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Wle ne portait pas ordinairement le nom de maladies nerveuses , parce qu’on se trompait presque toujours sur leur véritable nature. li est pourtant facile de voir que tout sè passe de la même manière à l’état aigu et à l’état chronique , sauf la différence d’intensité. C’est ainsi que dans une gastrite ou une gastro-entérite aiguë le cerveau participe à l’irritation de la membrane muqueuse du canal intestinal, et il y a douleur de tête, douleurs dans les membres, délire, et quelquêfois convulsions. Les yeux fixés sur ces phénomènes nerveux, on perdait ordinairement de vue le point principal, le point de départ, c’est-à-dire l’irritation de l’estomac. On donnait à cet ensemble de symptômes le nom de fièvre maligne, ataxique, adynamique, et comme on regardait cet état comme un effet de la faiblesse générale , au lieu de le regarder comme le plus haut degré de l’inflammation, on médicamentait en conséquence , en administrant les stimulans les plus actifs , les toniques les plus forts, les antiputrides, les antispasmodiques, toutes substances excitantes, et le malade succombait infailliblement, ou s’il échappait, c’est que sa constitution était assez forte pour résister à ces moyens destructeurs. De nos jours, le traitement dans ces genres de maladies s’est beaucoup amélioré. (V. Gastrite.)
Supposons maintenant qu’au lieu -de cet étafviolent il existe une inflammation chronique ou lente des voies digestives, si le malade est irritable, nerveux, comme on dit, l’inflaence de celle inflammation sur le cerveau sera encore très-sensible. Ainsi , le moral tourne aux affections tristes , les personnes sont tourmentées par des pressenthnens funestes, ef cette aberration de facultés intellectuelles dont le cerjeaù est le siège peut même aller jusqu’à la perte de la raisonT Tels sont les hypochondriaques , qui, comme on l’a pu voir ailleurs , sont tous porteurs d’une gastro-entérite chronique, plus, d’une irritation cérébrale. ( V. Hÿpochondrie. ) Ce sont les mêmes phénomènes que l’on observe dans la gastrite très-aiguë, seulement ils sont moins intenses , parce que l’inflammarton viscérale l’est moins. D’un autre côté, l’irritation du cerveau cause des douleurs dans les membres et dans d’autres parties du corps. Ces douleurs sont tantôt fixes, tantôt mobiles; les malades y éprouvent des tressaillemens, des crampes, des convulsions; ils ont des alternatives de force et de faiblesse, de courage et de pusillanimité, de joie et de tristesse. Les organes des sens participent aussi nécessairement aux désordres cérébraux, puisqu’ils sont sous la dépendance du cerveau ; ainsi on éprouvera des éhlouissemens et d’autres lésions de la vue, des bour* djmnçm.ens d’oreille , des impressions de ffoid et dg chaud,
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des sensations les plus bizarres. Outre ces phénomènes dépendant de l’irritation du cerveau déterminée par celle des voies digestives, il peut s’en adjoindre d’autres dépendant de. l’ irritation elle-même des viscères : ce sont les névroses de ces viscères dont nous avons déjà dit un mot plus haut. C’est ainsi que chez les individus hypochondriâques il y a quelquefois douleurs d’estomac aux époques de la digestion , des vomissemens , des faims extraordinaires , des rots , des resserremfens , des vents ,1a sensation d’une boule, d’un animal, d’un étau, d’une pince, d’une griffe, etc. , qui comprime, pince, égratigne les entrailles.
Rien n’est plus fréquent que ces phénomènes nerveux, dont nous ne donnons pas ici toutes les nuances fugitives; phénomènes qui ont si souvent déconcerté les recherches et l’intelligence des médecins, et dont l’explication est aujourd'hui, de la dernière simplicité. L’hypochondrie , en effet, n’est point une maladie spéciale : c’est une inflammation chronique du e^nal intestinal chez des personnes dont le cerveau et tout le système neryeux sont très-irritables. Si, cette inflammation à lieu chez un sujet peu irritable, il n’y a pas de phénomènes nerveux, à tel point qu’il serait difficile de croire que c’est la même affection que la précédente. Cependant, dans l’un et l’autre cas , c’est une gastro-entérite chronique , et Fon doit en conséquence employer un traitement analogue.
On vient de voir des névroses produites par une irritation des voies digestives. En partant- du même principe, on arrivera facilement à trouyer des résultats similaires pour les autres névroses internes. C’est toujours un organe irrité qui trouble les autres. Bans Yhypochondrie , ce sont les Organes digestifs; dans V hystérie, c’est l’utérus; dans Yasthtnè, ce sont les organes de la respiration ; dans les palpitations , c’est le cœur, etc. Entrons encore dans quelques détails pour prouver ces propositions , qui sônt du plus haut intérêt dans la pratique médicale.
'L'hystérie est’ cette maladie particulière que l’on connaît dans le monde sous le nom' de vapeurs, d’ attaques de nerfs. Or, nous disons qu’elle est le résultat de l’irritation de l’utérus; mais , de même que l’irritation des. voies digestives ne produit pas toujours l’ensemblé des phénomènes nerveux qu’on nommé hypochondrie , ainsi celle de l’utérus ne produit pas toujours l’hystérie. Comme dans le. cas précèdent, ces phénomènes nerveux ne se développent que chez les femmes douées d’une grande mobilité nerveuse ; chez celles qui sont peu nerveuses, phénomènes n’ont pas ordinairement lieu, et Finfiammâlion de r utérus ne s’annonce que par des douleurs fhcalc.sl, par
des écoulemens blancs, sanguinolens, etc; Si,, au contraire, les femmes sont très-irritables et mobiles, toutes les fois que l’appareil sexuel souffre, la plupart des autres organes entrent en participation de cette souffrance. L’influence de cette irritation s’exerce d’abord sur lés viscères contenus dans l’abdomen et la poitrine , ce qui s’annonce par le trouble des digestions, le dégoût des alimens, la constipation, la gêne de la respiration.,' les palpitatîonsde cœur, etc. ; ensuite sur le cerveau, et c’est alors que commence la série des phénomènes convulsifs, phénomènes dépendant entièrement de l’irritation cérébrale, comme on l’a vu plus haut. Sous l’influence de celte irritation , quand elle est portée à un degré très-élevé, les muscles sont soustraits à.l’empire de la volonté. Ainsi, dans un accès d’hystérie , la femme éprouve d’abord un état de malaise et d’angoisse qui la tient immobile , l’empêche de parler , et lui permet à peine de respirer ; elle est ensuite agitée par des mouvemens en sens divers; elle éprouve des contractions, violentes dans les membres; il y a torsion de l’épine du dos, raideur comme dans le tétanos , roulement des yeux , contorsions du visage, secousses violentes, et une infinité d’autres mouvemens convulsifs. À ee.s, phénomènes qui sont entièrement du ressort des nerfs de relation, il faut joindre ceux qui dépendent de l’irritation des viscères; ils ont beaucoup de rapport avec ceux de l’hypochondrie, et quoiqu’ils soient les moins frappans, ils doivent néanmoins être pris particulièrement en considération par le médecin , parce que, encore une fois, les premiërs.ne sont que la conséquence de ceux-ci. Ainsi, les femmes hystériques éprouvent la sensation d’une boule qui paraît rouler plus ou moins vite dans l’abdomen et s’élever vers la poitrine ou le cou , qu’elle semble comprimer au point de faire, craindre, la suffocation. Ces mèmès femmes ont des vents , des hoquets , des rots, des étouffemens , des resserrement et des dilatations du ventre, des palpitations violentes, etc. Outre cela, elles éprouvent ordinairement dans les. organes sexuels les mêmes symptômes locaux que foutes les autres femmes non hystériques, et qui portent une irritation ou une inflammation de ces organes. . „ .
Mais comment une simple affection des organes sexuels, et en particulier de l’utérus , peut-elle déterminer cet enchaînement d’irritations secondaires , d’abord des viscères de l’abdomen, puis du cerveau ? Cette question est loin d’être aussi oiseuse qu’elle pourrait Iç paraître , et la solution en est trèsimportante dans la pratique. Nous ayons dit que les. nerfs viscéraux étaient notnposés d’un^ fonle çlç .cordon? qui se distribuent aux divers viscères , et qui communiquent entre eux par
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dés renflement qui sont comme autant de petits centres <ret que Ton nomme ganglions. C’est à l’ensemble de ces nerfs et de ces ganglions formant une espèce de réseau qu’on donne le nom de nerf grancl-sympathique. On conçoit aisément, d’après cette disposition, que les cordons qui se distribuent à l’utérus transmettent l’irritation de cet organe aux autres filets nerveiix, qui font ainsi participer un grand nombre d’autres viscères à la souffrance d’un seul. Mais il arrive souvent qu’à force de recevoir secondairement l’irritation , les viscères finissent par la garder entièrement. C’est ainsi que l’on peut trouver de véritables gastrites chez les femmes hystériques en même temps qu’une inflammation de l’utérus. Cette théorie rend parfaitement raison des névroses des fonctions intérieures et de l’association de tous les viscères à la maladie d’un autre chez les personnes nerveuses , où les impressions se transmettent d’un point à l’autre avec la plus grande facilité. Ces désordres, ce cri des viscères, retentissent dans le cerveau, qui reçoit l’irritation et la renvoie par les nerfs dans les muscles , où elle se manifeste par les convulsions.
Tl n’est cependant pas toujours nécessaire que l’ utérus soit enflammé pour donner lieu à une attaque de nerfs, à un accès -d’hystérie, ou , pour parler le langage vulgaire, à des vapeurs. La congestion sanguine qui précède l’évacuation menstruelle, les désirs non satisfaits, l’abus des plaisirs vénériens, et toute espèce d’excitation , suffisent pour irriter l’utérus au point qu’il réagisse sur les nerfs et donne lieu aux accès. Il n’e;st ; même pas toujours besoin de l’intervention de l’utérus ou d’autres organes internes pour que l’attaque de nerfs ait lieu. Chez les personnes douées d’une grande mobilité nerveuse , tonte excitation portée directement et sans intermédiaire sur le cerveau peut déterminer de semblables phénomènes : aussi remarque-t-on fréquemment ces accidens chez les personnes d’une constitution délicate , irritables , produits par la moindre contrariété, par une nouvelle fâcheuse, la vue d’un objet désagréable, l’odeur de certaines substances , etc. Le -défaut d’exercice, de fatigue , d’occupation , contribue beaucoup à donner au système nerveux cette susceptibilité, cette mobilité qui lé rend si sensible, si ouvert à toutes les impressions. D’où pense-t-on, en effet, que vienne quelquefois ce profond ennui, ce besoin de s’occuper et d’éprouver dés émotions fortes qui se remarque le plus souvent chez les personnes oisives? Une fémme délicate, tout le jour étendue mollement sur des coussins, ne dépensant aucune de ses forces, rassemble en elle les élémens de toutes les passions; bientôt la plus petite contrariété va lui causer une explosion vive de sen-
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sîbilité. Dans Soft désœuvrement, il s’engendre èü elle mille caprices divers, mille volontés bizarres, pour Consumer cet excès- de facultés sentantes qui tourmente ses nerfs, suscite des vapeurs, des spasmes, des migraines, et tout le cortège des maladies nerveuses des gens du monde. Mais que cette femme si sensible soit plongée dans la misère , réduite au sort rigoureux des villageoises, et obligée , dès le matin , de saisir la pioche ou la houe, vous la verrez bientôt, guérie de ses maux, revêtir des formes masculines, avec lés fibres dures et insensibles des laborieux habitans des campagnes. L’exercice,au contraire , tend à disséminer sur toutes les parties du corps , et d’une manière uniforme, la dose de sensibilité et à en dissiper l’excédant. Le repos et la mollesse doivent donner des résultats tout opposés.
C’est sans doute parce qu’elles sont ordinairement l’apanage des personnes qui vivent dans 'le luxe , l’opulence et le désœuvrement, qu’on regarde les affections nerveuses comme des maladies de bon ton; On croit que des nerfs qui souffrent sont des nerfs à privilège; aussi depuis la petite maîtresse des magasins de mode jusqu’à celle- des hauts salons, toutes les femmes se vantent de leurs indispositions- nerveuses. D’ailleurs c’est si commode, si intéressant, et quelquefois si utile, d’avoir une petite attaque de nerfs à sa disposition. Le moyen, en effet, de ne pas se prêter à toutes les exigences d’une femme sensible , qu’un refus, un reproche , une contrariété vont faire tomber dans les- spasmes? On peut, en effet, simuler des attaques de nerfs, et donner ainsi le change aux personnes qui "n’en seraient pas prévenues ; mai* un médecin attentif pourra toujours distinguer les vraies convulsions des fausses, qui n’ont ni la force ni la durée des premières; d’ailleurs il est impossible de simuler la torsion -de l’épine , les raideurs tétaniques non plus que les phénomènes nerveux indépendans de la volonté, tels que la boule hystérique, le gonflement du cou, la formation des gaz dans le canal intestinal, etc.
L’utérus exerce donc une très-grande influence sur les autres viscères et sur le cerveau. Cette influence est réciproque , c’est-à-dire que les affections morales agissant sur le cerveau , les indigestions, en un mot, toutes les irritations de la-tête, de la poitrine ét des .organes digestifs , réveillent l’action de l’utérus , et comme cet organe réagit aussitôt sur ceux qui l’ont mis en jeu, il en résulte des attaques nerveuses de la nature de celles qui viennent d’être décrites. Déterminées dans le principe par l’irritation dés organes sexuels, elles peuvent , l’être ensuite par toute autre irritation chez, les femmes qui en
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ont contracté l’habitude. La vue même de malades atteints de convulsions peut exciter assez vivement le cerveau des personnes très-irritables pour donner lieu, à des convulsions semblables, ainsi qu’on en~a de nombreux exemples. Tout ]e monde connaît le fait suivant rapporté par Boerrhaave. Dans la salle d’un hôpital se trouvaient quelques femmes atteintes d’épilepsie; les autres malades étaient tellement effrayées de tous les phénomènes nerveux qui se passaient sous leurs yeux durant l’accès de cette maladie, que plusieurs d’entre elles tombaient frappées d’une véritable attaque d’épilepsie. La crainte de voir cernai se propager de plus en plus agissant plus fortement sur le cerveau de celles qui avaient résisté > il en résulta que toutes les malades de la salle se trouvèrent atteintes d’épilepsie. Boerrhaave témoin de ce phénomène fit placer au milieu ide la salle une. grande. brasière dans laquelle on devait faire rougir différées instrumens de fer, en recommandant publiquement aux employés d’appliquer ce fer rouge sur la peau des malades àusr sitôt qu’ils verraient l’accès, se manifester , comme étant un moyen souverainement énergique contre cette maladie. La peur du remède produisit - un effet merveilleux ,- et personne n’eut d’ac.cès.subséquens , excepté les véritables épileptiques. On explique de la même, manière , c’est-à-dire par l’influence de l’imagination!, ces épidémies convulsives, si fréquentes dans les temps de superstition et de fanatisme. (V. Convuc-sions. ),
L’ asthme- , comme nous l’avons déjà fait-entendre , peut aussi être classé , jusqu-à un certain point , parmi les maladies nerveuses'., Ici encore , comme, dans les cas précédées, on trouve que. les symptômes nerveux sont déterminés par une irritation dont il est facile de .préciser le- siège. Supposons, en effet, que la membrane muqueuse qui tapisse l’intérieur du canal qui conduit l’air dans les poumons , et qui porte le nom de trachée avant sa. bifurcation ; .et 'celui de bronches après ses divisions et ses subdivisions (c’est ce qu’on nomme le cornet dans les animaux ) ;. supposons , dis-je , que cette membrane soit irritée, enflammée ; dans les cas ordinaires , il en résultera une toux, un catarrhe , mais chez les sujets nerveux il y aura sentiment de suffocation, sensation d’un lien, qui comprime la poitrine, respiration sifflante , palpitations de cœur, efforts extraordinaires, convulsifs,- pour tousser et expectorer. Le même effet n’esb-il pas aussi déterminé par le seul contact de tout, corps. étranger , d’une simple, goutte d’èau tombée dans la trachée-artère, ainsi que cela arrive quand on veut avaler en parlant oii en riant? A l’instant même la personne est saisie d’un violent accès de toux, jusqu’à ce que le corps étranger ait été expulsé, 3 i telle est • la perturbation que produit une
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irritation passagère * que ne doit pas être celle que peut causer une irritation permanente , une inflammation de mêmes parties ! Mais , outre l’irritation des. bronches , l’asthme peut aussi être produit par celle de tous les autres tissus des poumons, par les. épanchemens qui se forment dans la poitrine et qui en rétrécissent la capacité , et surtout par les diverses affections du cœur, etc. Mais comme il a été question plus en détail de cette maladie dans un autre article , nous y renvoyons le lecteur. (Y. -Asthme. )
Ce qu’on appelle maladies nerveuses du cœur n’a rien de plus mystérieux que les autres névroses dont il a été question jusqu’ici. Les palpitations de coeur peuvent .être produites par deux causés, ou par une grande mobilité de cet organe mise en jeu par une affection morale, quelconque , et que l’on peut regarder comme un stimulant passager du cerveau dont l’excitation se répète sur lé cœur, ou par une irritation fixée, soit dans Le tissu du cœur lui-même, soit dans |es enveloppes, et même dans les organes voisins, et surtout les poumons. Si cette irritation est violente, aiguë, le malade peut éprouver •des constri otions spasmodiques du cœur répondant à -toute la poitrine ou à une- partie seulement , la serrant comme une barre , ce qui gêne la respiration , et peut même faire craindre la suffocation.' C’est à l’ensemble dq ces phénomènes que certains auteurs ont donné le nom (sangine de poitrine. Quelquefois, dans un ctat moins aigu., le malade éprouve des palpitations moins violentes, le sentiment d’anxiété peut disparaître entièrement pendant quelque temps , pour revenir dans une' autre circonstance : c’est alors qu’on dit qu’il y a névroses du cœûri Mais il suffît d’y réfléchir un instant pour voir, que' ces prétendues névroses' sont d’abord des irritations légères, mais qu’à mesure que ces irritations se fixent dans les. tissus , et qu’elles y deviennent permanentes, elles finissent par produire des altérations profondes. Tantôt le cœur prend un développement considérable ,- et on dit alors qu’il y a anévrysme ; tantôt il s’ulcère., 'se déchire, ses orifices et les gros troncs artériels qui en partent s’ossifient. En effet, dans le principe de la maladie , l’irritation se borne à appeler dans cet organe le sang et d’autres humeurs , d’après le principe tant dé fois cité ; ubi dolor , ibi Jluxus , c’est-à-dire que là-où il y a douleur, il y a appel dés fluides. Il doit en résulter d’abord le dérangement des pulsations , ce qui donne lieu à ht lenteur des mouvemens du cœur , ou aux palpitations y accident qui ne .peut exister sans produire les désordres de la respiration ; enfin différentes altérations organiques, conséquence ordinaire et forcée de toute inflammation chronique. On doit donc avoir successivement
des palpitations d^abotd légères, puis plüsfbttéS j si l’irritatiort n’est pas arrêtée, ce qui donnera lieu à l’asthme , à l’angine de poitrine ; enfin on aura un anéyrysme ou une autre affection organique du cœur, suivant l’étendue, le siège, la nature dés altérations que l’irritation aura produites. Que conclure de tout cela , sinon qu’il n’existe pas de névroses proprement dites du cœur, que les différens phénomènes qu’on appelle névroses du cœur ne sont réellement que des signes de l’irritation, de l’inflammation , de l’altération de cet organe et de ses annexes , et qu’en conséquence tout médecin qui n’aurait égard qu’à l’ensemble de ces phénomènes , sans tenir compte de l’irritation et des désordres organiques qui les produit, tomberait dans une erreur d’autant plus dangereuse , que tandis qu’il perdrait un temps précieux à donner des antispasmodiques , l’irritation Ferait des progrès qu’il ne serait plus possible d’arrêter. Les observations qui viennent d’être faites sur l’asthme et les altérations' organiques du cœur sont également applicables à la coqueluche , qui est une irritation des voies de la respiration donnant lieu à une toux convulsive. Ces convulsions, ces secousses de la poitrine ne sont que secondaires, et ne consti- .tuent point la maladie, qui est toute dans l’irritation locale.
^Èn calmant cette irritation , on aura par cela même dissipé tous les phénomènes nerveux qui en sont le résultat. .
Comme nous avons traité en particulier de l’anévrysme et des affections du cœur dans un autre article , nous ne croyons pas devoir nous en occuper ici plus long-temps. ( Y. Asévkysmé. Y. aussi “Asthme et Coqueluche.- )
Tout ce qui a été dit jusqu’ici tend à démontrer que les maladies dites nerveuses ou les névroses reconnaissent les mêmes causes que les autres maladies , que leur nature est absolument identique , c’est-à-dire qu’elles dépendent de l'excitation , de l’irritation, de l’inflammation , dans certains cas, d’un centre nerveux ou de quelques-unes de ses ramifications ; dans d’autres, de l’irritation, de l’inflammation d’un ou de plusieurs viscères réagissant d’autant.pïus vivement sur le système nerveux que les personnes sont douées d’une constitution plus mobile, plus irritable, ou, ce qui revient au même, dont les nerfs reçoivent et transmettent avec plus de facilité les impressions des causes qui agissent sur eux.
On a élevé contre cette théorie des objections dont il est facile de démontrer la faiblesse.. On a dit : dans un grand nombre de cas , les névroses changent de place avec la plus grande Facilité , qt quelquefois presque instantanément , ce qui ne s’observe point à l’égard des inflammations, dont la nature est d’être fixe; en conséquence, les névroses sont des maladies
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sut gcneris, et forment une classe à part. Il n’eât point vrai que la fixité de siège soit un caractère distinctif de l’inflammation. Dans une attaque de goutte, par exemple, il y a bien évidemment chaleur, rougeur, tuméfaction de l’articulation qui en est le siège , et par conséquent inflammation , et cependant l’on voit souvent cette inflammation abandonner un pied pour se reproduire dans l’autre, ou bien dans l’articulation du genou, des bras, et même dans les viscères. Cette inflammation mobile deviendra fixe si l’on stimule, si l’on irrite les tissus qu’elle affecte. Des ophthalmiës , dès irritations cutanées, telles que les dartres, un érysipèle ou une autre éruption , ne disparaissent-elles pas souvent et même quelquefois assez promptement pour se reproduire sur les poumons, le cœur, l’estomac ou un autre organe? Comme ces inflammations sont palpables , on ne les nie pas ; mais si l’on perd de vue le siège de l’irritation, et que l’on voie survenir des spasmes , des convulsions et d’autres symptômes nerveux , on prononce le mot névroses , et l’on nié l'existence d’un foyer d’irritation, cause première de ces phénomènes. Cette irritation ne développe pas toujours une douleur bien vive dans le viscère qui en est le siège, mais elle fait naître souvent des douleurs plus fortes dans des points plus ou moins éloignés, dans les muscles , dans la peau, dans les os , avec ou sans accompagnement de convulsions. Si celte irritation vient à abandonner son premier siège pour se porter sur un autre organe , il en résultera des symptômes extérieurs dont les nuances, seront extrêmement variées.
Supposons que cette irritation affecte le cerveau ; il y aura étourdissemens , douleurs de tête, mou vemens convulsifs, délire, etc. Cette irritation passe-t-elle tout a. coup dans l’estomac ? les symptômes pjrecédens disparaîtront en partie et seront remplacés par ceux de la gastrite; il y aura sentiment de fatigue et de brisement dans les membres, douleurs frontales. Si l’irritation se transporte sur. des poumons, il y aura toux, gêne de la respiration , accès d’astîuue , de coqueluche ou autres symptômes des phîegmasies pulmonaires. Si le cœur en est atteint , le sang est appelé dans ce viscère , qui se gonfle , d’ou résultent des douleurs, des angoisses , des défaillances, des palpitations. Le foie , les reins , la vessie, l’utérus, deviennent-ils successivement le siège de l’irritation ? on voit se manifester dès douleurs dans i'hypochondre droit et dans l’épaule du même côté , dés coliques néphrétiques,, des. vomîssemens , des accès d’hystérie, en un mot , tous les :signes particuliers aux affections de ces différens organes ; et si les personnes sont douées d’une constitution nerveuse, mobile , irfl-
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pressiontiable , l’action d’autres organes sera mise en jeu, et il en résultera un groupe de symptômes locaux et sympathiques à travers lesquels il sera quelquefois difficile de discerner le véritable état de l’organe primitivement affecté.
Veut-on avoir la preuve que toutes ces prétendues névroses ne sont pourtant'que des irritations , c’est que si on les exaspère par un traitement stimulant , irritant, on augmente les accidens nerveux, et l’on finit par rendre fixe le siège de la douleur, de mobile qu’il était. Pourquoi? c’est qu’on a élevé par ce traitement jusqu’au degré d'inflammation une irritation qui était encore assez légère pour pouvoir être déplacée; c’est que très-souvent Ces irritations deviennent d’elles-mêmes fixes, et quand les malades ont le malheur de succomber, on trouve les mêmes traces d’altérations , de désorganisations, qu’à la suite de toute autre inflammation. Si, au contraire, on emploie un traitement doux, calmant, rafraîchissant, on parvient à faire disparaître la névrose, parce que l’on a calmé l’irritation locale, dont, encore une fois, la névrose n’est que le signe, loin de constituer la maladie principale , comme on serait tenté de le croire. Ainsi, la mobilité ou la fixité de la douleur et des autres symptômes nerveux ne prouvent nullement que les prétendues maladies de nerfs soient des maladies isolées , suigeneris , indépendantes d’une irritation ou d’une ihflàmmation locale et appréciable. Il est démontré que les inflammations ou irritations fixes dépendent des mêmes causes que lés mobiles ; il est démontré aussi que les unes et les autres peuvent être accompagnées de symptômes nerveux, que ces symptômes éloignés peuvent tellement prédominer qu’ils fassent perdre de vue leur point dé départ, c’èst?à-'difë l’organe irrité. C’est cependant ce qu’il est essentiel de ne point ignorer, car le véritable traitement doit avoir pour but de combattre cette irritation locale, premier mobile des névroses.
Le traitement des névroses ou. des maladies' nerveusés découle naturellement des principes qui viennent d’être établis dans tout le reste de cet article. Ce n’est pas ici le lieu d’indiquer quel doit être ce traitement pour chaque affection nerveuse en particulier, puisqu’il en a été question dans chacun dès articles où ces affections sont décrites ; nous nous contenterons donc "de tracer quelques règles, générales, dont l’appïicatipn s’étend néanmoins à la plupart des cas. À cét égard , nous empruntons à un auteur anonyme des ôbs,ea’vations qui ne peuvent que paraître judicieuses.
« Il faut d’abord , dit cet auteur , s’assurer du siège de l’irritation ; lorsqu’on l’a reconnu , il doit être attaqué par les moyens appropriés. Si l’organe irrité est dans un véritable état
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d’inflammation , on le traite d’abord par les émolliens , les sai* gnées locales, le régime antiphlogistique, en un mot,, par les mêmes moyens qui conviennent aux inflammations sans né-*, vroses. Ce simple traitement réussit toujours, s’il est adopté franchement dans le début de ces maladies. Si l’irritation ne s’élève pas aü degré de l’inflammation , les mêmes moyens conviennent encore , mais il faut moins de saignées ; les émolliéns et le régime suffisent ordinairement.
Lorsque l’inflammation ou l’irritation locale a été détruite , on attaque l’habitude convulsive , qui lui survit quelquefois, ;par certains irritans particuliers que les médecins appellent antispasmodiques : .tels sont le camphre, l’éther, le musc, l’opium, l’assa-fœtidà, la valériane', le zinc, et ürtè foule d’autres substances dont le détail et le mode d’administration nous entraîneraient trop loin. (V. l’article Atstisp'àsmq^ diqtjes, tom. I, pag. 4? suit.) Mais il importe d’ajouter que eés moyens 'sont rarement d’une utilité permanente et décisive:; que la plupart du temps ils ne font que dissimuler le mal en exerçant une révulsion passagère ; que très *sou vent ils l’augmentent; enfin qu’après les antiphlogistiques , les moyens; les plus efficaces sont l’exercice des muscles, la distraction , les voyages, et surtout la ferme et constante volonté de né plus se laisser aller aux impulsions qui déterminent les convulsions.
En effet ; en forçant les muscles à agir sous l’influence de là volonté, ouïes rend moins susceptibles d’obéir aux stimulai lions dés viscères; on rend ceux-ci moins irritables ; on âug^ menté la digestion, la nutrition, la dépuration du sang, tout en émoussant l’activité nerveuse, car il est bien prouvé tjüë lorsqu’un individu dépense beaucoup d’action vitale par le mouvement volontaire , il lui en reste peu pour la sensation et pour le mouvement involontaire. En un mot , les exercices du corps eu plein air rapprochent l’homme de sa constitution primitive, et donnent moins de prise aux causés qui tendent à lui créer cette incommode sensibilité , mère commune de toutes les névroses.
Lorsque Fêtât de paralysie a succédé à la surexcitation neryeuse , les stimulans, tels que les vésicatoires, l’application du feu , etc», conviennent sur les parties qui ont perdu le mouvement et la sensibilité ; mais si la branche de nerf paralysée pèut être excitée avec avantagé, il n’en est pas ainsi du tronc désorganisé, ni du cerveau , lorsque c’est lui qui est le siège du maL Nous avons vu qu’il était alors altéré par suite d’urie inflammation prolongée. Cette désorganisation consiste dans le ramollissement, la suppuration ou rendurcissement d’un
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point de sa Substance , quelquefois dans une déchirure deçàsionée par l’extravasion du sang, etc. Lorsque ces désordres ne sont pas fort étendus , la nature travaille à leur guérison ; mais il lui faut pour cela beaucoup de temps ; il importe donc de ne pas la troubler en irritant le cerveau , en provoquant un nouvel épanchement , une nouvèlle irruption de fluides , en un mot, une nouvelle inflammation dans les endroits dont la cicatrice allait s’opérer. Or , tous les prétendus spécifiques que l’on administre à l’intérieur ne manquent jamais de produire ces fâcheux effets , et lorsqu’une paralysie se guérit pendant leur usage, c’estmalgré eux, et non par eux, queee bonheur est obtenu. Ainsi, point d’élixirs. anti-apoplectiques, d’eau des carmes , de décoctions d’arnica , de noix vomique, d’eaux minérales;, sulfureuses ou ferrugineuses. En irritant l’estomac, les drogues irritent le cerveau et empêchent la guérison dë se consommer; souvent même elles déterminent une rechute. Nous bannissons aussi les eaux salines et purgatives, les pilules aloétiques, les grains de santé, et toutes les préparations drastiques destinées à entretenir une légère diarrhée, sous, prétexte qu’il faut appeler les humeurs de la tête sur le. canal intestinal. Le résultat de ces pratiques est de produire une inflammation chronique de l’estomac et des intestins, sans diminuer en rien celle qui opère la dissolution du cerveau , et de préparer les malades à une attaque d’apoplexie :, contre laquelle on n’aura plus aucune ressource. Le plus sûr, est de n’user à l’intérieur d’aucun irritant, dë s’en tenir à un régime léger qui puisse soutenir le malade sans lui causer de surexcitation, de l’éloigner des travaux intellectuels , et de: le faire jouir du bénéûpe du grand air , secondé par un exercice proportionné aux forces qui peuvent lui rester. L’intempérance, et l’abus des boissons fermentées ne manquent jamais de procurer, au bout d’un certain temps, une rechute toujours mortelle aux paralytiques que l’apoplexie avait épargnés.
Les révulsifs, appliqués près du cerveau, à la. nuque, par exemple, sont utiles après l’emploi des antiphlogistiques ; on peut donc y placer un séton, un cautère,. y brûler un moxa. Ces mêmes moyens conviennent, avec les mêmes précautions, auprès, d’un tronc nerveux que l’inflammation chronique menace de désorganiser : e’est ainsi qu’on les applique à la hanche dans les sciatiques nerveuses; au bras, au coude, à l’avantbras, dans les névralgies de ces parties ; aux tempes, dans celles des yeux, des paupières, et ainsi de suite.
Les praticiens savent encore opposer à ces dernières maladies certains stimulans énergiques dont l’action peut être regardée comme révulsive : tels sont les frictions mercurielles