‹ Dictionnaire de santé ou vocabulaire de médecineChapitre 66 sur 106 · MUS · texte numérisé non relu

MUS

vèut, la qualité de l’affection soit changée; il n’y a entre ces inflammations d’autres différences que celles du siège qu’elles occupent, de leur intensité et de la forme qu’elles revêtent, mais le fond reste le même.

Traitement. Dans les gastro-entérites des etffans, quelle que soit d’ailleurs leur forme , il y a ordinairement prédominance cérébrale. En effet, chez eux, la circulation du sang est généralement active, et la congestion cérébrale acquiert en peu de temps un degré d’intensité tel, qu’elle devient un symptôme dominant, C’est pourquoi on doit, pour l’éviter, attaquer cette maladie promptement par une saignée sur le creux de l’estomac ; de cette manière on fera cesser les phénomènes cérébraux , ainsi que les convulsions qui se déclarent assez promptement. 11 faut bien se garder de donner l’émétique ou î’ipécacuanha, parce que les efforts de vomissement que ces substances déterminent 11’ont pas seulement le désavantage d’augmenter l’irritation de l’estomac , mais ils font encore refluer le sang vers le cerveau , et rendent ainsi plus imminent le danger d’une congestion On prescrira en outre des cataplasmes chauds aux pieds, des bains tièdes , des boissons adoucissantes, des lavemens émolliens. Si l’enfant tette encore, on fera en sorte qu’il prennè le lait d’une bonne nourricé, mais moins abondamment que dans l’état de santé; s’il est sevré, on le mettra à une diète sévère , tant que la maladie conservera de l’acuité ; ensuite on se contentera de lui donner pour toute nourriture du lait coupé , puis du lait pur, de petits potages de semoule, de fécule, de tapioca , etc. , préparés au lait. Il faut insister long-temps sur ce régime. Quant aux apblbes , elles disparaîtront ordinairement sous l’influènce du traitement général ; cependant on pourra toucher celles qui se trouvent dans la bouche avec un pinceau trempé dans de l’eau miellée , acidulée avec quelques gouttes de Vinaigre ou d’acide muriatique. Voyez au reste ce que nous avons dit à l’article ApHTHES.

MUQUEUSE, Fièvre muqueuse. (V. Fièvre.)

MUSICOMANIE ou MUSOMANIE. C’est une espèce d’aliénation mentale caractérisée par un désir si insensé d’entendre de la musique, que les malades sont chagrins, : langoureux , et quelquefois fous ou furieux, quand leur désir ne peut pas être satisfait. Cette aberration des facultés intellectuelles annonce toujours un état d’excitation, d’irritation et même d’altération dans quelque partie du cerveau. C’est une véritable monomanie, c’est-à-dire une folie sur un objet déterminé, l’intelligence restant ordinairement entière pour tout ce qui n’est pas

BgS NÉP

relatif à cet objet particulier. En admettant, le système de Gall, on expliquerait ce phénomène en disant que toutes les parties du cerveau conservent leür intégrité , leur état de santé, tandis que la partie où réside le sens de l’harmonie jouit d’une trop grande activité. Quoi qu’il en soit, cette espèce particulière de folié n’est pas plus étonnante que les autres genres de monomanies ; nous renvoyons donc pour plus amples détails au mot Folie.

NÉPHRITE , Inflammation des reins. Les reins sont les organes sécréteurs de l’urine , c’est-à-dire qu’ils servent à préparer, à distiller, si je puis parler ainsi, ce liquide, lequel est ensuite reçu dans la vessie , qui est son réservoir naturel. Les reins sont ce qu’on nomme vulgairement rognons dans les animaux. Nous en avons deux, situés l’un à droite, l’autre à gauche de l’épine du dos, près des points ou se trouvent les dernières côtes inférieures. Ces organes jouent un grand rôle dans l'économie animale, non-seulement parce qu’ils servent à sécréter l’urine, mais à cause des nombreuses sympathies qui les lient à d’autres organes. Les reins sont en alternative d’action avec la peau : quand celle-ci transpire beaucoup, ils sécrètent peu, et par conséquent les urines sont peu abondantes; si, au contraire, l’action de la peau est nulle comme dans des temps froids et humides, celle des reins est augmentée, et les urines sont plus abondantes. Les reins sont en rapport avec la vessie; aussi les maladies de l’une déterminent facilement celles des autres et vice versa. Souvent une inflammation qui a débuté par l’extrémité du canal de l’urètre gagne la vessie , et arrive jusqu’aux reins. Ils sont en rapport avec les organes sexuels. Cependant les maladies de ces derniers déterminent moins souvent celles des reins que ne le font celles de la vessie. L’estomac sympathise étroitement avec les reins , en sorte qu’il est, rare de les voir enflammés, irrités, sans que l’estomac ne participe à cet état ; pour îa même raison , on n’aura pas de peine à concevoir que les irritations, les inflammations de l’estomac influent pareillement sur les reins. Les substances connues sous le nom de diurétiques, telles que le nitre, ou celles qui ont Une action particulière sur la vessie et les organes sexuels, telles que le camphre, et surtout les pantharidés , produisent souvent l’inflammation des reins.

Les reins peuvent être irrités par le transport dé l’inflammation d’un organe êur un autre; c’est ce qu’on appelle

NÉP 599

une métastase. ( Voy. ce mot). Cela a lieu chez les personnes qui sont naturellement disposées aux affections des reins.

On doit regarder comme naturellement disposés aux affections des reins les jeunes sujets , puis les adultes entre l’âge de quarante et soixante ans. L’enfance y est disposée, parce que , à cet âge , les urines sont muqueuses et d’une nature propre à la formation des calculs. Dans un âge plus avancé, on fait souvent des excès auxquels on résiste d’abord , ce qui engage à continuer; mais, à force d’être répétés, ils finissent par occasioner soit dans l’estomac, soit dans les reins , une irritation qui se développe avec lenteur. En effet , les personnes qui se livrent à la bonne chère , qui boivent de bons vins, des liqueurs spiritueuses , et les ivrognes ont ordinairement des urines, rouges, briquetées, ce qui indique toujours que le rein est dans un état d’excitation, d’irritation ou d’inflammation. Le séjour prolongé dans le lit, la vie trop sédentaire, les longues études prédisposent aussi à l’inflammation des reins, parce que la transpiration se faisant mal dans ces cas, l’action des reins qui y supplée- se trouve naturellement augmentée, et peut l’être jusqu’au point qui constitue l’inflammation. La chaleur du lit, l’abus des jouissances vénériennes sont une cause trèsordinaire des affections rénales; mais les plus fréquentes sont les lésions extérieures, telles que les coups, les chutes, les efforts pour soulever un fardeau, les marches forcées , etc. Les graviers ^qui 'se forment dans les 'reins 'ont aussi été mis au rang des causes de leur inflammation. Il est certain que la présence de ces graviers ne doit pas peu contribuer à entretenir l’irritation dans ces organes, mais il faut observer que ces graviers ne se forment pas sans cause dans les reins, et qu’ils sont eux-mêmes l’effet d’une irritation qui les a précédés, et qu’ils entretiennent ensuite. Quand l’inflammation desseins présente cette complication, on lui donne le nom de grtivelle , et elle exige alors un traitement tout particulier. (Y. ce mot.)

L’inflammation des reins porte, comme il a été dit plus haut, le nom de néphrite.

Gette maladie peut se rencontrer à l’état aigu ou à celui de chronicité ; dans ce dernier cas , on donne encore à la néphrite le nom de coliques néphrétiques.

• Symptômes de la néphrite aiguë. Douleurs brûlantes plus ou moins vives , profondes , poignantes , et quelquefois atroces dans la région de l’un ou des deux reins. Cês douleurs sont rendues plus sensibles par la pression; dans certains cas, on observe un peu de tuméfaction du côté malade. Les signes de cette inflammation peuvent se faire apercevoir: dans deux directions opposées; c’est ainsi , par exemple, qu’il y a quelquefois

6oô NÉP

douleur du testicule , rétraction et douleur du cordon Spermatique, tandis que, d’un autre côté, l’irritation se répète sur l’estomac et sur d’autres viscères contenus dans l’abdomen , ce qui arrive constamment lorsque l’inflammation s’élève à un très-haut degré d’intensité. Outre les signes de la néphrite, on rencontre alors tous ceux de la gastrite et de la gastro-entérite. Les urines. sont rouges et souvent sanguinolentes , toujours peu abondantes, et souvent même entièrement supprimées; quelquefois il necoiile que du sang. Les douleurs de la vessie sont quelquefois très- violentes. 11 y a ordinairement anxiété , faiblesse , soif, nausées, vomissemens, fièvre, augmentation de chaleur; et si la maladie marche avec violence , il survient du délire , des mouvemens convulsifs, des agitations nerveuses ou un abattement stupide et général. (Les auteurs appellent ataxie ce désordre des fonctions intellectuelles , et adynamie l’abattement stupide du malade, la prostration ou perte totale de ses forces. Dans ces deux . états , soit d’ataxie, soit $ adynamie , la langue devient d’un rouge brun , puis noire ; les dents se couvrent d’un enduit fuligineux, c’est-à-dire semblable à de la suie). Lorsque ces symptômes apparaissent, on est assuré que l’inflammation a envahi profondément le canal intestinal, et qu’elle s’est irradiée jusqu’au cerveau. 11 reste alors bien peu d’espoir.

L’inflammation des reins devient surtout très-intense quand elle est le résultat d’une violence exercée sur ces organes par un corps étranger ; elle peut alors s’élever au degré du phlegmon. On appelle ainsi l’inflammation des organes fournis d’un grand nombre de petits vaisseaux sanguins , et qui se manifeste par la tuméfaction des parties qui en sont affectées; la douleur est alors tensive, lourde et puîsative.

La néphrite aiguë est une maladie grave. Elle peut se terminer par la guérison, par la mort, ou passer à l’état chronique. Sa marche n’est pas toujours la même ; tantôt la douleur aiguë diminue sensiblement avec la fièvre, et au bout de quelques semaines, la maladie est chronique, et elle -finit par disparaître, ou bien elle revient à certaines époques. D’autres fois , la néphrite marche avec une grande rapidité; la tumeur augmente, tous les signes du phlegmon se manifestent, et le rein tombe en suppuration. Le malade rend alors des urines purulentes, ou bien le pus reste en dépôt, et forme un abcèydans le tissu cellulaire environnant. Quand l’inflammation a fait tous ces progrès, elle ne tarde pas à devenir mortelle. Ce n’est point la néphrite seule qui donne la mort , mais c’est l’inflammation qui gagne d’abord les parties voisines , et s’étend à l’estomac, au péritoine, etc. Ainsi, quand la maladie est phlegmoneuse , les

NÉP 601

chances sont plus graves; si, au contraire , elle ne revêt pas le caractère du phlegmon , il est probable qu’elle passera à l’état chronique , et l’état chronique est par lui-même une maladie grave qui revient très-souvent périodiquement, comme on le verra plus. bas. Pour le prévenir, il faut agir avec beaucoup d’activité.

Traitement de la néphrite à l’état aigu* Il s’agit ici d’une inflammation violente , et qui marche rapidement vers un terme fatal; il faut donc la combattre avec énergie, et ne pas perdre de temps par l’emploi de drogues et de boissons insignifiantes . Pendant leur usage , la maladie peut faire des progrès qu’il ne sera plus possible d’arrêter. On aura donc recours hardiment aux saignées locales sur la région malade et à l’anus ; on reviendra souvent, et coup sur coup, à ce moyen, tant que l’inflammation ne paraîtra pas perdre de son activité. Si l’inflammation est très-violente, phlegmoneuse , on pratiquera une saignée générale avant l’application des sangsues, et j’ajouterai même que , dans la néphrite comme dans les inflammations aiguës du poumon, il est toujours très à propos d’avoir recours aux saignées soit générales, soit locales. 11 me semble entendre d’ici quelques ignorans, la honte de la médecinef, et après eux, le vulgaire imbécile ou trompé, se récrier contre l’abus de la saignée. Sans doute que la saignée, est abusive quand on y a recours à contre-temps ; quand on ne sait pas distinguer les cas où ce moyen curatif est utile ou dangereux, et qu’on l’administre sans discernement ; mais lorsqu’une inflammation violente s’empare d’un organe ^ lorsque cette inflammation menace de le détruire, ne faut-il pas soustraire une partie du sang qui s’y porte et alimente sans cesse l’inflammation? Ne faut-il pas se hâter d’abattre ce surcroît d’énergie vitale qui constitue à lui seul la maladie ? J’ai honte d’être obligé d’insister plus long-temps sur une vérité aussi palpable ; mais lorsque tant d’effrontés charlatans , qui souillent les parvis du temple d’Epidaure, jettentàla troupe ébahiedes sots leurs panacées ridicules, dont ils proclament les merveilles dans leurs ouvrages burlesques et dégoûtans d’ignorance ; ouvrages décorés de titres Spécieux pour servir d’appatTà la crédulité des dupes , il faut bien répéter, même jusqu’à satiété, les principes les plus simples , afin de mettre le public en garde contre des spéculations d’autant plus condamnables , que ces entrepreneurs de santé ne rougissent pas de jouer pour quelques écus la vie de leurs semblables.

Revenons au traitement. Le malade sera mis à une diète des plus sévères , pendant tout le temps que l’inflammation persistera dans son état d’acuité. On lui administrera abondamment

&>2 NÉP

des boissons d’eau de guimauve, de graine de lin , de suc d’orange , de gomme arabique. Si les douleurs étaient accompagnées de spasmes, de convulsions, on donnerait quelques gouttes d’éther ou de laudanum dans un peu d’eau de fleur d’oranger, ou à son défaut, dane les boissons ordinaires. Il est bien entendu qu’on ne devraitpas insister long-temps sur l’usage de ces substances qui pourraient augmenter l’inflammation. Le malade sera mis souvent dans Un bain tiède. Les bains, pour être utiles, doivent être employés pendant long-temps, afin d’affaiblir le malade. Trop chauds ou trop froids , ils seraient dangereux. On fera des fomentations émollientes sur l’abdomen ; ce moyen adoucit presque toujours les douleurs. On donnera laVetnens de guimauve ou de lin , auxquels on ferait bien d’ajouter un peu d’huile d’olives pour obvier à la constipation.

S’il y a hémorrhagie par le canal de l’urètre , on ne doit pas chercher à l’arrêter par les astringens , parce que les hémorrhagies sont très-souvent le remède que la nature emploie pour guérir les inflammations.

On a conseillé l’usage du camphre dans lés inflammations du rein , mais il y aurait du danger à l’employer à l’état aigu , et lorsqu’il y à lieu de recourir à ce médicament, ce ne peut être que quand la maladie est devenue chronique.

Symptômes de la néphrite chronique et des coliques néphrétiques f ou en d’autres termes, de l’inflammation chronique des reins. Le plus souvent cette inflammation est consécutive à l’état aigu ; elle n’en diffère alors qu’en ce que les symptômes sont moins violetls.. Cependant il arrive quelquefois qu’il n’y a pas eu d’état aigu , et que la maladie est lente dès son origine, ou qu’elle débute par un accès de coliques néphrétiques, à la suite duquel il reste un état de souffrances plus ou moins prononcées jusqu?à ce qu’un nouvel accès arrive. Ce qu’on entend par coliques néphrétiques débute par une douleur dans le fond de l’un ou des deux flancs. Chez les hommes, elle se propage quelquefois jusqu’au testicule, et même jusqu’à la cuisse. D’uu autre Côté, cette douleur produit une tendance au vomissement; le malade perd l’appétit, et vomit même quelquefois ; les urines .sont rouges, peu abondantes ; lorsque l’accès est dans toute sa force, les symptômes sont les mêmes que dans la néphrite aiguë; il y a chaleur considérable , souvent tuméfaction douloureuse dans la région du rèïn ; mais la fréquence du pouls est moindre. Quand la douleur augmente, elle ne tarde pas à produire des convulsions dans les membres inférieurs. Les coliques ressemblent beaucoup à celles du colon. Les douleurs deviennent lancinantes, perforantes dans la région du rein. Le malade s’agite,

Page 1