‹ Dictionnaire de santé ou vocabulaire de médecineChapitre 58 sur 106 · INO · texte numérisé non relu

INO

enflammé , ce qui ne peut arriver qu’aux dépens des autres parties du corps. Si cet organe enflammé joue un grand rôle dans l’économie animale, si c’est par exemple l’estomac, qUe doit-il en résulter? D’abord, ce que je viens de dire , ensuite que ladigestion nesefaisant plusou ne se faisant que d’une manière irrégulière , la nutrition ne peut plus avoir lieu , les forces diminuent, le malade perd son embonpoint, et si l’inflammation est violente ou qu’elle dure trop long-temps, il tombe dans l’épuisement, et la mort arrive. Le vulgaire, qui ne s’arrête qu’à la surface et aux formes , dira : Cet homme maigrit tous les jours ; il dépérit à vue d’œil, il perd toutes ses forces , il faut le ranimer par de bons consommés du bon vin, par les toniques les plus forts. Malheureux! cet état de délabrement n’existe que parce que le malade porte une inflammation qui le mine et le consume insensiblement , et vous faites précisément ce qu’il faut pour augmenter , pour exaspérer cette inflammation. N’est-il pas de la dernière évidence qu’il faut commencer par calmer, par éteindre ce feu? et dès lors- tout rentrera dans l’ordre. Et quels sont les moyens de l’apaiser, sinon l’abstinence des alimens forts qui ne font qu’irriter de plus en plus l’organe enflammé , la diète absolue , si l’inflammation est aiguë, les boissons émollientes, quelquefois les saignées, les révulsifs, pour porter l’irritation sur un autre point, le repos, etc. ? Il en est de même, si l’inflammation siège dans le cerveau , les poumons, le cœur, lefoie^ etc. ; partout elle entraîne avec elle le dépérissement et la perte des forces; pour réparer ces forcés , il est absurde de recourir aux prétendus toniques qui étant tous des stimulans, font mentir leur nom en. augmentant l’inflammation , et par conséquent la perte des fo'rce.s. J’ai dû insister sur ce point, parce que rien n’est plus commun que l’erreur que j’attaque, erreur qui fut malheureusement partagée long-temps, même par les médecins, mais que les progrès de la science ont aujourd’hui détruite de fond en comble.

INFLAMMATOIRE, fièvre inflammatoires Fièvre.)

INOCULATION. On appelle inoculation l’opération par laquelle on communique artificiellement une maladie contagieuse. C’est ainsi que l’on inoculait autrefois, et que quelques médecins inoculent encore aujourd'hui la petite-vérole. Mais comme l’expérience a démontré que par cette pratique on pouvait communiquer d’emblée la petite-vérole , que l’on voulait éviter, l’inoculation est aujourd’hui généralement abandonnée. On l’a remplacée par la vaccine. (Y. Vaccine.) On a aussi tenté d’inoculer la peste, la fièvre jaune, la rougeole , et plûsieurs autres affections contagieuses; mais jusqu’ici les résultats n’ont pas été satisfaisans.

INTERMITTENTES, fièvre intermittente. (V. Fièvre.)

IRRITATION. Oh entend par irritation l’effet qui résulte de l’action des causes excitantes, stimulantes, irritantes sur quel-, que partie du corps. Pour bien comprendre le sens de ce mot, il faut savoir que tous les tissus des corps vivans sont susceptibles d’éprouver des modifications dans leur manière d’être à l’occasion d’une cause, soit physique, soit morale, qui agit sur eux. Si cette modification consiste dans une surcroît d’activité de vitalité , il y a irritation. Quand un grain de sable entre dans l’œil , il l’irrite, l’œil pleure, rougit; ce qui prouve que l’action vitale est augmentée dans- cette partie ; cet effet se nomme irritation. Si un vomitif est introduit dans l’estomac , il irrite cet organe, il y fait affluer la bile et l’estomac se soulève pour se débarrasser de la présence de ce corps irritant; l’effet produit dans l’estomac est une irritation. Un purgatif irrite les intestins et y fait arriver les mucosités. Des vapeurs âcres irritent les poumons et produisent la toux. Des frictions , des caustiques irritent la peau et la rougissent. Le tabac irrite la membrane muqueuse du nez et fait couler le mucus. Un des effets les plus constans de l’irritation est donc d’appeler les fluides vers le point où cette irritation existe; c’est un principe reconnu de la plus haute antiquité : Ubi dolor, ubi fluxus, c’est-àdire que là où il y a douleur (soit irritation) il y a fluxion. Il est très-important de constater ce fait, parce que dans le monde, et souvent même parmi les médecins, on prend souvent l’apparition de certaines humeurs pour la maladie principale, sans faire attention qu’elle n’est que l’effet de l’irritation , et que c’est en conséquence contre celle-ci que le traitement doit toujours être dirigé. Si un individu a la langue jaune, s’il rejette de la bile, on croit de prime abord que la bile lui fait la guerre 3 comme on dit, et on lui administre un bon vomitif pour nettoyer l’estomac. Erreur grossière et dangereuse. Pourquoi la bile arrive-t-elle dans l’estomac? Ç’est que cet organe étant irrité , celte irritation y a appelé la bile. Cela est si vrai, que chez l’individu le mieux portant on peut faire arriver la bile en grande quantité, en irritant l’este mac artificiellement au moyen d’un vomitif ou de tout autre corps irritant. Cette explication est applicable à tous les cas d'irritation.

Il est facile de comprendre, d’après ce qui vient d’être dit, que l’irritation n’est qu’un des premiers degrés de l’inflammation, et que toute irritation qui fait des progrès finit par passer à. l’état inflammatoire. Comme nous ne ferions que répéter ce que nous avons dit dans un des articles précédens, si nous entrions dans de plus longs détails sur l’irritation , nous renvoyons le lecteur à cet article. (V. Inflammation.)

Page 1