mercuriel, dont la préparation et le mode d’administration sont indiqués page 177. Il faudrait suspendre l’emploi de ce médicament, s’il survenait de la salivation.
Mais ce qui est le plus convenable, c’est l’emploi avec une patience à toute épreuve de boissons muqueuses, mucilagineuses, d’un régime doux, léger , végétal , dont il faut quelquefois soutenir l’usage pendant des années entières.
HERPES. (Y. Dartres. )
HUMEURS FROIDES. (Y. Scroïuxes. )
HYDROCEPHALE. Hydropisie du cerneau. Avant de lire cet article , consultez celui Hydropisie en générai. Cette affection se manifeste ordinairement par les symptômes suivans :
Au début de la maladie , l’enfant est languissant ; il éprouve souvent des nausées, et même des vomissemens une ou deux fois dans la journée; des douleurs lancinantes se font sentir vers le front ou vers quelque autre partie de la tête; ces douleurs alternent quelquefois avec celles de l’estomac. L’enfant laisse aller sa tête, ses yeux fuient la lumière ; il pleure, pousse des cris plaintifs et tout-à-fait particuliers à cette maladie ; il dort à peine, ou bien , s’il dort, il grince des dents, il se frotte le nez, et s’éveille en sursaut comme s’il était effrayé. Il y a ordinairement constipation. A mesure que la maladie fait des progrès, ces symptômes augmentent d’intensité; mais il s’en manifeste de nouveaux: les yeux deviennent comme louches, la pupille est dilatée, les vomissemens sont plus fréquens, les douleurs de tête plus violentes; la chaleur du corps, et surtout de la tête, est considérablement augmentée ; le pouls est précipité , mais bientôt il se ralentit et devient inégal, intermittent; la douleur paraît un peu diminuée, mais le malade tombe enfin dans un état d’assoupissement permanent que l’on nomme coma ; il porte souvent les mains à sa tête; les yeux sont renversés et entr’ouverts , et ils deviennent complètement insensibles à la lumière la plus vive. Cet état dure quelques jours, ensuite la respiration devient pénible et stertoreuse; enfin des convulsions générales se manifestent, et le malheureux enfant expire au milieu de cette scène de douleurs.