‹ Dictionnaire de santé ou vocabulaire de médecineChapitre 54 sur 106 · HYP · texte numérisé non relu

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Les causes de l’hydrocéphale sont toutes les causes excitantes, stimulantes, irritantes, qui agissent sur le cerveau. Cette maladie n’arrive guère que chez les enfans, et principalement chez ceux qui ont une tête volumineuse, une intelligence précoce; ce qui a fait dire, avec raison, que les enfans qui ont trop d’esprit ne vivent pas. Les coups, les chutes sur la tête, l’exposition aux rayons dü soleil, la répercussion de la petite vérole, de la rougeole, de la scarlatine, une dentition difficile, doivent être mis au rang de causes les plus fréquentes de l’irritation cérébrale, et par conséquent de l’hydrocéphale, qui n’en est que le résultat. Cette maladie est fréquemment déterminée par une affection de l’estomac , car il est rare que ce viscère soit irrité , surtout chez les enfans , sans que cette irritation se répète au cerveau, à cause de l’étroite sympathie qui lie ces organes entre eux. On croit qu’il existe une disposition particulière à l’hydrocéphale dans certaines familles; nous ne croyons pas que la chose soit invraisemblable; ce qui est bien prouvé, c’est que cette terrible maladie est beaucoup plus fréquente dans certains pays que dans d’autres.

Quelle est la nature de l'hydrocéphale, et en quoi consiste cette maladie? C’est une inflammation du cerveau. Comme toute irritation ou inflammation appelle le sang vers les parties qui en sont le siège, ce sang peut être extravasé dans le cerveau , et il en résulte une hémorrhagie intérieure; ou bien la partie aqueuse du sang transsude seule à travers certaines membranes, et il en résulte une hydropisie du cerveau ; d’où il s’ensuit que l’inflammation, l’hémorrhagie, l’hydropisie du cerveau , sont absolument la même maladie dans le principe. Cette maladie est une excitation, un surcroît d’activité, une irritation enfin. La preuve de cela est que les causes productrices sont toutes stimulantes, et que cette maladie se déclare de préférence chez les enfans dont le cerveau jouit naturelle- > ment d’une grande activité , et qui ont l’intelligence précoce.

Traitement. D’après ce que nous venons de dire sur la nature de cette maladie , il s’ensuit que le traitement doit être très-actif, dès l’instant que l’on en aperçoit les signes avantcoureurs. Si l’on attend que l’épanchement soit formé, ou, en d’autres termes, que l’hydropisie cérébrale existe; cette maladie est une des plus graves dont lés enfans puissent être affectés; elle est presque toujours mortelle. Le but que l’on doit se proposer est donc d’empêcher la congestion de saDg au cerveau ; pour cela, il faut recourirdès le principe, sans balancer et coup sur coup, aux saignées locales. Comme il arrive trèsfréquemment que l’irritation débute par l’estonaac, et qu’elle

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réveille sympathiquement celle du cerveau, on appliquera d’abord 10 ou 1 5 sangsues sur le creux de l’estomac. Quelques heures plus tard, on en mettra un nombre égal aux tempes, derrière les oreilleset au cou, afin d’attaquer l’inflammation partout où elle se présente, et on reviendra deux, trois, quatre fois à ce moyen dès les premiers jours. Le moindre retard peut être mortel. On secondera l’action des saignées locales par l’application permanente du froid sur la tête et de la chaleur aux extrémités. Le froid empêche le sang d’arriver vers le cerveau; la chaleur l’attire vers les points éloignés de cet organe. La meilleure manière d’appliquer le froid consiste à renfermer dp la glace pilée dans une vessie, que l’on place sur la tête comme une calotte. On entretient la chaleur auxpieds parle moyen de cataplasmes de farine de lin saupoudrés avec un peu de moutarde. On donnera de temps en temps un lavement purgatif, pour établir un point de révulsion sur le canal intestinal. Repos absolu; éloignement du bruit et du grand jour; boissons émollientes et à petites doses.

Lorsque la maladie est parvenue à un haut degré, que les yeux sont renversés et devenus insensibles à la lumière, que les convuljionssemanifestent,l’épanchementestformé, etil est inutile alors de fatiguer le petit malheureux par des vésicatoires, des moxas, des sinapismes, dont l’expérience n’a que trop constaté la complète inutilité , quand le mal est arrivé à ce point. Je ne finirai pas cet article sans avertir aussi qu’au début de cette affection , seule époque où il y, ait quelque espoir de guérison, il faut bien se garder d’employer l’émétique et les purgatifs, comme le conseillaient autrefois la plupart des auteurs de médecine. Ces moyens, en irritant le canal intestinal, qui l’est presque toujours dans cette maladie, ne sauraient manquer d’en accélérer la marche et les dangers , en ajoutant irritation â irritation.

HYDROPHOBIE. (Y. Rage. j

HYDROPISIE EN GÉNÉRAL. L’hydropisie est caractérisée par l’accumulation d’uné humeur aqueuse qui s’exhalant sous forme ide rosée dans l’état ordinaire de santé, est absorbée dans la même proportion ; niais dans l’état maladif, elle reste accumulée dans diverses cavités tapissées par des membranes lisses que l’on nomme séreuses, ou dans les articulations des membres, ou dans le tissu qu’on nomme cellulaire. Cette accumulation suppose ou que- l’humeur aqueuse arrive en plus grande quantité qu’à l’ordinaire, ou que l’absorption est diminuée.

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Les causes de l’hydropisie sont de diverses sortes. Et d’abord : la prédisposition à cette maladie consiste dans un développement considérable du tissu cellulaire, avec faiblesse et peu d’activité du système sanguin. Cette maladie est plus fréquente dans l’enfance et dans la vieillesse; cependant elle peut se déclarer à tous les âges et chez tous les tempéramens.

Lorsque la prédisposition existe, les causes les plus ordinaires sont la suppression subite de la transpiration cutanée ; car, pour que l’équilibre persiste, il faut que les organes urinaires évacuent ce que la peau n’évacue plus; mais il arrive quelquefois que le transport de l’action exhalante se fait sur les membranes séreuses dont nous avons parlé, dans le tissu cellulaire, de sorte qu’on devient tout à coup hydropique par l’impression subite du froid.

L’ingestion d’une grande quantité de liquides produit trèssouvent l’hydropisie, surtout l’ascite, c’est-à-dire l’hydropisie de l’abdomen; par exemple, de grandes quantitésd’eau bue par des voyageurs ayant chaud, surtout s’ils s’endorment après cela sur la terre, àl’ombred’un arbre, etc., déterminent cet accident.

L’influence d’un organe enflammé, et principalement les inflammations des membranes lisses dont nous avons parlé plus haut, et qui tapissent les cavités de la poitrine, de l’abdomen; les tumeurs, les engorgemen s ou obstructions du foie, de la rate, des entrailles, des ovaires, etc. , en sont une cause très-fréquente.

La cause la plus commune est l’obstacle à la circulation du sang produit par certaines affections du cœur, par la grossesse qui comprime les vaisseaux, par l’ossification , l’oblitération des troncs artériels ou veineux, enfin par tout ce qui s’oppose au mouvement du sang.

Les saignées trop copieuses produisent quelquefois l’hydropîsie, parce que lés tissus se relâchent, le sang est plus aqueux, et par conséquent s’épanche plus facilement. Mais cette cause est infiniment plus rare qu’on ne le croît vulgairement.

La nourriture de mauvaise qualité et trop peu abondante peut être cause de l’hydropisie, ainsi qu’on a occasion de l’observer dans les années de grande disette. L’humidité de l’air concourt puissamment à la développer.

L’abus des purgatifs, des boissons spiritueuses, peuvent donner lieu à i’hydropisie , en irritant la membrane muqueuse du canal intéstinal. Aussi rien n’est plus fréquent que de voir les ivrognes devenir by drop iques.

L’hydropisie estgénérale, c’est-à-dire affectant l’universalité du corps, ou partielle, c’est-à-dire n’afiectantque quelques parties.

L’hydropisie générale commence ordinairement par les parties inférieures, par i’epflure ou l’çedème des pieds,

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Dans l’hydropisie partielle, au contraire, l’enflure ou l’oedème commence ordinairement à l’endroit ou près l’endroit où l’hy. dropisie se manifeste. Cependant dans ces cas même l’enflure des pieds se montre quelquefois avant tout autre symptôme.

L’hydropisie générale porte le nom à’anasarque ; c’est , à proprement parler, l’hydropisie de tout le tissu cellulaire du corps et principalement de celui qui est situé sous la peau. ’

L’hydropisie de l’abdomen porte le nom à' ascite. Comme elle est la plus fréquente de toutes, ondui donne presque toujours le nom d’hydropisie, sans autre désignation. L’ascite est le plus souvent accompagnée de l’anasarque.

On donne le nom d’hydrocéphale à Phydropisie du cerveau. Elle est très-fréquente chez les enfans. (Y. Hydrocéphale. ) On la rencontre aussi chez les vieillards, mais ce n’est réellement qu’une apoplexie. (Y. Apoplexie. )

Lorsque Phydropisie existe dans les cavités de la poitrine, on l’appelle hydrothorax ou hydro péricarde. (V. Hydrothorax.) La matrice elle-même peut devenir le siège d’une hydropisie partielle, à laquelle on a donné le nom d 'hydrométrie.

On a encore divisé Phydropisie en passive et en aetive. L’hydropisie passive, beaucoup plus rare que l’autre, dépend en général de pertes de sang excessives ou d’alimens peu substantiels, d’obstacles à la circulation. L’hydropisie active résulte d’un foyer inflammatoire aigu ou chronique ; par exemple l’ascite ou hydropisie de l’abdomen est très-souvent le résultat d’une inflammation du péritoine; Phydrothorax , d’une inflammation des membranes qui recouvrent les poumons et le cœur, et qu’on nomme plèvre, etc. , etc.

Traitement de l’hydropisie en général. II est variable suivant les causes , le degré , l’ancienneté , la complication de la maladie.

Lorsque l’hydropisie dépend uniquement du dérangement de la transpiration ou d’un excès momentané de boissons aqueuses, les malades supportent les médicamens stimulans, et ils s’en trouvent ordinairement assez bien. C’est surtout dans ees cas qu’il faut employer les purgatifs, tels que lascammonée, le jalap, la gomme gutte (V. Purgatifs, p. 7^ et suiv. ) , l’huile de croton tiglium , et les diurétiques trèsforts, tels que la digitale, la scille, le vin blanc, le sel de nilre,etc. (V. Diurétiques , pag. 66.‘) Cependant il est prudent de ne pas jouer avec ces irritans ; parce que si l’on en abuse, ils peuvent déterminer et déterminent en effet très-souvent une irritation, une inflammation du canal intestinal.

Si Phydropisie est l’effet d’un obstacle à la circulation du sang, d’un anévrisme ou de toute autre maladie du cœur, la

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saignée générale , jointe à quelques boissons légèrement stimulantes , en est le traitement le plus naturel ; mais s’il y avait désorganisation, on ne pourrait plus espérer de guérison, et tout le traitement devrait se borner à quelques palliatifs.

Si l’hydropisie dépend d’un foyer inflammatoire qui ne dure que depuis peu de temps, et qui n’ait pas encore produit des altérations organiques, on doit, pour la faire disparaître, combattre l’inflammation , qui est la maladie principale. On a trèssouvent réussi à faire disparaître des collections aqueuses dans l’abdomen , en plaçant des sangsues sur le bas-ventre pour éteindre un foyer inflammatoire siégeant dans les intestins , dans le péritoine , la matrice , toutes les fois que les personnes, quoique atteintes d’hydropisie , conservaient assez de force pour supporter une évacuation sanguine. 11 est important d’assujétir en même temps les malades à une diète des plus sévères , sans quoi , tout ce que l’on pourrait faire aboutirait à bien peu de chose. Tant que l’inflammation persiste, on ne doit donner que des boissons calmantes; mais lorsqu’elle est apaisée, il faut les rendre légèrement diurétiques. Les baies de genièvre constituent en pareil cas un des meilleurs diuré tiques que l’on puisse employer. On en met de ao à 4o dans une pinte d’eau de bourrache, de buglose, de racine de fraisier, de chiendent, etc. Quelquefois onajouteàcetteboisson a ou3 gouttes de teinture de cantharides. Lorsque l’estomac est parfaitement sain , ce que l’on peut connaître à la netteté de la langue et à sa couleur naturelle, on emploie avec le plus grand succès le sel de nitre à la dose de i5 Ou ao grains par pinte de liquide les premiers jours, et en l’élevant progressivement jusqu’à un demi-gros, et même à un gros par pinte , que l’on prend en diverses fois dans les vingt-quatre heures.

Le régime doit être modéré ; il consiste principalement en laitage, en fruits et en végétaux frais, et parmi ceux-ci on doit donner la préférence aux plantes acidulés, telles que l’oseille, aux diurétiques, tels que les différentes espèces de choux, les raves, les navets, le cresson ; parce que ces alimens aidés des boissons diurétiques que nous avons indiquées , contribuent à faire couler les urines, sans irriter le canal intestinal. Le même régime convient en général dans tous les cas où le malade peut faire usage d’alimens.

Le traitement que nous venons d’indiquer convient encore dans les hydropîsies de poitrine , qui viennent à la suite d’une pleurésie chronique ; mais lorsque la maladie est arrivée au degré de la désorganisation des parties qui en sont le siège, on est réduit à la médecine palliative , qui consiste dans un

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régime adoucissant, dans l’emploi de quelques boissons légèrement diurétiques.

Doit-on, lorsque la collection d’eau est assez considérable avoir recours à îa ponction pour évacuer le liquide ? Est-il vrai , comme on le pense vulgairement, que celte opération soit dangereuse, et qu’elle, accéléré la mort de l’individu? En général, la ponction est une opération très-simple qui n’a rien de fâcheux par elle-même; la plaie guérit très-promptement; le malade én éprouve un soulagement sensible ; les urines deviennent ordinairement plus abondantes , et les diurétiques agissent ensuite avec bien plus d’efficacité. Sans la ponction, les malades périraient infailliblement suffoqués, lorsque la collection est trop considérable. On peut y avoir recours plusieurs fois dans le cours d’une même maladie. Je l’ai pratiquée moi-même neuf fois sur le même individu, qui est aujourd’hui très-bien portant. Il est donc de la plus grande fausseté què la ponction puisse nuire au malade; il est constaté, au contraire, par l’expérience que l’on guérirait bien plus souvent l’hydropisie de l’abdomen , si l’on avait la précaution de joindre de très-bonne heure la ponction au traitement approprié.

Dans l’anasarque, ou hydropisie générale du tissu cellulaire, outre les diurétiques, ôn pratiquera des frictions, soit sèches, soit aromatiques , avec une brosse ou une pièce de flanelle. Lorsque la peau est très-téndue, on peut pratiquer tous les jours un grand nombre de piqûres superficielles, à travers lesquelles l’eau s’échappe par petites gouttes. Nous avons été souvent témoin des bons effets obtenus par ce moyen employé tous les jours pendant plusieurs semaines.

Résumons en quelques mots ce qui concerne Thydropisie en général.

i°EIlepeut être produite par les pertes excessives de sang, par le défaut de nourriture, ou une alimentation de mauvaise nature.

2° Par l’impression subite du froid, lorsque les personnes transpirent abondamment , qu’elles boivent ayant chaud, de grandes quantités d’eau.

3° Elle est causée, dans le plus grand nombre des cas , par. une inflammation ordinairement chronique Ru canal intestinal, du péritoine (membrane séreuse qui tapisse la cavité de l’abdomen), de la plèvre (membrane séreuse qui tapisse la cavité de la poitrine), du foie, des ovaires, etc.

4° Elle dépend très-souvent d’un obstacle à la circulation du sang, tel qu’un anévrisme ou autre altération i du coeur», l’ossification des artères , des tumeurs- qui comprimeot. lés yeinçs, etç. ..

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Dans le premier cas, on emploie les toniques, les bons alimens et de légers diurétiques pour boisson.

Dans le second, on a recours aux purgatifs forts, tels que le jalap, l’aloès, la scainmonée , et aux diurétiques les plus actifs, tels que la scille, la digitale, le vin blanc, le sel de nitre (nitrate de potasse). Bien entendu que le canal intestinal doit être en bon état, sans quoi ces médicamens ne pourraient pas être employés.

Dans le troisième, si l’inflammation est aiguë et peu ancienne, on emploie les sangsues , la diète et les boissons émollientes; et lorsque l’inflammation est abattue, on fait usage de légers diurétiques, tek que la racine de fraisier, le chiendent, les baies de genièvre, etc. ; mais si l’inflammation est ancienne, il faut renoncer aux saignées et s’en tenir aux diurétiques.

Dans le quatrième cas, la saignée peut être très^utile, si l’hydropisie dépend d’un anévrisme du cœur; parce qu’elle est le remède de l'anévrisme lui-même; mais lorsqu’il y a désorganisation des parties qui gênent la circulation, on est réduit à s’en tenir à la médecine palliative.

Enfin, dans les cas où il existe une collection de sérosité dans l’abdomen, il faut faire pratiquer la ponction aussitôt qu’il est possible d’exécuter cette opération.

HYDROTHORAX. Hydropisie de poitrine. Avant de lire cet article, consultez celui Hydropisie en général. On appelle hydrothorax l’hydropisie des cavités de la poitrine. Pour bien Comprendre comment cette hydropisie peut avoir lieu, il faut savoir que la poitrine contient les poumons et le cœur, et que ces organes sont en outre renfermés dans des membranes lisses qu’on appelle plèvres et péricarde. Ces membranes laissent continuellement suinter une sérosité ou une eau destinée à les maintenir glissantes. Si la quantité de cette sérosité est trop considérable, quelle qu’en soit la cause, il y a collection ou amas d’eau dans l’intérieur de la poitrine ; c’est l’hydrothorax. Voici quels en sont les symptômes :

Gêne de la respiration, oppression désagréable de la pôitriné; visage pâle et bouffi; gonflement pâteux des pieds ( ce symptôme existe ordinairement dans toutes les espèces d’hydropisie ); urines peu abondantes , soif ardente ; toux d’abord sèche, ensuite humide ; difficulté de se coucher. sur un des côtés ; battemens de cœur mous, faibles, plus ou moins réguliers ; sentiment d’un flot de liquides , lorsque, le malade change de position. Si l’hydropisie occupe à la fois les deux côtés de la poitrine, le malade a beaucoup de peine à se coucher sur le dos, et il est obligé de se tenir presque assis dans son lit; si

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elle n'existe que d’un seul côté, il se couche plus facilement sur le côté malade que sur le côté sain , etc. L’hydrothorax existe très-souvent en même temps que l’anasarquë ou hydropisie du tissu cellulaire. Àti reste, les symptômes caractéristiques de l’hydrothorax sont les signes généraux de l’hydropisie, plus ceux qui annoncent une gêne plus ou moins grande des fonctions des organes de la respiration, tels que la toux*, l’étouffement, l’haleine courte et pénible, etc.

Dans un grand nombre de cas , on n’aperçoit d’abord qu’une légère infiltration des pieds, surtout vers le soir, et une bouffissure de la face , principalement des paupières et du pourtour des yeux. Insensiblement cette enflure gagne l’abdomen, puis la poitrine, ou bien la poitrine d’abord, et les parties dont nous venons de parler sont enyahies consécutivement.

Les causes sont en général les mêmes que celles de l’hydropisie ordinaire; il est par conséquent inutile de les énumérer. En particulier, ce sont les inflammations de poitrine (cette cause est la plus fréquente de toutes ), surtout celle que l’on nomme pleurésie chronique ;\les affections organiques du cœur, des poumons et des gros vaisseaux artériels ou veineux qui se trouvent dans la poitrine.

L’hydrothorax est une maladie grave, d’abord à cause de la nature des organes affectés, ensuite à cause de la difficulté de donner une issue à la collection aqueuse. Dans tous les cas , celte maladie est toujours très-longue, même lorsqu’elle se termine par la guérison; elle peut durer plusieurs mois, et même des années entières ; quelquefois elle se termine par des urines , des selles ou des sueurs abondantes.

Le traitement diffère très-peu de celui deshy dropisiesen général, dont nous avons parlé dans l’article précédent. Si le canal intestinal est en bon état, on prescrit les diurétiques , tels que le sel de nitre à la dose de 10 à 40 grains dans 1 pinte d’une légère décoction de baies de genièvre, déraciné de chiendent, de fraisier, etc. On peut élever progressivement la dose de nitre jusqu’à un gros, et même à un gros et demi dans les vingtquatre heures ; mais qu’on n’oublie pas "que remploi de ce médicament à hautes doses, ainsi que celui de la digitale, de la scille, suppose toujours le bon état des voies digestives ; état que l’on reconnaît à l’absence de la fièvre et à la couleur naturelle de la langue. Si le contraire survient, on suspend l’emploi de ces médicamens; on le reprend ensuite graduellement, lorsque les symptômes de l’irritation du canal intestinal ont disparu.

L’hydropisie de poitrine se développe-t-elle sous l’influence d’une inflammation récente? la saignée, soit générale, soit locale, peut être d’un grand avantage pour abattre cette inflam-

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mation, et conséquemment pour guérir l’hydropisie, qui n’en est qu’un effet. Il est utile , dans tous les cas, et quelle que soit la cause de l’hydropisie, d’appliquer un ou plusieurs larges vésicatoires sur la poitrine; l’expérience prouve qu’on en a souvent obtenu des résultats heureux; mais une fois qu’on les a établis, il ne faut pas trop se hâter de les supprimer.

Lorsque la collection de sérosité est tellement abondante que le malade est menacé de suffocation, il faut faire pratiquer la ponction pour évacuer le liquide.

HYPOCONDRIE^ Voici une des affections sur lesquelles on a le plus écrit d’erreurs. Parmi les causes innombrables qu’il serait fastidieux d’énumérer ici, auxquelles ôn attribuait cette maladie, on n’avait oublié que la véritable; c’est ce que* je crois pouvoir démontrer jusqu’à l’évidence dans cet article. Commençons par décrire les symptômes auxquels on peut reconnaître cette affection.

. Les symptômes de l’hypocondrie sont "; la lenteur de la digestion , l’augmentation de la douleur au commencement de cette même digestion, les rots,, les hoquets , un sentiment de constriction, de torsion à l’estomac, des borborygme», des développemens subits de flatuosités dans les intestins ; quelquefois le ventre est aplati ; d’autres fois , au contraire, il est tendu; le malade perçoitla sensation d’une boule ou dii ballottement d’un fluide dans l’abdomen. A force de s’étudier, les hypocondriaques parviennent même à sentir les alimens passer de l’estomac dans les intestins, et à suivre presque tous leurs mouvemens à travers ces viscères. Il en est qui ont l’attention tellement fixée sur eux-mêmes," qu’ils sentent le battement de presque toutes, leurs artères. L’expulsion des matières fécales est souvent pour eux une chose des plusdifîiciles, parce que cet état est presque constamment accompagné de constipation opiniâtre. Ces malades sont généralement tristes et taciturnes ; ils se plaisent à raconter leurs maux en des termes exagérés; ils disent ressentir des douleurs atroces, et n’oublient dans leur récit aucune circonstance des plus minutieuses de leur maladie. À les entendre, leurs maux ne -ressemblent enrien à ceux dont on a entendu parler avant eux. Cependant, le jugement de ces malades est; juste pour tout ce qui leur est étranger ; il n’est faux ou bizarre qu’en ce qui concerne leur santé. Ces symptômes présentent d’ailleurs une infinité de nuances qui dépendent de la constitution, des habitudes, de la sensibilité des individus, etc.

La durée de l’hypocondrie est longue, et n’â pas de terme précis. Cette maladie est ordinairement continue ; mais, dans certains cas , elle paraît être intermittente ; quelquefois elle

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ne se termine qu’avec la vie ; rarement elle cause la mort, qui alors est précédée de dépérissement et de marasme.

L’exaltation, la bizarrerie des facultés intellectuelles avaient fait regarder l’hypocondrie comme une maladie imaginaire: c’est une erreur. Cet état des facultés mentales est toujours l’effet de l’irritation de quelque organe. Il s’agit maintenant de déterminer quel est l’organe irrité chez les hypocondriaques, Nous né craignons pas d’avancer hardiment que ce sont les organes de la digestion. En effet, tous les symptômes que nous venons de décrire sont , ceux des gastrites et des gastro-entérites chroniques. La formation des gaz, la diarrhée ou la constipation, les rots, les douleurs dans l’estomac, la sécheresse et la rougeur de la langue , etc. , tout cela ne peut être que le résultat d’une affection du canal intestinal.

Mais, dira-t-on, si l’hypocondrie n’est autre chose qu’une irritation, une inflammation des organes de la digestion, comment expliquer le soulagement que les malades éprouvent souvent de l’usage des alimens succulens, du bon vin, des stimulans? Le voici :

Dans les irritations chroniques de Festomac qui ne se sont pas élevées au degré de l’inflammation, l’estomac n’a pas perdu son aptitude à être agréablement affecté par les alimens , les toniques, le bon vin. Il s’échauffe'au point de ne devenir douloureux que sur la fia de la digestion, deux ou trois heures après le repas; il se refroidit ensuite. Si, à cette époque, on donne des stimulans, comme des vins forts, des viandes succulentes, l’estomac s’en trouve bien , et il éprouve pendant quelque temps un sentiment de bien-être qui dissimule momentanément la douleur. Mais comme, sous l’influence de ce traitement, l’irritation prend un nouvel accroissement, cet organe refuse tout aliment; les douleurs augmentent et le malade dépérit. Si alors on donne des vomitifs, des purgatifs, des eaux minérales , il peut bien en éprouver un soulagement momentané; mais ces médieamens agissent à la manière des toniques; ils augmentent à la fin l’irritation qu’ils avaient d’abord calmée; celle-ci s’élève au degré inflammatoire, et la digestion devient plus douloureuse, et souvent tout-à-fait impossible.

Jl est encore assez facile de suspendre les souffrances de l’estomac, quand il n’est irrité que dans un point de son étendue. Dans ce cas, qui est ordinairement celui des hypocondriaques, les parties saines, agréablement affectées par les stimulans, éprouvent une sensation de plaisir qui fait oublier la douleur de la partie malade. Mais celle-ci devient plus sensible ; elle s’enflamme davantage ; l’inflammation gagne en

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