ESSENCES OU HUILES ESSENTIELLES DE DIVERSES PLANTES
La plupart des huiles essentielles sont très stimulantes. On s en sert le plus souvent pour pallier l’odêur de certains médicamens d’un goût et d une odeur peu agréables. On conçoit qu’il ne faut en mettre que quelques gouttes dans les boissons que l’on veut aromatiser avec ces essences f car en grande quantité elles en changeraient l’action et les propriétés. Il est bon de savoir aussi que quelque agréables que puissent être les huiles essentielles, soit au goût, soit à l’odorat, elles sont mal supportées par certaines personnes douées d’un tempérament nerveux très-excitable j c’est ainsi que l’on voit fous les jours des femmes qu’on appelle vaporeuses se trouver mal de ces odeurs agréables. Comme
on les donne très-souvent pour le seul agrément des malades , il faut en cela consulter leur goût, pourvu toutefois que les maladies dont ils sont atteints ne s’y opposent pas.
Les huiles essentielles que l’on peut employer le plus souvent sont celles dé rose, dè jasmin, de bergamote, de girofle , de cannelle ; dè citron , d’oranger , d’anis , de fenouil, d’œillet, etc. La dose de ces essences est en général de i à 3 ou 4 gouttes dans une potion ou une tisane.
Règne animal.
AMMONIAQUE ou alcali votàtil fluor . C’est un des stimulans diffusibles les plus actifs que l’on connaisse , car en approchant un flacon de ce liquide des narines des personnes asphyxiées ou tombées en défaillance, elles s’agitent et paraissent se réveiller tout a Coup, si la vie n’est pas entièrement éteinte. Ce n est donc qu’avec beaucoup de précaution que l’on doit faire usagé à l’intérieur de cette substance.
On a regardé l’ammoniaque comme l’antidote de la piqûre du serpent. Plus ordinairement on le donne à l’intérieur comme sudorifique*
Mode d’ administration. On en met io ou iâ gouttes dans une potion, par exemple de fleurs de sureau , de mélisse ou de quelqu’autre plante* L’ammoniaque peut encore être employée de la même manière , comme un trèsbon sudorifique. Mais il est plus ordinaire de se servir de ce liquide comme excitant de la membrane muqueuse du nez. Pour cela on en présente un flacon sous les narines des personnes qui tombent en syncopé , soit pendant une saignée, soit pour beaucoup d’autres Causes.
On prépare aussi avec l’ammoniaque un Uniment àssez fréquemment employé pour obtenir la résolution des glandes engorgées et d’autres tumeurs, lorsqu’elles ne
sont pas dans un état inflammatoire aigu. Ce Uniment se compose de i gros d’ammoniaque, de 3 onces d’huile d’olives, auxquelles on ajoute quelquefois io ou 12 grains de camphre.
L’ammoniaque est encore employé avec succès pour arrêter les hémorrhagies extérieures qui sont la suite de plaies, de contusions. Polir cela, on mélange l’ammoniaque avec trois fois son poids d’eau, dont on imbibe une compresse pour l’appliquer sur les vaisseaux blessés.
MUSC. Cette substance très-excitante, et que l’on trouve rarement pure , convient beaucoup mieux dans un lavement que prise par la bouche. Alors elle calme quelquefois assez promptement les accès hystériques des femmes qu’on appelle vaporeuses ; mais il ne faut jamais l’employer 3 lorsque le canal intestinal est le siège d’une inflammation. Là dosé pour un lavement est de 2 à 6 grains.
Diurétiques.
On appelle diurétiques les médieamens qui jouissent de la propriété de provoquer la sécrétion des urines. Les substances diurétiques ont la plus grande analogie d’action avec les sudorifiques 5 ils sont comme eux des stimulans diffusibles qui augmentent l’action des vaisseaux capillaires, vers lesquels le sang arrive alors en plus grande quantité quç dans l’état ordinaire. C’est principalement sur les reins que s’exerce l’action des substances qui sont véritablement diurétiques.
Puisque Ces médieamens agissent en stimulant les organes , et que pour obtenir cet effet on est ordinairement obligé de les introduire dans l’estomac, il estl ien évident que leur usage ne convient pas dans les fièvres aiguës , qui ne sont ordinairement autre chose que des gastrites ou des gastro-entérites 3 ou en d’autres termes des inflammations de l’estomac ou des intestins en même temps.
Ce n’est donc que contre les affections chroniques que l’on peut raisonnablement faire usage des diurétiques. Mais toutes les affections de ce genre ne doivent pas être traitées par ce moyen ; par exemple , les gastrites et les gastro-entérites chroniques doivent être combattues de préférence par les antiphlogistiques, car il est constaté par l’expérience que pour rétablir les urines ou les sueurs dans les affections chroniques du canal alimentaire , il ne faut ni diurétiques , ni sudorifiques.
G’est principalement dans les hydropisies que l’usage des boissons diurétiques est le mieux indiqué , ainsi que dans les affections chroniques des organes urinaires, des reins et de la vessie.
Il ne suffit donc pas de dire les urines sont peu abondantes, il faut les provoquer; mais auparavant, il faut connaître l’état de l’estomac et du reste du canal intestinal, puisque le médicament agit toujours sur eux primitivement. Il faut également tenir compte de l’état des reins , auxquels les antiphlogistiques les plus simples conviennent beaucoup mieux que les diurétiques, lorsqu’ils sont attaqués d’une vive inflammation.
En général , on doit suspendre ce genre de médication lorsqu’il ne produit pas de prime abord les bons effets que l’on se propose d’en obtenir.
L’hydropisie elle-même ne doit pas être combattue à la légère par les diurétiques , lorsque cette maladie est accompagnée d’une inflammation aiguë du canal intestinal. En un mot, les diurétiques étant presque tous des substances excitantes, il ne faut les mettre qu’avec. précaution en contact avec des organes qui sont déjà trop excités. Il convient pourtant de dire qu’il est un assez grand nombre de substances diurétiques qui sont peu stimulantes , et dont l’usage peut être permis avec moins de réserve. Yoici maintenantle nom des substances diurétiques dont l’emploi est le plus fréquent.
Règne végétal.
Arrête-Bœuf. Ononis spinosa .
Chiendent. Triticam repens.
Fraisier. Fragaria vesca.
Genièvre. Juniperus communis.
Pissenlit. Leontodon taraxacum.
Raisin d’ours. Arbutus uva ui'si.
Térébenthine de Venise.
Vins acidulés.
Règne minéral.
Nitrate de potasse ou sel de nitre.
Baux minérales acidulés , et surtout l’eau de Seltz.
ARRÊTE-BOEUF (racine d’). C’est un très-bon diurétique dont l’usage est presque sans inconvénient. On emploie la racine en décoction.
P* Racine d’arrête-bœuf , 1/2 once.
'Eau commune, 1 litre. Faites une décoction ; édulcorez avec du sucre ou du miel. On associe très-souvent cette racine par parties égales avec celle du fraisier, du pissenlit. On peut augmenter son action diurétique par l’addition de 1 5 à 20 grains de sel de nitre par litre d’eau.
CHIENDENT. Aucune plante diurétique n’est aussi fréquemment employée que la racine de chiendent , qui mérite effectivement cette vogue. Elle d'oit sa propriété au sel de nitre quelle contient en assez grande quantité. Le chiendent est surtout fort employé dans le cas d’irritation du canal de l’urètre, tant chez la femme que chez l’homme.
Lorsque l’estomac a été relâché par ün long usage de boissons émollientes, dans le traitement des irritations du canal intestinal , on peut les remplacer par la décoction de chiendent , qui ne conviendrait cependant pas , s’il y avait inflammation aiguë de ce même canal. La décoction de
chiendent se prépare comme la précédente. On peut y ajouter également de i5 à 20 grains de sel de nitre par litre pour obtenir un plus grand effet.
FRAISIER. C’est un assez bon diurétique. On l’emploie ordinairement avec l’arrête-bœuf ou le pissenlit. Racine en décoction.
P. Racine de fraisier , 1/2 once.
Id. de chiendent ou de pissenlit, 1/2 once.
Eau commune, un litre. Faites une décoction; on peut édulcorer avec le bois de réglisse, du sucre ou du miel.
GENIÈVRE. On emploie la baie de genièvre comme diurétique , ou comme sudorifique. Comme cette substance est assez échauffante , la quantité ne doit pas être aussi considérable que celle que l’on . administre ordinairement. La formule suivante est celle qui convient le mieux pour employer la baie de genièvre.
P. Décoction chaude de gomme arabique et de réglisse,
1 litre.
Faites infuser dans cette décoction 20 à 3o baies de genièvre , pour boisson ordinaire. On peut y ajouter de 10 à 20 grains de sel de nitre. Cette tisane est très-souvent employée dans les hydropisies du bas-ventre qui ne sont pas accompagnées d’inflammation du canal intestinal.
PISSENLIT. La racine de cette plante est très-souvent employée ; la feuille l’est moins. On peut l’associer avec divers autres diurétiques, et principalement avec le chiendent, le fraisier, l’arrête-bœuf. La dose est d’une demi-once à une once pour 1 litre d’eau , en décoction. Edulcorez avec la racine de réglisse , du sucre ou du miel.
RAISIN D’OURS. On se sert de la racine et la de feuille; e est un bon diurétique que l’on emploie surtout pour évacuer les graviers qui se forment dans les reins; mais
ce moyen n’est pas un spécifique qui mérite plus de considération que les autres diurétiques. L’oseille ou le sel d’oseille serait un moyen préférable dans la plupart des cas où des graviers séjournent dans les reins et sont rendus par les urines. Cela tient à une action chimique du ,sel d’oseille sur ces graviers , dont l’explication ne peut pas trouver sa place dans cet ouvrage. La dose de la racine ou de la feuille de raisin d’ours est d’environ une demionce par litre d’eau , en décoction. Edulcorez comme cidessus. Cette plante peut être associée avec d’autres diurétiques j, le chiendent, le fraisier, etc.
TÉRÉBENTHINE DE VENISE. Ce baume ou térébenthine est souvent employé dans les affections appelées çatharres de la vessie. Son usage exige de la prudence; car Cette substance, ainsi que toutes les résines douées d’une propriété âcre et échauffante, irriterait les organes urinaires, si on les employait sans discernement et à trop forte dose. Lorsque les écoulemens blénorrhagiques touchent à leur fin, on peut employer avec succès ces résines; il n’en est pas de même lorsqu’ils sont commençans et qu’ils sont accompagnés d’un état inflammatoire aigu. On la donne dans une potion à la dose de io à 3o grains et plus, délayée avec un jaune d’œuf, ou un mucilage. On en fait aussi des pilules qui contiennent 3 ou 4 grains de térébenthine. L’huile essentielle dq térébenthine se donne à la dose de 6 ou 8 gouttes dans une potion. Nous répétons que le canal intestinal doit être dans le meilleur état , pour recevoir ces. sortes de substances.
VINS ACIDULES. Tous les vins acidulés, surtout les vins blancs mousseux , sont diurétiques, Ces derniers doivent cette propriété à l’acide carbonique qu’ils contiennent à 1 état gazeux; tous le doivent, d’un autre côté, à d’autres acides , et en particulier à l’acide tartarique. Il est inutile de dire que le vin, de quelque espèce qu’il soit, ne saurait,
être administré comme diurétique aux personnes qui seraient atteintes d’inflammation aiguë, ou même de tout autre signe d’irritation des organes digestifs.
* NITRATE DE POTASSE (Sel de nitre). Ce sel est fréquemment employé dans le but de provoquer la sécrétion de l’urine. C’est un des plus puissans diurétiques que l’on connaisse j mais il doit être employé avec précaution,. A haute dose, il irrite le canal intestinal, et peut déterminer l'empoisonnement. On s’abstiendra donc d’en faire usage dans les cas d’inflammation aiguë de l’estomac ou des intestins; et} comme il a une action très-prononcée sur les reins, il ne convient pas non plus de l’administrer lorsque ces organes sont le siège d’un état inflammatoire aigu.
Le. sel de nitre est ordinairement associé à une boisson diurétique, telle que celle de chiendent , de genièvre, de digitale pourprée, etc. La dose est de i o à do grains pour un litre de liquide : cependant , dans quelques cas d’hydropisie , on a porté la dose avec succès , progressivement jusqu’à i gros , et même a gros , dans les vingtquatre heures. L eau de chiendent nitrée à la dose de 1 5 à 24 grains par litre est fréquemment employée dans les cas de gonorrhée, pour rendre les urines abondantes et moins irritantes. On vante aussi le sel de nitre comme un très-bon moyen contre le rhumatisme aigu; dans cé cas, on commence par l’administrer à la dose de quelques grains dans une boisson, en la portant progressivement jusqu’à 1 ou 2 gros par jour; bien entendu que si le canal intestinal était enflammé, on devrait renoncer à ce genre de traitement.
EAUX MINÉRALES ACIDULES , EAU DE SELTZ. C’est au gaz acide carbonique que ces eaux doivent leur propriété diurétique. L’eau de Seltz, qui contient ce gaz en grande quantité, est employée de préférence à toutes
les autres pour provoquer la sécrétion des urines. Cette eau est naturelle ou factice. La dernière est préférable, parce qu’il est difficile que l’eau de Seltz naturelle soit assez chargée de gaz pour produire l’effet que l’on en espère.
L’eau de Seltz n’est pas seulement employée comme diurétique, elle l’est en même temps comme tonique et comme excitant les forces digestives du canal alimentaire. Mais il ne faut pas croire pour cela qu’il convienne d’en faire usage toutes les fois que les digestions sont difficiles et pénibles j car, comme cet état dépend ordinairement soit d’une irritation, soit d’une excitation de l’estomac, l’eau de Seltz , qui contient un principe excitant, ne ferait qu’aggraver le malaise , loin de le diminuer. Cette eau est donc principalement indiquée lorsque le canal alimentaire n’est pas le siège d’une inflammation aiguë. Elle est très-usitée comme boisson rafraîchissante dans certains pays, durant les chaleurs de l’été dans ce cas, on l’édulcore avec un sirop émollient, tel que celui de gomme, de guimauve de capillaire, et mieux eneore le sirop de sucre. Cette boisson est très-convenable pendant cette époque où le corps, s’affaiblissant réellement par les sueurs et les transpirations continuelles occasionées par les grandes chaleurs , et où les organës digestifs se trouvant dans une espèce de relâchement, demandent des alimens frais et des boissons légèrement excitantes.
L’eau de Seltz, surtout lorsqu’elle est très-gazeuse, est un très-bon moyen pour soulager les femmes enceintes qui sont sujettes au vomissement ou à de simples envies de vomir. Il faut alors la boire par petites verrées , au moment où elle est mousseuse, et sans addition de sucre ou de sirop. Ainsi administrée, l’eau de Seltz remplace trèsbien la potion dite de Rivière , qui ne doit sa propriété d empecher le vomissement qu’au gaz acide carbonique qui se dégage au moment où on la prépaie.
Comme l’eau de Seltz est diurétique, elle convient assez aux hydropiques, soit seule, soit combinée avec d’autres diurétiques, lorsque le canal digestif est en état de la supporter.
Il est encore un grand nombre d’eaux minérales qui jouissent plus ou moins de la propriété diurétique. La plupart de celles qui contiennent des sels purgatifs sont de ce nombre ; mais comme ce n’est pas là leur propriété principale, nous nous réservons d’en parler sous la lettre E, art. Eaux minérales ( Médicamens composés ).
Emménagogues.
On donne le nom d’emménagogues aux médicamens qui passent pour jouir de la propriété de provoquer les menstrues quand elles sont supprimées ou quelles sont peu abondantes. Il n’est aucune affection sur laquelle les commères prétendent avoir plus de connaissances que sur celle qui nous occupe dans cet article. Aies entendre, chacune possède un secret mystérieux qui ne manque jamais de produire de bons effets. C’est vraiment pitoyable de voir certaines femmes se gorger de safran, de préparations ferrugineuses, de hue, de sabine, pour provoquer le retour des règles, sans faire attention aux causes qui en déterminent la suspension. Pour elles et pour les charlatans, toute la question se réduit à ceci : les règles sont supprimées , il faut avaler telle substance pour les rappeler. Erreur funeste qui coûte souvent la vie aux femmes imprudentes qui négligent de s’éclairer des lumières des personnes de l’art , pour suivre une routine aveugle et souvent meurtrière.
Existe-t-il réellement des remèdes spécifiques pour rappeler les règles? Non; et en voici la preuve. La suppression des menstrues dépend ordinairement d’une irritation siégeant soit sur l’utérus même, soit, plus ordinairement, sur un autre organe ; il faut donc attaquer cette irritation, et
les règles reparaîtront. Ainsi, par exemple, les règles se suppriment assez souvent chez une femme qui est atteinte d’une irritation de poitrine, telle qu’une pleurésie, une phthisie pulmonaire, un catharre. Le moyen de rappeler les règles sera donc alors de guérir cette irritation de poitrine. Elles se suppriment souvent lorsque la femme porte une inflammation de l’estomac ou du canal intestinal, lorsqu’elle éprouve un engorgement du foie, de la rate. Le moyen de les rappeler sera donc alors de guérir ces inflammations ou ces engorgemens. La suppression des inem strues peut dépendre d’une inflammation de l’utérus , de la vessie. Le seul moyen de les rappeler sera donc de calmer cette inflammation par un traitement convenable, et qui doit varier suivant le siège et l’intensité de l’inflammation. Que penser donc de tous ces prétendus emménagogues dans toutes les maladies que nous venons de citer, et qui sont, après letat de grossesse, les causes les plus ordinaires de l’interruption de l’écoulement menstruel ? Il est évident que, loin d’apporter le moindre soulagement, ils aggraveront plus ou moins l’état de la malade. En effet, si la suppression des règles dépend d’une irritation soit aiguë, soit chronique, du canal intestinal, les soi-disant emménagogues , qui sont tous pris dans la classe des médicamens les plus excitans, augmenteront nécessairement cette inflammation; et en supposant même que les règles reparaissent, ce sera constamment au péril de la femme qui en aura fait usage. Ce que nous venons de dire , en supposant que l’irritation du canal intestinal soit la cause de la suppression des règles , doit s’appliquer également aux cas où ceteer irritation serait fixée sur d’autres organes. Si c’est par exemple l’utérus lui-même qui est enflammé, quel bien peut-on attendre du safran, de la limaille de fer, de l’iode, de la Sabine, et de tant d’autres médicamens qui non-seulement sont des excitans, mais qui lé sont particulièrement de l’utérus? Tout ce que
doivent produite de pareils moyens , c’est d’irriter un organe qui l’est déjà trop , c’est d’exposer la malade nonseulement à une inflammation du canal intestinal, mais à une violente métrite (inflammation de la matrice) qui peut occasioner la mort.
Le traitement des maladies qui empêchent l’écoulement des règles est donc le seul traitement raisonnable : attaquer directement la suppression de cet écoulement par des spécifiques est un contre-sens et une preuve de la plus stupide ignorance. Une application de sangsues sur l’estomac, des boissons émollientes, des bains tièdes, le repos, rappelleront bien plus souvent les menstrues , si leur suppression dépend d’une irritation du canal alimentaire, que toutes les drogues incendiaires des commères et des charlatans. J’en dis autant pour les autres affections qui donnent lieu à la suppression des règles. Voyez, pour de plus amples détails , l’article Meststrtjes.
Evacuans ( purgatifs et 'vomitifs ).
Le nom d evacuans peut s’étendre généralement à toutes les substances qui aident à éliminer du corps diverses matières, telles que les urines, labile, etc., mais nous les restreindrons ici aux purgatifs et aux 'vomitifs.
Le vulgaire, qui ne voit dans toutes les maladies que des humeurs malfaisantes , s’imagine que tout l’art de la; médecine consiste à faire vomir ou à purger. Tâchons de démontrer combien cette confiance dans les purgatifs et les vomitifs est loin d’être fondée. Pour cela il suffira de donner quelques explications sur la manière d’agir de ces médicamens.
Les vomitifs et les purgatifs stimulent, excitent, irritent les parties du canal intestinal avec lesquelles ils se trouvent en contact , et font ainsi affluer en plus ou moins grande quantité dans ce canal diverses espèces de fluides, tels que la bile , le suc pancréatique , en vertu d’un principe re-
connu dès la plus haute antiquité , que là oh il y a douleur (irritation), il y a appel des fluides. On comprendra aisément l’action de ces substances en les comparant à celles de certains corps sur des parties visibles : c’est ainsi, par exemple , qu’un vésicatoire irrite la peau et y détermine une véritable suppuration; que le tabac iri’ite la membrane muqueuse des fosses nasales, et y fait arriver le mucus; qu’un grain de Sable irrite l’œil et y fait arriver les larmes; que le poivre, le sel, etc., irritent les glandes salivaires et font affluer la salive dans la bouche. La purgation et le vomissement, déterminés par les médicamens dont il est question dans cet article , n’agissent pas autrement que les substances que nous venons de nommer. Un vomitif placé dans l’estomac irrite la membrane muqueuse de cet organe ; la bile, dont le conduit excréteur se trouve également irrité, afflue en abondance et se trouve ensuite expulsée. Ainsi , lors même qu’il n’y aurait pas une goutte de bile dans l’estomac, on pourrait en rejeter une grande quantité au moyen d’un vomitif, parce que celui-ci la fait affluer de la même manière que le tabac fait affluer les mucosités dans le nez , même chez les personnes qui l’ont habituellement sec.
H en est de même des purgatifs; seulement leur action s’exerce de préférence sur les parties inférieures du canal intestinal; ils y font pleuvoir le mucus qui sert à lubréfier ces parties et à donner aux excrémens la liquidité qui en facilite l’expulsion. Le mécanisme du vomissement et de la purgation exigerait une explication fort étendue , mais il suffit dans la pratique de savoir que les vomitifs et les purgatifs produisent leur effet en irritant les membranes du tube digestif avec lesquelles elles se trouvent en contact.
Si donc ces médicamens agissent de la manière dont on vient de le dire, ce qui est incontestable, comment concevoir l’épouvantable ignorance des charlatans, qui ne
voient dans toutes les maladies que des vomitifs et des purgatifs à administrer? Et remarquez bien que les cas où l’on prescrit ordinairement ces remèdes sont précisément ceux où il faudrait les éviter avec le plus grand soin. Lorsque par exemple une personne perd l’appétit, quelle éprouve du dégoût , des nausées , quelle a, outre la langue chargée , la bouche amère, c’est un préjugé reçu partout que ces symptômes annoncent qu’iïy a de la bile, et qu’il faut en conséquence faire vomir. Nous allons voir à l’instant combien cette idée si répandue est erronée et dangereuse. En effet, la bile n’arrive ordinairement dans l’estomac que lorsque cet organe est irrité ou par un corps étranger, oü à l’occasion d’uné maladie dont il est le siège: or , toutes les fois que l’estomaç est irrité , le contact des alimens lui est pénible, et si cette irritation arrive à un degré un peu élevé , l’estomac se soulève contre les alimens et les rejette ; quelquefois le simple contact de l’eau pure produit cet effet, parce que les organes enflammés, quels qu’ils soient, acquièrent une sensibilité beaucoup plus vive que dans leur état naturel. Qn en a un exemple visible pour les yeux , qui ne peuvent pas même*supporter la lumière lorsqu’ils sont attaqués d’inflammation. Puisque l’estomac est irrité dans la plupart des cas qui sont accompagnés des symptômes précédens , les vomitifs, qui sont des irritans, augmenteront nécessairement l’état primitif de la maladie en ajoutant une irritation à celle qui existait déjà. La bile qui sera rejetée par le vomissement ne sera pas plus un moyen de guérison que l’on né guérirait un coryza (rhume de, cerveau) en essuyant avec un linge le mucus qui coule du nez. La raison en est que dans l’un de ces cas il y a épanchement de bile parce qu’il y a inflammation de l’estomac , et que dans l’autre il y a écoulement de mucosités parce qu’il y a inflammation des fosses nasales. En guérissant l’inflammation, ces liquides ne couleront qu’avec la proportion voulue dans l’état de santé ; en attaquant la
bile, on augmente l’inflammation, et par conséquent la maladie réelle dont l’épanchement de bile n’est qu’un effet. Il s’ensuit donc qu’en pareil cas les remèdes indiqués sont tous ceux qui tendent à calmer l’irritation , et par conséquent les boissons émollientes, le repos, la diète, les lavemens rafraîchissans , les saignées faites à propos , etc.
Les vomitifs ont donc le grave inconvénient d’exaspérer les inflammations existantes dans l’estomac , ainsi qu’on le voit surtout dans les fièvres bilieuses , où les routiniers prodiguent les émétiques à chaque instant. Leur emploi est encore plus dangereux lorsqu’il y a complication d’irritation cérébrale ou pulmonaire , parce que dans ces cas les efforts du vomissement retiennent le sang soit dans le cerveau , soit dans les poumons , ce qui n’est pas sans de graves dangers lorsque ces organes se trouvent le siège d’une irritation. Les vomitifs peuvent aussi occasioner des hémorrhagies intérieures , des extravasions de sang dans les divers viscères où il est poussé.
Si l’estomac n’est pas enflammé , l'influence des Vomitifs n’est pas aussi grande que dans le cas contraire ; mais il faut bien se garder de croire quê l’estomac ne soit pas enflammé toutes lés fois qu’il n’y a pas de symptômes bien manifestes de cette inflammation.
Le vomissement naturel produit souvent de bons effets , en expulsant de l’estomac les substances irritantes qu’il contient. Il y a alors appel de fluides, la nausée vient, et l’estomac se débarrasse. On peut aider le mouvement par un peu d’eau tiède , mais non par des vomitifs irritans. Ainsi , dans une indigestion , il vaut mieux solliciter l'évacuation avec l’eau tiède qu’avec l’émétique ; mais lorsque l’estomac contient des matières étrangères qui ne sont pas produites par l’irritation , tels que les alimens difficiles à digérer , ceux de mauvaise qualité , les poisons , on peut donner un léger vomitif.
Dans tous les. cas , on ne donnera jamais les vomitifs
avant de setre assuré si le malade n’est point atteint d’une irritation sourde du canal intestinal , surtout de l’estomac; autrement on fait passer cette irritation de letat chronique à l’état aigu , et le malade meurt par l’action du vomitif. A plus forte raison ne doit-on jamais l'administrer si l'irritation est à l’état aigu , ce dont il est beaucoup plus facile de s’assurer. Outre cela, il est toujours préférable de commencer par les antiphlogistiques avant de donner les vomitifs.
Il y a un peu moins d’îheonvéniens à purger qu’à faire vomir ; car la respiration n’est pas dérangée , le malade ■n’éprouve pas de mouvemens convulsifs , et l’évacuation s’opère sans beaucoup d’efforts. Les purgatifs ne poussent pas le sang vers le cerveau, le poumon, etc. , et ne bouleversent pas toute l’économie comme les vomitifs ; ils l’attirent au contraire vers la membrane muqueuse des intestins > et diminuent par conséquent les congestions du cerveau, les inflammations de la peau , etc. , si toutefois le canal intestinal n’est pas enflammé.
Les purgatifs commencent d’abord par irriter la membrane muqueuse du tube digestif et y font pleuvoir les humeurs : mais peu à peu ces membranes s’enflamment , rougissent , sê déssèchent, et la constipation a lieu. Lors donc que l’on veut employer la purgation pour déterminer la révulsion d’unê affection cérébrale , ou d’unô irritation siégeant sur un autre organe, il faut d’abord examiner, si le purgatif ne peut pas produire l’inflammation ou augmenter celle qui existait déjà, au lieu de l’administrer à tout propos, quelquefois même à des doses effrayantes, sans tenir compte ni de la constitution individuelle , ni de l’état du canal intestinal par lequel cependant ce médicament doit passer. Quand on est témoin, par exemple, de l’épouvantable abus que l’on fait tous les jours d’un purgatif devenu malheureusement fameux par le nombre des victimes qu’il fait à chaque instant , on ne sait si l’on
doit avoir plus de pitié des ignares qui l’emploient sur la foi des commères et du livre grotesque qui explique l’action de ce vomi-purgatif , que de mépris pour le jongleur qui a fait le livré et qui vend le remède. Je n’ignore pas qu’il est inutile de faire ces observations à des personnes qui nont d’autres raisons à donner que leur ignorance et leur entêtement. H est certain d’ailleurs qu’un remède violent, quel qu’il soit , produit un bouleversement dans l’économie de notre corps , et qu’il arrive quelquefois que ce bouleversement amène la guérison : mais on ne doit pas s’autoriser de quelques exemples de succès , dès qu’on est certain que dans des cas plus nombreux , ces remèdes sont nuisibles et entraînent avec eux de graves inconvénieus.
Quelquefois les purgatifs , lorsqu’ils sont donnés à trop hautes doses , ou qu’ils sont répétés trop souvent , déterminent ce qu’on l’on nomme en médecine une superpurgation , c’est-à-dire un dévoiement opiniâtre, et même une dysenterie qu’il est très-difficile d’arrêter, et qui peut même entraîner la mort de l’individu^ La superpurgation dépend toujours de l’inflammation du canal intestinal ; il est donc bien évident que les purgatifs qui la produisent agissent en irritant ce canal.
Que penser donc de lusàgè où sont plusieurs médecins (moins nombreux pourtant aujourd’hui) de faire vomir ou de purger au début des fièvres que nous appelons gastriques et qui ne sont autre chose qu’une irritation de l’estomac? Ils réussissent quelquefois, mais il est à parier que sur cent malades plus des deux tiers se trouveront plus mal sous l’emploi de ces moyens.
Nous ne nous arrêterons pas ici à indiquer les circonstances dans lesquelles les purgatifs peuvent être employés, puisque nous en avons parlé en traitant des différentes affections qui sont décrites dans le cours de l’ouvrage. Mais on peut établir en thèse générale que les purgatifs ne doivent pas être administrés; lorsque le canal alimentaire
est enflammé ; 2° que les personnes maigres et nerveuses les supportent moins bien que les personnes douées d’un tempérament mou , lymphatique ; 3° qu’en conséquence les peuples du nord qui sont en général doués de ce tempérament , les supportent beaucoup mieux que ceux des pays chauds qui ont un tempérament bilieux , et chez lesquels le canal alimentaire . est généralement étroit et très-irritable j 4° que la langue chargée n’est pas une règle certaine polir purger , parce qu’elle peut offrir les mêmes nuances chez les sujets nerveux et chez les lymphatiques. Ï1 faudra donc en outre avoir égard à la constitution. Les purgatifs conviennent mieux dans les inflammations qui ne sont pas placées dans le canal intestinal ; ainsi l’on obtient d’assez bons effets de ces moyens répétés de temps en temps dans les engorgemens scrofuleux du sein , etc. ; mais il faut toujours examiner si le canal intestinal est en bon état.
Voici maintenant les substances vomitives et purgatives dont l’usage est le plus fréquent. Nous allons commencer parles vomitifs.
Vomitifs .
Règne végétal.
ïpécacuanha (racine d’ ). Psychotria emetica.
Violette. Viola odorat a.
Règne minéral.
Emétique.
ÏPÉCACUANHA. Cette substance est certainement le meilleur de tous les vomitifs , et mérite la préférence sur le tartre émétique, parce qu’il n’expose pas aux mêmes accidens , et qu’il est supporté plus facilement par l’estomac. On l’administre ordinairement de la manière suivante:
P. Poudre d’ipécacuanha, 24 grains.
Divisez cette quantité en a parties égales; mettez une de ces parties dans un demi-verre d’eau ; si cette dose produit le vomissement , on ne prend pas la seconde , que l’on réserve en cas que la première ne produise pas son effet. Pour les enfans la dose serait moins considérable. Mais ôn préfère leur donner le sirop d’ipécacuanha, qu’ils prennent sans répugnance. La dose de, ce sirop est d’une cuillerée à café jusqu a une cuillerée à soupe. Ce même sirop est souvent employé, mais à petites doses, de manière à ne pas déterminer le vomissement , pour favoriser l’expectoration chez les individus affectés de catharre.
Il existe aussi dans les pharmacies des pastilles d’ipécacuanha qui sont employées dans le même but que le sirop. La dose est d’une pastille pour les enfans, de 3 ou 4 pour les grandes personnes. Si l’on ne veut que provoquer l’expectoration , on fait usage de pastilles plus petites ùt qui contiennent une -moins grande quantité d’ipécacuanha.
VIOLETTE. Il n’y a que la racine de cette plante qui -soit purgative. On ne s’en sert guère que dans les campagnes , à défaut d’ipécacuanba. Voici la formule que l’on •peut suivre :
P. Racine de violette réduite en poudre , de 2 scrupules à i gros. '
Eau commune, 6 onces : faites bouillir à petit feu jusqu’à réduction de moitié; édulcorez ensuite avec un sirop ou du sucre. A prendre en une seule fois.
EMETIQUE , ou tartre stihié, ou tartrate de potasse antimonié, ou deuto-taitrate de potassium et d’antimoine; tous ces noms signifient la même, chose.
On l’administre ordinairement à la dose de i ou 2 et même 6 grains dans un verre d’eau très-pure. Pour les -enfans, 1/2 grain , suffit ordinairement.
Lorsque le tartre émétique est employé à plus petites-
doses et dans une grande quantité d’eau , il produit une légère purgation.
Le tartre émétique a été vanté' par quelques médecins pour le traitement des affections de poitrine , et de diverses autres maladies ; mais il est prudent de ne pas se fier trop inconsidérément à cette médication énergique dont quelques exemples de succès ne peuvent pas autoriser Fusage , à moins que le canal intestinal ne soit tellement .sain qu’il n’y ait pas à craindre de tenter ce moyen , mais toujours avec prudence.
Àloës.
Crème de tartre ou Tartrate acidulé de potasse.
Jalap.
Manne.
Mercuriale.
Miel.
Nerprun.
Ricin.
Rhubarbe.
Seammonée.
Séné.
Tamarins.
â° Purgatifs.
Règne végétal.
Aloes succotrina.
Convolvulus jalappa.
Blercurialis annua.
Rfiamnus Catharticds.- Palma Christi ou Ricinas eom munis.
Rheum palmatum.
. Convolvulus scammbnia.
Cassia senna.
T amarindus indica.. .
Règne minéral. . . .
Calomel ou Proto-chlorure de mercure.
Sel de duobus ou Sulfate, de potasse.
Sel de-Glauber ou Sulfate de soude.
Sel de Sedlitz ou Sulfate de magnésie.
ALOES. G est un des purgatifs dont lè charlatanisme fait le plus grand usage. Comme il est très- actif , même à petites doses, il est facile de le faire entrer dans la com-
position des tablettes , des pilules, des boissons , etc. On peut employer l’aloës en poudre , mais on se sert plus ordinairement du suc ou extrait d’aloës. A la dose d’un grain , ce suc purge doucement ; il est rare que l’on puisse porter la dose au delà de 20^ grains sans donner lieu à des déjections qu’il est ensuite difficile d’arrêter. On peut tirer un bon parti de ce médicament pour les personnes habituellement constipées , parce que rien n’empêche de l’incorporer à leurs alimens en très-petite quantité.
CRÈME DE TARTRE. C’est une substance peu énergique. Elle agit presque autant comme diurétique que comme purgatif. On donne ordinairement la crème de tartre à la dose de 2 gros jusqu’à une once dans 1 litre d’une boisson sucrée, à laquelle elle communique un goût acide et assez agréable. Le plus souvent on la fait dissoudre dans une limonade ou une orangeade. Pour rendre la crème de tartre soluble,, on y ajoute ordinairement une certaine quantité d’acide boracique , de la manière suivante :
P. Crème de tartre , 172 once.
Acide boracique, 2 scrupules.
Limonade légère , ou autre boisson , 1 litre. A boire comme une tisane ordinaire. Cette boisson réussit assez bien dans les fièvres inflammatoires , et surtout dans la jaunisse ; néanmoins il ne suffit pas toujours d’être atteint de quelqu’une de ces affections pour pouvoir y rëcoürir aussitôt. Ici , comme dans toutes les maladies , il faut consulter l’état de l’estomac.
JALAP. C’est un purgatif assez énergique et d’une administration commode. Il se donne ordinairement en poudre à la dose de 12 à 20 grains. Cette quantité serait un peu moindre pour les enlâns , auxquels on le donne mêlé à différentes substances pour en déguiser le goût. On peut aussi s’en servir pour aiguiser d’autres purgatifs moins
forts. La racine de jalap est plus active que la poudre : on la donne à la dose de 5 ou 6 grains triturée avec du sucre , du miel , ou dans une émulsion , en pilules , etc.
MANNE. C’est un purgatif connu de tout le monde. Le commerce ne la fournit pas toujours bien pure. On doit toujours choisir de préférence celle qui est appelée manne çn larmes. Rien n’est aussi facile que l’administration de cette substance. On peut la prendre seple dissoute dans l’eau pure , comme il suit :
P. Manne, i once et 1/2 à 3 onces.
Faites dissoudre dans un verre d’eau, à prendre en une seule fois.
Ou bien, et plus ordinairement, on l’associe à d’autres substances purgatives comme :
P. Manne , 1 once.
Follicules de séné, 2 gros.
Faites bouillir dans 1 litre d’eau , laissez refroidir et ajoutez :
Sel de Sedlitz , 2 gros. A boire par verrées , de distance en distance.
Administrée de cette manière, la manne produit promptement la purgation : si l’on veut seulement entretenir la liberté du ventre, on en fait dissoudre 1 ou 2 onces dans 1 litre d’eau , que l’on boit par verrées durant le cours de la journée.
MERCURIALE. Cette substance n’est ordinairement employée qu’en lavement. Pour cela , on en trouve dans les pharmacies une préparation connue sous le nom de miel de mercuriale , qui s’administre à la dose de 1 jusqu’à 3 onces dans un lavement émollient. On donne aussi aux enfans le sirop de mercuriale par cuillerées à café , à la dose de 1^2 once à 1 once , en plusieurs prises.
NERPRUN. On ne se sert guère que du sirop de cette substance , que l’on trouve préparé dans toutes les phar-
macies. On le donne à la dose de x ou 2 onces. On se sert aussi quelquefois de oe sirop pour animer les purgatifs ordinaires.
RICIN (huile de). C’est un pui’gatif commode, mais que l’on ne doit cependant pas administrer dans les cas où l’estomac serait le siège d’une irrritation aiguë. L’huile de ricin n’est pas seulement purgative ; elle est en outre un très-bon vermifuge. On peut l’employer comme il suit :
P. Huile de ricin , de 1/2 once à 1 once.
Delayez-la dans x tasse de thé ou de bouillon soit de veau , soit d’herbes ; à prendre en une seule fois. Cette dose peut être répétée au bout d’une demi-heure, si le cas l’exige.
RHUBARBE. L’action purgative de cè médicament n’est pas continuelle, car il produit d’abord la purgation 5 mais comme il contièrit un principe astringent , cet effet ne tarde pas à être arrêté, et l’on voit souvent une constipation opiniâtre survenir à la suite d’un long emploi de cette substance. La rhubarbe ne peut pas convenir , lorsque l’irritation du canal intestinal est un peu considérable. Elle s’emploie en poudre , ordinairement à la dose de 10 à 12 grains dans une soupe; et cela dans le but de rendre les digestions faciles, et les selles plus libres. On associe aussi très-souvent la poudre de rhubarbe avec parties égales de magnésie et de miel , que l’on prend soit en bol, soit dans un liquide approprié. Ordinairement l’usage de la rhubarbe prise à petites doses comme celle indiquée , se répète pendant deux ou trois jours.
SGAMMÔNËE (suc de). Ce suc purge à la dose de 6 à 12 grains triturés avec du sucre, que l’on ajoute ensuite à une émulsion : on aromatise avec l’eau de fleur d’oranger. Ce purgatif est extrêmement violent et ne doit être administré qu’avec la plus grande précaution. La seam-
manée entre en grande proportion dans le poison purgatif de M. Le Roy.
SÉNÉ. Ce purgatif évacue très-abondamment les séror sites, et cause moins de coliques que le précédent. Cependant , à hautes doses il a les .memes inconvéniens. Orr l’associe ordinairement avec un sel purgatif , ou avec la manne, déjà manière suivante. Ce sont les follicules dont on fait ordinairement usage.
P. Follicules de séné , 2 gros..
Sel deSedlitz, once.
Ou manne, i once.
Faites bouillir les follicules dans i litre d’eau , ajoutez ensuite le sel ou Ta manne , ou même toutes les deux,, substances^ prendre par verrées..
TAMARINS (pulpe de). Dose, de i once à i once 172 dans 1/2 litre d’eau ou de petit lait. R est laxatif et rafraîchissant. On peut aussi . l’associer avec; une. autre potion purgative , telle que le. séné , la manne -, la. rhubarbe. On emploie assez fréquemment le purgatif suivant:
P. Pulpe de tamarins vi once.
Follicules de séné, 2 gros.
Faites bouillir dans 1 litre d’eau, et ajoutez ,;manné> 1/2 once ; à prendre par verrées de distance en distance.
N. B. On ne doit jamais conserver les préparations de tamarins dans des vases de cuivre.
CALOMÉLAS, Il purge a petites doses , et peut être donne commodément aux enfàns. Cette substance est encore employée avec "avantage pour expulser les vers. On peut le donner comme il suit r
P.-Calomélas, de 6 à 12 grains.
Sucre pilé, 1 gros.
A prendre dans 1/2 verre d’eâu. Pour un enfant la close serait de 3 à 4 grains , et même il vaut mieux commencer par 1 ou 2 grain s et augmenter progressivement la. quantité
jusqu a ce qu’on obtienne l’effet que l’on se propose. Il n’est presque pas d’affections contre lesquelles , on n’ait, prôné le calomélas; mais il faut le dire, on en a beaucoup abusé au détriment des pauvres malades. Nous avons indiqué dans le cours de cet ouvrage les cas où ce médicament pouvait être employé sans danger. Qu’il suffise de dire ici en passant qu’il ne convient jamais dans les inflammations , aiguës du canal intestinal. Dans les irritations chroniques , tels que les engorgemens du foie , de la rate , des glandes du mésentère , il dégorge assez bien pendant les premiers temps que l’on en fait usage , mais les organes finissent par s’habituer à son action , et alors il ne fait qu’irriter de plus en plus , et sans aucun avantage.
SEL DE DUOBUS. Il est peu usité. Les deux sels suivans, le sont beaucoup plus»
SEL DE GLAÜBER , ou SULFATE DE SOUDE. En général ce purgatif fait pleuvoir abondamment les mucosités , sans produire de grandes coliques. Mais il est des personnes qui sous ce prétexte en font un usage immodéré. A force de faire traverser leurs intestins par ce purgatif, ou même par d’autres , elles détruisent leurs forces digestives , et finissent par déterminer une irritation chronique du canal intestinal. La dose est de i once à i once 1/2 dans i/2 litre d’eau.
SEL DE SEDLITZ , ou SULFATE DE MAGNÉSIE. R a les memes propriétés , et se donne aux mêmes doses que le precedent ; cependant il est préféré par certaines personnes. On 1 associe fort souvent avec d’autres purgatifs , surtout avec le séné et quelquefois avec la rhubarbe, de la manière suivante :
P. Follicules de séné, 2 gros.
Faites bouillir dans 1 litre d’eau , laissez refroidir , et ajoutez sèl de Sedlitz, 1/2 once 5 à prendre par verrées.
Ou bien , P. racine de rhubarbe , 2 gros ; faites bouillir dans la même quantité d’eau , etc.
L’eau minérale de Sedlitz , soit naturelle , soit artificielle , dont on fait tant d’étalage, n’est autre chose que de l’eau ordinaire dans laquelle se trouve du sel de Sedlitz en dissolution. Ainsi , en mettant 1 once de ce sel dans 1 litre d’eau , vous avez une eau de Sedlitz tout aussi bonne et aussi efficace que celle que l’on paie beaucoup plus cher dans les dépôts d’eaux minérales. Cette eau se prend à la dose de 2 ou 3 vérrées le matin , de demi-heure en demiheure.
Fébrifuges.
On donne le nom de fébrifuges aux médîcamens qui passent pour jouir de la propriété soit de guérir , ou de couper la fièvre , comme dit le vulgaire , soit d’empêcher quelle ne se déclare. Mais les connaissances que l’on a acquises de nos jours sur la nature des maladies que l’on appelle fièvres, ont singulièrement diminué le crédit de ces prétendus fébrifuges. D’abord il n’est ici question que des fièvres que l’on appelle intermittentes ou fièvres d’accès; car, pour les autres, on n’a jamais pensé à les traiter par des fébrifuges.
Toutes les substances amères ont été rangées successivement au nombre de celles qui éloignent la fièvre, mais le quinquina est le remède le plus efficace que l’on puisse opposer à la périodicité de la fièvre ; aussi ce sera le seul dont nous parlerons dans cet article. Il ne faudrait pas croire néanmoins que cë médicament puisse être administre dans tous les cas de fièvres intermittentes ; son emploi exige au contraire des précautions que nous avons indiquées à l’article fièvre. Quant aux autres amers et aux substances aromatiques au moyen desquelles on parvient aussi quelquefois à interrompre les accès fébriles , nous
avons cru plus convenable de les réunir sous le ternie de Toniques. Voyez ce mot.
Il serait impossible de donner ici une explication suffisante de l’action du quinquina et des autres moyens employés pour traiter les fièvres d’accès; il faudrait pour cela entrer dans de longs détails sur la nature de ces maladies. Voy. l’art. Fièvre.
QUINQUINA. Il en existe plusieurs espèces; mais on préfère généralement le quinquina rouge, puis le gris et le jaune. Lorsque le malade a été préparé, comme nous l’avons indiqué à l’article Fièvre , on administre ce médicament de la manière suivante, en poudre ou en décoction.
En poudre. P. quinquina rouge pulvérisé, de i à 2 onces; divisez en trois ou quatre parties égales , à prendre à quelques heures de distance , dans un demi-vërre d’eau, durant l’intervalle des accès. On porte quelquefois la dose de quin quina beaucoup plus haut.
En décoction. P. Écorce de quinquina rouge, 1 ou 2 onces.
Eau commune , 1 litre ; faites bouillir à petit feu jusqu’à réduction de moitié. A boire par verrées durant l'intervalle des accès.
Le sirop de quinquina se donne aux enfans à la dose de 2 ou 3 onces par cuillerée, durant l’intervalle des accès. Pour les engager à le. prendre, on met ordinairement ce sirop dans quelque boisson d’un goût agréable.
De nos jours les chimistes sont parvenus à isoler du reste de l’écorce les principes réellement efficaces du quinquina. Ce sont la quinine et la cinehonine. Ces substances ont l’avantage de produire des effets plus prompts que lecorce dont ils sont extraits; quoiqu’ils soient administrés à des doses incomparablement plus petites. La quinine est plus active que la cinehonine; aussi est-elle généralement employée sous une forme à laquelle on donne le nom de
sulfata de quinine. Cette préparation remplace le quinquina en substance dans presque tous les cas de fièvres d’accès. Il y a plusieurs manières d’employer le sulfate de quinine y ordinairement on le délaie dans un peu d’eau ; mais comme il est extrêmement amer, il est des personnes qui préfèrent le prendre sous forme de pilules , que l’on enveloppe dans du pain à chanter au moment de les avaler. Yoici quelles sont les doses ordinaires :
P. sulfate de quinine, de io à 20 grains ; divisez en cinq ou. six parties égales, à prendre chacune de ces parties dans un, peu d’eau,' et de distance en distance , durant [Intervalle d’un accès à l’autre.
Autre formule. P. sulfate de quinine , même quantité que précédemment.
. Conserve de roses, ou autre substance propre à prendre la consistance de pilules, mêlez le sulfate de quinine avec la conserve , etc. , divisez ensuite pour faire 5 ou 6 pilules, à prendre durant l’intervalle d’un accès à l’autre. Cette quantité peut être portée à des doses plus élevées 5 on donne, quelquefois le sulfate de quinine jusqu’à 3o grains durant là cessation des accès ; mais il faut prendre garde de ne pas trop exciter l’estomac par des doses si considérables. Il existe aussi un sirop de quinine que l’on donne à la dose de 2 ou 3 onces durant la cessation des accès , en le prenant par petites cuillerées. Ce sirop est également employé comme tonique par les personnes dont l’estomac est froid y mais ces moyens ne conviennent jamais aux personnes qui sè plaignent de mauvaises digestions , de faiblesse d’estomac , lorsque cet état dépend de l’irritation de cet organe , ce qui , pour le dire en passant , est le cas le plus ordinaire.
Révulsifs ( Rubéfuns , Moxas , Sinap ismes , Ventouses , Sétons ).
Le mot de révulsif convient généralement à toutes les
substances qui, en irritant certaines parties du corps, ont pour but de détourner ou de révulser l’irritation fixée sur un autre organe. C’est ainsi qu’un vésicatoire , ou un séton placé sur la nuque , est un révulsif de l’inflammation des yeux; que des'bains de pieds avec la moutarde, ou toute autre substance irritante , sont un révulsif d’une irritation cérébrale. En un mot toutes les substances qui appliquées à la peau l’échauffent, l’irritent d’une manière quelconque, sont des révulsifs.
Le vulgaire pense ordinairent que le bon effet des vésicatoires dépend de la matière qui s’écoule après son application , mais c’est une erreur. Un vésicatoire appliqué sur une partie du corps n’aide pas à la guérison, parce qu’il attire les mauvaises humeurs , ainsi qu’on le prétend; mais en déplaçant l’irritation qui constitue la maladie. Une plaie quelconque produit la suppuration , chez les personnes saines comme chez celles qui sont malades; or, un vésicatoire n’est autre chose qu’une plaie qui doit produire le même effet. La suppuration n’est nullement la cause dé la guérison , mais l’irritation qui l’entretient. L’effet des vésicatoires ou autres révulsifs est fondé sur cette observation, que : lorsque deux douleurs se manifestent en même temps , mais en diffèrens endroits , la plus forte détruit Vautre. C’est ainsi qu’en appliquant un fer rougi sur le trajet d’un nerf douloureux , on fait quelquefois cesser à l’instant la douleur, parce que l’irritation artificielle produite par le feu étant plus forte que celle qui a son siège sur le nerf, celle-ci se trouve déplacée, arrachée de sa place; c’est ce que veut dire le mot révulsion. Tous les révulsifs agissent de la même manière ; les moxas, les ventouses* les sinapismes T les sétons, les vésicatoiras, le feu, etc., n’agissent qu’en déplaçant la douleur primitive. Il en est de même d’un grand nombre de médicamens excitans , pris à l’intérieur. Par exemple , on voit quelquefois un mal de tete enlevé par un purgatif, ou un vomitif, parce que ces
niédicamens irritent le canal alimentaire et déplacent l’irritation qui produit la douleur de tête , en la transportant sur le canal intestinal.
L’emploi des révulsifs exige donc bien plus de précautions qu’il ne paraît au premier abord. En effet , puisque les révulsifs ont pour but de déplacer l’irritation primitive, au moyen de celle qu’ils déterminent , il arrive souvent qu’ils l’augmentent , lorsqu’ils ne peuvent la déplacer , en ajoutant par ce moyen irritation à irritation. Il est donc de la plus grande importance de connaître les circonstances où il convient d’avoir recours à ces moyens; mais il est encore plus important de savoir les manier avec assez de discernement pour ne pas les faire servir à augmenter la maladie, au lieu de la diminuer. Ainsi , pour nous servir encore de l’exemple qui vient d’être cité, lorsqu’une personne a mal à la tête , on n’aura pas recours pour cela même à un purgatif , pour opérer une révulsion sur le canal intestinal; et cela pour plusieurs raisons. D’abord, si le mal de tête est produit et entretenu par une affection de l’estomac , comme cela arrive le plus ordinairement, à cause de la sympathie étroite qui existe entre ces deux or^ ganes, un purgatif, ou un vomitif ne feraient qu’augmenter la douleur de tête, parce que cesmédicamens irriteraient de plus' en plus l’estomac ou les intestins qui le sont déjà trop. En second lieu , en supposant même que le mal de tête ne dépende en aucune manière de l’irritation du canal intestinal , le purgatif et le vomitif peuvent bien produire une révulsion ; mais elle peut être tellement forte qu’il en résulte une inflammation du canal alimentaire , en échange de la maladie primitive , même en supposant quelle. ait cédé à ces moyens. On voit par là , que puisque la médication révulsive guérit une irritation en en produisant une autre , il faut avoir soin de ne pas appliquer les révulsifs sur des organes qu’il n’est pas moins important de ménager que ceux qui sont le siège de la maladie. On ne doit pas,
pour guérir un mal de tête, irriter le canal intestinal , au point de déterminer une; gastrite, etc. Un révulsif placé aux pieds est en pareil cas sans inconvénient.
Nous venons de voir que les révulsifs employés à l’intérieur ne constituent autre chose qu’un moyen de guérison sur lequel on ne saurait compter avec certitude. Aussi , a-t-on qualifié avec raison ce genre d.e médicament , de .quitte ou double. Appliqués à la surface du corps , les 'ré* vulsifs sont moins dangereux. Cependant leur emploi exige de la prudence. Un vésicatoire placé sur la peau a bien pour but d’opérer une révulsion; par exemple, d’une irritation de la poitrine ou du canal intestinal , mais il arrive souvent que l’inflammation qui survient à la peau non-seulement ne produit aucun bon effet, mais encore que se répétant sur les organes malades, à cause de la sympathie étroite qui existe entre eux et la peau, la maladie primitive se trouve nécessairement aggravée par cette addition de l’irritation artificielle. Cet accident, a principalement lieu chez les personnes nerveuses maigres , douées d’une grande sensibilité , surtout lorsque la maladievest à l’état aigu ; car les révulsifs appliqués à la surface du corps, tels. que... les vésicatoires , les moxas, les sétons , etc., ne ‘ conviennent généralement que dans les affections chroniques. ' :
,fSi; donc l'inflammation intérieure est très-forte, les vésicans loin d’être utiles aggravent le plus souvent la maladie , parce que l’inflammation qu’ils déterminent à l’extérieur se répète souvent à l’intérieur et s’ajoute à celle qui y existait déjà. /
Appliqués sur la partie même qui est enflammée, sur un .érysipèle., par exemple , les vésicatoires ou les autres irritans augmentent nécessairement l’inflammation. On ne doit jamais les mettre que dans le voisinage de la maladie , et non sur l’endroit même.
Lorsque les inflammations ont été traitées primitivement
parles antiphlogistiques , les révulsifs opèrent beaucoup moins que dans le cas contraire. Cette observation est principalement applicable aux irritations du canal alimentaire , que l’on ne doit jamais attaquer par les vésicatoires ou autres rubéfians qu’après les avoir combattues longtemps par les antiphlogistiques. Encore sont-ils souvent dangereux même dans ce cas. La raison de cela est qu’il existe une telle sympathie entre la membrane muqueuse du canal intestinal et la peau , qu’il est rare que cèttë dernière soit le siège d’une inflammation , ou d’une irritation , sans quelle n’en détermine une semblable sur cette membrane, surtout si elle est déjà irritée , ou enflammée , ou même' simplement disposée à letre.
Il est pourtant des cas où il est convenable d’appliquer des révulsifs à l'extérieur, malgré l’irritation interne; c’est quand une inflammation de la peau a disparu et quelle a produit une inflammation du tube intestinal. Dans ce cas, il est assez utile d’employer les antiphlogistiques à Tinté rieur, et les rubéfians à d'extérieur pour rappeler l’inflammation vers son siège primitifs
Lçrsque la circulation du sang est active, que la fièvre est forte , on. a ordinairement par là l’indice d’une inflammation du canal alimentaire ; il faut donc s’abstenir d’échauffer la peau par les irritans.
Les douleurs nerveuses , lorsqu’elles sont indépendantes d’une affection de l’estomac ou du cerveau , sont combattues avec assez d’avantages par les rubéfians , . tels que les moxas, les ventouses , les vésicatoires. •
Dans les engorgemens glanduleux , dans ceux des articulations , ces moyens sont ordinairement les plus efficaces que l’on puisse employer ; cependant lorsque les articulations sont le siège de douleurs vives et d’inflammations aiguës, les révulsifs seraient dangereux , si l’on n’avait commencé par abattre l’inflammation au moyen des applications émollientes et du régime antiphlogistique. La
même chose a lieu pour les glandes engorgées,; ce n’est que lorsqu’elles sont sans rougeur , presque sans douleur , que les irritans externes produisent de bons effets.
Après les saignées suffisamment repétées , dans les cas d’irritation de poitrine , telles que la pleurésie , la pneumonie , les vésicatoires sont assez bien indiqués. On les applique sur le point qui correspond à l’endroit douloureux.
Quant à l’estomac , il est extrêmement rare qu’il soit convenable d’âppliquer un vésicatoire sur cet organe.
Conclusion. La médication révulsive est après les moyens antiphlogistiques , l’un des plus puissans auxiliaires de l’art de guérir ; mais son emploi exige plus de précautions et des connaissances plus étendues. Dans les affections aiguës, l’usage des révulsifs est très-borné; il l’est beaucoup moins dans les affections chroniques*
Tout ce que nous venons de dire à l’égard des révulsifs ne peut s’entendre que d’une manière générale ; les cas particuliers où l’on doit y avoir recours se trouvent indiqués dans les différens articles de ce livre.
En restreignant le mot de révulsif aux applications irritantes externes, voici Te nom et l’usage de ceux dont la médecine obtient lè plus de succès , et dont l’emploi est le plus généralement prescrit :
Cautère.
Feu.
Frictions irritantes.
Moxa.
Séton.
Sinapisme.
Vésicatoire.
Ventouse.
CAUTERE. 11 y a deux manières de l’appliquer. i° P. uii morceau de diachylon gommé de la grandeur d’une pièce
de cinq francs , et percé dans son centre, appliquez-le sur l’endroit convenable , après l’avoir lavé. Placez dans l’ouverture un morceau de potasse caustique de la grosseur d’un gros pois; recouvrez-le avec une seconde pièce . de diachylum, pour le maintenir en place. Une bande roulée enveloppe le tout , et au bout de six ou huit heures l’escarre est formée. Ori l’incise en croix avec la pointe d’un instrument tranchant ; ensuite on applique un cataplasme émollient par dessus la plaie. Lorsqu’au bout de quatre ou cinq jours l’escarre est tombée y on place un pois d’iris ou un pois ordinaire dans la dépression qui en résulte. On récouvre le tout avec une feuille de lierre, une compresse et une bande. On renouvelle tous les jours le pois et la feuille de lierre.
. L’autre manière consiste à inciser la peau avec un instrument tranchant pour placer le pois ; mais ici la main d’un chirurgien est nécessaire , et il doit savoir pratiquer cette petite opération.
FEU. Le fer rougi au feu était bien plus souvent employé chez les anciens qu’il ne l’est de nos jours. C’est cependant umexcellent moyen de guérison dans un grand nombre d’affections; mais on est souvent obligé d’y renoncer, parce que l’idée d’un fer rouge effraie l’imagination des malades. Lorsque l’on à recours à l’emploi du feu, il faut faire rougir le fer jusqu’au blanc, parce qu’il est alors beaucoup moins douloureux que lorsqu’il n’est .que rouge cerise. Au reste , comme l’application du fer rougi exige toujours la main du chirurgien, nous devons nous dispenser d’en donner ici la description.
FRICTIONS IRRITANTES. R y a plusieurs manières de faire des frictions. Celles que l’on nomme sèches se font en frottant plus ou moins fortement les places convenables ^ soit avec une pièce de laine , soit plus ordinairement avec
une brosse. Ces frictions sèches ont pour but Réchauffer, d’irriter la peau , pour détourner de son siège l’affection primitive. C’est le plus souvent contre les douleurs nerveuses , les affections rhumatismales que l’on fait ces frictions.
Il est une autre espèce de frictions qui se font à l’aide d’une liqueur ou d’une pommade irritante. Les substances que l’on emploie le plus ordinairement pour cet effet sont la pommade stibiée , qui est un composé de tartre stibié et d’axonge (graisse de porc); la pommade ammoniacale , composée d’ammoniaque liquide et d’axonge; la pommade de cantharides , composée de poudre de cantharides et d’axonge ; la pommade de garou , composée de poudre de bois de garou et d’axonge. Ces diverses pommades produisent toutes la rubéfaction de la peau; mais il n’est pas indifférent d’employer les unes ou les autres. En effet , la pommade stibiée peut produire le vomissement; celle de cantharides ne convient pas dans les cas où l’on craindrait d’irriter la vessie. La pommade ammoniacale est celle qui expose à moins d’inconvéniens et dont l’effet est le plus prompt. La personne qui administre ces frictions doit se garantir les mains avec un morceau de drap , qui sert en même temps à étendre la pommade sur la peau du malade.
Les linimens irritans s’emploient de la même manière que les pommades; le plus commun est celui qu’on nomme alkali volatil camphré.
Il y a en outre un grand nombre d’autres liqueurs ou pommades chargées de substances médicamenteuses qui sont absorbées par la peau dans le but de combattre certaines affections tant internes qu’externes ; mais elles ne sont point considérées alors comme des révulsifs; ce n’est donc pas ici le lieu d’en traiter. D’ailleurs toutes ces préparations sont indiquées dans la section des médicamens composés.
MOXA. C’est un puissant moyen de révulsion fréquemment employé en médecine. C’est une autre application du feu , mais d’une manière moins effrayante que celle du fer rougi. Pour préparer les moxas , on.se sert ordinairement de coton cardé que l’on tord de manière à former un e sorte de corde autour de laquelle on peut coudre une toile for-, tement serrée, ou, ce qui est mieux encore, on l’enduit d’une solution de gomme arabique qui, en sé séchant, tient les brins de coton réunis. Le moxa étant ainsi préparé, on met le feu à l’une de ses extrémités, et on applique l’autre bout sur l’endroit convenable; on le maintient avec des pinces et l’on souffle avec la bouche , un chalumeau ou un soufflet , pour empêcher que le fêu ne s’éteigne.
On prépare aussi des moxas avec les feuilles sèches d’armoise dont on obtient un duvet en les pilant. On fait avec ce duvet plusieurs petits cônes que l’on allume par leur sommet , la base étant appliquée sur la peau. Ces moxas , lorsqu’ils sont bien préparés, brûlent sans avoir besoin de soufflet et font moins souffrir que ceux de coton. Ils sont donc préférables aux autres , quand on peut se les procurer.
Le nombre des moxas que l’on doit appliquer varie suivant l’étendue de l’endroit malade , ou suivant le degré d’irritation que l’on veut produire.
SETON. Le séton est une plaie pratiquée entre la peau et la chair, que traverse de part en part une mèche destinée à empêcher la cicatrisation, et à entretenir une irritation convenable. Cette petite opération toute simple qu’elle est , exige néanmoins la main du chirurgien , mais une personne quelconque peut l’entretenir. Pour cela, on étend du cérat ou du beurre frais sur la mèche vers l’un des côtés de la plaie ; on tire ensuite doucement l’extrémité opposée pqur remplacer celle qui est chargée de pus. On coupe cette dernière avec des ciseaux , en conservant
IOO
toujours quelques lignes de ce côté-là. On panse avec une compresse fine par dessus laquelle on replie la longue extrémité de la mèche ; et l’on assujettit le tout avec une bande.
Lorsque la mèche touche à sa fin , on en coud une nouvelle à ce qui reste de l’ancienne , autrement on serait obligé de l’introduire de nouveau au moyen d’un instrument et de faire par conséquent souffrir encore le malade.
SINAPISMES. On donne le nom de sinapisme à une espèce de vésicatoire volant qui s’applique ordinairement à la plante des pieds , quelquefois aux mollets des jambes et aux cuisses.
Le sinapisme se prépare de la manière suivante :
-y.. P. Farine de moutarde , 2 onces.
a Levain , 1 once.
? -^j; Vinaigre, une quantité suffisante pour donnera ces wingrédiens la consistance d’un cataplasme. On peut y ajouter du sel, des gousses d’ail pilées, du poivre, etc. , si l’on veut rendre ce topique plus actif. On étend cette pâte sur un linge , et on. l’applique sur l’endroit convenable , après l’avoir lavé avec du vinaigre.
Le sinapisme, s’il est fort , ne doit guères rester appliqué plus de quatre ou six heures. On reconnaît qu’il a agi , aux cuissons qu’éprouve le malade , et à la rougeur de la peau. Alors onlote , on essuie la place , on perce les cloches , s’il y en a, sans enlever l’épiderme , et l’on panse avec une compresse douce.
VÉSICATOIRES. Les vésicatoires ordinaires se composent d’un emplâtre de poix sur laquelle on étend une légère couche de cantharides. Ce sont les pharmaciens qui doivent les préparer. L’usage de ce révulsif est trop commun pour qu’il soit nécessaire de nous y arrêter. Nous
IOI
devons pourtant dire que tous les points du corps ne sont pas également propres à son application. On doit choisir en général la portion la plus charnue du membre sur lequel on le place. Ainsi , pour le bras, c’est la partie interne • pour la cuisse , la partie interne également ; pour la jambe , le haut du mollet. Le vésicatoire s’applique aussi trèssouvent sur la nuque, derrière les oreilles, sur la poitrine, entre les deux épaules et sur tous les points de l’épine du dos ; sur les hanches, etc. 11 s’applique rarement sur l’estomac et sur le bas ventre. ’
Après avoir lavé la place avec du vinaigre ,. ou l’avoir frottée avec une brosse , on applique le vésicatoire que l’on assujettit au moyen d’une compresse et d’une bande. Quand il a produit son effet, ce qui arrive ordinairement au bout de quinze à vingt - quatre heures , . on lève l’appareil avec précaution , de peur dë crever l’ampoule par un mouvement trop brusque. On coupe ensuite tout autour la pellicule qui forme l’ampoule , de manière à la laisser en place , quoique détachée. La sérosité s’écoule alors , sans que le malade éprouve de douleur, comme cela arrive lorsqu’on enlève tout d’un coup la pellicule , ainsi que plusieurs personnes le pratiquent mal à propos. On recouvre ensuite cette pellicule avec une "feuille depoirée ou de papier brouillard enduite de beurre ou de cérat. On panse le lendemain , et, l’on enlève lepiderme', pour appliquer la feuille de poirée ou de papier brouillard sur la plaie nue, ce qui se fait alors sans douleur. Les jours suivans , pour entretenir le vésicatoire, on enduit la feuille d’une pommade appelée pommade épisp astique , qui se trouve chez les pharmaciens,- et quand on veut le faire sécher, on n’emploie que le beurre oüle cérat.
Le vésicatoire que l’on nomme volant ne diffère du, précédent qu’en cé qu’on né le fait pas suppurer , et qu’il ne reste en place que le temps suffisant pour produire la rubéfaction de la peau.
Il est un autre vésicatoire dont l’effet est beaucoup plus prompt que celui qui contient des cantharides. Il est en même temps moins dangereux. C’est une pommade composée d’axonge et d’ammoniaque, et appelée pour cela pommade, ammoniacale. On en fait un emplâtre que l’on applique comme le précédent. Au bout d’une demi-heure et quelquefois moins, l’ampoüle est formée. On panse comme à l’ordinaire. Si l’on ne veut déterminer que la rubéfaction on ne doit laisser ce vésicatoire en place que de io à i5 minutes.
VENTOUSES. Cette opération est ordinairement pratiquée par un chirurgien, mais elle est si facile que toute personne saurait la faire, pour peu quelle fût intelligente. La ventouse est une petite cloche de verre évasée dans son milieu, et resserrée vers son col. Appliquée sur la peau, elle attire avec force le sang, par une action semblable à celle, d’une pompe aspirante.
Les ventouses s’appliquent , ainsi que les vésicatoires , sur différentes parties du corps vers lesquelles l’on se propose d’opérer une révulsion. Voici quelle est la manière de s’en servir :
Prenez avec une pince un peu de coton ou de charpie ou d etoupes imbibées d’esprit devin. Allumez cette espèce de mèche ; mettez-la ainsi allumée dans la ventouse : appliquez alors celle-ci sur la place désignée , de manière qu’elle presse également dans tous les sens , afin d’intercepter l’entrée, de l’air. On voit aussitôt la peau se gonfler et former une .yéritable tumeur dans l’intérieur du vase , qui adhéré alors fortement sans le secours de la main. Lorsque l’on juge que la rubéfaction est suffisante , il faut ôter la ventouse; pour cela, on ne cherchera point à l’arracher de force ; mais on appuiera fortement le bout du doigt tout auprès de son' bord ; aussitôt l’air rentre avec force , et le vase se détache de lui-même.
io3
Si l’on veut scarifier la ventouse , on fait avec la pointe d’une lancette plusieurs piqûres légères sur la surface de la tumeur. Ensuite on applique de nouveau la ventouse comme précédemment sur la même place et le sang coule alors avec abondance : on peut répéter coup sur coup une, deux ou trois applications sur le même point , suivant la quantité de sang que l’on veut extraire.
On applique quelquefois les ventouses sur les piqûres de sangsues pour faire couler le sang, ou sur un abcès pour le faire suppurer. Les règles à suivre en pareil cas ne diffèrent pas de celle que nous venons d’indiquer.
Lorsque le sang a suffisamment coulé, on essuie les parties avec un linge ou une éponge imbibée d’eau tiède ; on recouvre ensuite les petites plaies avec une pièce de diachylum gommé , ou même on se. contente d’y répandre quelqués gouttes d’huile et de les recouvrir ensuite d’une compresse fine que l’on assujèttit au moyen d’un bandage approprié.
Lorsqu’on né scarifie pas les ventouses , on se contente d’envelopper la peau avec un linge fin.
Le nombre de ventouses qufil convient d’appliquer varie suivant les cas. Dans certaines circonstances il suffit (l’une ou deux ‘y dans d’autres , on en mét jusqu’à dix ou douze et plus. Les cas ou ce genre de révulsion doit être mis en pratique se trouvent indiqués dans les différons articles de ce Dictionnaire.
Sudorifiques.
Nous avons dit ailleurs que les sudorifiques avaient une grande analogie d’action avec les diurétiques, et que les uns et les autres pouvaient déterminer la sécrétion des urines ou la transpiration , suivant l’état et la disposition du malade. Mais on peut dire en général que les médicamens qui ont été classés parmi les sudorifiques sont plus échauffans , plus excitans que les diurétiques.
io4
Puisque les substances sudorifiques agissent en excitant les organes , il est naturel de penser que pour les administrer il faut toujours avoir égard à l’état du canal intestinal, par lequel ils doivent passer, avant d’exciter la transpiration. En conséquence , si l’estomac était irrité , on ne devrait pas placer des sudorifiques dans son intérieur 5 car ils ne manqueraient pas d’augmenter la maladie.
Les sudorifiques exaspèrent les inflammations du cerveau ; parce que toute espèce de chaleur les exaspère , parce que tout ce qui excite l’action des. organes contenus dans d’autres cavités excite en même temps celle du cerveau ; donc on s’en abstiendra aussi dans les inflammations de cet organe.
Les affections de la peau, des articulations , des muscles, des os , sont en général celles où les sudorifiques sont le mieux indiqués , pourvu toutefois que ces affections ne soient pas compliquées d’irritation aiguë du canal intestinal. Beaucoup de personnes s’imaginent que l’on doit recourir aux sudorifiques toutes les fois que la transpiration a été soudainement supprimée par une cause quelconque. Le vulgaire donnant à cet accident le nom de sueurs rentrées , pense qu’il ne s’agit que de les faire sortir , pour être guéri des maladies qui en- sont le résultat. Gomme cette opinion est généralement répandue , êt qu’elle est non-seulement erronée , mais encore dangereuse .dans son application , nous devons la combattre. Et d’abord , nous ferons observer que lorsque la sueur est. arrêtée tout à coup par l'impression du froid , elle ne rentre pas dans le corps comme on le croit , mais c’est la chaleur, l’excitation delà peau qui se reportent sur. les organes intérieurs , tels que les intestins ou la poitrine. Quand on voit une violente pleurésie succéder à une transpiration arrêtée , ce n’est pas que la sueur se soit transportée sur les poumons ; mais l’action de la peau ayant ete arrêtée, elle s’est reportée sur ces organes, et a
io5
donné lieu à l’inflammation. Qu’arriverait-il si l’on employait les sudorifiques sous prétexte de rappeler la transpiration P On augmenterait l’inflammation intérieure qui est absolument de la même nature que toute autre inflammation , soit qu’elle ait été produite par le froid , soit qu’elle l’ait été par la chaleur. Ainsi, en prenant ce cas pour exemple , on ne songera point à provoquer la sueur par des sudorifiques échauffans. Il est question de combattre une inflammation , d’éteindre un feu ; c’est donc aux boissons émollientes , aux saignées que l’on devra recourir; l’inflammation se calmera alors peu à peu , les tissus se relâcheront et la sueur arrivera naturellement, à mesure que l’inflammation toucherai sa fin.Ce que nous disons de la pleurésie résultant de l’impression du froid sur le corps en moiteur doit s’appliquer également auxautres inflammations intérieures , qui sont produites par la même cause. Il suffira.-, pour en comprendre la raison, de se rappeler que la sueur n’est point rentrée , qu’il est donc inutile de chercher à la faire sortir ; mais que d’après une loi de notre organisation , lorsque la peau éprouve un surcroît d’activité, et qu'une cause quelconque arrête brusquement cette aetion , elle se répète sur un autre organe , C’est ce transport d’irritation ou d’excitation d’un organe à un autre que l’on appelle médecine métastase*
Conclusion. Il ne convient donc jamais de supprimer tout à coup la sueur , quelle que soit la cause qui l’ait déterminée, parce qu’il est démontré que l’exaltation delà peau peut se porter à l’intérieur , et produire une violente inflammation. Il ne convientpas non plus de chercher à provoquer par les sudorifiques une transpiration arrêtée, lorsqu’il est résulté une inflammation interne de cette suppression. II n’est jamais utile d’exciter la transpiration par les sudorifiques dans les cas de gastrite aiguë, ni dans ceux d’inflammation du cerveau. Il est même très-rare que ces moyens conviennent; dans les gastrites chroniques. Les
io 6
maladies dont le siège est près de la surface du corps , telles que les dartres, les scrophules, les rhumatismes , la syphilis , etc., sont celles où l’emploi des sudorifiques est le plus convenable. Voici maintenant le nom des sudorifiques dont l’usage est le plus fréquent :
Règne végétal.
Arctium lappu.
Borrago officinalis.
Arundo donax.
Solanum dutcamara.
Guaiacum officinale.
Hyssopus officinalis.
Rumex patientia.
Saponaria officinalis.
Smilax Sarsaparilla.
Sambucus nigra.
Règne animal.
Ammoniaque ou Alcali volatil.
BARDANE, Racine en décoction.
P. Racine de bardane , i à 2 onces.
Eau commune, 1 Etre, Faites une décoction, édulcorez avec du miel, ou du sucre, ou un sirop émollient. Quelquefois on y ajoute d’autres sudorifiques et principalement la salsepareille. Point de vertu particulière différente de celle des autres sudorifiques.
BOURRACHE. Feuilles et fleurs en infusion.
P. Feuilles de bourrache , 1 ou 2 poigneés.
Eau commune , 1 litre. Faites une infusion , édulcorez avec du sucre, du miel , un sirop émollient. Point de vertu particulière différente de celle des autres sudorifiques.
CANNE DE PROVENCE. Racine en décoction.
P. Racine de canne , de 2 gros jusqu’à 1 once.
Eau commune , 1 litre. Faites une décoction^ édulcorez
Bardane.
Bourrache.
Canne de Provence.
Douce-Amère.
Gaïac.
Hysope.
Patience.
Saponaire.
Salsepareille.
Sureau.
pour boisson ordinaire. Point de vertu particulière , quoique les femmes lui attribuent celle de faire passer le lait.
DOUCE-AMÈRE. Cette plante est souvent employée contre les affections de la peau , les rhumatismes , la goutte , les scrophules. Cependant elle n’est douée d’aucune propriété bien merveilleuse ; mais comme elle est peu active et qu’elle irrite par conséquent moins l’estomac que plusieurs autres sudorifiques , on peut l’employer avec moins de réserve.
On emploie la tige ou la feuille en décoction à la dose de i ou 2 onces par litre d’eau ; pour boisson à volonté.
GAÏAC. C’est Un puissant sudorifique qui s’emploie rarement seul , mais qu’on associe le plus souvent avec la salsepareille , dont nous'parlerons plus bas.
C’est le bois de gaïac que l’on emploie ordinairement pour les préparations médicinales. On le râpe, et l’on en fait des décoctions fréquemment employées dans le traitement de la syphilis chronique, autrement dite vérole constitutionnelle. La décoction simple de bois de gaïac râpé se prépare ainsi :
P. Bois de gaïac râpé, 1 once 1^2.
Eau commune, 1 litre 1/2. Laissez macérer pendant 24 heures , faites ensuite bouillir lentement jusqu’à réduction de moitié. A prendre par verréës deux ou trois fois le jour, lé matin, à midi et le soir.
Il est rare aujourd’hui d’employer cette décoction seule. On 1 associe avec parties égales de salsepareille , et cette décoction se prépare, comme celle que nous, venons d’indiquer.
HYSOPE. Nous en avons déjà parlé ailleurs , mais en 1 envisageant sous un autre rapport. On l’administre avec du miel , dans les catharres anciens , pour faciliter
io8
l’expectoration. On en prépare -des infusions comme il suit :
P. Sommités d’hysope , i ou a pincées.
Eau commune , 1^2 litre. Faites infuser 5 édulcorez avec du miel , du sucre ou un sirop , à boire en 2 ou 3 verrées. ,
N. B. Cette tisane ne doit pas servir de boisson ordinaire surtout s’il y a inflammation du canal intestinal.
PATIENCE. On en fait souvent des décoctions avec la bardane ou autres sudorifiques. Quoique l’on vante ces deux plantes contre certaines affections de la peau , nous croyons quelles sont loin de posséder les qualités qu’on leur attribue. Dans tous les cas , si l’on veut y avoir recours, voici comment on les administre :
P. Racine de patience, 1/2 once.
Idem, de bardane , 1/2 once.
Eau commune, 1 litre. Faites une décoction et édulcorez , pour boisson ordinaire,
SAPONAIRE. Racine en décoction. -
P. Racine de saponaire, 1/2 once.
Eau commune , 1/2 litre. Faites une décoction ; édulcorez ; à boire par verrées.
On a beaucoup vanté cette plante contre les abstractions des viscères , ainsi que pour les affections rhumatismales. On l’associe souvent aussi avec la bardane pour le traitement de diverses affections cutanées 5 mais elle ne jouit d aucune propriété bien extraordinaire , et ne mérite certainement pas les éloges qu’on lui a prodigués.
SALSEPAREILLE. Il n’est aucun sudorifique dontl’usage soit aussi fréquent que celui de cette plante. On en tire surtout un très-grand avantage dans les affections vénériennes invétérées, et l’expérience a même appris que les préparations de salsepareille et de gaïac sont les moyens
les plus efficaces dans ces sortes de cas , en les accompagnant dans certaines circonstances d’un traitement mercuriel prudent et convenable.
Quoiqu’il soit d’usage d’associer la salsepareille à d’autres sudorifiques, surtout au bois de gaïac, au sassafras, aux préparations d’antimoine, il est certain que l’on en obtient d’aussi bons effets, en l’employant sans addition de substances étrangères. Elle est en outre supportée beaucoup plus facilement par l’estomac, ce qui doit toujours être pris en considération dans l’administration d’un médicament quelconque.
Un grand nombre de remèdes secrets que l’on débite avec emphase contre la syphilis invétérée ( la vérole ) doivent leur propriété à cette plante et au mercure. Le Rob antisyphilitique de Laffecteur dont on fait tant de bruit, n’est autre chose qu’un extrait de salsepareille , de gaïac, avec une légère addition de mercure, le tout combiné avec adresse à d’autres substances insignifiantes, pour soustraire autant que possible ce remède à l’analyse chimique.
On pourrait rapporter aux suivans les cas où il est raisonnable d’administrer la salsepareille. Il faut d’abord que le canal intestinal soit en bon état et qu’il ne soit pas surtout le siège d’une irritation un peu vive , ce qui contre-indiqtierait l’emploi de ce remède. On l’administre donc i° quand on a des doutes sur le caractère vénérien de la maladie ; 20 quand la personne est affectée de vérole et de scorbut en même temps ; cette dernière affection s’opposant entièrement au traitement mercuriel 5 3° lorsque le mercure produit la salivation ; 4° lorsque la maladie vénérienne est compliquée d’une affection scrophuleuse ; 5° toutes les fois que la maladie vénérienne est passée à l’etat chronique , c’est-à-dire quand elle est inveteree , et surtout quand elle étend ses ravages sur toute l’economie ; enfin lorsque la maladie a résisté au traitement mercuriel.
IIO
Ën cas d’irritation du canal alimentaire, on doit toujours commencerparpréparerlemalade au moyen d’un traitement antiphlogistique , qui se compose de boissons émollientes, d’une nourriture très-peu abondante et du repos. Il est même bon , dans tous les cas, d’essayer le traitement antiphlogistique avant tout autre , parce qu’il n’est pas rare de voir tous les phénomènes vénériens se dissiper pendant son emploi ; et lors même que ce traitement ne produirait pas une cure radicale , le succès du traitement antivénérien est toujours beaucoup plus certain. Ce n’est pas ici le lieu d’insister plus long-temps sur les cas où il convient d’avoir recours à la salsepareille : nous allons passer à son mode d’administration.
Décoction simple de salsepareille. P. Racine de salsepareille, i, 2 et même 3 onces.
Eau commuue , x litre iya. Après avoir laissé macérer pendant 24 heures , faites bouillir à petit feu jusqu’à réduction d’un tiers ou de moitié. Si on veut une décoction forte, on fera bien de laisser encore macérer pendant 24 heures. A boire par verrées 2 fois et même 3 fois le jour , le matin à jeun, à midi , et le soir. Bien entendu que si l’usage de cette décoction devait durer plusieurs jours, ce qui arrive ordinairement, la quantité d’eau et de la salsepareille serait plus considérable , mais toujours dans les proportions indiquées. On porte souvent la dose de la décoction beaucoup plus haut ; on l’administre jusqu’à 5 ou 6 verrées par jour.
Décoction de salsepareille et de gaïac. P. Racine de salsepareille , 1 ou 2 onces.
Bois de gaïac râpé , 1 once.
Eau commune , 1 litre ïji. Laissez macérer pendant 24 heures : le reste comme ci-dëssus.
Le sirop de salsepareille s’emploie dans le même but que la décoction. On le prend ordinairement à la dose de
xi i
i once matin et soir dans un verre d’eau, auquel oh ajoute fort souvent une cuillerée ( 1/2 once) de liqueur de Van- Swieten , suivant l’indication.
H existe des milliers de forme de préparations sudorifiques contre la syphilis, mais les plus simples sont toujours les meilleures , et nous sommes persuadés que celles que nous avons indiquées sont suffisantes dans tous les càs.
SUREAU. Fleurs en infusion.
P. Fleurs de sureau , 1 pincée.
Eau commune , 1 litre. Edulcorez avec du sucre et du miel ou un sirop émollient.
Dans certains cas, on peut ajouter quelques gouttes d’ammoniaque liquide à cette boisson, pour augmenter sa propriété sudorifique.
AMMONIAQUE ou Alcali volatil. Cette substance jouit d’une propriété éminemment sudorifique; mais comme elle est très-stimulante et très-irritante , il serait impossible de l’administrer seule à l’intérieur , dans quelque cas que ce pût être. On en met de 10 à 20 gouttes pour 1 litre d’une infusion sudorifique telle que la précédente, et 6 ou 8 gouttes dans une potion.
L’ammoniaque a d’autres propriétés que celle que nous venons d’indiquer; par exemple, on l’a vantée contre la morsure de serpent. Dans ce cas on la fait prendre dans une boisson aqueuse à la dose que nous venons d’indiquer, et on lave la piqûre avec une solution un peu plus concentrée. La vertu de ce remède est cependant sujette à contestation. Les autres cas où cette substance doit être employée sont indiqués dans les divers articles de cet ou^ vrage.
Toniques.
On appelle tonique tout moyen curatif propre à donner
de la vigueur et de la force aux organes que l’on suppose dans un état d’affaissement , de faiblesse , de flacciditéd’inertie. Ce mot est donc à peu près synonyme de fortifiant, de stomachique, de cordial, etc.
Il n’est aucun médicament, aucune substance à laquelle on puisse donner le nom de tonique d’une manière absolue, puisque le même traitement qui est tonique, qui relève les forces dans certaines circonstances, les détruit dans des circonstances différentes. Bien plus , il y a des traitemens qui sont débilitans directement de leur nature, ét qui deviennent réellement des fortifians par circonstance. Ainsi la saignée est certainement un moyen débilitant; cependant elle rétablit les forces, lorsqu’elle est faite à propos, par exemple, chez un malade frappé d’apoplexie; tandis que le "vin généreux, qui est une boisson tonique et fortifiante, loin de rendre les forces en pareil cas, ne ferait que les abattre de plus en plus,. et finirait même par produire la mort.
Il est très-rare que dans le public on sache faire cette distinction ; et l’on peut dire qu’il n’y a rien dont on fasse un emploi si fréquent et si dangereux que des médicamèns, des boissons et des alimens toniques. Pourquoi? parce que toutes les fois que l’on aperçoit des signes de faiblesse, on s’imagine qu’il faille nécessairement stimuler, échauffer, donner du ton, comme on dit, pour réparer les forces abattues. Les digestions sont-elles pénibles, laborieuses, lentes, c’est, dit le vulgaire, parce que l’estomac est délabré, faible, paresseux : il faut donc lui donner de la ' force , au moyen de bons bouillons, de bon vin, etc. Voilà pour la nourriture : mais pour compléter le système de fortification, on aidera l’estomac par les boissons amères, telles que l’absinthe, la camomille, le quinquina, les élixirs fortifians; et, comme il est indubitable que le malaise empirera , que la faiblesse augmentera sous l’emploi d’un pareil traitement, on croira n’avoir rien de mieux à faire
it3
<jue d’augmenter les doses. Telle est la pratique barbare que l’on suit généralement et que conseillent toutes les commères et les charlatans. Démontrons-en la fausseté et les dangers.
La plupart des maladies sont accompagnées des signes de la faiblesse, puisque tout individu malade est ordinairement plus faible que dans l’état de santé. Il s’agit de savoir maintenant si cette faiblesse est réelle ou si elle n’est qu’apparente; car si elle dépendait de trop d’excitation, de trop de chaleur, de trop de forces; il est évident que le régime et les médicamens toniques seraient entièrement contraires à l’état du malade. Or, l’observation la plus exacte a démontré que le plus grand nombre de nos affections dépend de la surexcitation d’un ou de plusieurs organes, ce qui détruit l’équilibre des fonctions , s’oppose à leur exercice , et amène par conséquent toutes les formes extérieures de là faiblesse. Geci: est principalement sensible lorsque l’affection , l’irritation a son siège dans les organes de la digestion. Une personne digère mal ; les alimens fatiguent son estomac ; quelquefois elle a de la tendance à les rejeter, ou même elle les rejette en effet. Signes de faiblesse, direz- vous; il faut fortifier. Nous disons tout le contraire; ce sont des signes d’irritation, d’inflammation, de force; il faut débiliter, rafraîchir, s’abstenir d’alimens forts et échauffans, etc. Reste, à démontrer si nous avons raison S entre mille preuves , en voici qui pourront suffire. Lorsqu’on fait l’ouverture des personnes qui ont eu le malheur de succomber à la suite du genre d’affection, dont nous nous entretenons. ici., c’està-dire dont la maladie a débuté par des inappétences accompagnées de fièvre, et quelle s’est enfin élevée jusqu’au point de produire la mort, on trouve toujours quelques parties de l’estomac ou des intestins enflammées, ce qui s annonce par la rougeur extraordinaire de ces parties, et souvent par des ulcères et des désorganisations produites
par l’inflammation. On conçoit alors pourquoi la présence des boissons fortes et des alimens était incommode; c’est que tout organe enflammé est plus sensible que dans l’état naturel , c’est que l’estomac se soulève contre tout ce qui l’irrite. Quelquefois l’eau pure est un excitant trop fort pour ses membranes enflammées, et il la rejette. Ainsi l’œil enflammé souffre de la présence d’une lumière même douce, qui la récrée agréablement dans l’état sain.
Que faire donc en pareilles circonstances? Donnera-ton du vin de quinquina, du vin d’Espagne ou d’autres substances prétendues toniques? Non sans doute, car puisque l’estomac n’est pas affaibli , puisqu’au contraire la faiblesse apparente, la difficulté de digérer, le mauvais goût de la bouche sont une preuve évidente qu’il y a surexcitation , irritation , inflammation dans cet organe; les vins généreux, les cordiaux, les béchiques, les toniques sont autant de moyens incendiaires qui ne feraient qu’aggraver l’état du malade. De simples boissons émollientes, de l’eau sucrée, de l’eau pure même sont les seuls moyens indiqués par là raison et par l’expérience. Nous parlons ici d’un degré un peu élevé d’irritation d’estomac; car il ne serait pas toujours prudent de se mettre à une diète aussi sevère toutes les fois que l’on manquerait d’appétit; mais au moins l’on doit se persuader que la bonne chere, les alimens de haut goût, les médicamens toniques ne sauraient le rétablir. Il faut donc débuter par des alibiens extrêmement légers et en petite quantité. L’estomac n’étant, point alors irrité par leur présence, il les digère; la digestion se faisant bien, les forces se rétabliront , et l’on pourra passer insensiblement à une nourriture plus abondante et plus substantielle. Bien entendu qu’on ne , cherchera pas à provoquer artificiellement la digestion au moyen de liqueurs amères, spiritueuses, du café, du thé, de. la camomille ,de l’absinthe, etc. : on obtiendrait l’effet contraire; car si ces moyens aident à la digestion, ce ne
peut être que chez les personnes dont l’estomac est Sain et froid, mais jamais chez celles qui portent une irritation , un échauffement de cet organe. C’est en vain qu’on le chargerait d’alimens succulens et recherchés , il ne le digérerait pas ; et comme ce n’est pus ce que Von mange qui nourrit le corps , mais ce que Von digéré, ces alimens intempestifs, ces médicamens toniques ne feraient qu’augmenter le feu , l’irritation des entrailles,* et, malgré leur quantité, la maigreur irait nécessairement en augmentant. Nous voyons tous les jours des personnes réduites au dernier degré de marasme par la bonne chère ou par toute autre cause, et reprendre un embonpoint excessif en renonçant à toute espèce de nourriture forte , et en ne faisant usage que de lait pendant des mois et même des années entières. Les toniques les auraient conduites au tombeau.
Il pourra sembler extraordinaire que nous nous élevions avec tant de force contre un usage si généralement suivi , que celui de soutenir par les alimens et les médicamens toniques les forces digestives , lorsqu’elles ne se font pas avec régularité. Mais un abus, pour être universel, n’en est pas moins un abus, et, dès qu’il est nuisible, on doit l’attaquer sans ménagement. Au reste, if n’est presque aucun médecin aujourd’hui qui ne soit convaincu de la. vérité des principes que nous avons énoncés dans cet article ; et s’il en est encore quelques-uns qui s’obstinent à suivre à cet. égard la routine populaire , c’est que l’amôurpropre rend opiniâtre dans l’erreur, et qu’il en coûte trop de recevoir des leçons de ceux qui viennent après nous. Il en sera toujours ainsi de l’esprit humain.
Malgré tout ce que nous ayons dit jusqu’ici sur l’usage des toniques, il ne faudrait pas conclure qu’ils nê soient jamais utiles, car on en obtient de très-bons effets lorsqu’on y a recours à propos. Il ne s’agit que de connaître les cas où il faut les rejeter, et ceux où il faut les permettre.
On ne devra, donc jamais recourir aux substances toniques lorsque l’estomac ou d’autres parties du canal intestinal seront excitées , et quelles seront la cause du malaise, de la perte d’appétit, de la fièvre et de la faiblesse que l’on éprouve- Dans ce cas, l’estomac étant déjà trop stimulé, il ne faut pas le stimuler davantage. Toutes les affections, tant internes qu’externes , ne doivent point être traitées par les toniques lorsqu’elles sont entretenues par un organe enflammé. En effet, un érysipèle, une plaie, un mal d’yeux* s’exaspèrent si l’on fait usage du vin pur, qui est certainement un des. meilleurs toniques que l’on puisse employer. Il en est de même des irritations de cœur, du poumon, du foie, des reins, de la vessie, etc., parce que toutes les substances qu’on nomme toniques sont plus ou moins stimulantes.
Voici maintenant les cas indiqués pour le traitement par les toniques ou fortifians., ce sont :
i° La convalescence, franche après une maladie inflammatoire aiguë.
2° La convalescence qui se manifeste d’une manière bien prononcée à la suite des maladies inflammatoires qui ont duré long -temps; mais il faut être assuré qu’il n’existe plus, ou presque plus d’irritation dans les voies digestives.;, ce que l’on connaît à la pâleur de la langue , à la cessation de la fièvre., à la chaleur naturelle de. la peau.
. 3? Lorsque les. forces ont été; épuisées à la suite d’un long jeune, par la marche, la fatigue, etc. Mais il ne faut pas oublier que toutes ces causes peuvent produire l’inflammation de l’estomac , et qu’alors il faut commencer par abattre cette inflammation au moyen d’un traitement antiphlogistique, et administrer ensuite les alimens toniques de la même manière , avec les mêmes précautions qu’après une gastrite produite par une autre cause. ( Voy . Gastrite.)
4° Les toniques conviennent encoreù la suite des grandes hémorrhagies qui ont affaibli les forces du malade ; et ici
encore c’est aux alimens Substantiels, joints à un peu de bon vin , plutôt qu’aux médicamens ! que l’on doit avoir recours ; au reste , si cet état de faiblesse était accompagné d’irritation d’estomac, on devrait avoir égard à cet état, et ne pas placer des substances excitantes dans un organe déjà trop excité pour les recevoir.
5° Â la suite des convulsions , car il n est pas rare que ies malades se trouvent sôuvént alors dans un état réel de faiblesse; mais il faut prendre garde quelle ne soit due à une inflammation de l’estomàc , ou même d’un autre organe.
6° Quand une personne a été asphyxiée par le froid ; on ne doit pas la mettre sur-le-champ dans un endroit chaud; mais on commence par la mettre dans l’eau glacée bu à l’envelopper de linges imbibés de cette eau ; on passe ensuite à l’eau froide, puis à l’eau tiède accompagnée de frictions , et enfin à l’eau chaude. On administre ensuite quelques cuillerées de bon vin rouge, et après quelque temps un consommé, et ainsi de suite. Si l’on exposait d’abord à Une trop grande chaleur dés parties engourdies par le froid et comme privées de vie, la chaleur pourrait déterminer une réaction tellement violente que ces parties seraient prises d’inflammation, et pourraient même (être frappées de gangrène , ainsi qu’il en existé de nombreux exemples.
7° Les individus qui ont été asphyxies par l’eâü, par l’hydrogène, par d autres gaz délétères, doivent être rappelés à la vie par les toniques administrés par degrés , sans néanmoins commencer par la glace, ainsi qu’on le fait pour les persbnnes qui ont été gëlées. La manière de se conduire dans ces différens cas se trouve indiquée à l’article Asphyxie.
8° Le traitement par les toniques convient aux personnes affectées de scorbut, lorsque cet état n’est pas accompagné d’inflammation , surtout si l’inflammatiori n’a
pas son siège dans l’endroit même où les remèdes doivent être déposés.' Ce traitement doit être sagement combiné avec l’emploi des alimens frais, des végétaux, des sucs gélatineux, etc.
Le traitement par les toniques , comme on a pu le voir, ne consiste pas seulement dans les médicamens qui portent ce nom ; tous les alimens peuvent aussi être regardés comme toniques, puisqu’ils nourrissent et que la nutrition répare réellement les forces et donne du ton aux organes. Cependant les alimens ne sont pas tous également toniques; il existe entre eux des degrés qu’il est important de connaître pour ne pas donner à un estomac déjà échauffé des alimens qui ne serviraient qu’à le stimuler et à réchauffer encore. Nous nous écarterions de notre but si nous entrions ici dans l’explication des substances nutritives plus ou moins stimulantes, plus ou moins toniques , auxquelles on peut avoir recours. On peut consulter à cet égard les articles Aliment , Régime.
Les médicamens auxquels on a donné le nom de toniques ne jouissent pas tous précisément de la même action sur l’économie animale ; les uns resserrent les tissus, et on les nomme pour cela astringens, propriété qu’ils doivent ordinairement au tannin qu’ils contiennent; d’autres sont amers sans être astringens ; enfin il en est qui réunissent l’astringence et l’amertume en même temps. Nous allons donc les parcourir successivement, sous cette triple division , en toniques amers , en toniques astringens , et en toniques amers -astringens..
ire division. — Toniques amers.
Absinthe. Arthemisia absynthium.
Camomille vulgaire et Ro- Matricaria Camomilla, et An-
inaine. themis nobilis.
Centaurée. Gèntiana centaureum.
Gentiane. Gèntiana lutea.
Germandrée.
Houblon.
Sauge.
ir9
Teucrium clmmœdrys.
Humulus lapulus.
Salvia ofîicinalis.
2e division. — Toniques astringens.
Règne végétal.
Bîstorte. Polygonum bïstorta.
Cachou.
Coings. ' Pyrus cydonia.
Rathania. ' Krameria triandria.
Roses rouges. Rôsa gallica.
Tormentille. Tonnent ilia érèctar.
Vinaigre et autres acides végétaux.
Règne minéral.
Acides minéraux.
Acétate de plomb ou Extrait de saturne.
Alun.
Eaux ferrugineuses.
Fer.
Sulfate de fer ou Vitriol vert.
Sulfate de sine ou Vitriol blanc.
3e division. — Toniques amers-astr ingens.
Quercus robur.
Æscutus hippocastanum.
AehiUea millefolium.
Salix alba.
ABSINTHE! On fait usage de cette plante non-seulement pour exciter l’action de l’estomac , mais encore pour expulsér les vers ; ce que tout le monde sait. Gomme l’absinthe jouit d’une propriété stimulante assez énergique , il n’est pas douteux qu’il ne convient nullement de s’en
Chêne.
Marronnier d’Inde,
Millefeuille.
Quinquina.
Saule.
servir pour relever les forces, pour donner de l’appétit lorsque les mauvaises digestions dépendent d’une irritation de l’estomac , ce qui est le cas le plus ordinaire ; car alors la diète , un usage modéré d’alimens doux , de boissons aqueuses, réussissent mieux que tous les toniques que l’on pourrait employer.
Nous sommes donc loin d’approuver l’habitude qu’ont plusieurs personnes de prendre, avant leur repas, l 'eaude-vie (P absinthe , le 'vermuth , qui n’est autre chose qu’une infusion d’absinthe dans le vin blanc : tous ces moyens factices de stimuler l’estomac excitent bien l’appétit pendant quelque temps , mais ils finissent par échauffer cet organe, et par l’irriter au point qu’il repousse toute espèce d’aliment. Mangez peu , faites de l’exercice, et surtout attendez que le besoin de prendre de la nourriture vienne naturellement , et vous digérerez. Il est pourtant des cas de faiblesse réelle où ces moyens ne sont pas à dédaigner , mais ils sont plus rares qu’on ne le pense vulgairement.
L’absinthe s’emploie de diverses manières, en infusion , en extrait , en conserve , en sirop , sans parler de l’eau-devie, et du vermuth dont il a déjà été fait mention.
L’infusion se fait à froid. La dose est d’environ une pincée pour un litre d’eau. Les habitans des campagnes s’en servent très-souvent de cette manière , et avec succès , soit contre les vers , soit pour couper les accès de fièvre. La dose de cette infusion varie suivant l’âge et le tempérament. En général on peut en prendre trois ou quatre verrées dans les vingt-quatre heures. Pour les enfans , on emploie plus ordinairement la petite absinthe, parce quelle est d’une saveur moins forte et moins nauséabonde.
L’extrait et la conserve se prennent enveloppées dans du pain à chanter , à la dose d’un ou de deux gros.
Le sirop sert à aromatiser d’autres boissons ; si on le prend pur, la dose est d’une ou deux cuillerées.
CAMOMILLE. Fleurs en infusion.
P. 5 ou 6 fleurs de camomille.
Eau commune , une verrée. Faites une infusion. On peut édulcorer cette infusion avec le sirop d’écorce d’orange , ou tout autre, à moins qu’on ne préfère la prendre pure.
La camomille réussit quelquefois assez bien à calmer les coliques accompagnées de flatuosités , et dans le cas où il convient d’avoir recours aux anti-spasmodiques. C’est en outre un stimulant de l’estomac d’un très-fréquent usage. Cependant elle ne convient pas plus que les autres toniques , lorsque le défaut d’appétit dépend d’une irritation des organes digestifs.
PETITE CENTAUREE. On emploie les sommités de cette plante en infusion ou en décoction , à la dose d’une ou de deux pincées par litre d’eau.
GENTIANE. On emploie la racine de gentiane en décoction , à la dose de deux ou trois gros par litre d’eau. Cette plante est tonique et vermifuge , mais lorsqu’on en fait un trop long usage , elle finit par détruire la sensibilité de l’estomac , ainsi que la plupart des substances douées d’une très-grande amertume.
GERMANDRÉE . Cette plante est fréquemment employée par les habitans de la campagne contre les fièvres intermittentes, et contre les affections goutteuses. Cependant , nous sommes persuadés quelle n’a aucune propriété particulière qui puisse la faire préférer aux autres amers. On emploie ordinairement les sommités de la tige, en infusion , à la dose d’une ou de deux pincées, pour un litre d eau , à boire dans la journée ou en plusieurs jours , suivant l’indication.
ÏIOURLON. On en fait des tisanes fréquemment employées dans les affections scrophuleuses et dartreuses ,
lorsque l’estomac n’est pas le siège d’une inflammation. On se sert des sommités de cette plante , de la manière suivante :
P. sommités de houblon , de i à 2 onces.
Eau commune , 1 litre ; faites une décoction ; pour boisson ordinaire dans les cas indiqués.
SAUGE. On emploie les feuilles de cette plante en infusion de la même manière que le thé. La dose est environ d’une ou deux pincées par litre d’eau. Cette boisson peut aussi servir de véhicule à d’autres médicamens. Tout le monde connaît les éloges donnés à la sauge par l’école de Salerne : Quomodo potest mori homo , quando est Salvia in horto? Comment V homme peut-il mourir quand il y a de la sauge dans son jardin? Ces éloges sont certainement très-exagérés ; cependant il faut convenir que cette plante est un tonique excellent et agréable, qui ne devrait pas être aussi dédaigné qu’on le fait de nos jours.
La sauge sert aussi à préparer des bains aromatiques avec le vin ou avec l’eau , pour donner des forces aux membres affaiblis. On en fait également des lotions , des fomentations, des gargarismes , etc.
Astringens.
Règne végétal.
BISTORTE. Racine en décoction. On l’emploie plus souvent à l’extérieur qu’à l’intérieur. ; ordinairement on l’associe avec d’autres substances astringentes, telles que la tormentille , les roses rouges, la racine de rathania, etc. Les cas où cette plante réussit à l’intérieur sont les hémorrhagies utérines , après avoir calmé par les émolliens l’irritation qui les produit ; le scorbut , qu’on appelle froid , quelquefois le dévoiement opiniâtre , mais alors il faut employer les astringens avec circonspection. Yoici comment on pe ut préparer la bistorte pour l’intérieur.
P. racine de bistorte , 1/2 once.
ïâ3
Eau commune, i litre. Faites une décoction, ajoutez vinaigre ou jus de citron jusquïà acidité agréable; à boire peu à peu dans la journée.
Cette même décoction peut aussi servir à faire des injections dans le canal de l’urètre, dans les organes sexuels de la femme, pour arrêter soit la gonorrhée , soit l’écoulement connu sous le nom de fleurs blanches. Mais il ne faut pas jouer avec ces moyens , qui sont toujours dangereux, lorsqu’on ne les fait pas précéder du traitement antiphlogistique. . .
CACHOU. C’est un astringent assez énergique. On l’emploie ordinairement avec les boissons mucilagineuses, avec la décoction d’orge, de riz, etc. La dose est environ d’un gros aune demi-once par litre de liquide. On en fait aussi des pastilles , des pilules de cinq à six grains. Le nachou uni avec la tisane de riz est souvent employé et avéc succès contre le dévoiement ; bien entendu que ce moyen serait exclu dans les cas d’inflammation aiguë des intestins.
COINGS. On emploie très-souvent le sirop de coings pour édulcorer les tisanes de riz, d’orge, etc., pour obvier aux dévoiemens qui ne sont pas accompagnés d’inflammation aiguë. La gelée de coings est un bon aliment à prendre dans les mêmes cas , ainsi que dans la convalescence des fièvres qui ont duré long-temps.
RATHANIA. La racine de cette plante est sans contredit un des astringens que l’on emploie avec le plus de succès dans un grand nombre de cas. Les habitans du Pérou se servent de la poudre de cette plante pour se frotter les gencives, lorsqu’elles sont molles, saignantes; et c’est d’eux que nous en avons appris l’usage. Tous les spécifiques que les charlatans vendent contre les fleurs blanches ont pour hase principale le rathania. On s’en sert également avec
ia4
succès contre les hémorrliagies internes, surtout contre les pertes des femmes. Cependant comme les meilleurs ïe. mèdes ne peuvent être couronnés de succès que quand ils sont appliqués rationellement , nous devons dire qUe l’usage du rathania, non plus que de tout autre àstringent, ne saurait convenir lorsqu’il y a inflammation aiguë ; mais dans les dévoiemens , les leuchorrées ( fleurs blanches ) chroniques ; dans les hémorrhagies utérines abondantes qui ont résisté aux antiphlogistiques, dans les vomissemens et les crachemens de sang de la même nature , on doit recourir sans crainte à l’usage de cètte substance. Il n est peut-être aucun médicament qui soit employé avec autant de succès que le rathania contre le scorbut qu’on appèlle froid. Si j ajoutais foi aux spécifiques, jé dirais presque que le râthânia est celui de cette maladie.
Il y a plusieurs manières de l’administrer : les plus ordinaires sont les suivantes :
P. racine de rathania , 1/2 once.
Eau commune , 1 litre. Faites une décoction jusqu’à réduction de moitié; ajoutez quelques gouttes de vinaigre, ou de suc de citron jusqu’à acidité agréable. On prend cette dose en trois ou quatre fois dans la journée.
Autre manière. P. extrait de rathania, depuis i scrupüle jusquà 2 gros , suivant l’âge de la personne.
ËâU commune , ou eau de roses , 172 litre. On peut ajouter vinaigre ou Süc de citron jusqu’à acidité agréable , à prendre en cinq ou six fois dans la journée.
Autre manière * P. extrait de rathania , de 1 à 2 gros.
Conserve de roses de 17 2 once à 1 once. Mêlez le tout très-exactement, et faites des bols du poids de 10 à 12 grains que l’on enveloppe dans du pain à chanter; à prendre dans les vingt-quatre heures. Si l’on ne craint pas la saveur de ce remède , qui n’est d’ailleurs pas désagréable , on le prendra par cuillerées à café , en mettant
un intervalle de deux ou trois heures entre chaque prise. Toutes ces diverses manières de préparer le rathania peuvent être employées indistinctement. Le choix dépend du goût des malades.
La décoction de rathania sert aussi à faire des injections dans divers cas de leuchorrée et de blénorrhagie chronique.
La poudre d.e rathania, mélangée avec le charbon réduit en poudre impalpable, est le meilleur dentifrice que l’on puisse employer , tant pour affermir les gencives que pour entretenir la propreté des dents.
ROSES ROUGES. On fait avec les fleurs des infusions qui servent de véhicules à divers médicamens : on s’en sert souvent en injections dans la leuchorrée , et dans les blénorrhagies chroniques.
L’eau de roses est surtout fréquemment employée dans lès collyres pour les yeux; mais, comme son action astringente est peu énergique , on l’augmente par l’addition de quelques substances plus actives.
La conserve de roses est un assez bou tonique que l’on peut employer avec succès pour arrêter les dysenteries , les dévoiemens , les hémorrhagies chroniques. Cependant elle sert le plus souvent à recevoir d’autres préparations médicamenteuses , soit pour en déguiser le goût et l’odeur, soit pour qu elles augmentent sa propriété astringente. ( Foj. l’article précédent. )
TORMENT1LLE. La racine s'emploie dans les mêmes cas et de la même manière que la bistorte, avec laquelle on l’associe souvent , ainsi qu’avec les roses rouges et le rathania.
VINAIGRE, et autres acides végétaux. Ces acides s’emploient rarement seuls comme astringens ; mais on les etend d’une certaine quantité d’eau , ou d’un autre liquide
convenable. Le plus souvent on les ajoute à d’autres pré. parafions pour augmenter leur propriété, -et pour leur donner une acidité, agréable. . • .
Astringens.
Règne minéral.
ACIDES MINERAUX. Ceux que l’on emploie le plus souvent sont l’acide nitrique , lacide sulfurique et l’acide muriatique. Tous ces acides sont corrosifs , lorsqu on les emploie purs. A la dose de quelques gouttes , ces acides donnent aux boissons une saveur agréable ; la limonade minérale n’cst autre chose que de l’eau ordinaire rendue légèrement acidulé par l’addition de quelques gouttes d’acide SUlfüri'qüé.
ACETATE DE PLOMB, ou Extrait de Saturne . Ce sel n’est guère employé qu’à l’extérieur. On le fait dissoudre dans l’eau (distillée s’il est possible) dans des proportions qui varient suivant l’usage auquel on le destine. Cette dissolution porte le nom d’Eau de Goulard. Pour injection dans le canal de l’urètre , la dose est environ d’un 1/2 gros à i gros par 1/2 litre d’eau. Cette dose peut être beaucoup plus considérable lorsqu’on veut appliquer des compresses imbibées d’eau de Goulard sur la peau, sur les contusions , comme cela se pratique tous les jours dans les fractures, les luxations , la brûlure, etc. En général, on met une demi-once d’acétate pour 1 litre d’eau.
ALUN. A l’extérieur , il entre dans quelques collyres , dans des lotions , des injections astringentes. Pour un collyre la dose est de 3 ou 4 grains pour 1 once d’eau pure ou d’eau de roses. Elle peut être plus forte pour les injections et les lotions. A l’intérieur la dose est de 5 à 20 grains dans une potion , que l’on prend en une ou plusieurs doses , suivant les cas. Ce médicament réussit quelquefois assez bien dans les dévoiemens , dans les diabétès
et dans plusieurs Autres affections accompagnées d’écoùlemens sanguins et autres; mais il faut toujours avoir égard à l’état de l’estomac du malade.
FER et Eaux Ferrugineuses. Il existe une quantité innombrable de préparations ferrugineuses dans les pharmacies , mais Comme elles ont à peu près toutes les mêmes propriétés, nous nous bornerons à indiquer la manière la plus simple , qui consiste à prendre la limaille de fer en substance , ou X eau ferrée.
La dose de la limaille de fer porphyrisée est de io à 20 grains dans 1 once de conserve de roses , ou dans une potion ; à prendre dans la journée.
Pour préparer l’eau ferrée , on met des clous ou de la limaille de fer dans un vase d’eau; au bout de quelques jours cette eau se charge de molécules de fer , et on la boit à la dose d’une ou deux verrées par jour. : ;
Nous ne devons pas passer sous silence une préparation ferrugineuse qui se trouve dans toutes les pharmacies et que l’on nomme vin ferré ou chalybé. C’est un assez bon tonique que l’on prend à la dose de deux cuillerées le matin , pendant plus ou moins long-temps. Il est inutile d’avertir que tous ces médicamens doivent être;, rejetés; lorsque le canal intestinal est atteint d’une irritation aiguë. ... ;
Les eaux ferrugineuses ont les mêmes propriétés que leau ferrée , à moins qu’elles ne soient accompagnées Ade substances étrangères. On les prend à la dose de deux ou trois verrées dans la journée.
SULFATE DE ZINC, ou Vitriol blâric. On ne l’emploie qua l’extérieur pour collyres , et en injection dans la gonorrhée chronique. La dose, pour les injections, est de a 3o grains par 172 litre d’eau; pour collyre, de 3 a 4 grains par once d’eau distillée ou d’eau de roses.
Amers astringens.
CHÊNE, en décoction.
P. Ecorce de chêne , 1/2 once.
Eau commune, 1 litre. Faites une décoction, à prendre dans la journée. On l’a employée dans les dévoiemens chroniques, dans les fièvres intermittentes; mais aujourd’hui cette substance est presque abandonnée.
MARRONNIER D’INDE. L’écorce du marronnier s’emploie de la même manière et dans les mêmes cas que celle du chêne. .
MILLEFEUILLE. Les gens de la campagne emploient souvent les feuilles de cette plante , qu’ils pilent pour les appliquer sur différentes plaies , et ils le font presque toujours avec succès. Elle entre dans la composition des eaux vulnéraires , qui, pour le dire en passant , sont utiles pour déterger les plaies et pour en hâter la cicatrisation , mais dont l’utilité à l’intérieur n’est pas également démontrée , excepté dans les dévoiemens chroniques, dans les hémorrhagies utérines et autres , dans la leuchorrée; cependant cette plante n’a point en cela une propriété distincte celie-des autrès astringens.
On prépare avec les feuilles fraîches de millefeuille des sucs que l’on prend à la dose de 1 ou 2 onces , dans les cas indiqués. On fait aussi des décoctions avec les fleurs ou les feuilles : la dose est d’une ou deux pincées par litre d’eau.
QUINQUINA. Nous en avons déjà parlé à l’article Fébrifuge, ( Voj. ce mot. ) »
SAULE. On a long-temps vanté l’écorce de saule comme un succédann'ée du quinquina dans les fièvres intermittentes ; mais elle est loin de donner des résultats aussi certains que ce médicament. On n’y aura donc re-
cours que dans le eas où il serait impossible de se procurer du quinquina. La dose est environ d’une demi-once par litre d’eau. On en fait une décoction , à prendre dans la journée , et dans l’intervalle des accès.
V îrmifuges.
On appelle vermifuges les médicamens propres à expulser les vers qui se développent dans le corps humain , et principalement dans le canal intestinal.
Comme la plupart de ces médicamens sont pris dans la classe des substances stimulantes et irritantes , nous devons faire, à l’égard de leur emploi, les mêmes observations que nous avons déjà faites en diverses circonstances , toutes les fois qu’il s’est agi de l’introduction de remèdes de cette nature dans l’estomac. En effet , il ne suffit pas de savoir seulement s’il existe des vers dans le corps du malade et d’administrer ensuite un traitement vermifuge, pour les détruire ; mais il faut aussi examiner si l’estomac, si les intestins ne sont point dans un état inflammatoire , ou disposés à l’inflammation ; car dans ce dernier cas , on commencera par calmer l’état inflammatoire, avant de s’occuper de l’expulsion des vers , ou du moins on choisira parmi les vermifuges ceux qui sont les moins irritans , de peur d’augmenter l’irritation qui accompagne ordinairement la présence des vers.
H n’est pas non plus indifférent d’avoir recours à un vermifuge plutôt qu’à un autre ; car tous ne conviennent pas également dans tous les cas. Il faut aussi avoir égard à l’âge du malade , à son tempérament , au degré d’irritabilité de son estomac, à la nature des vers , et au siège qu’ils occupent dans le trajet du canal intestinal.
On a coutume généralement de donner les vermifuges aussitôt que les symptômes qui annoncent la présence de vers se manifestent : tels sont la dilatation de la pupille , l’aigreur de l’haleine , les démangeaisons du nez , etc. ;
mais s’il y a complication de gastrite ou d’entérite, au point de donner la fièvre, il est certain que l’on aggravera l’état du malade , surtout si les vermifuges sont pris parmi les plus acres ou les plus stimulans.
Nous ne nous arrêterons pas davantage sur l’emploi des vermifuges. Voyez pour plus amples détails l’article V ers, dans le Dictionnaire.
Voici maintenant le nom et le mode d’administration des médicamens vermifuges le plus généralement usités.
Ail. A Ilium sativum.
Fougère mâle. Filix mas.
Grenadier. Punica granatum.
Mofisse de Corse. Fdcus Helminthocorthon .
Pêcher. Amygdalus persica.
Ricin. Ricinus communis.
Sementine ou Semen-contra. Artemisia judalca.
Tanâisie. . Tanacetumvulgare.
AIL. C’est un excellent vermifuge , mais il est très-stimulant, et l’on ne peut pas toujours l’employer, surtout lorsque les vers sont accompagnés d’une irritation vive de l’estomac ou des intestins.
On l’emploie en décoction dans de l’eau , et plus souvent encore dans du lait que l’on prend pendant plusieurs jours, jusqu’à ce que les vers soient expulsés. Ori le donne souvent aux enfans.
FOUGÈRE MALE. C’est le médicament que l’on emploie avec le plus de succès pour détruire le ver solitaire. Ce vermifuge fut autrefois un secret possédé par Nufer , chirurgien bernois , et qu’un roi de France acheta de la veuve de ce médecin. Voici la manière de l’administrer. Le soir on prend une grosse soupe de pain préparée au beurre , et ensuite un lavement , si les selles sont difficiles ; le lendemain matin , on prend la fougère comme il suit :
P. Racine de fougère mâle , réduite en poudre , 172 once.
Infusion de tilleul , ou eau simple , une verrée. Délayez la poudre dans ce liquide; à prendre en une seule fois. Si l’on éprouve des nausées , on mâche une écorce de citron pour empêcher le vomissement. Deux heures après avoir avalé la poudre, on prend un purgatif avec l’huile de ricin, de la manière suivante :
P. Huile de ricin , de 1/2 once à 1 once 1/2 , suivant l’âge.
Sirop simple , parties égales; à prendre en une seule dose. L’expérience a prouvé que le succès était plus certain , en ajoutant quelques gouttes d’éther au purgatif.
On peut également administrer la fougère en décoction, à la dose de 1 ou 2 onces pour 1 litre d’eau , que l’on prend par verrées en plusieurs fois , ou bien on fait une décoction plus concentrée ; à prendre en une seule dose. On administre ensuite le purgatif comme précédemment.
GRENADIER. La racine du grenadier a été vantée par plusieurs praticiens dans le traitement du tœnia. Voici comment on l’administre , dans cette intention :
P. Racine de grenadier , 2 onces.
Eau commune, 1 litre. Faites bouillir jusqu’à réduction d’un tiers ; à prendre à la dose d’une ou deux cuillerées toutes les demi-heures.
MOUSSE DE CORSE. C’est un puissant vermifuge , et dont la propriété est connue de tout le monde. Quoique son odeur soit désagréable, ce remède n’est pas tres-stimulant , en sorte qu’on peut l’employer avec moins de crainte que tout autre. On l’administre en décoction , en poudre , en sirop , dans des biscuits, des tablettes, etc., surtout pour tromper les enfâns.
En décoction. P. Mousse de Corse, de r/2 once à i once.
Eau commune , une bonne verrée; faites une décoction et ajoutez du sucre ou un sirop ; à prendre en une ou deux fois.
En poudre. P. Poudre de mousse de Corse , i gros.
Eau sucrée ou lait , une verrée ; à prendre en une seule fois. Pour les enfans, il suffit de ifi à 3o grains.
Le sirop se donne à la dose de 3 ou 4 onces dans un verre d’eau ou d’une infusion agréable.
La quantité à prendre de tablettes , de biscuits vermifuges etc. , dépend de celle de mousse que ces préparations contiennent.
PÊCHER. Le sirop de pêcher est un excellent vermifuge et facile à faire prendre aux enfans , auxquels on le donne ordinairement de la manière suivante :
P. Sirop de pêcher ,
Suc de citron ,
Huile d’olive fine ,
On en donne une cuillerée à bouche deux ou trois fois par jour , selon l’âge et la gravité des symptômes.
On peut aussi faire une infusion avee la feuille de pêcher : la dose est environ de 1/2 once par 1/2 litre d’eau.
RICIN'. Nous en avons déjà parlé à l’article Purgatifs. (Voyez ce mot.)
* SEMEN CONTRA. Cetté substance est très-stimulante et développe facilement l’inflammation des intestins. Elle entré souvent dans la composition des sirops , des tablettes , des dragées et des biscuits vermifuges que l’on donne aux' enfans. On la donne rarement aux personnes adultes.
TANAISÏE. C’est un . très-bon vermifuge , que l’on
| parties égales de chaque.
peut se procurer à peu de frais , puisqu’il croît abondamment le long des fossés , des ruisseaux , etc.
Ses propriétés sont à peu près semblables à celle de l’absinthe, qui est aussi un vermifuge, à défaut d’autres. On s’en sert de cette manière :
P. Graine de tanaisie réduite en poudré , de io à 20 grains; délayez dans un peu d’eau ou une infusion agréable ; à prendre en une seule fois.
Ou bien : P. Graine de tanaisie, 1/2 once. Faites infuser dans une bonne verrée d’eau ou de lait ; à prendre en une seule fois.
IIe Section. — - Médicamens composés.
On appelle médicamens composés ceux qui résultent de la combinaison de deux ou d’ün plus grand nombre de substances , entre elles , soit pour augmenter ou modifier leur action , soit même pour la changer entièrement.
La médecine devenue de nos jours beaucoup plus simple et plus rationnelle quelle ne la été à toute autre époque, a rejeté du nombre des moyens de guérir une quantité immense de remèdes et dé recettes composées : c’est au grand avantage des malades. La nature en effet est toujours simple dans ses moyens de conservation , comme elle l’est dans ceux de destruction ; la nourriture la moins artificielle produit les corps les plus robustes ; la médication la moins compliquée est celle qui guérit le plus souvent et le plus sûrement. Tandis qu’il n entre dans la préparation des médicamens composés que des substances possédant à peu près la même propriété , et formées des mêmes élémens chimiques , on conçoit que rien ne s’oppose à ce qu’on les associe ; mais ces amalgames ridicules de médicamens doués de propriétés opposées les unes aux autres , fntroduits dans le canal alimentaire , y causent le plus souvent des ravages irré-
parables, et contrarient la nature , loin de l’aider dans ses efforts salutaires.
H faut donc éviter de réunir dans la même formule autant de substances qu’il y a de symptômes dans la maladie , car ce sont les causes des maladies qu’il faut détruire , et non les symptômes. En s’attachant autant que possible à la simplicité dans la prescription des médicamens , on s’éloignera moins de la nature , et l’on ne rendra pas incertaine et douteuse l’action des remèdes, comme cela arrive si souvent par le mélange de plusieurs substances.
Il n’est pas indifférent de donner aux médicamens une forme plutôt qu’une autre. En effet , il est des cas où il convient de les donner en boissons ; dans d’autres , en poudre , en pilules , en lavemens, etc. Outre cela, on est souvent obligé d’en pallier le goût ou l’odeur aux malades , par l’addition de quelques substances agréables ou en les enveloppant de manière que leur saveur propre ne soit pas aperçue. On est surtout obligé d’avoir recours à ces moyens pour les enfans , auxquels on administre pour l’ordinaire les médicamens sous forme de pastilles , de tablettes , de confitures , de biscuits , de sirops, etc. Il faut alors avoir soin que ces substances additionnelles ne soient pas de, nature à altérer l’action du médicament principal. Ainsi, par exemple, on n’associera pas les astringens avec les purgatifs , les stimulans avec les débilitans , etc. ; l’action de ces remèdes serait alors changée, et ils ne produiraient d’autre effet que celui de tourmenter , à pure perte , l’organe dans lequel ils auraient été déposés.
Nous ne parlerons pas ici des connaissances chimiques nécessaires pour la préparation et le mélange de la plupart des médicamens énergiques ; cela nous entraînerait au delà du but que nous nous sommes proposé ; et d ailleurs nous serions mal compris par les personnes
étrangères à Ges connaissances. Qu’il nous suffise de dire ici qu’il est un grand nombre de substances qui deviennent des poisons lorsqu’elles sont associées avec d’autres, quoique séparément elles ne soient pas ou presque pas nuisibles ; de la même manière qu’il est des poisons qui perdent leur caractère par leur combinaison avec d’autres substances qui neutralisent leur action. Ainsi deux médicamens inoffensifs pris isolément peuvent devenir très-nuisibles par leur réunion , et réciproquement. On doit conclure de là que l’on ne peut se fier qu’aux personnes de l’art , lorsqu’il s’agit d’employer des médicamens de la nature de ceux dont nous parlons , et que l’on ne saurait être trop en garde contre le charlatanisme des vendeurs de spécifiques composés de mille ingrédiens , tous doués, selon eux , d’une vertu extraordinaire ; contre la sottise des commères qui se mêlent de savoir et de pratiquer la médecine ; contre les herboristes qui ont l’effronterie de prescrire aux malades des médicamens , quoiqu’ils ignorent entièrement et l’action des remèdes, et plus encore les causes et la nature des maladies.
Il ne faut donc pas, s’attendre à trouver ici ce long fatras de formules que l’on rencontre dans tous les anciens ouvrages de médecine , et dont on a rejeté un grand nombre delà pratique. La simplicité et l’utilité, voilà notre unique but.
Bains aromatiques .
P. Espèces aromatiques , telles que sauge , lavande , romarin, mélisse, menthe, etc. , 2 ou 3 livres.
Eau , quantité suffisante pour un bain ordinaire. Usités dans les affections rhumatismales et névralgiques , et dans tous les cas où il est nécessaire de donner de l’activité à la peau.
Bains aromatiques à la -vapeur.
On les- prépare en faisant passer la vapeur de l’eaii à travers les mêmes plantes que celles indiquées ci-dessus.
Cette vapeur est dirigée sur tout le corps , ou sur quelques parties seulement , au moyen d’un appareil dont la description ne peut pas trouver ici sa place , mais qu’il est facile d’imaginer. Usités dans les mêmes cas que les précédens , mais plus actifs.
Bains gélatineux.
P. Colle blanche de Flandre, 2 ou 3 livres. Faites dissoudre dans
Eau bouillante , 4 5 litres. Versez cette dissolution
dans un bain ordinaire.
Bains mercuriels.
P. Sublimé corrosif (deuto-çhlorure de mercure) , 3 ou 4 gros.
Eau, quantité suffisante pour un bain ordinaire. Usités contre les affections vénériennes , lorsque l’estomac né peut pas supporter le mercure.
Bains sulfureux ou de Baréges.
P. Foie de soufre (sulfure de potasse),, de 1 à 2 onces.
Eau , quantité suffisante pour un bain ordinaire. Usités contre les affections de la peau , et principalement les dartres.
Quand on craint que cës bains ne soient trop irritans , on les associe avec les bains gélatineux décrits plus haut.
Biscuits vermifuges.
P. Calomélas à la vapeur ,1/2 gros.
Sucre pilé , 2 onces.
Farine ,1/2 once.
Œufs frais , 2.
Faites six biscuits , dont on donne un chaque matin aux enfans , jusqua ce que l’effet soit produit.
BOLS. C!est une préparation médicamenteuse , sous forme de boules composées de diverses substances réduites en poudre , et incorporées avec du sirop de miel , ou du mucilage, ou une conserve. Lorsque ces boules pèsent moins de six grains , on les appelle pilules.
On emploie cette préparation lorsque les médicamens sont d’un goût tellement désagréable , que le malade les refuse , ou qu’il ne les prend qu’avec répugnance. On enveloppe alors le bol dans du pain à chanter et on l’avale sans le mâcher, dans une cuillerée d’eau sucrée. Les bols ne doivent pas être gardés trop long-temps , autrement ils se durciraient et se digéreraient difficilement. Il en est de même des pilules.
Bols fébrifuges de sulfate de quinine.
P. Sulfate de quinine , 5 grains.
Poudre d’althéâ ou de réglisse , 2 ou 3 grains.
Sirop de miel , ou mucilage , quantité suffisante pour faire un bol. On en prend deux , trois , quatre et même cinq durant l’intervalle des accès d’une fièvre.
Bols dits anti-blénorrhagiques.
P. Baume de copahu , 2 gros.
Poivre de Cubèbe , 2 gros.
Sirop de miel , ou mucilage , quantité suffisante pour quatre bols dont On prend deux matin et soir pendant six °u huit jours. Employé avec succès contre les ecoulemens chroniques , et qui résistent aü traitement anti-phlogistique. On ne doit employer ce moyen que lorsque l’estomac est en bon état. S’il est irrité , s’il y à fièvre , il faut
l’exclure. Les deux substances que nous venons d’indjquer pour la composition de ces. bols font la base de ces recettes nombreuses contre la blénorrhagie , que l’on voit tous les jours publiées avec emphase par les charlatans.
Bols astringens contre la leuchorrée.
P. Extrait de racine de rathania , 1/2 once.
Conserve de rose , 1 once.
Mêlez le tout exactement, et divisez pour faire six bols dont on prend d’abord un , puis insensiblement deux matin et soir pendant quelques jours. On obtient de très-grands succès de cette préparation dans plusieurs cas de fleurs blanches , et dans le scorbut qu’on, appelle froid. Mais il faut que le canal intestinal ne soit pas malade , et que l’on s’assujettisse en outre à un régime convenable.
> Cataplasme émollient.
P. Farine de lin , quantité proportionnée au volume du cataplasme que l’on se propose de faire.
Eau chaude , quantité suffisante pour faire une pâte. Etendez, sur un linge et appliquez sur l’endroit convenable.
Cataplasme anodin.
P. Cataplasme émollient, indiqué ci-dessus ; arrosez avec
Laudanum liquide , 1 ou 2 gros.
Autre cataplasme anodin.
P. Tige de laitue des jardins, lorsqu’elle est au temps de sa floraison , 1 ou 2 poignées.
Faites cuire dans une quantité d’eau suffisante pour
faire un cataplasme. Appliquez sur les parties douloureuses.
IV. B. On peut faire des cataplasmes avec plusieurs autres substances telles que la poirée , la feuille de guimauve , celle de ciguë , la mie de pain bouillie dans le lait, etc. On peut y incorporer diverses substances médicamenteuses , suivant les cas particuliers.
Cataplasme maturatif.
P. Cataplasme émollient indiqué ci-dessus , quantité suffisante. Ajoutez :
Onguent basilicum , ou onguent de la mère , i ou 2 onces.
Employé avec succès pour accélérer la suppuration des tumeurs inflammatoires.
Cérat simple.
P. Huile d’olives , 4 onces.
Cire blanche , 1 once. Faites fondre ensemble ces deux substances , et mêlez exactement.
Cérat mercuriel ,
P. Cerat simple , 1
Onguent mercuriel, / Pitiés égalés de chaque.
Cérat opiacé.
P. Cérat simple , 4 onces.
Opium pulvérisé , 1 ou 2 gros.
Cerat soufré.
P. Cérat simple , 4 onces.
Soufre sublimé , 2 onces.
Employé dans les affections dartreuses et contre la gale.
COLLYRES. C’est un médicament qui s’applique sur les yeux. Les collyres sont liquides ou secs. Les collyres secs se composent d’infusions , de décoctions ou même d’eau simple avec addition de substances médicamenteuses. Les collyres secs sont des poudres que l’on insuffle dans les yeux.
Collyre astringent.
P. Eau distillée de roses ou de plantain , 4 onces.
Sulfate de zinc , io grains. Employé avec avantage dans les ophthalmies chroniques, ou dans le début de l’ophthalmie peu intense.
Autre collyre astringent.
P. Eau distillée de roses ou de plantain , 4 onces.
Acétate de plomb , io grains.
Employé comme le .précédent.
Autre collyre astringent.
P. Eau distillée , 4 dhces.
Alun pur ( sulfate d’alumine et de potasse), 24 grains.
Employé comme les précédens.
Collyre opiacé.
P. Eau distillée , 4 onces.
Extrait aqueux d’opium , 2 grains.
Employé dans les inflammations de l’œil , accompagnées de vive douleur.
Collyre sec.
P. Sucre candi , •» ,
Tuthie f Parties egales de chaque.
Mêlez et réduisez en poudre impalpable pour insuffler dans les yeux, au moyen d’un tuyau de plume.
Employé à la suite des ophtbalmies chroniques j lorsqu’il existe des taies sur la cornée.
DÉCOCTIONS. La décoction consiste à soumettre les substances médicamenteuses à l’action prolongée de l’eau bouillante , pendant un temps plus ou moins long , mais qui excède rarement une heure. Elle diffère de l’infusion , en ce que celle-ci se prépare en versant seulement de l’eau bouillante sur les médicamens dont pn veut extraire les principes.
Décoction blanche.
P. Corne de cerf pulvérisée ,
Ou , carbonate de chaux ,
Ou mieux, phosphate de chaux ,
Mie de pain , 2 onces.
Sucre, 1 once.
Eau commune , 1 litre.
Mêlez exactement , et faites bouillir pendant une demiheure. Passez à travers un linge et aromatisez avec ,
Eau de fleur d’oranger , 1^2 once.
À prendre par demi-vèrrée , toutes les une ou deux heures. Usitée dans la convalescence des" fièvres , et plus souvent encore dans les dévôiemens chroniques.
Décoction purgative.
P. Pulpe de tamarins , 2 onces;
Follicules de séné , 2 gros.
Eau commune , 1 litre. Faites bouillir pendant environ une demi-heure , et ajoutez :
Sulfate de soude ( sel de Glauber ) , 2 gros.
A prendre par verrées de demi-heure en demi-heure , jusqu’à effet purgatif.
Décoction diurétique.
P . Racine de chiendent , 1
Idem , de fraisier , > 1 ou 2 pincées de chaque.
Idem , d’arrête-bœüf , )
| 172 once.
Eau commune , i litre 1/2. Faites bouillir jusqu’à. réduction d’un tiers , et ajoutez
Nitrate de potasse ( sel de nitre) , 20 grains.
A prendre par verrées dans la journée.
Décoction astringente.
P. Racine dé grande consoude , 1 pincée.
Cachou, 2 gros.
Eau commune , 1 litre. Faites bouillir pendant environ une demi-heure, et ajoutez
Sirop de coing , 2 onces.
A prendre par demi- verrées , dans les dévoiemens chroniques.
Autre décoction astringente.
P. Riz mondé , 172 once.
Eau commune , 1 litre. Faites bouillir pendant une demi-heure , passez et ajoutez :
Cachou , de 2 gros à ip once.
On peut édulcorer avec le sirop de coings , ou l’aciduler avec le jus de citron , ou avec vingt à trente gouttes d’eau de Rabel. Employée très-fréquemment et dans les mêmes cas que la précédente.
EAU BLANCHE , ou Eau /vegéto - minérale , ou Eau de Saturne , ou Eau de Goulard.
P. Acétate de plomb (extrait de Saturne) , de a gros à 1 once.
Eau distillée , 1 litre.
Cette eau est très-fréquemment employée en injection contre les blénorrhagies et autres écoulemens chroniques; on s’en sert aussi très-souvent en fomentation et en lotion dans divers cas de fractures, de contusions , etc. Quand on s’en sert pour injection, la proportion d’acé-
tate de plomb doit toujours être moindre que lorsqu’il s’agit de l’employer à l’extérieur.
EAUX MINÉRALES. On appelle ainsi les eaux qui sortent de la terre , chargées de substances médicamenteuses. Ces substances sont tantôt des sels neutres , tantôt des acides , du soufre, du fer , etc. On est parvenu à imiter la plupart des eaux minérales , par des procédés physiques et chimiques , avec un tel bonheur que quelques-unes de ces eaux factices sont préférables aux eaux minérales naturelles , telle est , par exemple , l’eau de Seltz , et la plupart des eaux purgatives.
On peut diviser les eaux minérales , soit naturelles , soit artificielles , i° en sulfureuses ,* 2° en acidulés ou gazeuses ; 3° en ferrugineuses ou acidulés ferrugineuses ; 4° en salines.
Eaux minérales sulfureuses. Les lettres th. indiquent que ces eaux sont thermales ou chaudes à la source; les lettres fr. signifient quelles sont froides. Yoici les principales :
De - — Aigues-Bonnes , département des Basses-Pyrénées ; th.
Aix-la-Chapelle , Belgique ; th.
Aix en Savoie ; th.
Acqui , Italie ; th.
Arles , département des Pyrénées-Orientales ; th.
Ax , département de l’Arriège ; th.
Bade , Souabe ; th.
Bagnols , département de la Lozère ; th.
Bagnères-Adour, département des Hautes-Pyrénées ; th.
Bagnères de Luchon , département de la Haute -Garonne ; th.
Barèges, département des Hautes-Pyrénées ; th.
Bonnes ou Aigues - Bonnes , département des Basses-
Pyrénées; th.
Cauterets , département des Hautes -Pyrénées ; th.
Digne , département des Basses-Alpes ; th.
Enghien , près Paris ; fr.
Evaux , département de la Creuse ; th.
La Roche-Pouzay , département de la Vienne ; fr.
Saint- Amand , département du Nord ; th.
Saint-Sauveur, département des Hautes-Pyrénées • th.
Les eaux sulfureuses contiennent , comme le nom l’indique, une quantité plus ou moins considérable de soufre- Elles ont une odeur désagréable , approchant de celle des œufs pouris. Elles conviennent principalement dans les affections de la peau , telles que les dartres et la gale, dans les engorgemens chroniques des viscères abdominaux. On les emploie à l’extérieur en bains , en douches , en fomentations pour les affections rhumatismales , pour certaines espèces de paralysies , et pour la plupart des maladies de la peau, ainsi que pour accélérer la cicatrisation des plaies et des ulcères chroniques.
La dose est depuis deux ou trois verres, jusqu’à un litre etplus par jour. On peut les boire chaudes oufroides.
Eaux minérales acidulés ou gazeuses. Les principales sont les suivantes :
De — Bagnoles , département de l’Orne ; fr.
Bar , département du Puy-de-Dôme ; fr.
Chateldon , idem ; fr.
Chatel-Guyon , idem ; th.
Chaudes- Aigues , département du Cantal ; th.
Clermont-Ferrand, département du Puy-de-Dôme ; th.
Dax , département des Landes ; th.
Encausse , département de la Haute-Garonne ; th.
Langeac , département de la Haute-Loire ; fr.
La Palou , département de l’Hérault.
Médague , département du Puy-de-Dôme ; fr.
Mont-Brison , département de la Loire ; fr.
Mont-d’Or , département du Puy-de-Dôme ; th.
Nëris , département de l’Ailier ; tli.
Pougues , département de la Nièvre ; fr.
Saint-Galmier , département de la Loire ; fr.
Saint-Marc , département du Puy-de-Dôme , th. Saint-Myon , idem ; fr.
Seltz , Hesse-Cassel 5 fr.
IJssat , département de l’Arriège.
L’acide carbonique est le principe dominant qui communique aux eaux acidulés la saveur aigrelette dont elles sont douées. C’est encore au même principe que la plupart de ces eaux doivent la propriété quelles ont de mousser et ' de pétiller , lorsqu’on débouche les bouteilles dans lesquelles on les a conservées. Outre l’acide carbonique , quelques-unes renferment des sels de différente nature , et qui leur communiquent en conséquence des propriétés particulières , analogues aux substances qui entrent dans la composition de ces sels.
Les eaux simplement acidulés , c’est-à-dire qui ne contiennent que de l’acide carbonique , sont très-faciles à imiter par des procédés atificiëls. Ces eaux gazeuses factices sont même supérieures aux naturelles, en ce que celles-ci laissent échapper leur gaz à mesure quelles arrivent à la surface de la terre , et que leur qualité se rapproche alors plus ou moins de l’eau ordinaire.
Les eaux acidulés sont en général assez agréables à boire. On peut les prendre progressivement par verrées jusqu’à un ou deux litres dans la journée , soit seules , soit édulcorées avec un sirop , soit coupées avec le vin ou quelque infusion convenable , ordinairement aromatique.
De toutes les eaux gazeuses , celle de Seltz est le plus généralement usitée.
Ces eaux sont diurétiques , stimulantes du canal digestif, et lorsqu’elles sont fortement gazeuses , elles sont un excellent moyen contre le vomissement , si cette affec-
tion ne dépend pas d’une altération de l’estomac : aussi les conseille-t-on avec succès aux femmes enceintes qui sont sujettes aux envies de vomir , durant les premiers mois de la grossesse.
En général, on prescrit les eaux acidulés dans la convalescence des fièvres de long cours ; dans les hydropisies ; dans la suppression des règles , et en général dans les cas où les organes digestifs sont débilités par suite de longues maladies. Puisque ces eaux sont stimulantes , il est bien ^entendu qu’on n’ert fera pas usage dans les affections aiguës du canal alimentaire. Elles ne s’emploient qu’en boisson.
Eaux minérales ferrugineuses acidulés, lues, principales sont les suivantes :
De Alais , département du Gard ; fr .
Aumale , département de la Seine-Inférieure ; ff .
Boulogne, département du Pas-de-Calais ; ff.
Bourbon-l’ Archambault , département de l’Ailier ; th.
Bussang / département des Vosges ; fr.
Chapelle-Go defroi , département de l’Aube ; fr.
Charbonnières , département du Rhône ; fr.
Contrexeville , département des Vosges ; fr.
Cransac , département de l’Aveyron ; fr.
Dinan , département du Nord ; fr.
Ferrières, département du Loiret; fr.
Fontenelle , département de la Vendée ; fr.
Forges , département de la Seine-Inférieure ; fr.
Mont-Lignon , département de Seine-et-Oisè; fr.
Noyers , département du Loiret ; fr .
Passy , près Paris ; fr.
Provins , département de Seine-et-Marne ; fr.
Rennes , département de l’Aude ; th.
Rouen , département de la Seine-Inférieure ; fr,
Spa , Pays-Bas ; fr.
Segray $ département du Loiret ; fr.
Sermaise , département de la Marne • fr.
Saint-Gondon, département du Loiret; fr.
Saint-Pardoux, département de l’Ailier.
Tongres , Pays-Bas ; fr.
Yals , département de l’Ardèche ; fr.
Y'ichi, département de l’Ailier; th.
Watwelier, département du Haut-Rhin ; fr.
Les eaux feiïugineuses acidulés contiennent , ainsi que leur nom l’indique , une proportion plus ou moins considérable de parties ferrugineuses , surtout du carbonate de fer , ce qui les rend essentiellement toniques. Elles Contiennent en outre diverses autres substances qui varient suivant la nature dé ces eâüXj èf qui leur communiquent en conséquence des propriétés particulières.
On les- emploie ordinairement dans toutes les circonstances où l’on peut prescrire le fer ; mais toutes les fois qu’on le peut , on doit donner la préférence aux eaux ferrugineuses sur ce métal pur. Les cas où elles Sont administrées avec lé plus de succès sont en général ceux où il y a faiblesse générale ; à moins qué cet état né soit l’effet d’une irritation aiguë du canal alimentaire. Les cas particuliers dans lesquels on en obtient souvent du succès sont la suppression des menstrues , lès pâles couleurs , les convalescences après les maladies de longue durée , les scrophules, les épuisemens par suite d’hémorrhagies abondantes , de pollutions nocturnes , etc.
On les prend par verrées progressivement jusqu’à une et même deux pintes par jour. Ordinairement on les coupe soit avec le petit lait , soit avec le vin ou aVec une décoction convenable. On les administre aussi eh bains , en douches, en lotions, en fomentations.
Eaux minérales salines* Celles dont l’tisage est lé plus fréquent sont les suivantes :
De — Aix , départèment des Bouches-du-Rhône ; th.
Bains , département des Yosges ; th.
Balaruc , département de l’Hérault; th.
Brides , en Savoie ; th.
Bourbonne-les-Bains, département de la Haute-Marne ; th.
Empson , en Angleterre ; fr.
Jouhe , département du Jura ; fr.
Lamotte , département de l’Isère ; th.
Luecpies , en Italie; th.
Luxeuil , département des Yosges ; th.
Merlange , département de Seine-et-Marne ; fr.
Niederbronn , département du Bas-Rhin ; fr.
Plombières , département des Yosges ; th.
Pouillon , département des Landes ; fr.
Pyrmont , en Westphalie; fr.
Sedlitz , en Bohême; fr. .
Seydschutz , en Bohême ; fr.
Sylvanès , département de l’ Aveyron ; th.
Les eaux salines , ainsique leur nom l’indique , contiennent une quantité plus ou moins considérable de différons sels neutres qui leur communiquent presque toujours une vertu purgative. On les emploie principalement dans les engorgemens des organes abdominaux; tels que le foie , la rate, les reins , etc. , et dans tous les cas où l’on juge convenable d’administrer les purgatifs.
On les administre sans mélange et par verrées, jusqu’à ce que l’effet purgatif soit produit , ce qui permet d’en élever quelquefois la dose progressivement jusqu’à une pinte. On les emploie aussi en bains, en douches, en lotions , en fomentations.
Nous ne devons pas nous étendre plus au long sur le mode d’administration des eaux minérales, puisque les cas où il faut y avoir recours sont indiqués dans divers articles de cet ouvrage.
ÉMULSIONS. Ce sont des préparations faites ordinairement avec les amandes douces et quelques amandes amères , les graines de chanvre , les semences de melon , de concombre , de citrouille , etc. , pilées et auxquelles on ajoute une certaine quantité d’eau.
On prépare aussi directement des émulsions avec l’huile d’olive , ou celui d’amande douce , une once de sirop de gomme, que l’on mélange exactement dans un mortier, et sur lesquels on verse quatre onces de liquide.
On ajoute quelquefois des substances médicamenteuses aux émulsions ; mais il faut avoir soin de ne jamais y mélanger des acides ou de l’esprit de vin , ce qui en déterminerait promptement la coagulation. Ces préparations tournent facilement à l’aigre ; aussi on ne doit en faire qu’une quantité qui puisse être employée dans l’espace de quelques heures.
Emulsion simple , ou lait d’amandes.
P. Amandes douces dépouillées de leurs pellicules , 24. Amandes amères ,4*
Sucre , 1 once.
Ajoutez quelques gouttes d’eau et pilez le tout ensemble dans un mortier de marbre ou de verre , de manière à faire une pâte très-fine : versez ensuite environ un demi-litre d’eau. Passez à travers un linge, et ajoutez une -demi-once d’eau de fleur d’oranger.
C’est de la même manière que l’on prépare les émulsions avec les graines de chanvre , de melon , de concombre , etc.
Emulsion camphrée.
P. Emulsion simple , 4 onces.
Camphre pulvérisé , 20 grains.
Dissolvez le camphre dans un peu d’esprit de vin , ou dans un jaune d’oeuf, ou dans un peu d’huile, soit
d’olive , soit d’amande douce. A prendre par cuillerées dans les vingt-quatre heures.
Emulsion nitrée camphrée.
A 1 émulsion précédente , ajoutez :
Nitrate de potasse (sel de nitre) , de 20 à 3o grains. A prendre comme la précédente.
Emulsion nitrée.
P. Emulsion simple , 4 onces.
Nitrate de potasse (sel de nitre) , de 20 à 3o grains. A prendre par cuillerées dans la journée. Cette émulsion est diurétique.
Emulsion purgative ,
P. Emulsion simple, 4 onces.
Huille de proton tiglium , 2 gouttes.
Ou huile d’épurge ( Euphorbia latyris ) , 3 gouttes.
Edulcorez et ajoutez ip once d’eau de fleur d’oranger. A prendre par cuillerées de dix en dix minutes. Ce médicament , récemment découvert, a l’avantage de purger à très-petites doses.
E/nulsion calmante.
P. Semences de chanvre, ip once.
Idem de melon , ip once.
Broyez dans un mortier , et ajoutez :
Eau bouillante , ip litre.
Nitrate de potasse (sel de" nitre), 20 grains.
Sirop de nénuphar , quantité suffisante. Employé avec succès dans les blénorrhagies aiguës , dans les inflammations des reins , de la vessie. Quelquefois on ajoute à cette émulsion une vingtaine de grains de camphre, que 1 on fait dissoudre préalablement dans une petite quantité d esprit dp vin , ou dans un jaune d’œuf.
FOMENTATIONS. C’est le nom que l’on donne aux médicamens liquides destinés à être appliqués surquelques parties du corps , au moyen d’une flanelle ou d’une compresse. Ce genre de médication a beaucoup d’analogie avec les cataplasmes ; cependant ces derniers sont préférables , en ce qu’ils se refroidissent moins vite , et qu?il n’est pas nécessaire de les renouveler aussi souvent.
On prépare ordinairement les fomentations avec la décoction de quelques plantes mucilagineuses , telles que la mauve , la guimauve , la graine de lin , etc. ; ou narcotiques , telles que la morelle , le pavot , la ciguë , etc. Ce sont de véritables tisanes, mais qui sont beaucoup plus chargées que si elles devaient être données à l’intérieur. Outre ces sortes de fomentations , on en a fait encore avec d’autres substances médicamenteuses , suivant le but que l’on se propose d’obtenir.
Fomentation tonique.
P. Roses de Provins , 2 onces.
Vin rouge , 1 litre.dF aites bouillir.;
Imbibez de cette liqueur une compresse fine , ou de la charpie. Appliquez sur les ulcères, les plaies indolentes.
Fomentation narcotique .
P. Têtes de pavot , 4-
Feuilles sèches de morelle , 2 onces.
Eau , 1 litre. Faites bouillir.
Fomentation employée pour calmer les douleurs. Au lieu de pavot , on peut se servir d’une poignée de fleurs de coquelicots , ou d’une dizaine de grains d’opium pulvérisé , ou de deux gros de laudanum, que l’on ajoute au liquide.
Fomentation irritante avec la moutarde.
P. Farine de moutarde , 4 onces.
Vinaigre , 2 onces.
Eau chaude , 1/2 litre.
En enveloppant les pieds et même les jambes avec des linges trempés dans cette solution , on détermine une irritation vive et prolongée qui attire le sang vers ces parties et détruit la congestion qui pourrait se faire vers le cerveau. Ce moyen est donc très-utile lorsqu’il s’agit d’appeler le sang vers les extrémités inférieures , et il produit un effet plus certain que les bains de pieds à la moutarde.
Fomentation de tabac ( contre la gale').
P. Feuilles de tabac, 2 onces.
Eau, 1/2 litre. Faites bouillir.
Employée avec succès, en appliquant sur les parties galeuses des compresses trempées dans cette solution. Mais ce moyen peut déterminer des vomissemens , chez quelques personnes.
Fomentation astringente, avec V extrait de Saturne.
P. Acétate de plomb (extrait de Saturne) , de 1/2 à 1 once.
Eau , ip litre.
Cette fomentation est fréquemment employée dans les cas d’entorses , d’épanchement de sang dans le tissu cellulaire, à la suite de contusions , de fractures , dans les engorgemens d’une nature peu inflammatoire ; on s’en sert aussi pour arroser les appareils des fractures.
FUMIGATIONS. On appelle ainsi des médicamens administres sous forme de vapeurs, reçues soit par le corps entier , soit par quelques parties seulement , au moyen
d’appareils convenables. C’est principalement contre les affections de la peau que ce mode de traitement a été préconisé.
On emploie aussi certaines fumigations pour désinfecter l’air des hôpitaux , des chambres de malades , et toutes les fois qu’il est vicié par les émanations qui s’élèvent des corps en putréfaction , des eaux croupissantes , des marais , etc.
Fumigation aromatique.
P. Feuilles de sauge,
Idem de romarin ,
Idem de mélisse,
Eau , quantité proportionnée à l’usage que l’on veut en faire ; faites bouillir et dirigez la vapeur sur les parties malades. On emploie ce moyen avec succès pour faire tomber les croûtes qui se forment si facilement dans l’intérieur du nez , chez les scrophuleux, et chez les personnes d’un tempérament lymphatique. Dans ce cas , on fait fumer la vapeur par les narines.
Fumigation émolliente.
P. Racine de guimauve , i once.
Eau, ip. litre. Faites bouillir.
Employée comme la précédente.
Fumigation aqueuse.
On fait bouillir de l’eau commune dont on dirige la vapeur dans le lit du malade au moyen d’un tube exactement adapté au vase qui renferme l’eau. Les couvertures sont soulevées au moyen d’un ou de plusieurs cerceaux. Ces fumigations sont employées dans les cas où il convient de provoquer les sueurs , et principalement dans les frissons prolongés des fièvres intermittentes. On peut aussi charger ces vapeurs de principes médicamenteux ,
^ de chaque parties égales.
suivant le but que l’on se propose d’obtenir; ainsi on ajoute à l’eau, des fleurs de sureau , de coquelicot , des baies de genièvre , etc.
Fumigation désinfectante.
P. Sel de cuisine , a livres.
Oxide de manganèse pulvérisé , 5 onces.
Acide sulfurique à 36 degrés , i livre.
. Eau , i livre.
Mêlez ensemble le sél et la manganèse , mêlez également ensemble l’eau et l’acide , et versez ce liquide sur le' premier mélange , dans un vase de verre ou de terre euite. La vapeur qui se dégage est du chlore , et détruit à l’instant les miasmes qui vicient l’air. Les fumigations de vinaigre , de genièvre , d’encens et d’autres substances aromatiques qui jouissent d’une grande vogue parmi le vulgaire ne sopt nullement désinfectantes. Elles ne font tout au plus que pallier les mauvaises odeurs , mais elles n otent point à l’air ses propriétés malfaisantes. Le chlore jouit seul de ces propriétés dans les cas que nous avons indiqués.
N. B. Il existe aujourd’hui un autre moyen de désinfection qui coûte beaucoup moins cher que celui que l’on vient de lire. Le voici :
P. chez un pharmacien : Chlorure de chaux ou de soude , ip livre.
Eau , y ou 8 litres. Mêlez , et arrosez avec cette solution les endroits qui doivent être désinfectés. A l’instant même l’odeur et les émanations délétères sont détruites. En employant ce moyen, le vidangeurs peuvent descendre sans crainte dans les fosses d’aisance ; pour cela il suffit d y répandre quelques bouteilles de la solution indiquée. Si l’endroit que l’on veut désinfecter est vaste , on emploiera une quantité plus considérable soit d’eau , soit
de chlorure, mais toujours dans les proportions indiquées , c’est-à-dire vingt à trente fois autant d’eau que de chlorure. On désinfecte de même les lieux d’aisance.
En arrosant avec cette solution les cadavres en putréfaction , l’odeur disparaît sur-le-champ : aussi ce moyen est-il devenu d’une très-grande ressource pour les recherches que les médecins sont souvent obligés de faire sur les cadavres dans le cas de meurtre ou d’empoisonnement,
GARGARISMES. 6n appelle ainsi un médicament liquide que l’on garde plus ou moins long-temps dans la bouche , et que l’on rejette ensuite. On ne doit point agiter le gargarisme au fond du gosier , comme on le fait ordinairement ; il est beaucoup plus avantageux de le laisser reposer sur les parties malades, en renversant la tête en arrière..
Gargarisme astringent.
P. Décoction de roses de Provins , 6 onces.
Alun , i gros.
Miel rosat , 2 onces.
On l’emploie avec assez de succès dans les inflammations chroniques du gosier , lorsque , la chaleur ayant cessé, la tuméfaction persiste d’une manière opiniâtre.
, Autre Gargarisme astringent.
P. Racine de rathania , 2 gros.
Eau , 6 onces.
Faites bouillir pendant une demi-heure , et ajoutez quelques gouttes de vinaigre on de jus de citron. Ce gargarisme peut être employé comme le précédent ; mais il l’est surtout pour fortifier les gencives lorsqu’elles' sont molles, livides et saignantes , comme dans le scorbut.
Gargarisme détersif.
P. Miel rosat , i once.
Acide sulfurique ou muriatique , 20 gouttes. Décoction d’orge ou de roses de Provins , 4 onces.
Gargarisme avec le miel rosat.
P. Décoction d’orge ou de roses de Provins , 1/2 livre. Miel rosat , 1 once.
Fréquemment employé dans les inflammations de gosier. A défaut de miel rosat, oh se sert de miel ordinaire.
Gargarisme émollient.
P. Figues grasses , 1 once. Faites bouillir dans Lait , 8 onces.
Miel rosat , 1 once.
Autre Gargarisme émollient.
P. Décoction de guimauve, 4 onces.
Lait de vache , 1 once.
Autre Gargarisme émollient.
Décoction de guimauve , 4 onces.
Sirop de miel, 1 once. '
Gargarisme acidulé.
P. Sirop de mûres , 1 once.
Eau pure , ou décoction de roses , 4 onces.
Autre Gargarisme acidulé.
P. Eau d’orge , 4 onces.
Miel rosat r 1 once.
Vinaigre, jusqu’à acidité agréable.
Gargarisme antisyphilitique.
P. Dento-chlorure de mercure (sublimé corrosif ) , 3 grains.
Laudanum liquide , i gros.
Eau distillée, iy 2 litre.
Employé dans les ulcérations vénériennes de la bouche.
Gargarisme désinfectant.
P. Chlorure de chaux ou de soude , 1 gros.
Eau commune ., 4 onces.
En se rinçant la bouche avec cette solution , la mauvaise odeur de l’halèine disparaît sur-le-champ , si elle dépend de la carie ou de la malpropreté des dents , ou de quelque ulcère soit delà bouche, soit du gosier. Ce liquide possède en outre la propriété d’accélérer la guérison des ulcères indolens qui pourraient affecter ces parties.
Gouttes anodines d’Hoffman.
P. Liqueur anodine d’Hoffman , de 10 à 20 gouttes sur un morceau de sucre , ou dans une potion. A prendre en une seule dose. Elle calme quelquefois promptement les -affections nerveuses qui se manifestent par des spasmes. On peut ajouter à cette liqueur parties égales d’esprit de corne de cerf succiné dans la proportion de 1 gros de chaque, dans une tasse de tisane ou dans une potion. Cette préparation est antispasmodique et s’emploie dans les mêmes cas que la première.
INJECTIONS. On appelle ainsi des médicamens liquides que l’on porte dans différentes cavités au moyen d’une seringue- convenable. On fait des injections dans le canal de l’urètre , dans le vagin , dans les oreilles. Les femmes doivent se servir pour le vagin d’une seringue recourbée
et terminée en olive criblée de plusieurs trous ; les seringues pour l’urètre sont connues de tout le monde; pour les oreilles on se sert ordinairement de Seringues d’argent , d’os ou d’ivoire.; cependant celles d’étain peuvent très-bien être employées.
Injection astringente.
P. Sulfate de zinc, 1/2 gros.
Eau distillée ou eau de roses, 1/2 litre.
Cette injection est employée par les deux ëéXes dans les blénorrhagies chroniques , lorsque l'inflammation cesse d’être douloürëüse. Les injections doivent être faites plusieurs fois dans la journée.
Autre Injection àstrigente.
P. Sulfate de zinc , 1/2 gros.
Eau distillée ou eau de roses , 1/2 litre.
Laudanum liquide , 20 gouttes.
Employée dans les mêmes cas que la précédente, et souvent avec plus de succès.
Autre Injection asù'ingente.
P. Acétate de plomb (extrait de saturne ), de 1 à 3 gros.
Eau distillée , 1/2 litre.
Usitée dans les mêmes cas que les précédentes. On peut aussi y ajouter quelques gouttes de laudanum.
Autre Injection astringente ( pour les femmes ).
P. Racine de bistorte ,
Idem , de rathania ,
Roses de Provins ,
Eau , 1 litre 1/2. Faites bouillir pendant une demiheure.
Cette injection est employée avec succès chez les
de chaque 1^2 once.
femmes qui portent une blénorrhagie chronique , ou qui sont sujettes aux fleurs blanches , pourvu qu’il n’y ait pas d’inconvenient à arrêter cet écoulement. Au lieu de bistorte, on peut employer la racine de tormentille, ou de grenadier. On peut aussi préparer l’injection avec la seule raeiné de rathania , mais alors la doSe doit être plus forte.
Injection adoucissante.
Lait chaud j 1/2 litre.
Décoction de guimauve ou de lin , 1/2 litre.
Cette injection est usitée dans les inflammations aiguës des organes sexuels , et principalement de la femme. On peut y ajouter deux têtes de pavots , ou quelques gouttes de laudanum , pour calmer la douleur, s’il en existe.
Injection émolliente.
P. Décoction de racine de guimauve ou de graine de lin , 1 litre.
Employée dans les cas d’inflammation aiguë des organes sexuels.
Injection émolliente opiacée.
P. Décoction de racine de guimauve ou de graine de lin, 1/2 litre.
Laudanum liquide , 1 gros.
Employée dans les écoulemens chroniques.
Injection calmante.
P. Têtes de pavot ,3.
Tiges de morelle , 1 pincée.
Eau commune , 1^2 litre. Faites bouillir et ajoutez :
Laudanum liquide , 1/2 gros.
Cette injection est employée avec succès dans les cas de blénorrhagie , pour calmer l’irritation dont l’urètre ou le vagin serait le siège.
On les fait entre le prépuce et le gland lorsqu’il existe une tuméfaction considérable qui empêche de renverser le prépuce.
Injection mercurielle opiacée.
P. Dento -chlorure de mercure (sublimé corrosif), 6 grains.
Eau distillée , 1/2 litre.
Laudanum liquide , 1 gros.
Cette injection est employée avec succès chez les femmes qui sont affectées d’ulcérations vénériennes dans l’intérieur ' du vagin.
Injection tonique.
P. Quinquina , 2 onces.
Ecorces de chêne , 2 onces.
Eau, 1 litre. Faites bouillir pendant une demi-heure.
Cette injection est employée chez les femmes affectées d’éeoulemen s chroniques , de fleurs blanches , et de chute soit de matrice , soit du vagin , lorsque cet état dépend de la. laxité des tissus.
Injection calmante pour les oreilles ,
P. Lait chaud , 12 onces.
Décoction de guimauve.
Dans les cas d’inflammation aiguë des oreilles.
Autre.
P. Huile d’olive fine , 2 onces.
Laudanum , 5 eu 6 gouttes. Mêlez.
Dans les cas.de douleur vive des oreilles.
Injection savonneuse pour les oreilles.
P. Eau de savon , 2 onces.
Cette injection est très-utilement employée pour net
toyerle conduit de l’oreille et le débarrasser du cérumen qui nuit souvent à l’ouïe.
JULEP. On appelle ainsi un médicament liquide destiné à être pris en une ou deux doses ,. et dont les propriétés sont ordinairement tempérantes , pectorales , somnifères. Lesjuleps sont presque toujours formés d’une infusion de plantes émollientes , ou d’une émulsion , avec addition d’un sirop acide , mucilagineux ou narcotique. Le julep n’est donc qu’un genre particulier de potion , dont il ne diffère que par la manière dont il est administré ; aussi nous n’en parlons que pour nous conformer à l’usage.
Julep calmant.
P. Infusion de laitue , 4 onces.
Eau de fleur d’oranger , i cuillerée.
Suc de laitue (thridace), 3 grains.
A prendre le soir en deux ou trois doses. Ce suc de laitue nouvellement employé en médecine procure un sommeil calme; il est par conséquent préférable à l’opium, qui ne fait dormir qu’en déterminant une véritable ivresse. Au lieu d’une infusion de laitue , on peut fort bien employer une décoction de gomme arabique , de guimauve , ou même de l’eau sucrée , à laquelle on ajouterait le suc de laitue.
Autre julep calmant.
P. Eau distillée de laitue , 3 onces.
Eau de fleur d’oranger , i cuillerée. ,
Sirop diacode , i cuillerée. Mêlez.
A prendre le soir en une ou deux doses.
Au lieu d’eau distillée de laitue, on peut employer de l’eau ordinaire , ou une décoction de gomme ou de gui-
ît
mauve ; et au lieu de sirop de diacode , on peut employer de ao à 3o gouttes de laudanum.
Julep antispasmodique.
P. Camphre pulvérisé , 12 grains.
Faites dissoudre dans un jaune d’œuf.
Infusion de tilleul , 3 ou 4 onces.
Edulcorez avec du sucre , ou un sirop convenable.
A prendre par cuillerées dans -les affections nerveuses, dans quelques douleurs de reins , de la vessie.
Julep scillitique pectoral.
P. Décoction de guimauve ou de gomme arabique, 3 ou 4 onces.
/ Oxymel scillitique , 1 once.
Sucre , ou sirop de sucre , quantité suffisante.
A prendre par cuillerée dans les affections catbarrales , pour favoriser l’expectoration.
LAVEMENS. Tout le monde sait ce que l’on entend par ce mot ; cependant nous ne pensons pas quil soit superflu de donner quelques détails sur la manière la plus convenable de les administrer et sur le but que l’on se propose par cette forme de médicament.
Les lavemens les plus simples sont ceu:^ qui sont destinés à former comme une espèce de bain local dans les gros intestins, et à délayer les matières qui y sont accumulées. On les prépare ordinairement avec la décoction de guimauve , de graine de lin , de poirée, etc. On peut leur communiquer des propriétés purgatives , rafraîchissantes, narcotiques , stimulantes , etc. , par l’addition de médicamens qui sont eux-mêmes doués de quelques-unes de ces propriétés. Gomme les gros intestins n’ont point une sen-
sibilité aussi vive que celle dont jouit l’estomac , on administre en lavement des doses doubles et même triples de substances médicinales ; il est même des préparations très - énergiques que l’on n’oserait mettre en contact avec l’estomac , et que l’on emploie sans danger en lavement.
Avant d’introduire les substances médicinales dans l’intestin , on doit examiner avec soin l’état dans lequel il se trouve ; s’il est enflammé , l’emploi des lavemens irritans , stimulans, âcres, etc., serait nuisible , parce qu’ils exciteraient de plus en plus le travail inflammatoire dont il est le siège.
Non-seulement on emploie les lavemens comme bains locaux , comme émolliens ou rafraîchissans , chargés ou non de substances médicinales , mais on y a souvent recours pour nourrir les malades , lorsque les affections dont ils sont atteints ne permettent pas d’introduire des alimens par la bouche dans l’estomac. L’expérience prouve que l’on peut soutenir long-temps la vie au moyen de ces lavemens nutritifs. Mais pour qu’ils produisent cet effet , il faut faire en sorte qu’ils ne soient pas rejetés presque immédiatement après les avoir pris , et qu’ils séjournent assez longtemps dans l’intestin pour que les suçoirs qui y sont distribués puissent s’emparer des parties nutritives qu’ils contiennent. A cet effet, on ne doit donner que des demi et même des quarts de lavement , que l’on pousse avec, assez de force pour que le jet soit lancé aussi avant que possible. Sans ces précautions, le lavement ne tarde pas à être rejeté. H faut en dire autant de ceux qui doivent rester quelque temps dans le corps , et même de ceux qui ne doivent que délayer les matières fécales, lorsque, comme il arrive dans certains cas de constipation , ces matières se trouvent éloignées de l’extrémité du canal intestinal.
Lavement astringent.
P. Racine de bistorte, i once.
Fleurs de coquelicot , une pincée.
Eau , quantité suffisante ; ordinairement ip litre.
Au lieu de bistorte , on peut se servir de i once de racine de tormentille , ou de ip once de racine de rathania , ou d’écorce de chêne , de grenadier , de marronier d’Inde. On peut retrancher le coquelicot, ou bien le remplacer par deux têtes de pavots.
Lavement antispasmodique.
P. Assa fœtida , 1/2 gros. Triturez et faites dissoudre dans un jaune d’œuf.
Décoction de guimauve ou de graine de lin , ip litre.
Très-employé dans les affections nerveuses, surtout dans les accès d’hystérie chez les femmes.
Autre lavement antispasmodique.
P. Camphre, ip gros. Triturez et faites dissoudre dans un jaune d’œuf.
Décoction de guimauve ou de graine de lin , ip litre.
Employé comme le précédent , mais il est souvent moins efficace.
Lavement émollient.
P. Décoction de guimauve , ou
Décoction de graine de lin , ou .
Décoction de guimauve et de poiréé , ip litre.
Huile d’olive , 3 ou 4 cuillerées.
Ce lavement est souvent employé, et avec succès, comme propre à tempérer la chaleur , dans les fièvres inflammatoires , et à déterminer l’évacuation des matières fécales dans les constipations opiniâtres.
Autre lavement émollient.
P. Décoction d’amidon , 1/2 litre.
Employé comme le précédent.
On le rend plus propre à entraîner les matières, en y ajoutant une ou deux cuillerées d’huile d’olive.
Lavement fébrifuge .
P. Quinquina concassé , i once.
Eau , 1/2 litre. Faites bouillir.
Employé dans les cas de fièvre d’accès , où il serait dangereux d’introduire le quinquina dans l’estomac.
Autre lavement fébrifuge .
P. Sulfate de quinine , de 6 à io grains. Délayez cette poudré dans
Eau chaude , 1/2 litre.
Usité dans les mêmes cas que le précédent.
Lavement laxatif
P. Décoction de guimauve , de 1/2 litre à 1 litre.
Savon râpé, 2 gros.
Il est employé avec succès pour vaincre les constipations opiniâtres.
Lavement calmant.
P. Tiges de laitue des jardins, 1 poignée.
Eau , 1/2 litre. Faites bouillir.
Autre lavement calmant.
P. Fleurs de coquelicot , 1 pincée , ou 2 têtes de pavot. Eau, 1/2 litre. Faites bouillir.
Lavement purgatif
P. Décoction de guimauve ou de graine de lin, 1/2 litre. Miel de mercuriale , de 1 à 3 onces.
Très-souvent employé,
Autre lavement purgatif.
P. Follicules de séné , a gros. Faites bouillir dans
Décoction de guimauve ou de graine de lin, 172 litre. Passez et ajoutez :
Sulfate de soudé (sel de Glauber) , 1/2 once.
Lavement nutritif
P. Décoction dorge, \ de chaque parties égales, en
Lait , J tout 1/2 litre.
Autre.
P. Bouillon de veau , 1/2 litre.
Fécule , une cuillerée à bouche.
Autre.
P. Un jaune d’œuf; battez-le avec 1/2 once de sucre. Versez par-dessus 7 Ou 8 onces d’eau bouillante.
Autre.
Bouillon de bœuf dégraissé, 8 onces.
Çes bouillons sont employés dans les cas où les alimens étant nécessaires , l’irritation de l’estomac , ou quelque maladie des organes de la déglutition empêchent de les administrer à la manière ordinaire : dans ces cas , qui ne sont pas rares, on doit toujours commencer par les lavemens les moins nutritifs et s’élever progressivement jusqu’à ceux qui le sont le plus , si l’état du malade le permet. On peut encore préparër des lavemens nutritifs avec plusieurs autres substances qu’il est inutile de rappeler ici.
Lavement de tabac.
P . Feuilles sèches de tabac , 172 once.
Eau , 172 litre. Faites une décoction.
On l’administre assez souvent dans les cas d’asphyxie ,
de submersion pour réveiller la sensibilité chez les personnes qui paraissent entièrement privées de vie. On rend l’action de ce médicament beaucoup plus énergique , par l’addition de 2 ou 3 grains d’émétique. On ne doit y avoir recours qu’avec précaution.
LINMENS. On nomme ainsi une préparation liquide et grasse dont l’huile fait ordinairement la base , et que l’on étend sur la peau en la frictionnant plus ou moins , soit dans le but d’y appeler une irritation , soit pour lui faire absorber les parties médicamenteuses du liniment.
Liniment ammoniacal.
P. Ammoniaque ,4 ou 5 gros.
Huile d’olives, 3 onces. Mêlez.
Ce liniment est très-excitant ; il détermine la rubéfaction ou la vésication de là peau au bout de quelques minutes. On l’emploie comme un véritable vésicatoire ordinaire dont lés cantharides constituent la base principale. On applique ce liniment sur différentes parties du corps , derrière les oreilles , sur le cou, sur la poitrine , etc. On en frotte les parties qui sont le siège de douleurs rhumatismales ôu névralgiques. Dans tous ces cas , on cherche à déplacer l’irritation qui constitue la maladie et à l’attirer sur la peau , où elle est moins dangereuse.
Ce topique s’applique au moyen d’un linge qui en est imbibé , et qu’on laisse plus ou moins long-temps sur l’endroit convenable.
Liniment 'volatil camphré.
P. Ammoniaque , 2 gros.
Camphre en poudre , 2 gros.
Huile d’olives, 4 onces. Mêlez en agitant dans une
fiole.
Employé en frictions sur l’épine du dos chez les per-
sonnes faibles et rachitiques , sur les membres , dans les cas de douleurs rhumatismales.
Liniment contre la brûlure.
P. Eau de chaux , 4 onces.
Huile d’olives , 1/2 once. Mêlez en agitant dans une fiole.
Liniment calmant.
P. Baume tranquille , 4 onces.
Laudanum liquide, 1 gros. Mêlez en agitant dans une fiole. On peut remplacer le baume par l’huile d’olives ou d’amandes douces.
Liniment contre la gale.
P. Sulfure de potasse (foie de soufre) , 2 onces.
Savon blanc , 10 onces.
Huile d’olives , 10 onces.
Faites dissoudre le foie de soufre dans le tiers de son poids d’eau; faites ensuite fondre le savon au bain-marie , ajoutez-y peu à peu la moitié de l’huile en la triturant. Mêlez et triturez exactement la solution de foie de soufre et le mélange d’huile et de savon ; ajoutez enfin le reste de l’huile.
Autre liniment contre la gale.
P. Soufre pulvérisé , } , -,
r. ï de chaque 1 once.
Chaux vive J
Huile d’olives, 6 onces.
Liniment mercuriel.
P. Huile d’olives , 1 once.
Ammoniaque, 1 gros.
Onguent mercuriel double , 1 gros.
Employé pour hâter la résolution des tumeurs vénériennes , connues sous le nom de bubons.
Liqueur anti-syphilitique , dite liqueur de Van-Swieten.
P. Deuto-chlorure de mercure (sublimé corrosif) , 8 grains.
Eau distillée , 1 litre.
Cette préparation est employée avec le plus grand succès dans le traitement des maladies vénériennes ; il est impossible d’administrer le mercure d’une manière plus simple et moins incommode. On associe ordinairement cette liqueur au sirop sudorifique de salsepareille et de gaïac. La dose est de ronce de liqueur et de 1/2 once de sirop, en une ou deux prises par jour, pendant un espace de temps plus ou moins long, mais communément de trente à soixante jours. Le mélange du sirop et de la liqueur ne doit être fait qu’au moment de l’administrer,* pour éviter la décomposition du sublimé ; on donne en même temps la tisane sudorifique. On doit susprendre l’emploi de ce médicament lorsqu’il survient des signes d’irritation d’estomac.
Liqueur préconisée contre la goutte.
P. Baume de la Mecque , 6 gros.
Quinquina rouge, 1 once.
Safran , 1/2 once.
Salsepareille , î
Feuilles de sauge, 1 decha,îue 1 once-
Esprit de vin, i litre et ip.
On fait dissoudre le baume dans le tiers de l’esprit de vin, et on laisse macérer les autres substances pendant vingt-quatre heures dans les deux tiers qui restent. On passe et l’on mêle les deux liquides ensemble, auxquels on ajoute 2 ou 3 litres d’eau de chaux. Cette préparation doit être conservée dans des bouteilles bouchées exactement.
Quand on veut faire usage de cette liqueur, on en
verse quelques gouttes sur un cataplasme , très-chaud , de farine de lin , que l’on applique sur la partie douloureuse, et que l’on renouvelle deux ou trois fois dans la journée. Pour favoriser l’action du topique, le malade doit boire quelques verrées d’infusion de fleurs de sureau , à laquelle on aura ajouté de 6 à 10 gouttes d’ammoniaque.
On a beaucoup vanté ce moyen contre les attaques de goutte et les rhumatismes chroniques. Si l’on se détermine à en faire usage, nous devons avertir que la boisson excitante qui accompagne l’emploi du cataplasme ne doit jamais être employée dans les cas où l’estomac serait le siège d’une irritation aiguë ; on aggraverait à coup sûr l’état du malade.
LOOCHS. C’est une forte émulsion ordinairement préparée avec des graines huileuses, ou avec une huile suspendue dans un liquide , au moyen d’une substance mucilagineuse , du sucre , ou un sirop. Cette préparation ne doit pas être gardée plus de vingt-quatre heures, parce qu’elle tourne promptement à l’aigre.
Looch blanc.
P. Amandes douces dépouillées , n° 12.
Amandes amères , n° 2.
Gomme adragant , 16 grains.
Huile d’amandes douces ou d’olives , 1^2 once.
Sucre , 172 once.
Pilez dans un mortier de marbre ou de verre , et ajoutez peu à peu ,
Eau , 4 onces.
Aromatisez avec quelques gouttes de fleur d’oranger.
A prendre par cuillerée.
Autre looch blanc plus simple.
P. Gomme arabique, 2 gros.
Sucre , 2 gros.
Eau , 6 onces.
Ce looch peut servir de véhicule à plusieurs autres préparations. On peut y ajouter quelquefois des amandes douces , et l’aromatiser avec l’eau de fleur d’oranger , suivant le cas.
Looch calmant.
P. Looch blanc simple, 4 onces.
Opium pulvérisé , i grain.
Ou, Laudanum , de 16 à 20 gouttes.
Eau de fleur d’oranger , quelques gouttes ,
Ou mieux encore , Sirop diacode , i once.
Quand on emploie ce sirop , on retranche le sucre. A prendre par cuillerée d’heure en heure.
N. B. Ce looch n’est calmant, ainsi que toutes les préparations qui contiennent de l’opium , que dans les cas où il n’y a pas inflammation aiguë , car alors il ne suspend les douleurs que momentanément , et il augmente réellement l’inflammation.
Autre looch calmant.
P. Looch blanc, 4 onces;
Ajoutez :
Thridace (suc concreté de laitue) , dé 3 à 4 gràips.
A prendre par cuillerée , d’heure en heure. Lorsque l’on peut se procurer de la thridace, on doit préférer cette préparation à la précédente.
Looch de semences d’anis.
P. Semences d’anis , iji gros.
Sucre , 2 gros. Broyez dans un mortier et versez peu à peu :
Eau chaude , 4 onces.
On donne ce looch , par cuillerées à café , aux per-
sonnes et surtout aux enfans qui sont tourmentés par des vents. Cependant on devrait s’en abstenir, s’ils étaien l’effet d’une inflammation du canal intestinal. En ajoutant à ce looch une once de sirop d ’ipécaeuanha , on le rend propre à favoriser l’expectoration chez les enfans.
Looch expectorant.
P. Looch blanc , 4 onces.
Kermès minéral , 1 grain.
A prendre par cuillerée, à des distances plus ou moins éloignées. Ce looch favorise l’expectoration des phlegmes qui se forment dans les conduits des poumons.
Autre looch expectorant.
P. Looch blanc simple , 4 onces.
Miel scillitique , 1 once.
Employé comme le précédent et dans les mêmes cas ; très-usité dans l’affection connue sous le. nom de croup.
Looch 'vermifuge pour les enfans.
P. Looch blanc simple , 4 onces.
Goralline de Corse réduite en poudre , 1/2 gros.
Huile d’amandes douces , 1 gros.
Sirop de citron , 1 once.
On donne ce looch par cuillerée aux petits enfans , à des intervalles très -rapprochés. Il est vermifuge et en même temps légèrement purgatif.
LOTIONS. On appelle ainsi des préparations liquides qui servent à laver différentes parties du corps. Elles ont la plus grande analogie avec les fomentations dont nous avons déjà parlé.
Lotion contre la gale.
P. Foie de soufre ( sulfure de potasse ) > 4 onces.
Eau, i livre et ip.
Acide sulfurique (huile de vitriol) , ip once.
Cette préparation doit être faite en plein air , dans un vase de terre ou de faïence. On commence par faire dissoudre le foie de soufre dans l’eau , et l’on ajoute ensuite par degrés l’acide sulfurique, en agitant le mélange avec un morceau de bois.
La solution doit être ensuite enfermée dans des bouteilles que l’on bouche exactement.
L’emploi de ce remède n’a besoin d' 'être précédé ou accompagné d’aucun régime ; il n’exige pas même un bain , qui, à la vérité, ne pourrait que disposer favorablement la peau à l’action du remède, mais qu’on peut facilement remplacer en se lavant avec une éponge imbibée d’eau tiède.
Pour faire usage de ce remède, il faut agiter la bouteille , et en verser 2 ou 3 onces dans une assiette, où l’on plonge la paume des mains , pour se frotter , pendant quelques minutes, les parties du corps couvertes de boutons. On renouvelle ces frictions toutes les douze heures , jusqu’à ce que la gale soit entièrement dissipée. Il est rare que la dose indiquée ne suffise pas pour obtenir la guérison radicale.
Autre lotion contre la gale.
P. Savon blanc râpé , 8 onces.
Esprit de vin (alcohol), 1 litre.
On se sert de cette préparation comme de la précédente. Plusieurs personnes la préfèrent, parce que son odeur est moins désagréable ; elle réussit également bien, mais elle est beaucoup plus dispendieuse.
Autre lotion contre la gale .
P. Mercure , 2 onces.
Acide nitrique (eau-forte), 4 ôfificô, Triturez le mer-
cure avec l’acide nitrique dans un vase de verre ; ajoutez ensuite:
Eau distillée , un bon 1/2 litre.
Cette solution s’emploie comme les précédentes , à la dose de 1/2 once , matin et soir , et même trois fois par jour.
Lotion préconisée contre les engelures.
P. Eau vulnéraire à l’esprit de vin , 4 onces.
Ammoniaque , 2 gros.
Eau , 1/2 litre.
Conservez dans une bouteille bien bouchée.
Lorsque la démangeaison et la rougeur des doigts et des pieds annoncent que les engelures vont se développer, on lave fréquemment ces parties avec la solution indiquée; on y applique des compresses qui en sont imbibées.
Ce moyen est employé avec succès au début des engelures ; il serait inutile et même dangereux de s’en servir lorsque les engelures seraient déjà crevassées.
Lotion dé Iode préconisée dans quelques cas déhydropisie.
P. Hydriodate de potasse , 1 gros.
Eau distillée, ij 2 litre.
On trempe une pièce de flanelle ou de drap dans cette solution , et l’on en frotte deux ou trois fois par jour les parties tuméfiées par la sérosité , pendant trois ou quatre minutes. L’absorption se fait plus facilement quand on a la précaution de laver ces parties et de faire les frictions avec une brosse. On cite des exemples remarquables de guérison produite par ce moyen ; mais il ne faut pas s’attendre qu’il réussisse dans tous les cas d’hydropisie. On rend cette préparation plus active en y ajoutant une dizaine de grains d’iode pur. On doit se garder d'en boire; elle donnerait lieu à des accidens fâcheux.
Autre lotion préconisée dans quelques cas d’hydropisie.
P. Alcohol camphré , io onces.
Ajoutez :
Extrait de digitale pourprée , i gros.
Employée comme la précédente , pour opérer la résorption du liquide épanché.
Lotion tonique avec le quinquina.
P. Quinquina concassé, x once.
Eau , i litre.
Faites une décoction dont on lave les différentes parties et quelquefois le corps tout entier, pour stimuler la peau.
Ce genre de lotion convient surtout aux enfans scrophuleux, rachitiques, surtout lorsque ces affections sont accompagnées d’indolence , de lenteur de la, circulation du sang. On rend cette préparation plus active en y ajoutant 5 ou 6 onces d’alcohol camphré.
Marmelade purgative , dite de Tronchin.
P. Manne en larmes , i once.
Pulpe de casse , i once.
Huile d’amandes douces , i;a once.
Sirop de guimauve , 1^2 once.
Eau de fleur d’oranger , quelques gouttes.
Cette préparation est légèrement purgative. On la prend par cuillerée d’heure en heure , en buvant chaque fois une tasse de bouillon d’herbes ou de veau.
Mixture préconisée contre la gonorrhée.
P. Baume de copahu, r once.
Faites dissoudre dans 3 ou 4 jaunes d’œuf. Ajoutez :
Emulsion d’amandes et de gomme arabique , 6 onces.
Sirop de consoude, 1 once.
On commence par prendre i cuillerée , puis a , ensuite 3 , 4 et même 5 , matin et soir. Gomme cette préparation est assez irritante , il faudrait s’en abstenir dans les cas où , soit l’estomac, soit les intestins se trouveraient dans un état d’irritation. Après la cessation de la gonorrhée , on continue encore l’administration de ce médicament pendant trois ou 4 jours , en diminuant progressivement les doses. Il convient mieux dans les gonorrhées chroniques que dans celles qui sont aiguës , qu’il exaspère quelquefois.
On peut rendre cette préparation beaucoup plus simple en mêlant seulement le baume de copahu avec 6 ou y onces d’émulsion, à laquelle on peut ajouter 172 once d’au de fleur d’oranger. Les préparations tant prônées par lés charlatans pour arrêter la gonorrhée en peu de jours doivent leur action au baume de copahu déguisé par l’addition de substances étrangères.
ONGUENT. Tout le monde sait que l’on . entend par ce mot une préparation graisseuse , d’une consistance solide, contenant ordinairement quelques substances médicamenteuses. La vogue des onguens est bien diminuée de nos jours, et c’est avec raison. Il n’y a plus que les personnes étrangères à l’art de guérir qui attribuent des vertus miraculeuses aux graisses d’homme, de sanglier , d’ours , de baleine , etc. , etc. Il est bien démonîré maintenant que les substances graisseuses sont plus nuisibles à la guérison des plaies et des ulcères quelles ne sont utiles. Cependant il est quelques préparations dont on retire des avantages réels dans différens cas ; ce sont celles que nous allons faire connaître.
Onguent basilicum.
Il se trouve tout préparé dâtté lès pharmacies.
On l’applique sur les tumeurs indolentes que l’on veut faire suppurer.
Onguent de la mère .
Il se trouve tout préparé dans les pharmacies.
Employé dans les mêmes cas que le précédent.
Onguent excitant.
P. Térébenthine de Venise , once.
Jaunes d’œuf, 2 onces.
Cérat simple, 1/2 once. Mêlez exactement.
On l’emploie dans les pansemens des plaies et des ulcères indolens ; il est légèrement excifant, et propre à déterminer un degré d’irritation suffisant pour opérer la guérison.
Onguent excitant opiacé.
P. L’onguent ci-dessus , et ajoutez :
Opium pulvérisé , 2 gros.
Cet onguent est employé dans le traitement des plaies et des ulcères qui occasionent de vives souffrances, pour procurer un peu de calme aux malades. Si la plaie est enflammée , il vaut mieux se servir de cérat simple.
Onguent de styrax.
Il se trouve tout préparé dans les pharmacies.
On en fait un fréquent usage pour animer les chairs blafardes des plaies et des ulcères indolens.
Onguent mercuriel. .
P. Graisse de porc ,1 . ,
Mercure coulant , I Je chaque parties égalés.
Triturez dans un mortier jusqu’à ce qu’on n’aperçoive plus le mercure à l’état pur.
Cet onguent est employé pour faire les /ridions mercurielles dans les maladies vénériennes et dans quelques
autres affections. La dose est ordinairement de 1/2 gros à deux gros sur les parties internes des membres. 11 convient que la main qui fait les frictions soit garantie par une vessie de cochon , si l’on ne veut pas quelle absorbe de mercure.
Onguent gris .
C’est le même que l’onguent mercuriel , auquel on ajoute un quart ou la moitié de graisse de porc.
Employé comme le précédent. On s’en sert aussi avec succès pour détruire les poux et les autres insectes qui s’attachent à la peau. On obtient le même résultat avec le précipité rouge.
Pastilles vermifuges.
P. Calomélas (protochlorure de mercure) , 18 grains.
Sucre, 4 onces.'
Mucilage , quantité suffisante pour faire 72 pastilles.
La dose est de 1 ou 2 pour les enfans , et de Ô ou 10 pour les adultes.
Pastilles d'ipécacuanha. -
Elles se trouvent toutes préparées dansles pharmacies.
On en donne 1 ou 2 toutes les heures aux enfans pour les. faire vomir, ou pour les aider à expectorer les mucoeosités qui leur embarrassent la poitrine.
Petit-lait laxatif.
P. Pulpe de tamarin , 1 once.
Petit-lait , 1 litre.
A boire par verrée d’heure en heure.
Petit-lait purgatif , pour arrêter la sécrétion du lait chez des femmes en couche -et les nourrices.
P. Sel de Sedlitz (sulfate de magnésie ), 1 once.
Petit-lait , if litre.
. A prendre par petites verrées toutes les deux heures.
Çe moyen réussit très-bien lorsqu’on veut supprimer le lait aux nourrices et aux accouchées.
Pilules astringentes.
P. Cachou en poudre , 2 gros.
Conserve de rose , quantité suffisante.
Mêlez et divisez en 12 pilules.
On en prend 1 ou 2 , troif ou quatre fois par jour : on s’en sert souvent dans la diarrhée ancienne.
Autres pilules astringentes préconisées pour arrêter les sueurs colliquatives des phthisiques.
P. Acétate de plomb (extrait de Saturne), 1 gros.
Poudre de guimauve 1 gros.
Sirop de sucre , quantité suffisante poùr faire une pâte solide. Divisez en 36 pilules. A prendre de 4 à 12 par jour. Il convient, de commencer à les prendre à l’heure où les sueurs doivent commencer ; et souvent on les voit supprimées sur-le-champ. On sent qu’un pareil remède n’a d’autre avantage que celui d’obvier à un inconvénient qui épuise le malade ; mais il ne le guérit pas de la phthisie.
Pilules antispasmodiques.
P. Extrait de valériane sauvage , 1 gros.
Assa-fœtida pulvérisé , 1 gros.
Mêlez et divisez en 24 pilules. On en prend 2 à la fois , toutes les quatre heures , dans les accès d’hystérie connues sous le nom de vapeurs , et d’autres affections nerveuses accompagnées de mouvemens convulsifs.
Autres pilules antispasmodiques.
P. Musc, 1 p grain.
Assa-fœtida , 2 grains.
Faites une seule pilule. A prendre dans les affections ner-
yeuses accompagnées de convulsions , et surtout durant les accès d’hystérie , chez les femmes.
Pilules antisyphilitiques.
P. Sublimé corrosif (dento-chlorure de mercure), 18 *grains.
Extrait de salsepareille , 2 gros.
Mêlez exactement, pour faire 72 pilules égales. A prendre 1 les premiers jours , ensuite 2 matin et soir. Cette dose suffit ordinairement pour le traitement complet de la syphilis , en y joignant un régime convenable ; quelquefois pourtant , on en prolonge l’usage pendant plus long-temps. Lorsque ce médicament irrite les voies digestives , on doit en suspendre l’emploi pendant quelques jours. Il en est de même de toutes les substances médicamenteuses.
Pilules contre la gonorrhée.
P. Poivre Gubèbe , 1 once.
Baume de copahü , quantité suffisante pour faire une pâte solide. Faites ensuite des pilules de 8 à 10 grains. A prendre d’abord 4 matin et soir, puis progressivement 5,6, 7, 8, 9 , 10 deux fois par jour. Il est rare que l’écoulement ne s’arrête pas au bout de huit ou dix jours dé ce traitement. Cependant on en continuera encore l’usage pendant trois ou quatre jours après la cessation ,de la gonorrhée , en diminuant progressivement "la dose des pilules. Bien entendu que, si l’estomac n’était pas dans un très-bon état , on ne devrait pas employer ce médicament, qui est très-irritant , et que l’on en suspendrait 1 usage dès qu’il déterminerait l’irritation des voies digestives.
Pilules calmantes de digitale.
P. Poudre de digitale pourprée , 1 gros.
Mucilage , quantité suffisante pour faire unè pâte d’une
bonne consistance. Divisez en 36 pilules, dont on prendra progressivement depuis i jusqua 6 matin et soir. Ces pilules réussissent quelquefois d’une manière admirable à calmer les palpitations de cœur. On en obtient aussi de bons effets contre ' les accès d’asthme , les affections de poitrine connues sous le nom de pneumonie. Ces derniers temps on a beaucoup vanté aussi la digitale dans le traitement de la manie , au point que quelques médecins allemands la regardent comme un spécifique de cette maladie. Rien n’empêche dë tenter ce moyen , avec les précautions convenables. Il y a plusieurs autres manières d’administrer la digitale. La plus simple consiste à mêler la poudre de cette substance avec du sucre , et d’en faire des paquets contenant 2,3,4 y 5 > 6 grains de digitale , que l’on délaie dans un peu d’eau.
Pilules emménagogues.
P. Safran , i gros.
Extrait de sabine, quantité suffisante pour faire une pâte solide. Divisez en i5 pilules dont on prendra d’abord i , puis 2 , et jusqua 3 matin et soir. L’administration de ce médicament exige toujours que le canal intestinal soit en bon état.
Autres pilules emménagogues.
P. Safran, 12 grains.
Oxide noir de fer , & grains.
Poudre de valériane ,12 grains.
Sirop d’armoise , quantité suffisante pour faire une pâte solide. Divisez en 6 pilules. A prendre à la dose de 4 ou 5 par jour. L’effet des pilules emménagogues est beaucoup plus sûr si l’on applique en même temps 5 ou 6 sangsues à la vulve , tous les jours ou tous les deux jours. Si l’estomac est Irrité , on, n’emploiera pas ces pilules.
Pilules purgatives.
de chaque 1/2 gros.
P. Poudre d’aloès succotrin,
Idem de rhubarbe ,
Mucilage, quantité suffisante. Faites 24 pilules dont on prendra 2 le matin et 2 le soir , immédiatement avant les repas. Ces pilules réussissent presque toujours à procurer des pelles faciles aux personnes habituellement constipées.
Autres pilules purgatives , dites Pilules Ecossaises.
P. Gomme gutte , 1 .
. } de chaque 2 gros.
Aloes succotrin , j 1 0
Huile essentielle d’anis , 3o gouttes.
Sirop de sucre , ou mucilage , quantité suffisante pour faire une pâte solide. Faites des pilules de 4 grains. Si l’on veut obtenir une purgation , on prend à la fois 3 ou 4 de ces pilules. Pour procurer des selles faciles, on en prend 1 tous les soirs.
Autres pilules purgatives.
P. Savon médicinal , 1 gros.
Aloès* succotrin , ) de chaîue ^ros’
Faites 36 pilules , dont on prend 2 matin et soir. Même effet que les précédentes.
Autres pilules purgatives et eh même temps vermifuges.
P. Calomélas , 20 grains.
Poudre de guimauve , ijo. gros.
Sirop de sucre , ou mucilage, quantité suffisante pour faire une pâte solide. Divisez en 10 pilules. On en prend depuis 1 jusqu’à 5 ou 6, suivant l’âge et la sensibilité des personnes.
Autres pilules purgatives , dites Pilules de Belloste.
Tous les pharmaciens en connaissent la préparation. La dose est depuis 2 jusqu’à 10 par jour, à des intervalles peu éloignés.
Ces pilules contiennent du mercure, de la crème de tartre et quelques ingrédiens purgatifs. Elles sont administrées comme antisyphilitiques et comme purgatives.
Pilules sa vonneuses , purgatives , fondantes.
P. Savon médicinal , 1/2 gros.
Poudre de guimauve , ïjù. gros. Divisez en 18 pilules , dont on prend 1 ou 2 pour déterminer des évacuations faciles , sans trop irriter le canal intestinal. On les donne aussi comme fondantes dans quelques cas d’engorgemens chroniques du foie , de la rate, des glandes placées dans le voisinage des intestins., et que l’on nomme glandes mésentériques.
POMMADE. - Ce il’ est autre chose qu’une graisse dune consistance assez ferme, contenant ordinairement quelque substance médicamenteuse.
Pommade anÜ-ophthalmique , dite de la veuve Farpier.
P. Précipité blanc de merCure -, 10 grains.
Tuthie, 5 grains ,
Graisse de porc très-propre, 1 gros. Mêlez exactement.
On met gros comme une lentille de cette pommade sur le bord libre des paupières avec la tête d’une épingle , le soir en se couchant. On ne doit jamais l’employer que -dans les inflammations chroniques des yeux. A l’état aigu, .elle augmenterait la maladie.
A litre pommade anti-ophthalmique.
P. Précipité rouge (oxide rouge de mërcuré) , 10 grains.
Sulfate de zinc ( vitriorblaii c) ,, 20 grains. ;
Graisse de porc , 2 onces. Mêlez.
Employée de la même manière , et dans les mêmes cas que la précédente.
Autre pommade anti-ophthalmique.
P. Oxide rouge de mercure, 20 grains.
Onguent rosat , 1 once.
Employée comme les précédentes.
Autre pommade anti-ophthalmique , dite de Desault.
P. Oxide rouge de mercure , ]
Oxide de plomb demi-vitreux (litharge), f de chaque
Tuthie , j 1 gros.
Sulfate d’alumine (alun), ;
Sublimé corrosif (dento-cblorure de mercure), 1 grain. Graisse de porc , ou onguent rosat , 1 once.
On l’emploie comme les précédentes.
Pommade contre le goitre.
P. Hydriodate de potasse ou de soude , xp gros.
Graisse de porc , i once et 1/2. Mêlez exactement.
On prend gros comme une noisette de cette pommade , et l’on fait , matin et soir , des frictions sur le goitre avec le bout du doigt , pendant trois ou quatre minutes.
Pommade contre la gale.
P. Soufre lavé , "i
Savon blanc, i & chaque i livre.
On fait dissoudre le savon râpé dans l’eau , en triturant ; on passe à travers un tamis , et l’on ajoute le soufre.
Cette pommade s’emploie en frictions à la dose dé 2 gros environ , deux ou trois fois par jour. Si elle détermine des rougeurs , on les fait disparaître par l’usage des bains tièdes. La durée moyenne du traitement est de neuf à dix jours.
Autre pommade contre la gale.
P. Fleurs de soufre , i once.
Potasse purifiée , 1/2 once.
Graisse de porc , 8 onces. Mêlez exactement.
Cette pommade s’emploie comme la précédente ; elle produit une guérison assez prompte ; mais elle a de l’odeur et salit le linge.
Autre pommade contre la gale.
P. Charbon pulvérisé , 2 gros.
Beurre frais, ■> -
n . j i de chaque 0 onces.
Graisse de porc , J ^
Mêlez exactement.
Employée comme les précédentes pour la quantité , mais avant chaque friction , on prend un bain chaud ; après chaque friction , on lavera les parties frictionnées avec de l’eau de savon. Il est rare que la gale ne soit pas guérie au bout de huit à dix jours de traitement. On emploie cette même pommade contre la teigne.
Pommade irritante de tartre émétique.
P. Emétique, 2 gros.
Graisse de porc , 2 onces. Mêlez exactement.
Cette pommade est fréquemment employée comme un révulsif énergique. Elle fait fonction de vésicatoire, sans en avoir les inconvéniens. Des frictions faites trois ou quatre fois par jour déterminent une éruption de pustules que l’on entretient aussi long-temps qu’on le désire , en renouvelant les frictions. Ce moyen est conseillé dans la coqueluche , et en général dans les affections opiniâtres de poitrine.
Autre pommade irritante avec V ammoniaque.
P. Ammoniaque, 2 gros.
Graisse de porc , i once. Mêlez et conservez dans une fiole bien bouchée.
Cette pommade est employée comme la précédente : son effet est plus prompt ; en outre elle n’a pas l’inconvénient de provoquer le vomissement ; ce qui pourrait arriver, quoique rarement, avec la précédente. Un emplâtre de cette pommade produit le même effet qu’un vésicatoire de cantharides, au bout de vingt à trente minutes. 11 mérite la préférence sur ce dernier, toutes fois que le vésicatoire doit être appliqué dans le voisinage de la vessie. Si l’on veut avoir l’effet d’un vésicatoire volant , on . ne doit laisser cet emplâtre en place que douze ou quinze minutes.
Pommade épispastique.
Elle est toute préparée dans les pharmacies.
Elle sert à entretenir les vésicatoires. Pour cela on en étend une très-légère couche sur un morceau de papier brouillard ou de linge.
Autre pommade. . épispastique.
P. Ecorce de garou , iya gros..
Graisse de porc, 4 onces. Faites fondre le tout ensemble au bain-marie , et passez avec expression.
Employée comme lk précédente r et dans les mêmes cas.
POTIONS. On désigne sous ce nom des préparations médicamenteuses liquides qui ne sont pour l’ordinaire que des mélanges d’eaux distillées, d’infusions, de décoctions auxquels on ajoute en général une petite quantité de sucre ou de sirop. Jamais les potions ne sont données comme boisson habituelle à un malade; on les prend en général à certaines heures , et le plus souvent à petite dose à la fois.
Potion absorbante.
P. Magnésie calcinée , i gros.
Eau, 4 onces.
Sirop de guimauve, 1 once.
Délayez exactement la magnésie dans l’eau. À prendre par cuillerées en 7 ou 8 fois. Cette préparation réussit à merveille à corriger les aigreurs d’estomac , et surtout à faire cesser l’affection connue sous le nom de fer chaud.
Potion antispasmodique.
P. Infusion ou eau distillée de tilleul , V, -,
7 >dechaque2onc.
Eau de rieur d oranger, J
Sirop diacode, 1 once.
Ether, 1 gros.
Mêlez et conservez dans une fiole bien bouchée. A prendre par cuillerée , toutes les demi-heures , dans les affections nerveuses. On ne doit pas employer cette sorte de médicamens lorsque l’estomac est le siège d’une irritation aiguë.
Autre potion antispasmodique.
P. Infusion de tilleul, 4 onces.
Ether, 1 gros.
A prendre par cuillerée comme la précédente.
Autre potion antispasmodique.
P. Infusion de tilleul ou eau simple, 6 onces.
Teinture de castoréum , depuis 10 gouttes jusqu’à 172 gros.
A prendre par cuillerée comme la précédente. Elle calmé quelquefois sur-le-champ les attaques nerveuses des femmes hystériques.
Potion astringente contre la gonorrhée.
P. Emulsion d’amandes douces, 6 onces.
Baume de copahu , 2 onces.
Eau de fleur d’oranger, 1 once.
Mêlez exactement. À prendre, pendant io ou 12 jours,
d’abord deux cuillerées matin et soir, puis porter progressivement la dose jusqu’à 4, et même à 5 cuillerées à la fois. La gonorrhée cède ordinairement à ce traitement , mais il faut que l’estomac soit en bon état ; on en suspend l’usage s’il l’irrite trop fortement.
Autre potion astringente.
P. Extrait de rathania , i gros.
Eau de roses, 4 onces.
Sirop de coings, i once.
A prendre par cuillerées dans la journée. Cette potion arrête quelquefois comme par enchantement les pertes utérines . chez les femmes, ainsi que les fleurs blanches, pourvu toutefois que l’estomac soit dans un état sain. On peut porter cette dose beaucoup plus haut ; elle peut être également employée pour arrêter certaines hémorrhagies internes.
Autre potion astringente employée avec succès contre l’hémoptysie ( soit chrachemens de sang ).
P. Eau de Rabel , 6 gouttes.
Sirop de eonsoude, i once.
Eau , 4 onces.
Ajoutez:
Eau de fleur d’oranger, quelques gouttes.
A prendre en i ou a fois , dans les cas de vomissemens ou de crachemens de sang.
Autre potion contre V hémoptysie {soit crachemens de sang). P. Racine de eonsoude, i gros.
Faites une décoction dans 6 onces d’eau, et ajoutez: Sirop de consolide, une once.
A prendre en 2 ou 3 fois. Au lieu d’une décoction de eonsoude , on peut employer celle de roses , ou meme de 1 eau pure ; mais dans ce dernier cas, la quantité de sirop
doit être plus considérable, par exemple, de a onces sur 5 onces d’eau.
Autre potion astringente.
P. Solution de gomme arabique, 3 onces.
Sirop de sucre, i once..
Acétate de plomb, 6 grains.
A prendre, dans la journée, contre les sueurs phthisiques et la diarrhée.
Potion calmante.
P. Infusion de tilleul , 2 onces.
Infusion pectorale, i once.
Eau de fleur d’oranger , quelques gouttes.
Sirop diacode, i once.
A prendre en une ou deux fois.
Autre potion calmante employée avec succès contre les palpitations de cœur.
P. Infusion de gomme arabique , 4 onces.
Extrait de digitale pourprée de 12 à 20 grains.
Eau de fleur d’oranger, quelques gouttes.
A prendre d’abord 3 ou 4 cuillerées à café dans la journée, à 2 heures d’intervalle; ensuite progressivement 5, 6, et jusqu’à la potion entière dans les vingt-quatre heures;
Autre potion calmante.
P. Infusion béchique, 3 onces.
Eau de fleur d’oranger, ip once.
Sirop de capillaire, 1 once.
Sirop diacode , ip once.
A prendre par cuillerée, toutes les 2 ou 3 heures, pour calmer les accès de toux, les crampes d’estomac, les co« liques , etc. , qui ne sont pas accompagnés d’un état inflammatoire aigu.
igo
Potion diurétique.
P. Décoction de chiendent, 4 onces.
Sirop dit des cinq racines apéritives i once.
Nitrate de potasse (sel de nitre), de io à 20 grains. A prendre par cuillerée , toutes les heures.
Potion expectorante.
P. Solution de gomme arabique, 1 . ,
„ . ...? . ^ 1 de chaque 1 once 172.
Oxymel scilhtique, J
Mêlez. A prendre par cuillerée, pour favoriser l’expectoration. Ou bien :
Infusion de polygala , 3 onces.
Oxymel scillitique , 1 once.
A prendre comme la précédente.
Potion emménagogue ( soit pour provoquer les menstrues').
P. Eau distillée d’armoise , 6 onces.
Huile essentielle de rue , Y . , n
T , , , . } de chaque o ou 8 goutt
la. de sabine, J A
Sirop de safran, 1/2 once.
A prendre une cuillerée toutes les 2 ou 3 heures, à lepoque où les menstrues doivent paraître.
Potion émétique.
P. Tartre émétique (tartrate de potasse antimonié), 4 gr. Eau commune, 4 onces.
Sirop de gommé arabique, 1 once.
A prendre par cuillerée^ de quart d’heure en quart d’heure , jusqu’à ce que le vomissement arrive.
Autre potion émétique.
P. Ipécacuanha en poudre , de 20 à 3o grains.
Sirop de capillaire, 1 once.
6 vjjj-
On prend cette potion en 3 doses , de quart d’heure en
jgi
quart d’heure ; cependant , si la première fait vomir, on ne prend pas les suivantes.
Potion contré le vomissement.
P. Suc de citron étendu de moitié d’eau, 2 cuillerées.
Carbonstte de potasse, i5 ou 20 grains.
Ne formez le mélange qu’au moment de l’avaler. Cette potion, que l’on donne pour arrêter les vomissemens spasmodiques, ou occasionés par une trop grande quantité d’émétique, doit être administrée pendant l’effervescence. Mais ce qui conviendrait mieux encore , ce serait d’administrer d’abord le carbonate de potasse dans un peu d’eau pure , et le suc de citron immédiatement après , afin que l’effervescence eût lieu dans l’estomac même.
L’eau de Seltz gazeuse , quand on peut s’en procurer , produit le même effet ; elle mérite la préférence en ce qu’elle est moins irritante.
Potion purgative.
P. Poudre de jalap , 1 .scrupule.
Tisane de guimauve ou de gomme arabique , 4 onces.
Sirop de violettes, 1 once.
Eau de fleur d’oranger , 172 once.
A prendre en une seule dose.
Potion rafraîchissante.
P. Nitrate de potasse ( sel de nitre) , 1 gros.
Eau, 8 onces.
Sirop de groseilles , 2 onces.
A prendre par petites tasses , d’heure en heure. Cette potion est aussi diurétique.
Potion stimulante.
P. Teinture de cannelle, 4 gros.
Sirop d’œillets , 1 once.
Eau distillée de menthe, •»
Eau de fleur d’oranger , j de chaïue 3 onces’
A prendre par cuillerée , toutes les heures ou toutes les demi-heures , suivant le cas.
Potion tonique.
P. Décoction de roses , 4 onces.
Cachou, 1/2 gros.
Sirop de quinquina , i once.
A prendre par cuillerée.
Autre potion tonique.
P. Quinquina, 1/2 once. Faites bouillir dans 6 onces d’eau , jusqu’à réduction à 4 onces.
Sirop d’écorce d’oranges, 1 once.
A prendre par cuillerée.
Autre potion tonique.
P. Bon vin rouge , 5 onces.
Teinture de cannelle , 2 gros.
Sirop de sucre , 1 once par cuillerée.
Autre potion tonique.
P. Racine de rathania , 1/2 once.
Faites bouillir dans 6 onces d’eafu.
Sirop de coings , 1 once.
A prendre par cuillerée. Cette potion étant non-seulement tonique, mais encore astringente, on l’emploie avec succès contre la diarrhée , et surtout contre l’incommodité propre aux femmes , connue stfus le nom de leuchorrée ou Jleurs blanches.
Potion vermifuge.
P. Coraline de Corse, 1/2 once.
Eau bouillante , 6 onces.
Sirop de miel , 1 once.
A prendre en une seule dose.
Potion vermifuge pour les petits en/ans.
P. Huile d’olive fine , 1
Suc de citron , ) de chaque i once.
Sirop de pêcher, J
Mêlez exactement. On donne ce mélange aux petits enfans, à la dose d’une cuillerée 2 ou 3 fois jour, selon l’âge et la gravité des symptômes.
POUDRES. On prend rarement les poudres seules; le plus souvent on les étend dans un liquide approprié , ou l’on en forme des bols, des électuaires ou des pilules, en les incorporant à une certaine quantité de sirop , d’extrait ou de mucilage.
Poudre absorbante.
P. Magnésie calcinée, 1
0 , , . , 1 de chaque 1 gros.
Sucre pulvérisé , . j u y
Mêlez exactement. À prendre en 2 ou 3 fois dans i;4 de verre a eau. Cette préparation réussit très-bien à débarrasser l’estomac des aigreurs qui résultent d’une mauvaise digestion ; on l’emploie aussi avec succès dans 1 e fer chaud, affection qui dépend des acides développés dans l’estomac.
Poudre calmante employée avec succès contre les palpitations de cœur.
P. Poudre de digitale pourprée, 3o grains.
Sucre en poudre, 2 gros.
Mêlez exactement, et divisez en 10 paquets égaux. A prendre une de ces poudres, matin et soir, dans un peu d’eau ; ensuite 3 fois , et même 4 fois par jour. On a vu des, palpitations violentes et inquiétantes disparaître entièrement à la suite de l’usage de cette poudre pendant quelques semaines ou après quelques mois.
Poudre contre les 'vers .
P. Coraline de Corse, 1
c ■ f de chaque un gros.
Semen contra, J ^ 53
Calomélas , i scrupule.
Mêlez exactement et divisez en deux parties. A prendre une de ces parties une ou deux fois par jour, dans un peu d’eau ou une tisane quelconque.
Poudre préconisée contre les dartres rongeantes.
P. Calomélas réduit en poudre impalpable, ioo parties. Acide arsénieux j i partie. Mêlez.
Si la surface de la dartre est à nu, après l’avoir nettoyée, on la saupoudre avec une houpe chargée de cette poudre, de façon à former une petite couche.
Si la surface est recouverte d’une croûte , on tâchera de la faire tomber par le moyen de cataplasmes émolliens ; ensuite on la saupoudrera comme précédemment. Si cette poudre n était pas assez adhérente, on y ajouterait une petite quantité de solution de gomme arabique. Lorsqu’au bout de quelques jours cette espèce d’enduit est tombé, on renouvelle les applications jusqu’à parfaite guérison , laquelle arrive ordinairement après, 8 ou io semaines.
Poudre pour faire disparaître les taies de la cornée de l’œil.
P. Tuthie préparée ,
Sucre candi , ' • '
Calomélas réduit en poudré impalpable.
Mêlez exactement.
On insuffle une pincée de cette poudre dans les yeux avec un tuyau de plume , et il arrive souvent que les taies ou taches de la cornée disparaissent après quelques jours, Surtout si l’on a fait, précéder cé moyen par la saignée soit générale, soit locale , par une purgation légère, et même
Î de chaque part. égal.
par i’application d’un séton à la nuque, suivant la gravité du cas et l’opiniâtreté de la maladie.
Poudre dentifrice pour nettoyer les dents et fortifier les gencives.
P. Charbon réduit en poudre impalpable , 2 parties.
Racine de rathania, également réduite en poudre très-fine. Mêlez exactement.
On frotte les dents avec cette poudre au moyen d’une brosse , et l’on peut être assuré de leur donner tout l’éclat dont elles sont susceptibles , sans les endommager, comme le font la plupart des dentifrices des charlatans, qui blanchissent à la vérité les dents d’une manière fort prompte , mais qui en attaquent l’émail par l’acide ou les acides qu’ils contiennent, et auxquels ils doivent leur propriété.
Poudre laxative acidulé .
P. Crème de tartre soluble, 1 once.
Sucre en poudre , 2 onces.
Tartre stibié , 1 grain.
Divisez en douze parties égales. A prendre tous les matins un paquet de cette poudre dans un peu d’eau. L’emploi de cette préparation convient beaucoup aux personnes replètes qui seraient menacées d’apoplexie , et auxquelles il convient d’avoir habituellement le ventre libre.
On conseille aussi cette poudre aux accouchées et aux nourrices dont on veut faire passer le lait.
Poudre pwgative.
P. Poudre d’aloès suceotrin ,- 1
Poudré de rhubarbe , 1 de chaIue Sros'
Divisez en 12 parties égales. A prendre une dè ces poudres immédiatement avant le dîner. C’est tin excellent moyen pour tenir le ventre libre, et auquel les personnes habituellement constipées doivent avoir recours.
Autre poudre purgative.
P. Racine de jalap en poudre, , .
t) • j i r t. j (de chaque i scrupule,
nacme de rhubarbe en poudre , J ^ r
A prendre en une seule fois le matin à jeun , délayée dans un peu d’eau sucrée. On boit ensuite, dans la matinée, quelques tassés de bouillon de veau ou de poulet.
Poudre vomitive.
P. Poudre d’ipécacuanha , 24 grains.
Drviéez en 2 parties. À prendre une de ces poudres dans im peu d’eau. On donnerait la seconde une 1/2 heure plus tard ,* sf la première h avait pas fait vomir.
. Aigre, poudre vomitive.
P. Tartre stibîé , 2 grains. '
Sucré en poudre , 1 gros.
Mêlèz. A prendre en une fois dans un peu d’eau.
Poudre sédative employée avec succès contre la. coqueluche- P. Poudre de racine de belladone , 1 scrupule.
Sucre en poudre, i gros.
Mêlez exactement et divisez en 96 parties égales, dont chacune contient environ de grain de belladone. Là dose est de 2 à 6 prises par jour dans un peu d’eau ou de lait , etc:
' Poudre dé Power.
P. Sulfate de potasse , -t
Nitrate de potasse, } de ohaïue ^ 8ros-
Ipécacuanha en poudre , A
Opium dn poudre , 1 de chaïue 1 8rpS'
Mêlez, exactement. On prend cette poudre à la dose de 10 à 20 grains, dans un peu d’eau, le soir en se couchant. On vante. cette poudre dans la goutte et les rhumatismes chroniques; elle est sudorifique.
Poudre sternutatoire , dite de Saint-Ange.
P. Feuilles de cabaret en poudre , i gros.
Poudre de racine d’ellébore blanc , 2 grains 1/2. Mêlez. On prend une pincée de cette poudre par le nez en place de tabac , pour faire éternuer dans le cas où on le juge convenable.
Autre poudre sternutatoire. ..
P. Feuilles de bétoine , i
™ , >■ de chaque 1 gros.
Meurs de muguet , J 10
Feuilles de cabaret, ij 2 gros.
À prendre comme la précédente. '
SIROPS. Il serait trop long de donner ici la composition des divers sirops employés en médecine ; nous nous contenterons d’indiquer la dose et le mode d’administration de ceux dont l’usage est le plus fréquent. Parmi les sirops , les uns servent seulement à édulcorer les boissons, et on peut les prendre sans inconvénient;:» la dose qui-, est le plus agréable ; d’autres au contraire contiennent des substances médicamenteuses, plus ou moins énergiques et ceux-là exigent de la prudence dans leur usage. i Res premiers se donnent en général à la dose d’une once par livre de boisson. Voici les principaux sirops simples dont la quantité à prendre est à peu près arbitraire , , à cause de leur innocuité.
Sirops simples .
Sirop de gomme arabique ,
— — guimauve,
— — groseille ,
— — framboise ,
-ixqeixèo^ grbsèiïle framboise ,1
S dose i
volonté.
^ 9b qo'ri
Sirop de fraise ,
— — d’orgeat ,
— — canne de Provence ,
— — pomme,
— — suc d’orange,
— — suc de citron ,
— — nénuphar, \ «José à volonté.
— — sucre ,
■ — — miel ,
— — capillaire,
— — tartarique,
— — vinaigre ,
— — vinaigre framboise ,
à la groseille, etc.
Sirops composés 7 leurs propriétés et leur dose .
Ces sirops sont rarement seuls; ordinairement on les joint à une boisson ou à une potion appropriée.
Sirop antiscorbutique , de 2 gros à 2 onces.
— — d’armoise composé, emménagogue y vermifuge , de 2 gros à 1J2. once.
Sirop de chicorée composé, purgatif y de ijz once à 2 onces; et pour les enfans, de 1 gros à 1/2 once.
Sirop de Cuisinier, contre les maladies vénériennes invétérées , de i à 3 onces par jour.
Sirop des cinq racines, diurétique , de 2 gros à 1 once.
— diaçode, narcotique , de 1 gros à 1 once.
- de coings, astringent y de i*à 2 onces.
- - de quinquina, tonique , fébrifuge , de 1/2 once à
2 onces.
Sirop de quinine , tonique y fébrifuge , id. Cette dose peut être portée de 1 à 4 onces durant les accès d’une fièvre intermittente.
Sirop de salsepareille , contre les maladies vénériennes invétérées et contre les dartres, de 1 à 3 .onces par jour.
Sirop de grande consoude, astringent , de i a i onces; très-usitée pour arrêter les hémorrhagies internes.
Sirop d’ipécacuanha,yjwr,£p£^ à la dose de i ou 2 onces ; expectorant , à la dose de 1 ou de 2 gros.
Sirop calmant préconisé contre la coqueluche.
P. Oxymel scillitique, .1 once ip.
Sirop d’ipécacuanha , 1 .
c. A j. , j de chaque 2 onces.
Sirop diacode, j ^
Sirop de fleur d’oranger, ip once.
Mêlez exactement. A prendre 2 cuillerées de cette préparation dans une boisson émolliente , toutes les deux heures. On l’emploie avec succès pour favoriser l’expectoration et pour apaiser les accès de toux , de coqueluche.
Sirop de fleur d’oranger , antispasmodique , de 2 gros à 2 onces.
Sirop d’écorce d’orange, tonique , astringent , de 2 gros à 2 onces.
Sirop d’écorce de citron , antispasmodique , tonique , de 2 gros à 2 onces.
Sirop de fleur de pêcher, purgatifs vermifuge , de 2 gros à 2 onces.
Sirop de pommes composé, j mirgcttif léger , de ip once à 2 onces.
Sirop de roses pâles , purgatif léger , de ip once à 2 onces.
Sirop de mercuriale, purgatif , de ip once à 2 onces.
Sirop de karabé ou sucein, calmant , antispasmodique , de 2 gros à 1 once.
Sirop d’absinthe composé, tonique, vermifuge , de 2 gros a 2 onces.
JV, B. Tous ces sirops se trouvent préparés dans les pharmacies.
SUCS D’HERBES, Pour préparer ces médicamens , on broie dans un mortier une certaine quantité de plantes
fraîches; on en exprime ensuite le jus, que l’on clarifie ensuite par différens procédés, mais ordinairement au moyen d’une douce chaleur.
La dose des sucs végétaux est en général de 3 ou 4 onces , quelquefois plus, dans la matinée, en 2 ou 3 prises.
Suc antiscorbutique.
P. Feuilles de cresson de fontaine , 1
1 1 , , . ! de chaque
- de cochleana, > f
— — - de ménianthe ou trèfle d’eau, ) Parties e£a •
Broyez dans un mortier, en ajoutant une très-petite quantité d’ead. Exprimez le suc et passez-le à travers im papier à filtre non collé , ou faites-le échauffer très-légèrement pour le clarifier.
Autre suc antiscorhutique.
P. Suc préparé avec les plantes indiquées ci-dessus, 4 onces. Ajoutez-y le suc d’une orange.
A prendre le matin en deux fois.
Suc rafraîchissant.
P. Feuilles de laitue , \
- - d’oseille , i
- - de cerfeuil, > de chaque parties égales.
- de bourrache , l
— - — de pissenlit, J
Préparez comme ci-dessus. Ces sucs sont aussi diurétiques.
Suc tonique.
P. Feuilies de chicorée sauvage , 1 de chaque parties
- de fumeterre , / égales.'
- de sauge , une pincée.
Préparez comme ci-dessus; A prendre 3 ou 4 onces, le matin , en 2 ou 3 fois. r .
TISANES, C’est le nom que l’on donne à des boissons aqueuses , dont le malade doit se servir habituellement dans la journée. On les prépare par infusion , par décoction, ou en faisant macérer dans l’eau les substances médicamenteuses.
Tisane astringente.
P. Racine de bistorte , -v ,
. , , > de chaque 172 once.
- de grande consoude, J ^ 1
Eau, 1 litre.
Faites une décoction. Édulcorez avec le sirop d’écorce d’oranger ou de coings. Cette tisane convient dans les cas de diarrhées chroniques , d’hémorrhagies internes , de fleurs blanches.
Autre tisane astringente.
P. Tisane de riz , 1 litre.
Cachou , 2 gros.
Edulcorez avec le sirop de coings ou d’écorce d’orange. Usitée dans les mêmes cas que la précédente, mais elle est moins efficace contre les fleurs blanches.
Autre tisane astringente.
P. Racine de rathania, 172 once.
Eau, 1 litre.
Faites une décoction. Employée avec le plus grand succès contre les hémorrhagies internes, les fleurs blanches, les pertes chez les femmes; mais il faut que le canal intestinal soit en bon état, ou ne soit au moins que peu irrité.
Tisanes émollientes .
La gomme arabique , la gomme adragant, la mauve , la guimauve , la laitue , ainsi que toutes les plantes émollientes, servent à la préparation de ces tisanes. Comme nous en avons indiqué un très-grand nombre à la section des médicamens simples , art. Antiphlogistiques , nous nous
abstiendrons d’en parler ici. Voyez ces articles, p, 21. Il en est de même des tisanes rafraîchissantes et acidulés.
Tisane pectorale.
P. Espèces pectorales , telles que fleurs de mauve , de violette, de tussilage, de coquelicot , feuilles, de capillaire, d’hysope, de chaque parties égales, en tout 2 gros.
Eau, 1 litre. Faites une infusion. Edulcorez avec le sirop de sucre.
Autre tisane pectorale.
P. Figues, j
Jujubes, [
Dattes dépouillées de leur noyau, j ec aflueionce-
Raisins de Corinthe , î
Eau, 1 litre. Faites bouillir.
Ajoutez sirop de guimauve ou de gomme arabique , i once.
Cette tisane se prend à volonté; elle est très-adoucissante.
A l’eau ordinaire on peut substituér le bouillon de veau , dans lequel on fait bouillir les mêmes fruits.
Tisane diurétique .
P. Racine de fraisier,
- d’asperges ,
- de petit houx ,
— ^ — de chiendent,
Eau, 1 litre 1/2.
Faites bouillir jusqu’à réduction à 1 litre, Passez et ajoutez :
Sirop des cinq racines apéritives, 2 onces.
On peut ajouter de 20 à 3o grains de sel de nitre à cette tisane pour la rendre plus diurétique.
Tisane sudorifique antisyphilitique.
P. Salsepareille , \
Gaïac râpé, J de ^aque 2 onces.
J de chaque 3 gros.
ao3
Faites macérer pendant vingt-quatre heures dans 3 litres d’eau ; faites ensuite bouillir jusqu a réduction à a litres. Cette tisane est souvent employée , et avec succès , dans les maladies vénériennes invétérées ,. et que l’on nomme constitutionnelles , parce qu’ elles attaquent la constitution tout entière. La dose est en général de 4 ou 5 verrées dans la journée. On en prolonge l’emploi pendant un, deux , et quelquefois trois mois. On associe ordinairement cette tisane aux préparations mercurielles et principalement à celle connue sous le nom de liqueur de Van Swieten.
Tisane laxative.
P. Pulpe de casse , 2 onces.
Eau, i litre.
Faites bouillir pendant 5 minutes , passez et ajoutez :
Sirop de violettes , i once.
Sirop de fleur d’oranger, i once.
Cette tisane, d’un goût assez agréable, est un léger purgatif. On la donne par verrée , d’heure en heure.
Autre tisane laxative.
P. Pulpe de tamarins , i once 172.
Faites bouillir pendant un quart d’heure dans 1 litre d’eau. Passez et ajoutèz :
Sirop de capillaire ou de fleur d’oranger , 1 once-
Cette tisane s’administre comme la précédente.
Autre tisane laxative.
P. Feuilles fraîches de chicorée , 1 once.
Faites bouillir pendant un quart d’heure dans un litre d’eau. Passez et ajoutez :
Miel , 1 once ,
Ou sirop de chicorée , 2 onces.
Elle s’emploie comme les deux précédentes. On peut remplacer le sirop de chicorée par celui de guimauve , de gomme , de capillaire ou de fleur d’oranger.
Tisane tonique.
P. Sommités de petite centaurée , 2 gros.
Eau, 1 litre.
Faites une infusion et ajoutez :
Sirop d’absinthe , 2 onces.
A prendre par verrée , une ou déux fois par jour. Il faut bien se garder, avant d’administrer cette tisane et les suivantes, qui sont également toniques, de ne pas confondre la faiblesse d’estomac avec l’irritation de cet organe. Cette erreur est très-commune , et l’on voit tous les jours des personnes qui se plaignent de digestions pénibles et qui, croyant avoir besoin de se donner du ton , se gorgent de boissons toniques et stimulantes, pour se remonter , comme elles disent , tandis quelles ne font réellement qu’exciter un organe qui n’exécute pas ses fonctions pour cela seul qu’il est déjà trop excité. Qu’on juge ensuite des bons effets de pareils remèdes.
Les signes auxquels on reconnaît que la faiblesse d’estomac n’est pas le résultat d’une irritation de cet organe sont en général l’absence de la fièvre, la pâleur et l’aplatissement de la langue , etc.
Autre tisane tonique. .
P. Fruits de houblon, -s
Racine de gentiane, J 6 C acîue 1 gros-
Faites une décoction. Edulcorez avec le sirop de chicorée ou d ecoree d’orange.
Autre tisane tonique.
P. Racine de gentiane, 1 gros.
Faites bouillir dans 1 litre d’eau, et ajoutez :
Espèces amères , telles que petit chêne , petite centaurée, fumeterré, trèfle d’eau, houblon, de chaque 1/2 once. Laissez infuser. A prendre- par^ demi-verf ée , d'heure én heure, ou plus;Tatetftent:,ushlvântc-iècâsfc : ; ’’
Cette tisane convient aux personnes scrofuleuses , pourvu que l’estomac soit en bon état.
Autre tisane tonique.
P. Fleurs de camomille romaine , ip gros.
Eau, ïj 2 litre.
Edulcorez avez suffisante quantité de sucre ou de sirop d’écorce d’orange. Apprendre par petites verrées.
Tisane stimulante.
P. Cannelle concassée , ip gros.
Racine d’angélique, 2 gros.
Eau , i litre.
Faites bouillir pendant ip heure. Édulcorez avec du sucre. Cette tisane est stimulante et provoque les sueurs.
Autre tisane stimulante.
P. Feuilles de menthe poivrée, )
Feuilles de mélisse, ) de chaque i gros.
Eau, ip litre.
Faites une infusion.-Ëdulcorez avec le sucre ou le sirop de fleur d’oranger.
Tisane antiscorbutique.
P. Racine de bardane, 1
Haeine de patience; ] de chaque i;> once.
Faites bouillir pendant une heure dans 2 litres d’eau retirez du feu, et laissez infuser dans cette même tisane :
Feuilles de cochléaria,
Feuilies.de cresson de fontaine ,
(Feuilles de trèfle d’eau,
Passez. Cette tisane se prend froide et par verrée , d’heure en heure; elle réussit assez bien dans les affections scorbutiques , pourvu toutefois que l’estomac soit en bon état.
j de chaque ip once.
Autre tisane antiscorbutique.
P. Racine de rathania concassée , 1/2 once.
Eau , 1 litre.
Faites bouillir pendant 172 heure. Passez et ajoutez :
Limonade de citron, fortement acidulée, 1 litre. A boire froid, par verrée , d’heure en heure.
Cette tisane arrête prompteme nt les hémorrhagies de la bouche , du nez , etc. , qui ont lieu si souvent chez les personnes atteintes du scorbut. Les taches bleuâtres qui surviennent dans les mêmes maladies disparaissent également en très-peu de temps. Cette tisane convient donc éminemment dans les cas de scorbut déclaré, et la précédente dans ceux où il n’y a qu’une disposition à cette maladie.
VINS MEDICINAUX. Ces vins contiennent des principes médicamentaux qui ajoutent à leur action tonique ou excitante : il est par conséquent inutile de dire qu’ils ne conviennent point aux personnes dont lestomae est irrité, et qui doivent alors se fortifier par des caïmans , et non par des toniques , qui ne feraient qu’augmenter l’état d’irritation.
Vin tonique et stimulant.
P. Racine dé gentiane concassée^ 1 once.
Écorce de citron , 2 gros.
Yin rouge de bonne qualité , 1 litre.
Faites macérer pendant 2 ou 3 jours. Passez.
On prend une ou deux cuillerées de ce vin une demiheure avant les repas. Il convient dans tous les cas où l’on veut stimuler et en même temps fortifier les organes digestifs.
N. B. On peut très-bien remplacer la gentiane par la même dose de quinquina. On l’emploie de la même manière.
Autre vin tonique et stimulant.
P. Sommités d’absinthe, 1/2 once.
Clous de girofle , 2 onces.
Cannelle" concassée , 1 gros.
Vin rouge de bonne qualité , 1 litre.
Faites infuser pendant 4 ou 5 jours. Passez. A prendre comme le précédent. Ce vin excite l’appétit et facilite la digestion , pourvu que l’estomac ne soit pas dans un état d’irritation.
Vin antiscorbutique.
P. Racine fraîche de raifort sauvage , 1 once.
Feuilles de trèfle d’eau, ijz poignée.
Vin blanc , 1 litre.
Laissez macérer pendant 2 ou 4 jours. Passez.
On donne ce vin à la dose de deux cuillerées , le matin , à midi et le soir , quelques minutes avant les repas.
Vin astringent.
P. Racine de rathânia concassée , ijz once.
Alun , 172 once.
Vin rouge , 1 litre.
Laissez macérer pendant 2 ou 3 jours.
On s’en sert avec avantage en injections et en lotions dans les cas de fleurs blanches et dans les chutes de matrice ou dé rectum. On peut également l’employer en gargarisme pour fortifier les gencives devenues molles, bleuâtres , fongueuses. Il sert aussi aexciter les plaies et les ulcères indolens, et à accélérer par ce moyen là cicatrisation.
Vin ferré.
P. Limaille de fer non roui liée , 3 onces.
Vin rouge de bonne qualité , 1 litre.
Laissez macérer au soleil pendant 2 ou 3 jours. Filtrez.
A prendre à la dose de 2 ou 3 cuillerées , trois ou quatre fois par jour. Ce vin est employé pour donner du ton aux
ao8
organes digestifs. Quoiqu’on s’en serve vulgairement dans le cas de suppression des menstrues, nous ne pensons pos que ce moyen soit très-convenable ; on en trouvera la raison à l’article menstrues.
VINAIGRES MEDICINAUX. On les obtient ordinairement en laissant macérer plus pu moins long-temps dans le vinaigre ordinaire certaines substances médicamenteuses.
Vinaigre rosat.
P. Roses rouges desséchées , 2 onces.
Vinaigre rouge, 1/2 litre.
Laissez macérer pendant une quinzaine de jours. Vinaigre framboise .
; P. Framboises , 1 livre.
Vinaigre rouge ou blanc, 172 litre.
Laissez macerer pendant 3 ou 4 jours. Passez.
Vinaigre dit des quatre voleurs.
P. Sommités de romarin , Y
t-, .y. j 1 de chaque 1 once.
Jr eûmes de sauge , J u
Fleurs de lavande, 172 once.- ; Clous de girofle,, 172 gros.
Vinaigre distillé., 1 litre.
Laissez macérer pendant une huitaine de jours. Filtrez. Vin scillitique.
P. Squammes d’ognons de scille, 2 onces.
Vinaigre blanc , 1 litre.
Esprit de vin, 2 gros.
Laissez macérer pendant une quinzaine de jours. Ce vin est diurétique. On le donne à la dose d’une ou de deux cuillerées à café dans une potion.
DICTIOIVJXAIRE
ACCÈS, fièvre d’accès. Y. Fièvre.
ACCOUCHEMENS. Les manœuvres imprudentes auxquelles se livrent souvent des personnes appelées à donner leurs soins aux femmes en couche, les conseils extravagans qu’elles reçoivent soit avant, soit après cette époque, de leurs parentes, de leurs amies et de leurs voisines, nous ont engagé à entrer dans quelques détails sur les accouchemens ; car jl est impossible de calculer sans effroi la multitude de femmes qui ont dû la mort ou des infirmités incurables à l’ignorance de ceux ou celles qui les ont assistées pendant leurs couches, et dont la bonne intention ne saurait justifier le zèle mal entendu.
On ne doit pas s’attendre néanmoins à trouver ici un traité de l’art des accouchemens, mais seulement des conseils soit aux femmes en couche elles-mêmes, soit aux personnes qui les approchent, dans les cas où elles ne pourraient être assistées par un homme de l’art , ou en attendant son arrivée.
Les soins à donner en pareille circonstance doivent naturellement être divisés en trois époques, avant l’accouchement, pendant l’accoüchemént, et après l’accouchement.
i Soins à donner avant l’ accouchement. On reconnaît en général que l’accouchement est prêt d’avoir lieu par les signes suivans : le ventre s’affaisse, la femme se sent plus légère; elle a de fréquentes envies d’uriner; il sort des organes sexuels des matières glaireuses, et elle ressent de légères douleurs qu’on appelle mouches. Peu à peu la femme éprouve, par intervalles, des douleurs qui commepcent par le ventre et vont se terminer vers le siège. Dans le progrès. du travail, les douleurs deviennent plus fortes , plus longues et plus rapprochées , etc.
Dès que les signes précurseurs commenceront à se faire apercevoir, il faudra se munir de toutes les choses qui sont nécessaires pendant et après l’accouchement; tant pour la mère que pour l’enfant. Ces choses sont notamment des linges pour garnir le Ut sur lequel la femme accouchera et celui sur lequel
ACG
on la mettra après être accouchée , et ceux qui sont nécessaires pour l’enfant; du fil pour lier le cordon ombilical et des ciseaux pour le couper; de l’eau ordinaire pour baptiser l’enfant ; de l’eau tiède pour le laver ; du vinaigre , du vin , etc. , soit pour frotter l’enfant, s’il est trop faible, soit pour secourir la femme en cas d’évanouissement. On s’occupera ensuite de dresser le lit de misère , ou lit sur lequel doit se faire l’accouchement.
Ce lit doit être disposé de telle façon que la femme ait le buste etjes reins élevés; il ne doit point être mou, afin qu’elle puisse faire valoir ses douleurs avec plus d’avantages. A cet effet on se sert ordinairement d’un lit de sangle, ou , à son défaut, d’une table de moyenne grandeur, sur lequel on étend un matelas, deux draps et une couverture. Une chaise ou un second matelas plié en deux est placé sous le premier pour élever la tête et le buste de la femme. Des oreillers peuvent être employés pour le même objet.
Au commencement. du travail, on laissera la femme se promener librement, s’asseoir, se coucher, se relever; l’air de la chambre sera pur et un peu frais. On engagera la femme à uriner et à aller à la selle , pour donner plus d’espace au passage de l’enfant; et, s’il y a constipation, on lui fera donner un lavement. Si elle est très-sanguine, si elle se plaint de pesanteur de tête et que le pouls devienne vibrant et plus fort qu’à l’ordinaire, on lui fera prendre un demi-bain ; et, s’il est possible, on lui fera faire une saignée du pied ou du bras. Ces derrnières précautions réussissent quelquefois à merveille et hâtent singulièrement le terme de l’accouchement. Si la femme se trouve faible , on lui donnera un peu de vin et d’eau ; on lui fera respirer du vinaigre ou de l’eau de Cologne. Mais le café, les liqueurs fortes et tous les prétendus cordiaux auxquels le vulgaire attribue beaucoup de vertus, sont éminemment nuisibles pendant le travail. On s’en abstiendra donc comme de poisons.
Soins adonner pendant /’actfOMcém^nt.Toutétantainsi préparé, on fera coucher la femme sûr le dos, les jambes et les cuisses fléchies , et les pieds arcboutés contre une traverse de bois, que l’on aura attachée au pied du lit. Cette traverse pourra être remplacée par deùxpersonnes qui soutiendront avec leurs mains les pieds et les genoux, afin de leur fournir un appui suffisant. Si la femme se plaint de douleurs de reins, on la soulagera au moyen d’une serviette passée au-dessous des lombes, avec laquelle deux personnes la soulèveront pendant les douleurs.
Il est d’usage d’oindre les parties avec du beurre, du cérat ou de l’huile pour faciliter le passage de l’enfant; mais ces
ACG 2 i 3
précautions sont plus nuisibles qu’elles ne sont utiles. Par ces moyens artificiels on excite , on échauffe et souvent on dessèche ces parties rendues naturellement humides et glissantes par les sucs glaireux dont elles sont copieusement abreuvées.
Lorsque les eaux auront percé , il sera facile de s’assurer si l’accouchement doit être naturel, c’est-à-dire si l’enfant présente le sommet de la tête , les pieds ou les genoux. La première de ces positions est la plus fréquente detoutes; elle est évidemment la meilleure, parce que, dès que la tête est passée, le reste du corps la suit sans difficulté. Dans l’accouchement par les pieds au contraire , les bras peuvent être aisément disloqués si l’on n’y prend garde.
Lorsque la tête se présente la première et qu’elle est assez descendue pour faire bomber le périnée (c’est ainsi qu’ôn nomme l’espace compris entre l’anus et les organes sexuels ), c’est alors que les soins de la sage-femme sont nécessaires pour empêcher que la tête ne déchire la fourchette et le périnée. A cet effet on soutiendra cés parties avec là main droite passée sous la cuisse de la femme , pour contre-balancer la force avec laquelle la tête est poussée sur elles; et, en l’obligeant de se relever davantage vers le mont de Vénus (partie supérieure des organes sexuels ) , on lui fera décrire un mouvement de rotation sur elle-même dé bas en haut. On recommandera en même temps à là femme de faire valoir ses douleurs le moins qu’elle pourra pendant ce moment, afin de donner lé temps à l’orifice du vagin de prêter et de se dilater assez pour laisser passer Iatête sans inconvénient. Ces dernières précautions sont principalement à prendre quand il est question d’ün premier accouchement. Lorsque la tête est sortie , les épaulés, se trouvant à travers de l’ouverture , ne passeraient pas si elles ne changeaient de direction. Ordinairement ce changement s’opère par les seules forces de lat nature , et les soins de la personne qui aide se bornent alors à soutenir doucement la têté et le tronfc de l’enfant.
Si ce changement de direction des épaules ne se fait pas , on l’exécutera én plaçant deux doigts d’une main à la partie antérieure d’une épaule, et deux doigts de l’autré à là partie postérieure de l’autre épaule ; on placera ainsi avec assez d’aisance une épaule én avànt et l’autre en arrière; le corps de l’enfant viendra sans résistance, et la plus légère douleur suffira pour expulser le reste du corps.
Si l’enfant présente les genoux ou les pieds, on les saisira avec les deux mains pour aider à leur sortie, jusqu’à ce que lé tronc soit engagé au passage. Il faut alors faire exécuter au corps un mouvement de rotation pour mettre les épaules dans
2i 4 ACC
une position favorable, c’est-à-dire que. Tune soit en avant et l’autre en arrière, que le ventre et le dos regardent les cuisses de la mère. Quand on aperçoit les aisselles, il faut redoubler d’attention , de peur de forcer les bras, s’ils sont restés en arrière. Dans ce dernier cas, on cherchera aies dégager sans tirer perpendiculairement sur eux, mais on portera deuxdoigts jusque dans les plis du coude , et on fera décrire comme un cercle à la main de l’enfant, en lui faisant parcourir successivement le visage, le cou, la poitrine, enfin en l’amenant au-dehors, pour aller ensuite à la recherche de l’autre.
Lorsque tout est sorti, excepté la tête, il faut bien se garder de tirailler l’enfant pour le dégager; cette funeste manœuvre pourrait être suivie des accidens les plus graves, et même d’une mort instantanée. On soutiendra donc le corps de l’enfant de façon que le cou ne soit nullement tourné ni tiraillé, en attendant que de nouvelles douleurs viennent expulser la tête. Dans les cas où elle resterait engagée trop long-temps, à cause de la mauvaise position, on favorisera sa sortie en la plaçant d’une manière convenable, in conséquence on tâchera de faire fléchir autant que possible le menton sur la poitrine ; pour cela on portera les' deux premiers doigts de la main droite sur la nuque, et Ton fera un effort comme pour repousser la tête en haut; tandis qu’avec ceux de -la gauche, placés à droite et à gauche du nez, on s’efforcera de faire fléchir le menton vers le.cou de l’enfant. Les douleurs de la mère l’expulseront alors assez facilement.
Dans les accouchemens où l’enfant se présente bien, la nature fait en général beaucoup plus que l’art; et ceux-là se trompent grossièrement qui croient abréger le travail en se hâtant, pour ainsi dire, d’arracher l’enfant du ventre de la mère. Il est bon d’aider à la sortie de l’enfant, mais il faut que ce soit sans efforts. On ne saurait trop recommander aux personnes qui n’ont pas une grande habitude des accouchemens de ne faire usage des mains que le moins possible. On ne peut se dissimuler tous les manx qui résultent des dilatations violentes que font quelques sages-femmes, dès le début même du travail , dans le dessein d’accélérer la sortie de l’enfant.
Il arrive assez souvent que, malgré la bonne position de l’enfant, les douleurs de la femme n’àcquièrent pas le caractère expulsif nécessaire pour en produire la sortie : l’accouchement se trouve alors retardé, et souvent l’on est. obligé d’avoir recours au forceps. Get instrument ne peut être employé à propos que par un homme de l’art, et nous parlerons ici dans la supposition où il serait absent.
Dans le cas où le travail se prolongerait trop lopg-lemps.
ACG ai 5
l’expérience a démontré qu’on peut en hâter le terme, en faisant prendre à la femme la préparation suivante. Prenez 3o grains de seigle ergoté réduit en poudre; faites infuser pendant un quart d’heure dans une tasse de bouillon ou d’eau bouillante ; jetez le premier bouillon; faites infuser de nouveau pendant le même temps, et passez à travers un linge. On fait prendre cette infusion en une seule dose : on l’édulcore avec du sucre si l’on a employé de l’eau. Cette préparation n’a pas de goût désagréable, et souvent la femme la prend sans s’en douter. Le seigle ergoté jouit de la propriété de réveiller les contractions delà matrice, et par conséquent les douleurs, qui, sont indispensables pour chasser au-dehors le produit de la conception.
Jusqu’ici, il n’a. été question que des accouchemens naturels et qui ont à peine besoin des secours d’une main étrangère. Ils sont fortheureusement beaucoupplus nombreux que les autres , puisque sur cent accouchemens, il n’y en a guère que deux ou trois qui offrent des difficultés réelles, qui dépendent soit de la mauvaise position de l’enfant, soit de la faiblesse ou de vice de conformation de la mère. Dans ces cas , la présence d’un accoucheur, ou d’une sage-femme instruite est indispensable. J’ajouterai même qu’il h’ est jamais prudent de s’en rapporter à sés propres lumières , parce qu’il est impossible de prévoir si l’accouchement sera facile ou s’il ne le sera pas.
La première chose dont on ait à s’occuper après la naissance est de couper le cordon ombilical: L’enfant étant assis entre les cuisses de la mère, on prend un fil fort, ciré ou non ciré , avec lequel on fait, à un pouce du nombril , deux ou trois tours médiocrement serrés ; on noue, et l’on coupe le cordon d’un coup de ciseaux â quelques lignes de la ligature.
L’accouchement n’est pas encore terminé. Il faut encore que la mère ressente quelques douleurs pour expulser le placenta ou arrière-faix , ce qui arrive plus ou moins long-temps après la sortie dé l’enfant , mais ordinairement dans l’espace d’une ou de deux heurés; quelquefois beaucoup plus tôt/ A mesure que les douleurs commenceront à s’annoncer, on pourra faciliter l’expulsion du placenta, en exerçant des tractions légères et méthodiques sur la portion du cordon restée en dehors. Cette traction doit se faire avec beaucoup de réserve, car en agissant trop brusquement , on courrait risque de donner lieu à une hémorrhagie dangereuse. S’il ne se manifeste pas de douleurs , on tâchera de les provoquer en exerçant avec la main de légères frictions sur le ventre delà mère, en y appliquant des serviettes chaudes , etc.
Les anciens faisaient éternuer la femme pour accélérer la
ai 6 ACC
délivrance : c’est un moyén qui réussit souvent, et rien n’empêclie de donner à l’accouchée une prise de tabac, ou de lui châtouiller l’intérieur des narines pour produire l’éternuement. On peut aussi engager la femme à porter ses doigts au fond du gosier , afin de déterminer des efforts de vomissement, lesquels contribuent quelquefois à opérer la délivrance d’une manière très-prompte. Enfin si la femme ne pouvait pas être délivrée par ses propres forces, la main d’une personne expérimentée serait alors nécessaire.
Soins à donner après /’ accouchement. Les uns regardent la mère , les autres l’enfant. Aussitôt après l’accouchement , la femme tombe dans une espèce de douce langueur ; elle éprouve le besoin de se livrer au repos : aussi on doit la. laisser tranquille pendant quelque temps sur le lit de misère, après avoir passé sous ses reins un drap sec et chaud , plié en quatre.
On la transportera ensuite sur son lit, qui n’exige pas d’autres dispositions qu’un lit ordinaire , sauf qu’il doit être garni de quelques linges doux et usés pour recevoir les lochies, et que l’on changera toutes les fois qu’il sera nécessaire : le lit doit être échauffé si l’on est en hiver. Il faut avoir soin de garantir la nouvelle accôüchée du froid et de la trop grande chaleur, du grand jour,, du bruit et des, émotions de toute espèce. C’est ici le lieu de dire un mot de ces visites importunés dont les nouvelles accouchées, sont Obsédées. C’est à qui lui parlera des douleurs qu’elle, a souffertes , qui la questionnera sur les circonstances de son accouchement, qui lui fera lés éloges de la beauté de son enfant , etc. C’est dans cesréunions de commères , et au milieu d’un caquetage assommant, que l’on examine le régime imposé à la mère; on y discute les talens et les prescriptions de l’accoucheur ; chaque visiteuse donne son avis et cite en exemple la conduite qu’elle a tenue dans ses couches , et gare si l’on në suit pas de point en point la marche qu’elle a suivie elle-même. On ne manquera pas non plus d’y raconter une foule d’accidens fâcheux survenus à la suite de couches.
Il serait donc à souhaiter que l’on n’admît auprès de l’accouchée pendant les premiers jours que les personnes dont la présence est indispensable; et le mieux serait de n’admettre que les parens pendant les huit premiers jours.
La nouvelle accouchée ne doit pas se hâter de marcher, ne fût-ce que pour passer de son lit dans un fauteuil : il faut attendre que les organes qui ont été irrités par le travail de l’accouchement reviennent peu à peu à leur état naturel, ce qui exige un temps plus ou moins long, suivant la constitution de la femme et les circonstances de l’accouchement. La règle gé-
ACG 217
nérale est, pour une femme bien constituée, de garder le lit pendant huit jours , et la chambre pendant quinze. Je n’ignoré pas qu’il en est plusieurs qui se vantent d’avoir repris beaucoup plus promptement et sans danger leurs occupations ordinaires , et qui traitent ces précautions de puérilités. Nous convenons que l’on ne périt pas dans le danger chaque fois que l’on s’y expose, de même que tous les soldats d’une armée ne périssent pas sur le champ de bataille ; mais on accordera qu’il y a au moins de la témérité à courir sans nécessité les chances d’accidens qui surviennent si souvent, pour avoir négligé les précautions que nous indiquons.
Pendant les six ou huit premiers jours qui suivent l’accouchement, la femme rend un sang noir connu sous le nom de vidanges ou lochies. Parmi les soins que l’on doit prendre à cet égard, le froid est la première chose à éviter, car il pourrait faire cesser tout à coup l’écoülement. Cependant la chaleur ne doit pas être trop considérable. On favorisera ensuite cette évacuation naturelle par un régime léger et doux , par des boissons rafraîchissantes prises en assez grande quantité. Il est surtout très-essentiel de ne donner que très-peu d’alinaens jusqu’à ce que la fièvre de lait se soit déclarée, c’est-àdire pendant les trois ou quatre premiérs jours : la diète sera encore plus sévère si la mère n’a pas l’intention de nourrir. II est facile de comprendre la raison d’un pareiltraiteinent, quand on pense que , sous les efforts du travail, le corps entier de la femme a été excité, que la matrice surtout à été violemment irritée, tiraillée, et que s’il ne s’est pas développé une inflammation, la cause la plus légère pourrait déterminer cette inflammation, qui, én pareil cas, est toujours extrêmement grave. Que penser donc des usages où l’on est en certains pays , et surtout dans les campagnes, de faire prendre à la femme, aussitôt l’accouchement terminé , une bonne dose devin sucré chaud , ou quelque autre boisson plus incendiaire encore ? Dans d’autres endroits on la nourrit avec tout ce que l’on trouvé dé plus friand et de plus succulent; chaque visiteuse apporte son petit cadeau à la nouvelle accouchée ; et, comme il consiste assez souvent en bonbons de toute espèce ,' celle-ci veut en goûter, ne fût-ce que pour céder aux sollicitations de l’obligeante commère. La fièvre de lait se manifeste avec violence, les évacuations se suppriment, une inflammation du basventre se déclare , et la pauvre accouchée meurt victime de tant d’imprudences. Jé n’ai guère d’espoir de contribuer à détruire, ces préjugés dangereux; comme les maux dont je parle ici n’arrivent pas dans tous les cas où ces abus ont lieu, on se prévaut du mal qui n’est pas arrivé pour ne pas le craindre et
ai8 ACC
pour suivre la même routine : maisje répéterai, pour l’acquit de ma conscience , que cette erreur funeste moissonne un grand nombre d’accouchées.
Ainsi, point d’alimens solides avant la fièvre de lait, si la mère ne doit pas nourrir. Quelques soupes doivent suffire. Ce sont les alimensqui fournissent le lait, et plus il y en aura de formé, plus les. seins seront douloureux. Un bon moyen d’en empêcher la formation consiste à boire dans la journée du petit lait , dans lequel on aura mis une once de seldeGlauber par pinte. Les doses doivent être assez éloignées pour ne pas produire une véritable purgation, tout en entretenant la liberté du ventre. Deux verrées, prises en quatre fois, à trois heures d’intervalle, suffisent pour obtenir ce résultat. Pour boissons ordinaires on choisira Jes plus émollientes, telles que les tisanes de bouillon blanc, celles de guimauve, de gomme arabique ; ou bien, ce qui est plus simple, on prendra de l’eau à peine dégourdie, édulcorée à volonté avec du sirop de sucre, de gomme, de guimauve, de capillaire, d’orgeat, d’orange, de miel, etc. La canne de Provence j que l’on regarde comme antilaiteuse, n’a aucune vertu particulière; mais comme elle est sans danger, on peut en faire une tisane comme de toute autre substance émolliente. Quant aux mères qui allaitent, il faut aussi les sevrer absolument de nourriture le jour ou les jours de la fièvre de lait, et ne leur donner que des boissons de la nature de celles indiquées ci-dessus.
Il est un autre préjugé qu’il faut combattre. Beaucoup de femrpes croient que l’on ne doive pas changer les linges de l’accouchée pendant l’écoulement des vidanges , et préfèrent la laisser croupir dans l’ordure , plutôt que de déroger à cette dégoûtante routine. Nous disons, nous, qu’il faut changer de linges le plus souvent qu’il est possible, sans faire prendre froid à la femme, ne jamais la laisser dans sa malpropreté, et que toute pratique contraire est non-seulement ridicule, mais encore dangereuse.
Il survient quelquefois après les couches un accident des plus redoutables, et qui faitpérirun grand nombre de femmes, surtout à la campagne : je veux parler des pertes. Le sang coule avec une abondance extrême ; la femme s’affaiblit, sa voix s’éteint, ses yeux s’obscurcissent, son visage pâlit; elle éprouve des tintemens d’oreilles, le pouls devient petit et faible, il survient des évanouissemens, et la femme périt, si elle ne reçoit promptement des secours. A l’apparition de ces symptômes alarmans , il faut se hâter de faire des applications froides sur le bas-ventre, les cuisses et les reins avec des linges imbibés d’eau vinaigrée. Dans les cas graves on a encore conseillé
ACG 219
avec succès d’appliquer de. la glace sur les mêmes parties, et de jeter sur elles des seaux d’eau froide. Il faut en mêms temps faire des frictions avec la main sur le bas-ventre, pincer, agacer la matrice à travers la peau du ventre, pour en déterminer la contraction. Mais si, malgré les applications froides, le sang continuait à couler d’une maniéré alarmante, on remplirait peu à peu l’orifice de la matrice et le canal de la femme avec de la charpie ou des lambeaux de vieux linge imbibés de vinaigre pur, en même temps que l’on continuerait avec force les frictions et les agacemens sur le bas-ventre. La perte étant arrêtée , il ne faut pas trop se presser d’ôter le tampon, et ne nas remporter tout d’une pièce , mais on le retirera insensiblement et par petits lambeaux , comme il avait été introduit.
Malgré toutes les précautions que nous venons d’indiquer, il arrive souvent que l’hémorrhagie ne s’arrête pas; d’ailleurs elle peut dépendre de déchirement , de rupture, de renversement de la matrice; ces cas exigent impérieusement la présence d’un homme de l’art ; il faut y avoir recours le plus promptement possible, et on devrait même le faire dans tousjes cas où la perte se déclare; mais il est essentiel de ne pas prendre pour une perte le dégorgement qui a lieu après la délivrance, dégorgement nécessaire et qu’il serait dangereux de supprimer. On calcule que la quantité de sang qui sort alors s’élève en général depuis une demi-livre jusqu’à une livre et demie, et même deux livres : ainsi, on peut être tranquille tant que le sang répandu n’excède pas cette quantité ; mais si cette évacuation va plus loin et qu’elle continue de faire des progrès, que le pouls s’affaiblisse, que le visage devienne pâle, on ne peut douter alors qu’il n’y ait une perte, et il faut employer les moyens indiqués pour l’arrêter.
Après avoir donné à la femme les premiers soins que son état exige , il faut s’occuper de l’enfant.
L’enfant étant détaché de la mère au moyen de la section du cordon ombilical , on l’enveloppera dans des linges souples et chauds; et, s’il fait froid, on le portera auprès du feu. Après avoir examiné s’il n’a éprouvé ni déchirures ni fractures au passage , s’il ne porte aucune difformité , on lui lavera le corps avec une éponge ou un linge fin imbibé d’une légère eau de savon tiède , pour lui ôter l’espèce de pommade dont il est enduit. Les ouverturesnaturelïes doivent être nettoyées delamême manière. Cela fait, on aura une petite compresse enduite d’huile ou de beurre, percée dans le milieu , pour y passer ce qui reste de cordon ombilical , que l’on couchera sur cette compresse; on mettra une seconde compressé par-dessus la première, et l’on soutiendra le tout au moyen d’une bande.
ààô ACG
La ligature tombé ordinairement d’elle-même au bout de quatre Ou cinq jours; il ne faut donc pas la tirailler. Après la chute du Cordon , on mettra pendant quelques jours une compresse enduite de beurre ou de cérat sur le nombril , que l’on maintiendra comme il Tient d’être dit plus haut.
Il faut ensuite s’occuper d’habiller l’enfant. On ne s’attend pas sans doute que dans un ouvrage du genre de celui-ci nous allions entrer dans des détails minutieux sur la manière d’habiller les nouveau-nés. Nous ne dirons qu’une chose : habillez votre enfant comme vous l’entendez; mais qu’il n’ait ni trop chaud ni trop froid, et surtout que ses membres puissent sé mouvoir en pleine liberté : c’est une condition indispensable pour qu’il soit sain , fort et vigoureux.
Il n’y a plus aujourd’hui qu’un petit nombre de personnes incapables de jugement qui -s’obstinent à conserver l’usage du maillot. Je n’essaierai pas de les combattre; elles n’entendraient pas le langage de la raison; d'ailleurs que n’a-t-on pas Hit sur un pareil sujet, et que pourrions-nous ajouter aux paroles éloquentes du philosophe de Genève ? Le moindre inconvénient du maillot et de tous les vêtemens trop serrés est de nuire au développement des organes; mais combien de maladies, Combien de vices de conformation n’ont d’autre origine1 que là compression qu’exercent les sangles et le maillot! Combien de jeunes gens , emportés à la fleur de l’âge , auraient joui pendant long-temps d’une brillante santé si le maillot et les entraves de toute espèce n’avaient empêché leur poitrine d’acquérir un développement Convenable !
Il existe un autre usagé dont les résultats peuvent être mortels pour les nôuveau-nés. C’est celui de les plonger dans l’eau froide aussitôt qu’ils sont arrivés à la lumière. Comment un pauvre petit être qui est resté neuf mois dans le sein de sa mère, réchauffé par uriè douce chaleur, supportera-t-il ce passage brusque de température ? L’hommé n’est point un animal aquatique pour aller à l’eau comme un canard en venant au monde , ni un morceau d’acief que l’on puisse tremper à volonté pour le durcir. On a vu des apoplexies emporter subitement les enfans, pendant que l’on pratiquait Cet usage ridicule et barbare.
Si la mère nourrit l’enfant , ce qui serait à désirér pour là santé de l’un et de l’autre, elle donnera à téter quelque temps après être accouchée , sans attendre vingt -quatre heures, comme certaines femmes Croiént devoir Je faire. Les intestins des nouveau-nés contiennent une grande quantité de matières noirâtres qui s’y sont amassées pendant la grossesse, et auxquelles on donne le nom de méconium. Le premier lait de la
ACG 32 *
femme jouit d’une vertu purgative éminemment propre à l’expulsion de ces matières, et la nature, en en remplissant les mamelles de l’accouchée , a indiqué assez clairement l’usage que l’on devait en faire. Cependant, si contre le vœu si positif de la nature , la femme , par raison de santé ou de coquetterie , ne croit pas devoir nourrir son enfant, on lui donnera un peu d’eau sucrée ou miellée, ou de sirop de chicorée composé, ou enfin du sirop de fleurs de pêcher , pour lui faire rendre son méconium.
Il est inutile et même dangereux de bercer les enfans pour les endormir. Plusieurs médecins pensent, non sans quelque raison , que l’abus du berçage peut donner lieu à des affections graves , entre autres à l’épilepsie. La plupart des enfans ne sont criards que par suite de mauvaises habitudes qu’il dépend des nourrices de faire cesser. Dès que l’enfant crie, il faut s’assurer si ces cris sont l’effet de quelques douleurs physiques, ou seulement d’un caprice de l’enfant qui veut être bercé, dor-. loté, etc. Si les cris ne sont pas produits par la faim * la malpropreté, une maladie, il ne faut pas avoir l’air de s’en occuper; et quand l’expérience aura appris à l’enfant que ses pleurs ne sont pas des mots d’ordre , il ne tardera pas à abandonner des moyens dont il aura reconnu l’inefficacité. En se pressant de lui donner à téter ou à manger au premier signe de mauvaise humeur , sans savoir s’il en a réellement besoin , on lui rend un mauvais service , non-seulement en le rendant de plus en plus criard, mais encore en chargeant son estomae sans nécessité. *
Durant les premiers temps , l’enfant ne prenant que peu de nourriture à la fois , a besoin d’y revenir très-souvent ; il n’en est pas de même au bout de deux ou trois mois, et il convient alors de l’habituer insensiblement à ne téter qu’à des intervalles réglés pendant le jour, et nullement durant la nuit, si la chose est possible.
Les nourrices doivent s’abstenir de donner le sein immédiatement en sortant de table , et surtout après une émotion trop vive, soit agréable, soit désagréable. Leur nourriture doit se composer d’alimens substantiels et en même temps d’une digestion facile. Le thé, le café, les liqueurs échauffantes de toute espèce ne leur conviennent dans aucune circonstance , et elles ne doivent user de vin qu’avec la plus grande modération. Les alimens d’un goût trop relevé ne font point un bon lait, et l’on ne saurait trop blâmer certaines femmes, surtout dans les familles aisées , qui s’imaginent que leur table doive être plus délicate et plus recherchée pendant qu’elles nourrissent que dans un autre temps. C’est le contraire ; plus la table