‹ Dictionnaire de santé ou vocabulaire de médecineChapitre 57 sur 106 · M INF · texte numérisé non relu

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ou d’un organe se bornent rarement aux points primitivement enflammés ; ordinairement ils produisent différens désordres dans d’autres parties. Par exemple, l’inflammation de l’estomac donne lieu aux maux de tête, à des douleurs et comme à des brisemens dans les membres. Ces troubles consécutifs à l’inflammation primitive se nomment sympathiques ; ils cessent ordinairement en faisant cesser l’inflammation qui leur donnait lieu. Un effet presque constant de l’inflammation , quand elle est un peu vive , ou même sans être vive , si elle affecte des organes doués d’une grande sensibilité, c’egt la fièvre. La fièvre, sur laquelle on a écrit tant d’erreurs, n’est jamais une maladie par ellemême, mais toujours un effet d’une inflammation locale, soit qu’on connaisse cette inflammation, soit qu’on ne la connaisse pas. Un panaris au doigt, une ophthalmie, uné angine, un furoncle, etc., sont quelquefois assez violens pour donner la fièvre; faites disparaître ces inflammations locales, et vous aurez fait disparaître la fièvre. On doit en dire autant de toute inflammation interne accompagnée de symptômes fébriles; dans la pratique, on ne doit nullement s’occuper de la fièvre, mais chercher à calmer l’irritation ou l’inflammation, sous l’influence de laquelle elle se manifeste. Telle n’était pas la manière dont on envisageait autrefois la fièvre : confondant l’effet avec la cause , on prenait la fièvre pour la maladie principale , et l’on dirigeait contre cet être imaginaire les mèdicamens les plus stimulans, qui ne manquaient pas d’allumer de plus en plus l’inflammation. (Y. Fjèvre.)

On est convénu de donner différens noms aux inflammations; ces noms sont pour l’ordinaire tirés de celui des parties qui en sont le siège.

L’inflammation du cerveau s’appelle cérébriteou encéphalite; (V. ce mot.)

Celle des yeux, ophthalmie ; (Y. ce mot.)

Celle du nez, coryza ; (V. ce mot.)

Celle des amygdales et de l’arrière-gorge, angine; (V. ce mot.)

Celle des poumons et de ses enveloppes, pneumonie , pleurésie , pulmonié , phthisie pulmonaire; (V. ce mot.)

Celle de l’estomac, gastrite; (V. ce mot.)

Celle des intestins, entérite ; (V. ce mot.)

Celle delà portion inférieure des intestins, colite; (V, ce mot.)

Celle du péritoine, péritonite; (Y. ce mot. )

Celle du foie, hépatite; (V. ce mot.)

Celle de la rate , splénite; (V. ce mot.)

Celle des reins, néphrite; (V. ce mot.)

Celle de la vessie, cystite; (Y. 'ce mot.)

Celle de la matrice, mêtrite. (V, ce mot.) ,

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Les inflammations de la peau prennent différens noms, suivant la forme qu’elles affectent. Le furoncle, l’anthrax, l’érysipèle , la petite-vérole, la teigne, les dartres , etc. , sont des inflammations plus ou moins vives , plus ou moins profondes de ]a peau.

L’inflammation des muscles s’appelle rhumatisme. (Y. ce mot.)

Celle des articulations s’appelle arthritis; mais dans le langage vulgairè , quand cette inflammation occupe les articulations des doigts du pied ou de la main, on la nomme goutte, et quand elle occupe des articulations plus considérables, et qu’elle est en même temps mobile , on la nomme rhumatisme goutteux.

L’inflammation des os se nomme carie.

L’inflammation peut amener différens désordres, suivant qu’elle est aiguë ou chronique, et surtout, Suivant le siège qu’elle occupe. Elle se termine par résolution , c’èst-à-dire qu’elle se dissipe peu à peu , en laissant les tissus à peu près dans le même état qu’ils étaient auparavant; par métastase , c’est-à-dire pa.r son transport d’un endroit du corps à un autre; par suppuration, par la gangrène, par des obstructions ou engorgemens, par des indurations , des tubercules , des squirrhes , des cancers, etc. Toutes ces dégénérescences sont en effet le résultat d’un travail inflammatoire qui les a précédées et qui les entretient.

L z traitement de l’inflammation diffère suivant qu’elle est aiguë ou chronique, et suivant les désordres qu’elle a produits dans les tissus. Parler ici du traitement de chaque espèce d’inflammation, ce serait répéter ce que nous avons dit dans la plupart des articles de ce livre, puisque le plus grand nombre ' des maladies qui affligent l’espèce humaine sont des inflammations. Nous renvoyons donc le lecteur à ces articles , et nous dirons seulement, en deux mots, que toutes les inflammations aiguës, sans exception, exigent le traitement antiphlogistique ou émollient. La base de ce traitement consiste dans les saignées générales ou locales, les boissons émollientes, la diète , surtout si l’inflammation est aiguë , les bains, les lavemens, les applications émollientes, les révulsifs, le repos, et surtout le repos de la partie malade; point de remèdes stimulans, irritans , échauffans. Ce même traitement convient encore dans un très-grand nombre d’inflammations lentes ou chroniques.

Un préjugé funeste et presque universellement accrédité, consiste à croire que l’on doive relever les forces des malades par les médicamens toniques, les alimens succulens, les vins généreux. C’est une erreur, lorsque la faiblesse est le résultat d’une inflammation , ce qui est le cas le plus ordinaire. Supposons en effet qu’un organe soit le siège d’un travail inflammatoire : le sang et les autres fluides s’accumulent vers le point

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