JAU
JAUNE, fièvre jaune . (Y. Fièvre jaune.)
JAUNISSE ou ictère. On appelle ainsi une affection caractérisée par la couleur jaune de la peau. Voici quels en sont les symptômes principaux :
Les yeux , les ailes du nez , les commissures des lèvres , enfin toute la face, deviennent successivement jaunes; le pourtour des ongles jaunit aussi, ainsi que tout le reste du corps. Les urines , d’abord jaunes, prennent plus tard une couleur de safran ; les matières fécales sont grises, blanches, verdâtres ou de couleur d’argile. La langue est jaune; dans le principe de la maladie, la peau est aride, ensuite il y a quelquefoês des sueurs jaunes. A ces symptômes, il se joint souvent des maux de tête, des nausées, des vomissemens, de la tristesse, de la mélancolie. Mais il est inutile de nous étendre plus au long sur les signes de cette affection ; à la couleur jaune des yeux, qui fait que le malade voit tout en jaune, à celle du visage et du reste du corps, il n’est personne qui ne puisse; reconnaître la jaunisse au premier aspect.
Qu’esl-ce que la jaunisse ? On a long-temps regardé cette affection Comme une maladie essentielle : c’est une erreur. La couleur jaune est produite par la présence de la bile; la bile est formée parle foie; son épanchement dans le sang ne peut donc venir que d’une affection du foie, ou de celle des organes voisins. Or cette affection n’est autre chose qu’une irritation. L’irritation existant, l’activité de l’organe qui en est le siège est augmentée, la bile est. en conséquence élaborée en plus grande quantité que de coutume. Ce n’est pas tout: non- seulement l’irritation du foie augmente la sécrétion de la bile , mais le même effet est encore produit par l’irritation de l’estomac et d’une portion du canal intestinal , voisine de l’estomac, qu’on nomme le duodénum. En effet, les inflammations ou irritations de ces parties produisent très-facilement celle du foie et réciproquement , de sorte que l’on doit considérer la jaunisse commele produit de l’irritation du foie, et plus souvent encore comme une irritation de l’estomac, du duodénum et du foie en même temps; c’est donc une hépatite et une gastrite, ou, en d’autres termes , une hépato-gastrite. Tant que celte irritation est peu prononcée , elle n’est marquée que par un peu de chaleur durant la / digestion , par une espèce de poids dans le flanc droit, par un peu de fatigue, de lassitude, de chaleur à la gorge, de rougeur au pourtour de la langue. Si ces symptômes se présentent sans couleur jaune , on n’y fait pas
attention; mais la couleur jaune paraît-elle ? on appelle le médecin, qui aperçoit facilement, à l’inspection de la langue et aux autres signes, qu’il y a irritation gastrique. En comprimant le foie, on détermine une sensation plus ou moins pénible; et si cette douleur n’a pas lieu ,.du moins quelques heures après le repas , le malade éprouvera toujours un sentiment de malaise et de plénitudè.
La jaunisse n’accompagne pas constamment l’hépatite et la gastrite, ou, en d'autres termes, le foie et l’estomac peuvent être et sont réellement très-souvent irrités sans qu’il y ait jaunisse; cela dépend des individus. On sait en effet que les irritations prennent différentes formes , suivant la sensibilité, l’âgé des individus et le degré de la maladie, etc. La jaunisse peut même exister sans aucune espèce de douleur, parce qu’il est des individus dont la sensibilité est si obtuse, que leurs organes peuvent être en proie à une inflammation , sans qu’ils en aient la moindre perception.
La jaunisse peut exister à l’étàt aigu et à l’état chronique , avec ou sans fièvre, comme l’irritation gastro-hépatique, dont elle dépend.
Causes de la jaunisse. On Fa attribuée ù.Ia pléthore bilieuse, c’est-à-dire à une surabondance de bile ; mais c’est à tort : elle estle résultat des gastrites ,el des hépatites. (V. Gastrite et Hépatite). Ainsi toutes les causés capables d’irriter , soit, Le foie, soit le canal digestif, doivent être regardées comme capables de donner lieu à la jaunisse! Telles sont l’augmentation ou la diminution des sécrétions naturelles, les vives etles longues douleurs de l’estomac, les poisons âcres , la morsure de certains animaux vénéneux, les violentes affections de l’âme qui agissent d’abord sur F estomac, puis sur le foie, îes engorgemens et les obstructions du bas-ventre produits par l’irritation prolongée du canal intestinal, les engorgeméns , les obstructions du foie , également produits par l’irritation ou l’inflammation , les coups, les chutes sur le ventre, l’usagé de mauvais alimens, de substances âcres , etc.
Traitement. La couleur jaune delà peau fournit-elle des indications particulières pour le traitement ? Non : cette couleur ne serf qu’à indiquer l’existence de la gastrite et de l’hépatite ; et l’on ne doit s’occuper que de celte inflammation. On doit donc mettre d’abord en usage les moyens qui détruisent l’irritation fle l’estomac et du foie. Ce sont lés saignées locales , chez les personnes fortes , pratiquées au moyen de sangsues sur lé creux de l’estomac et sur la région du foie. Il est même essentiel de pratiquer ces saignées chez toutes les personnes, dans le cas où l’irritation existé à l’état aigu. Quelquefois la couleur jaune disparaît aus-
53o , JAU
sitôt après l’emploi de ce moyen ; si elle continuent que la dou* leur persévère, on peut faire une seconde etmême une troisième application de sangsues. On donnera en même temps des boissons adoucissantes : les meilleures sont celles qui sont légèrement acidulés, et principalement la- limonade faible dans laquelle on peut faire dissoudre un peu de gomme arabique, l’oran'geade, l’eau de groseille très-légère , la tisane de pommes. Si le malade avait de la toux, on s’abstiendrait des acides, et l’on donnerait pour tou te boisson des tisanes de gomme arabique, de guimauve, de chiendent, d’orge, etc. Le malade sera tenu aune diète plus ou moins sévère, suivant que l’inflammation Sera plus ou moins vive, aiguë ou chronique, avec ou sans engorgement. Quelques médecins conseillent les purgatifs” , la crème de tartre, les amers, etc., sur la fin de la maladie; mais. on a remarqué que ces médicamens faisaient souvent reparaître la jaunisse, surtout chez les personnes délicates. Ainsi, à l’état aigu les mêmes boissons que pour la gastrite aiguë; à l’état chronique, les mêmes boissons que pour la gastrite chronique , et très-peu d’alimens.
Enfin, si la jaunisse ne diminue pas, un des moyens les plus propres pour la faire disparaître c’est le bain tiède, dont l’expérience a souvent constaté les succès en pareil cas. On l’administre tous les jours ou tous les deux jours.
En deux mots on débute par le traitement de la gastrite et de l’hépatite, et ensuite, si la maladie persiste, on emploie les bains tièdes.
JAUNISSE DES NOUYEAUX-NÉS. Elle se%ianifesté souvent immédiatement après -la naissance, quelquefois plus tard. Les enfans deviennent jaunes; ils ont des vomissemens, quelquefois des angoissés. Comme chez les adultes, elle estici le résultat d’une irritation du canal digestif et du foie, qui sont excités, pour cela seul qu’ils commencent à entrer enaction.Tous les enfans n’ont pas la jaunisse, même quand ils ont une irritation du canal digestif ; il en" est de même chez les adultes.
Traitement. Il n’est pas’ convenable d’appliquër des sangsues. Comme la présence du méconium dans le canal intestinal est une dès Causes les plus ordinaires de cette affection , le meilleur moyen d’en provoquer la sortie, c’est le premier lait de la mère qui jouît au juste de la propriété purgative capable de produire cet effet. Si l’on ne peut le lui donner, on administre à l’enfant quelques cuillerées d’eau miellée ou d’eau sucrée, dont on peut seconder l’effet par l’usage de petits bains tièdes. Point de lavemehs , ni de purgatifs , ni même de sirop de chicorée ; le canal intestinal, est encore trop peu h^iitué aux stimulans pour débuter par ces moyens. Dans le cas même
LÈP 53i
où il existerait des vers, les adoucissans, comme l’expérience le prouve , seraient encore préférables aux purgatifs. Ordinairement la jaunisse disparaît au bout de très-peu de temps , surtout quand l’enfant prend le lait de la mère. Si elle continue, G’est une preuve qu’il y a une altération grave dans le foie ; il ne reste alors que bien peu d’espoir-de guérison.
LADRERIE. (V. Lèpre.)
LAIT. ( V. Allaitement et Accouchement. )
LANGUE ( Inflammation de la) . Y. Glossite.
LÈPRE. Maladie de la peau qui a beaucoup de rapports avec les dartres. Dans cette affection., la peau est épaissie, plus ou moins désorganisée , rugueuse , écailleuse; le tissu ceUm laire sous-cutané est tellement engorgé, que les parties qui sont le siège de la lèpre sohl entièrement déformées. Au bout d’un temps dont la longueur est Variable , la peau subit des altérations considérables; elle se décompose, s’ulcère, suinte. Le malade est tourmenté par des insomnies , par la fièvre et des douleurs très-vives. L’irritation delà peau, lorsqu’elle est arrivée à' ce degré , réveille celle des viscères, principalement du canal intestinal, et les malades succombent dans le marasme ou dans l’hydropisie. '
La lèpre débute de deux manières différentes quelquefois, elle commence par la surface de la peau, et c’est alors qu’elle a beaucoup d’analogie avec les dartres; d’autres fois, au contraire , elle commence par une inflammation du tissu cellulaire sous-cutané, et particulièrement du système lymphatique.
Quoique le point de départ d’une irritation quelconque ne constitue, point A nos yeux des maladies d’une nature différente, cependant nous allons. examiner séparément ces deux modes; de développement.
Qn a appelé lèpre des Grecs celle qui débute par la surface de la peau, et lèpre, des Arabes celle qui commence par le tissu cellulaire sOus-catané et le système lymphatique.
Lèpre des Grecs. Elle débute , comme nous l’avons dit , par la superficie de Ja peau , à peu près. comme les dartres. Il paraît qu’elle commence par un érysipèle , qui se renouvelle un certain nombre de fois et finit par laisser la peau rugueuse et couverte: d’écailles. Quelquefois elle est précédée de dartres; la peau se.couvre.de boutons et de pustules qui dégénèrent en croûtes ; celles-ci xecouvrentdes ulcérés qui désorganisent et altèrent diversement la peau. U en résulte des déformations qui varient suivant le siège de là maladie ; ainsi , lorsque l’inflam-
532 LÈP
malion occupe les lèvres, le nez, les narines, les paupières, le front, elle produit de gros traits , change l’aspect de la figure, qui ressemble quelquefois à celle du lion , ce qui a fait donner à cette espèce de lèpre le nom de léontine. Aux pieds, elle produit de grosses rides; le pied devient volumineux et prend la même direction que la jambe, qui ressemble à celle d’un éléa phant; de là le nom d ' êlèphantiasis.
Quelquefois la peau est rouge ; les fluides y arrivent en abondance; on l’appelle alors lèpre rouge ou scorbutique 3 lèpre de Cayenne. D’autres fois la peau , après avoir été rouge, pâlit, devient insensible, sèche; on l’appelle alors lèpre blanche. Si la peau est blanche et rouge , on la nomme lèpre panachée. On observe, dans certains cas de lèpre, un suintement sanieux, une odeur fétide, le gonflement des gencives, l’écoulement purulent d’un liquide parla bouche, le nez, les yeux, provenant d’ulcères sanieux, cancéreux et profonds. Ces phénomènes se rencontrent principalement chez les sujets lymphatiques. L’irritation se communique à l’intérieur, et la fièvre hectique ne tarde pas à se déclarer. Chez les individus doués d’une constitution sèche, la peau devient dure, insensible; le tact est aboli, la peau reste blanche; il n’y a pas de fièvre, et le malade peut vivre long-temps. Quelquefois une partie de la peau ressemble à celle de l’éléphant ; elle est épaisse, rugueuse, sèche, etc. ; les extrémités inférieures gonflées, comme nous l’avons dit, perdent leur sensibilité; les orteils, les pieds, les doigts , les mains se détachent et tombent sans douleur. Si les individus affectés de lèpre sont peu irritables, peu sensibles, la maladie peut . rester long-temps bornée à l’extérieur; mais si le contraire a lieu , l’irritation gagne l’intérieur et met bientôt fin à l’existence des malades.
Les causes de cette maladie sont en général la malpropreté, la mauvaise nourriture, jointes à l’influence de certains climats. Elle est en effet très-fréquente en Egypte , dans l’île de Java; elle régna en France dans le temps des croisades. On croit que les peuples ichtyophages y sont plus, sujets que les; autres, surtout si le climat én favorise en outre le développement.
Traitement. Dans ceux des pays chauds où cette maladie se; rencontre le plus fréquemment, les médecins conseillent l’usage intérieur des irritans les plus forts, entre autres les préparations d’arsenic ; mais les succès ne sont nullément en fa-^ veur d’un pareil traitement, avec lequel on court d’ailleurs; grand risque d’irriter, d’enflammer l’estomac, et de donner lieu à une gastrite plus dangereuse que la maladie que l’on veut guérir. Quoiqu’il soit assez rare de rencontrer cette maladie
LÈP 533
dans nos contrées, et que nous manquions de données bien précises pour indiquer le traitement que l’on devrait suivre, il est cependant à présumer que si on attaquait l’inflammation à son début, si on arrêtait l’érysipèle général ou local dès son apparition, par les boissons émollientes,par les saignées locales et générales , répétées plüs ou moins souvent, selon l’intensité de la maladie, par l’abstinence de tous les excitans et stimulans, tant intérieurs qu’extérieurs, il est à présumer, dis-je , que l’on empêcherait le développement de la lèpre. Si l’inflammation est aiguë, douloureuse , très-étendue , on fera d’abord une saignée de bras , puis on appliquera des sangsues au pourtour des parties enflammées ; on conseillera la diète , le régime végétal, le repos, l’usage du lait, les bains tièdes et tout le cortège du traitement antiphlogistique.
Si la maladie avait déjà fait des progrès, s’il y avait suppuration, altération de la peau, outre les moyens indiqués, on ferait usage de fomentations mucilagineusés légèrement opiacées «sur les parties qui en seraient le siège. La peau, au contraire , est-elle peu enflammée j est-elle sèche, parcheminée, peu sensible, on pourra essayer l’emploi des stimuians, les boissons sudorifiques, par exemple les tisanes de salsepareille etde gaïac, dont la préparation est indiquée page 110; les bains sulfureux,' dont la préparation est indiquée page 1 56. Quelques auteurs conseillent l’emploi des préparations mercur rielles, principalement le sublimé-corrosif (déuto-chlorure de mercure) dissous dans Eeau distillée. Gomme l’avantage des mercuriaux est incontestable dans la plupart des affections de la peau , rien n’empêche, si l’estomac est en bon état, de faire usage de cette préparation, concurremment avec la tisane de salsepareille et de gaïac. (Voyez, pour la préparation et la manière d’administrer le sublimé, page 169, sous le titre de Liqueur anti-syphilitique. ) Il est bien entendu que, s’il survient des symptômes de gastrite manifestés par la- fièvre , on doit suspendre l’usage des sudorifiques, qui étant tous stimuians, ne feraient qu’aggraver la maladie. (V. Eléphantiasis.)
Lèpre des Arabes. Nous avons dit que cette espèce de lèpre se distinguait de la précédente , en ce qu’elle débute par le tissu cellulaire sous-cutané et par le système lymphatique, au lieu de commencer par la superficie de la peau. En examinant attentivement la nature de cette maladie, on voit qu’elle n’est autre chose qu’un engorgement du tissu cellulaire, des vaisseaux et des glandes lymphatiques. Il en résulte des déformations très-variées qui dépendent de l’étendue de l’irritation , de son intensité, de son siège, de sa durée, etc.
Cette maladie peut attaquer toutes les parties dq corps, mais
534 LÈP
les extrémités inférieures en sont le plus souvent le siège. Nous choisirons donc ce dernier cas pour en faire la description.
Elle débute ordinairement d’une manière brusque : il survient une douleur dans l’aine, puis un gonflement semblable à une corde ou à un chapelet dans cette région , et suivant le trajet dès vaisseaux lymphatiques ; là circulation du sang est gênée , arrêtée dans ces parties , la peau qui les recouvre rougit, la fièvre paraît; il y a dégoût, nausées, soif ardente, malaise, lassitude générale. La maladie revient par accès ordinairement réguliers; la fièvre qui accompagne le gonflement dure environ vingt-quatre heures. Ces phénomènes se renouvellent ainsi plusieurs fois dans l’espace de vingt à trente jours; la douleur disparaît, mais le membre reste plus ou moins gonflé. L’année suivante, le membre est plus pesant, et au bout de deux ou trois ans, il acquiert un volume considérable et se déforme comme dans l’espèce précédente. La peau n’est pas d’abord affectée; elle est lisse; mais quand la maladie a duré plus long- temps, il y survient des pustules qui produisent des ulcères et des excoriations. Le malade ne peut ni marcher ni se traîner; cependant toutes les fonctions s’exécutent assez bien , et , sauf cette affection locale , il paraît jouir d’une bonne santé.
Les causes de cette maladie ne sont pas très-connues. Elle n’est pas particulière à l’Arabie , mais on l’observe dans tous les pays très-sujets aux vicissitudes atmosphériques , et surtout dans ceux où la température est chaude et humide. II en est de' même des dartres et de la plupart des maladies de la peau, dont les différences essentielles sont loin d’être aussi nombreuses que sembleraient l’indiquer leurs; formes variables à l’infini. Ces formes , ces difformités ne sont jamais que le résultat de l’irritation, de l’inflammation qui les précède. C’est donc à cette irritation soit aiguë, soit sourde ou latente, que doit s’adresser le traitement. Si nous paraissons insister si souvent sur cette vérité , base de toute médecine raisonnable, c’est que le préjugé contraire est si universel et si ancien qu’*on ne pourra l’extirper qu’en l’attaquant à outrance.
Traitement. II est simple et facile. Lorsque l’inflammation débute dans un membre, on doit la traiter par les saignées locales, comme nous l’avons dit pour l’autre espèce de lèpre. Si l’on n’a pas toujours obtenu un heureux résultat des saignées locales employées même dès le début de l’inflammation , c’est qu’elles n’étaient ni assez copieuses, ni surto'ut assez fréquentes. II est inutile, je crois, de dire que l’application des sangsues doit être faite sur le trajet glanduleux, partout où il se présente. On ne doit point craindre d’en appliquer chaque fois de i5 à 3o,
IÉT 535
4o, 5o, et même plus, suivant la constitution du malade, et principalement suivant le degré de l’inflammation. Par ce moyen, on empêchera l’engorgement et l’on préviendra la déformation du membre. S’il y a vomissement, malaise, fièvre, et que le gonflement soit très-étendu , on mettra en outre le malade à la diète, à l’usage des boissons aqueuses, du petit lait, etc. Si l’estomac est en bon état, on pourra administrer le quinquina ou le sulfate de quinine durant les intervalles d’un accès à l’autre, comme pour la fièvre intermittente, mais jamais pendant l’accès même, (Voyez, pour ce qui regarde la manière d’administrer cette substance, pag. 90. ) Les succès que l’on obtient tous les jours de l’emploi du quinquina dans la plupart des affections périodiques sont un garant de son efficacité dans celle qui nous occupe; efficacité constatée d’ailleurs par l’expérience. Quand l’inflammation de la peau est apaisée, que l’on a fait cesser les phénomènes fébriles parla diète et le traitement antiphlogistique, et qu’il ne reste que de l’engoçgement, on a recours à la compression du membre, que l’on pratique au moyen d’un bandage et aux fomentations aromatiques. Si ces moyens rappellent l’inflammation, s’ils sont douloureux, on en suspend l’emploi, pour le reprendre à temps plus opportun. Nous pensons aussi que l’électricité doit être utile pour dissiper l’engorgement glanduleux, ainsi que dans beaucoup d’autres cas analogues; mais il faut, avant d’en faire l’application, attendre que l’inflammation soit un peu calmée par les moyens indiqués plus haut. Les bains froids, ceux de mer, des mouchetures pratiquées sur les points malades, ont aussi;produit quelquefois de bons effets.
LÉTHARGIE- Suspension de l’action des sens et de la locomotion; état d’assoupissement dont on ne peut tirer les malades que momentanément, et dont l’attaque est suivie de l’oubli des impressions reçues , quelquefois même des connaissances acquises antérieurement. Les personnes' atteintes de léthargie paraissent comme frappées. de mort, et l’on cite de nombreux exemples d’individus ensevelis ou près de hêtre dans cet état, et qui ont ensuite donné des signes de vie, et quelquefois même ont recouvré une parfaite santé. Ces déplorables erreurs sont beaucoup moins fréquentes de nos jours , parce que les lois exigent au moins un intervalle de vingt-quatre heures entre l’instant de la mort et celui de la sépulture, et qu’un homme de l’art est chargé d’examiner les corps pour s’assurer si la mort est réelle ou si elle n’est qu’apparente.
Les moyens de réveiller l’énergie vitale chez les personnes tombées en léthargie consistent d’abord à placer le malade dans, un air frais, et à faire ensuite des frictions avec une brosse ou