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étendue, et l’on arrive à une véritable gastrite ou gastro-entérite aiguë.

L’exaltation , le trouble des facultés mentales dépend de l’influence que l’estomac irrité exerce sur le cerveau. Toutes les personnes qui ont habituellement l’estomac souffrant ont, au bout d’un certain temps , la raison plus ou moins dérangée ; elles sont inquiètes, et se persuadent qu’elles éprouvent une foule de maladies. Enfin il en résulte cet ensemble de symptômes auxquels on a donné le nom d’hypocondrie.

Toutes les gastrites ou irritations chroniques du canal intestinal ne produisent pas toujours ces symptômes. Chez les individus d’une constitution molle, indolente, lymphatique, l’estomac peut être altéré j désorganisé, sans qu’ils en aient pour ainsi dire la perception ; ceux-là sont rarement hypocondriaques ; mais ce sont surtout les personnes d’un tempérament bilieux, nerveux, les gens que leur goût porte vers les études et la méditation, dont le cerveau est très-actif, et dont la sensibilité est mise en jeu avec la plus grande facilité. On conçoit en effet que, chez ces individus, les irritations du canal intestinal excitent de nombreuses sympathies, des spasmes-, des maux de tête, des aberrations de jugement, etc., etc. , enfin tout le cortège des symptômes protéiformes qui constituent l’affection qui nous occupe.

L’hypôcondi;ie n’ést donc pas une maladie plus mystérieuse que toutes celles qui ont été décrites jusqu’ici; c’est une irritation chronique des voies gastrites chez les individus d’une constitution irritable, nerveuse, mélancolique, etc.

Le traitement n’est pas une chose facile à faire observer aux hypocondriaques, parce qu’il faut souvent une persévérance de plusieurs années, et qu’ils perdent patience, s’ils n’en obtiennent pas de bonne heure le succès qu’ils en espéraient. D’ailleurs, le bien-être passager que leur procurent les toniques , les mets succuîens, le bon vin, les engage à revenir trop souvent à ces moyens, qui excitent de plus en plus les organes digestifs-, et ne font qu’ajouter une irritation à celle dont ils sont déjà atteints. On tâchera, en conséquence, de bannir lés viandes de mouton, celles de bœuf, le gibier, les pâtisseries , les salaisons, les ragoûts, tous les mets fortement épicés, les liqueurs spiritueuses, le café, les vins chauds, etc. Ces malades ont besoin d’être encouragés ; il faut leur persuader que la constance les fera triompher de tous les obstacles. On les accoutumera peu à peu au régime adoucissant; et malgré leur répugnance pendant les premiers temps, ils finiront par s’y habituer. Les substances farineuses , telles que le riz , le tapioca , le vermicelle ? la semoule, le sagou, le salep ; les

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viandes blanches , comme celles de poulet, de veau, d’agneau , etc. , formeront la base principale de leur nourriture. On permet à ces malades des légumes tendres, des fruits fondans , lorsqu’ils ont l’estomac chaud, et qu’ils ne sont d’ailleurs sujets ni aux vents, ni à la diarrhée. Le lait est peut-être l’aliment le plus approprié à ces sortes de cas, parce qu’il contient assez de matériaux nutritifs, et qu’il irrite très-peu les organes de la digestion ; mais il ne doit jamais être prescrit qu’à ceux dont l’estomac le digère sans difficulté ; autrement il s’aigrit et produit desflatùosités qui tourmentent le malade. On en rend la digestion plus facile, en y ajoutant une petite quantité de sucre. Un exercice modéré, le grand air, l’habitation à la campagne- sont avantageux. Mais les exercices violenS sont nuisibles,, parce qu’ils produisent des secousses qui1 exaspèrent la sensibilité de l’estomac.

Les eaux minérales , que l’on prescrit souvent aux hypocondriaques, ne less soulagent que lorsque l’irritation est légère, en excitant les urines, les sueurs, les selles; mais, dans le plus grand nombre des cas, elles ne procurent qu’une guérison palliative, et, après un certain nombre de rechutes , les malades ne les supportent plus. L’air desmontagnes, les promenades, les jeux, la distraction, sont ordinairement plus utiles que les eaux elles-mêmes. Toutefois, dans les cas où l’on jugerait convenable d’y avoir recours, on devrait donner la préférence aux eaux légèrement salines, et surtout à celles qui sont gazeuses. Les eaux sulfureuses sont trop stimulantes, et elles exaspèrent le plus souvent les inflammations du canal intestinal. L’eau pure ou légèrement sucrée est en général la boisson la plus convenable; et si les malades ne veulent pas absolument se passer de vin, il ne faut leur en permettre qu’une très-petite quantité étendue d’eau.

Ce régime, s’il est suivi avec persévérance, est aussi le meilleur pour obvier à la constipation qui tourmente ces malades parce que cette constipation est un effet de l’irritation intestinale, et qu’en faisant cesser la cause , l’effet doit également cesser; ( Y. , pour plus amples détails , Comstipatiox. ) Si le malade était sujet aux hémorrhoïdes et qu’elles fussent supprimées, on devrait les rappeler au moyen d’une application d’une dizaine de sangsues aux époques où cet écoulement avait coutume de se manifester.

HYSTÉRIE. Cette affection, particulière aux femmes, et qui a les plus grands rapports avec l’hypocondrie, est caractérisée par les symptômes suivans :

L’attaque est ordinairement subite; quelquefois néanmoins

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elle est précédée d’un malaise général, de bâillemens, de défaillances, d’envies de pleurer ou de rire, ou de quelques autres symptômes nerveux. La femme éprouve le sentiment d’une boule qui roule plus ou moins vite dans l’abdomen , et s’élève en se dirigeant vers la poitrine et la gorge , qu’elle serre quelquefois au point de faire craindre la suffocation. Elle est tourmentée par des vents qu’elle rend souvent avec bruit par haut et par bas ; elle pousse des soupirs qui paraissent sortir du fond déjà poitrine ; elle a des hoquets, elle se sent gonflée, étouffante; elle cherche l’air avec empressement. Quelquefois le ventre se dilate et se resserre, s’élève et s’abaisse comme un soufflet, ou tourne comme une meule de moulin. Il ÿ a des palpitations violentes, et souvent la malade porte automatiquement la main sur sa poitrine comme^our retenir son coeur, qui semble s’élancer au-dehors. La femme s’agite convulsivement dans tous les sens à la manière des épileptiques ; on observe alors des contractions violentes dans les membres, la torsion de l’épine du dos, la raideur du corps, les contorsions de la face, des secousses violentes qui soulèvent tout le corps, et une infinité d’autrès mouvemens convulsifs extraordinaires , et qui varient de mille manières chez les différentes femmes.

Cependant , au lieu de convulsions, on observe quelquefois des phénomènes tout opposés. Par exemple, la malade resté immobile; elle perdl’usage desséns; la respiration est suspendue, et les mouvemens du cœur sont si faibles qu’on né les aperçoit qu’avec laplus grande difficulté;quelquefoîsmêmeils cessent entièrement au point que certaines femmes ont été laissées pour mortes, et que , dans certains cas, on a eu l’imprudence deles ensevelir.

L’attaque d’hystérie se termine ordinairement par des cris, par des pleurs, par des éclats de rire immodérés, par des urines abondantes et très-limpides.

Les symptômes de l’hystérie ont plusieurs points de ressemblance avec ceux de l’épilepsié ; cependant il ne sera pas difficile de la distinguer de> cette dernière maladie par l’émission d’urines abondantes et limpides, tantôt avant, tantôt et plus souvent apres l’accès , par le sentiment d’une boule , par la crainte de la suffocation ; symptômes qui se rencontrent dans l’hystérie et jamais dans l’épilepsie.

La durée de l’attaque est de quelques minutés, de plusieurs heures, et même, rarement pourtant, d’un ou deux jours. Ces attaques n’ont rien dé régulier dans leur retour ^cependant, chez quelques femmes, elles se manifestent à chacune des époques de l’évacuation menstruelle.

L’hystérie cesse pour l’ordinaire au bout de quelques années et vers l’âge critique. Il est très-rare qu’elle se continue dans

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la vieillesse : elle peut se terminer par la folie ou l’épilepsie, et rarement par la mort.

Qu’est-ce que l’hystérie? La nature decette affection, en apparence si extraordinaire, est-elle inaccessible aux recherches du médecin ? Non. Les attaques d’hystérie reconnaissent la même cause que lès autres convulsions, les attaques nerveuses, l’hypochondrie , etc. C’est toujours un organe irrité qui trouble les autres. Dans l’hypocondrie nous avons vu que les organes irrités étaient les voies digestives ; dans l’hystérie c’est l’utérus. Mais n’allez pas croire que les irritations de l’utérus donnent toujours lieu à cette affection ; car il peut être irrité, excité, enflammé chez une femme indolente, peu sensible, sans qu’il y ait affection hystérique. Mais chez les femmes dont les nerfs sont irritables et mobiles, quand l’utérus ou d’autres parties de l’appareil sexuel sont en souffrance, cette irritation, cette excitation ébranle tout Je système nerveux, et développe plus ou moins le cortège des symptômes auxquels on a donné le nom d’hystérie. Chez ces femmes, qui sont en général des femmes du monde, élevées dans la mollesse, il n’est pas même nécessaire d’une véritable inflammation; la congestion sanguine qui précède les époques menstruelles, la continence , les passions contrariées, l’abus des plaisirs , les chagrins, les impressions morales , suffisent pour irriter l’utérus, et pour que cette irritation, comme nous venons de le dire, réagisse fortement sur les nerfs et produise les accès.

Nous pourrions entrer dans de très-longs détails pour démontrer la vérité de cette assertion, que Y hystérie n’est autre chose qu’une irritation de L’utérus , qui retentit dans diverses parties du. système nerveux ; mais ces détails ne peuvent pas trouver ici leur place. La première influence de cette irritation se manifeste sur les organes du bas- ventre et de la poitrine, ainsi que le démontrent les vents, le tournoiement, les palpitations, la sensation d’un boule ascendante, l’étranglement, etc.; l’autre influence s’exerce sur le cerveau , qui recevant l’irritation des organes précédens, la renvoie dans les membres par le moyen des nerfs ; de là, la perte de connaissance, les convulsions, la raideur, les larmes, etc.

De même que l’irritation de l’utérus détermine celle des viscères contenus dans l’abdomen , l’irritation de ceux-ci détermine aussi celle de l’utérus. Ainsi il n’y a rien d’étonnant que les affections morales, les indigestions et toutes les irritations du cerveau, de la poitrine et des organes digestifs, réveillent l’action de l’utérus, et qu’il en résulte un accès,

Dans le principe, les attaques d’hystérie dépendent toujours de l’irritation de l’utérus ; mais lorsque les nerfs ont contracté

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l’habitude convulsive, l’accès peut se manifester sous l’influence de toute autre irritation quelconque. C’est ainsi que la moindre odeur peut y donner lieu , de même que la plus petite contrariété, une nouvelle agréable ou désagréable, etc.

Traitement de l’hystérie. D’après ce*qui vient d’être dit sur la nature de cette maladie , on comprendra facilement qu’il importe avant tout de calmer l’irritation qui donne Heu aux symp- ' tomes nerveux. Si donc l’utérus est dans un véritable état inflammatoire, on emploiera le traitement antiphlogistique, qui consistera dans les boissons émollientes, les saignées locales, pratiquées de temps en temps sur le bas-ventre et les organes sexuels. On emploiera les bains de siège, les bains généraux, les Iâvemens émolliens, une nourriture douce et légère. Après ce traitement , lès moyens les plus efficaces sont les exercices modérés, la distraction , les voyages, en un mot, tout ce qui convient aux hypocondriaques. (Y, Hypocondrie.)

Lorsqu’on est parvenu à détruire l’inflammation ou l’irritation locale, on attaque l'habitude convulsive, qui leur survit assez fréquemment, par des médicàmens stimulans auxquels on donneleüomd’antispasmodiqüestdece genre sont T éther, l’assafcetida, le muse, l’opium, le camphre, la valériane, etc. Mais il ne faut pas accorder à ces médicàmens plus de confiance qu’ils n’en méritent ; car très-souvent ils ne font que pallier le mai. (V., pour l’administration des antispasmodiques, p. 47 etsuiv.) Le plus sûr estde n’user àl’intérieur d’aucun stimulant, de s’en tenir à un régime léger qui soutienne la malade sans trop l’exciter, de l’éloigner des travaux intellectuels , de la lecture des romans , et de la faire jouir du grand air et de toutes les distractions qu’il est possible de lui procurer. Si les accès reviennent à des époques fixes, on peut tenter l’usage du quinquina, qui a réussi dans quelque cas; mais il faut pour cela que l’estomac soit en bon état, ou l’administrer en lavement.

Ce que nous avons dit jusqu’ici regarde le traitement qu’il convient de suivre pour obtenir la cure radicale de la maladie; mais s’il n’est question que de prévenir ou de dissiper l’accès, lorsqu’il existe , il y a autre chose à faire. Quand l’accès est annoncé par des symptômes précurseurs, on peut le prévenir par des frictions faites sur tout le corps avec une brosse ou un morceau de flanelle, par des affusions d’eau froide sur la face; par un lavement contenant de Tassa- foelida, et surtout par une volonté bien prononcée de la part de la malade de résister à l’attaque nerveuse. Quelquefois on a réussi à empêcher l’attaque en appliquant une ligature sur le membre qui paraissait en être le point de départ. Durant l’attaque, on se contente de coucher la malade horizontalement sur le dos, de desserrer

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ses vêtemens et d’empêcher qu’elle ne se blesse. Si l’attaque se prolongeait trop, on lui ferait respirer des odeurs fortes, telles que l’assa foetida, le castoréum, l’éther, l’ammoniac, etc.

ICTÈRE. (Y. Jaunisse.)

ICTÈRE DES NOUVEAUX NÉS. (Y. Jaunisse des nouveaux NÉS.)

IDIOTISME. (V. Foiïe.)

ILÉUS. (Y. CoEIQUE DE MISERERE.)

INCUBE. (Y. Cauchemar.),

INFLAMMATION. On appelle inflammation l’état d’un organe dans lequel l’activité vitale est beaucoup plus énergique que dans la santé. Cet état d’excitation est ordinairement caractérisé par la chaleur, la douleur, la rougeur, et souvent par la tuméfaction delà partie enflammée. Il est assez facile de concevoir de quelle manière l’inflammation se développe. Une partie du corps est d’abord irritée, excitée, stimulée par une cause quelconque : cette irritation fait affluer le sang et les autres liquides, en vertu d’une loi de l’économie animale que, là où il y a irritation, il y a appel de fluides. Plus les parties sont gorgées de sang, plus il y a de chaleur ,et de rougeur dans ces mêmes parties , plus aussi il y a de tension , et par conséquent de douleur. Un exemple peut suffire pour démontrer la formation de toute espèce d’inflammation. Supposons une épine enfoncée dans les chairs ; cette épine est le corps irritant; le sang ne tarde pas d’y arriver; une auréole rouge sé forme tout autour; il y a pulsation , gonflement, chaleur, douleur. La suppuration s’empare de ces parties , et bientôt le pus s’écoule. Ce que nous disons de l’épine peut s’appliquer à toute autre cause irritante, excitante. C’est ainsi qu’un grain de sable irrite l’oeil et l’enflamme. Il en est de même d’une lumière trop éclatante, de la chaleur trop intense, d’un coup, d’un liquide âcre et stimulant , etc. C’est ainsi que l’estomac est irrité et s’enflamme par l’usage des alimens stimulans, échauffans, salés, épicés , etc. , des boissons spiritueuses , telles que le vin , l’eaude-vie, et toutes les préparations alcoholiques, les vomitifs, les purgatifs , et toutes les substances soit alimentaires, soit médicamenteuses d’une nature irritante, ou dont la quantité excède les justes proportions voulues par la nature. La peau est irritée et s’enflamme sous l’influence de presque tous les agens appliqués à sa surface, le froid, le chaud, l’humidité , les caustiques, certaines affections qui se communiquent par le contact, etc. Le cerveaq s’irrite et s’enflamme sous l’mfluence

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