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thaknie aiguë : l’expérience et l’observation viennent entièrevement à l’appui de cette théorie. Mais si l’inflammation a été abattue préalablement par un traitement convenable, ces médicamens pourront souvent dissiper ce qui en reste encore, parce qu’alors la réaction est moins à. craindre. Cependant on ne devrait pas même les employer en pareils cas chez les individus d’une constitution mobile, nerveuse, irritable; chez les personnes lymphatiques au contraire , molles , peu sensibles, les astringens peuvent être administrés ayec plus de hardiesse. Mais c’est surtout dans l’état chronique que l’on peut y avoir recours, avec les précautions qui ont été souvent indiquées dans cet article. Dès que ces moyens irritans produisent trop de douleur, qu’ilsjéveillenl l'inflammation au lieu de l’apaiser, qu’ils augmentent la. rougeur au lieu de la dissiper, il faut les supprimer; sans quoi ils pourraient occasionêr la dégénérescence cancéreuse et divers autres accidens. Avoir recours à ces topiques astringens précisément parce qu’on a mal aux yeux, et sans distinguer les cas où ils sont nui,sibles'ou utiles, est donc une absurdité.
En traitant convenablement l’Inflammation des yeux et celle qui a souvent lieu en même temps dans le canal nasal , canal qui conduit les larmes des yeux dans les fosses nasales , on préviendra le larmoiement et la fistule lacrymale, car l’oblitération du canal nasal ne provient que de l’inflammation de la membrane qui le tapisse.
OPPRESSION , abattement * faiblesse. Le premier effet d’une maladie, est de diminuer les forces de l’individu qui en est affecté ; mais il ne faudrait pas croire que cette faiblesse fût toujours réelle , et qu’elle exigeât toujours l’emploi des substances toniques et fortifiantes. En effet, dans la très-grande majorité des cas, cette faiblesse n’est qu’apparente, et le malade* loin de manquer de forces, est embarrassé de leur excès et opprimé pour ainsi dire sous sa propre puissance. C’est ce que l’on observe dans la plupart desfièvres, dans les inflammations des grands viscères, au commencement des hémorrhagies. On peut comparer cet état d’oppression à celui d’un individu accablé sous un lourd fardeau : pour le soulager que ferait-on? il est évident qu’il faudrait diminuer sa charge. On se comportera de même à l’égard des personnes accablées, opprimées par l’excédant de forces qui constituent la maladie. On l’augmenterait infailliblement si, trompé par l’apparence , on allait donner du bon vin , de l’eau-de-vie , des élixirs et d’autres soidisans toniques. Qu’une personne soit frappée d’une attaque d’apoplexie , elle tombe sans mouvement * privée de toutes ses
forces ; elle paraît anéantie. Hé bien , cet état de faiblesse ne dépend réellement que , d’une surabondance de sang qui s’est portée au cerveau, qui gêne les fonctions de cet organeet l’empêche de distribuer aux muscles l’influence nerveuse. Ira-t-on ranimer cet homme en l’échauffant, en le frictionnant ayec des substances aromatiques, en lui faisant flairer des odeurs fortes? Qu’on s’en garde ; ce serait le précipiter dans la tombe. S’il reste quelque espoir de guérison , c’est dans la soustraction de, s forces qui l’oppriment , c’est dans la saignée. Une pleurésie, une pneumonie abat les forces, et c’est pourtant une inflammation qui exige que l’on diminue les forces du malade au lieu de les augmenter. Touchez-lui le pouls dans cet état : ii est lent, gêné; on dirait que le sangcirçule avec peine ^faites une saignée,: vous voyez la circulation du sang devenir plus libre, le pouls plus large, plus régulier. Un anévrysme affaiblit celui qui en est atteint au point qu’il. est réduit â garder le lit: hé bien, pour le guérir , on sera encore obligé de diminuer ses .forces , de lui soustraire du sang, de lui donner de l’eau pour boisson et ie moins d’alimèns qu’il est possible. Par ce moyen on pourra espérer qu’il recouvrera ses, fo.rces ; une médication opposée aurait été infailliblement mortelle.
J’ai choisi eés exemples parce , qu’ils sont saillans et qu’ils frappent au premier coup d’œil; mais je pourrais les accumuler en masse pour démontrer que la prétendue faiblesse dépend presque toujours d’un excédant de forces qui s’oppose à la libre action des organes ; pour cela il faudrait entrer dans les détails de toutes les maladies que nous avons traitées jusqu’ici, et répéter ce que nous avons déjà dit mille fois. Il suffît de savoir que l’on doit être en garde contre cette erreur que les médecins eux-mêmes ont long-temps partagée, et ne pas perdre de vue que l’état de faiblesse, d’abattement, d’anéantissement, de prostration du malade est le plus souvent l’indice d’un surcroît, d’une oppression des forces qu’un état de débilité réelle , et qu’en conséquence les circonstances qui exigent l’emploi des alimens et des médicamens toniques, stimulans, excitàns, stomachiques, fortifians, comme on voudra les appeler , sont bien plus rares qu’on ne le croit communément. Pour compléter ce que j’aurais à dire à cet égard , je renvoie au mot Toniques 9 tom. I, pag. 111.
OREILLE. Toutes les parties qui composent l’organe de l’ouïe sont susceptibles de diverses affections. Mais nous parlerons principalement de celles qui occupent sa membrane muqueuse , et qui est particulièrement connue sous le nom d’otite, ou inflammation de l’oreifle. d’oreille se compose .d’une suite
de cavités où les sons, successivement reçus et réfléchis, vont ébranlèr Je nerf auditif qui tapisse la plus reculée de ces cavités. On la divise en oreille externe , qui comprend lé pavillon et le conduit auditif externe ; en oreille moyenne , formée par la cavité dû tympan et ses dépendances ; enfin en oreille interné, qui comprend l’ensemble des cavités communément désignées sous le nom de labyrinthe. Une membrane muqueùse tapisse toutes ces parties; cette membrane contient une grande quantité de follicules, destinés à sécréter les mucosités et le cérumen de Poreille ; en outre elle reçoit un grand nombre d’expansions nerveuses destinées à recevoir l’impression des sons et à les transmettre au cerveau. Dans l’intérieur de la bouche et derrière- le voile du palais se trouve un canal qui aboutit dans l’oreille , et qu’on nomme, la trompe d’Eustache , du nom de l'anatomiste qui en a fait la décou vertfe. Ce canal ëst> comme lés autres cavités , tapissé par unë membrane muqueusè qui met ainsi l'oreille en communication avec les muqueuses de ta bouche , et par conséquent de tout le tube digestif ainsique des voies aeriennes.
On peut reconnaître que roreille est atteiûte d’inflamffiatidn aux symptômes suivans. Quand Finflammatibii ëst tres-ïntehsé, ce qu’il y â de plus remarquable ce sont les phénomènes7 dépendant de l’exaltation de Tome ; la moindre agitation dé l’air produit un bruit pénible, violent, qui retentit dans tout le cerveau , de la même manière que chez les personnes affectées d’ophlhalmie la lumière même la plus légère est souvent insupportable. C’est qùe dans ces cas, comme dans tous les autres analogues, il y a exaltation de sensibilité dans l’organe irrité ; si c’est l’estomac, sa membrane muqueuse devient si sensible que les alimens ordinaires l’affectent désagréablement, ët que souvent même les boissons les plus simples provoquent des dégoûts , des nausées , des vomissemens , etc. Outre cette sensibilité exaltée de l’ouïe , on éprouve dans l’oreille une douleur puisatîve quelquefois si intense qu’elle arrache éntiè-, rement le malade aux douceurs du sommeil et le rend comme furieux; il y a en même temps chaleur, et quelquefois rougeur et tuméfaction autour du pavillon de l’oreille ; assez souvent la dôuleur s’étend jusque dans rarrière-bouche par la trompe d’Eustache dont nous avons parlé. Dans quelques cas de violente inflammation , les malades souffrent plus ou moins dans diverses parties de la face , dans les yeux, dans les mâchoires , etc. Lorsque le conduit auditif externe est seul enflammé , il y a sensibilité augmentée , bourdonnement dé l’oreille, parce que la mexnbi-ane du tympan qui boime ce conduit participe ordinairement à cette inflammation ; mais la
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douleur n’est pas aussi profonde què quand l’inflammation affecte les parties internes. Il est extrêmement rare que cette inflammation produise la fièvre, à moins que d’autres parties ne soient affectées simultanément.
Cette maladie peut être assez intense pour déterminer nonseulement des douleurs sympathiques du cerveau, mais une véritable inflammation de cet organe ; elle peut se terminer par une guérison complète, mais dans un grand nombre de cas cette inflammation peut passer à l’état chronique et produire diverses altérations dans les tissus qui en sont le siège. On sait en effet que toute inflammation aiguë tend à devenir chronique ,-et que celle-ci altère toujours plus ou moins la structure organique des parties qu’elle affecte. Ainsi il en rér suite souvent de la dureté d’oreille , de la surdité ; dans certains cas la caisse du tympan est remplie de matière purulente , ou bien ses membranes sont épaissies, ulcérées, etc. D’autres fois la suppuration est très-abondante dans l’oreille interne , le pus s’insinue dans le tissu cellulaire des os de l’oreille , la carie s’y développe, puis l’inflammation se communique au cerveau, et il en résulte la mort. Il y a des cas où l'inflammation attaque principalement les parties externes de l’oreille.; la collection purulente se forme au-dessous de la peau , et il en résulte un abcès qui s’ouvre à l’extérieur; il peut même s’ouvrir dans l’intérieur de la bouche. Quelquefois l’inflammation donne lieu à la formation de certaines excroissances molles dans le conduit interne de l’oreille, et que l’on nomme polypes ; ces polypes sont implantés tantôt sur la membrane qui est tendue au fond de ce conduit comme la peau d’un tambour , et que l’on nomme pour cela la membrane du tympaD. Ces végétations polypeuses , qnoiqu’étant le produit de . l’irritation , peuvent à leur tour contribuer à l’entretenir, à l’exaspérer et à produire la surdité. Enfin l’inflammation de l’oreille peut déterminer tous les genres de lésions que l’on rencontre dans cet organe.
Les causes des irritations et des inflammations de l’oreille sont générales ou particulières. Les causes générales sont celles qui sont communes aux autres affections de ce genre ; c’est ainsi que le froid, en empêchant l'action de la peau, peut, augmenter celle des membranes muqueuses du conduit auditif, au point de déterminer une inflammation ; viennent ensuite les violences extérieures, les coups , les chutes, la suppression de la transpiration, de la gale, des dartres, d’un vésicatoire ou d’un autre exutoire, d’une hémorragie ou d’une autre évacuation habituelle, le transport d’une affection rhumatismale. Les irritations des organes de la digestion ont une in-
fluence assez; marquée sur ceux de l’ouïe , puisque pendant certaines gastro-entérites graves il arrive quelquefois que les malades deviennent plus ou moins sourds ; mais en général ces phénomènes ne sont que passagers, et disparaissent avec la maladie principale qui les avait produits. Une inflammation du cerveau peut encore influer sur l’oreille , à cause des rapports de ces organes entre eux et de leur proximité. Les causes particulières sont tout ce qui irrite , stimule, excite plus spécialement l’organe de l’ouïe. De cette nature sont les vibrations de l’air qui agissent sur la membrane du tympan , ensuite sur les nerfs destines à recevoir l’impression des sons ;• c’est ainsi qu’on a vu le bruit du canon produire des hémorragies d’oreille , des inflammations et la surdité. On doit encore regarder comme cause d’otite les corps étrangers, les insectes introduits dans le conduit auditif, les manœuvres pratiquées pour les en extraire, et quelquefois même les instrumens dont on se sert pour en maintenir la propreté.
On peut guérir promptement de cette affection si l’on a recours de bonne heure au traitement convenable ; mais si la maladie est chronique, qu’il y ait suppuration , on peut prévoir qu’elle sera de longue durée. Quand il sort du pus avec des parcelles d’os cariés, la maladie est profonde , et l’on a à craindre non-seulément la perle de l’ouïe, mais encore des altérations graves qui finissent par s’étendre jusqu’au cerveau. Cependant il est des personnes qui vivent très-long-temps avec une otite chronique, d’autres meurent promptement par .suite de l’inflammation cérébrale. Quând celle-ci est violente , on a toujours quelque chose à redouter.
Dans le cas d’inflammation aiguë, et les premiers jours de la maladie , on doit recourir franchement à des saignées locales abondantes : on appliquera par. exemple 3o , 4o, 5o sangsues autour de l’oreille, et par ce moyen on réussira très-Souvent à enlever l’otite. Chez les constitutions fortes, sanguines, il sera avantageux de faire précéder l’application des sangsues d’une saignée du bras, pour opérer une détente générale. La douleur et l’inflammation diminuent ; s’il reste des bourdonnemens , des tintemens d’oreille, on répète la saignée, on fait des injections adoucissantes avec du lait coupé tiède , de l’eau de guimauve, de l’huile d’amandes douces, et la maladie est guérie au bout de quelques jours. Si l’inflammation n’est pas très-violente, et qu’elle soit bornée au conduit auditif externe, on se contente d’employer des cataplasmes émolliens et des injections de même nature. Si au contraire l’inflammation , quoique bornée au conduit auditif externe , est violente, si elle est accompagnée de dpuleuçs vives de tête > on doit l’at-
taquet par les mêmes moyens et avec la même énergie que lorsque son siège est à l’intérieur de l’oreille. Il n’en est plus de même lorsque la maladie est ancienne et qu’elle est passée à l’état chronique ; il feut alors employer les révulsifs , c’està-dire les vésicatoires derrière l’oreille ou à la nuque , et continuer en même temps l’usage des adoucissans à l’intérieur, et les injections émollientes dans le conduit auditif. On garantit l’organe de l’ouïe de l’action de l’air et des vibrations sonores en maintenant dans le conduit de l’oreille un peu de charpie fine imbibée soit d’huile , soit de tout autre liquide émollient. Quelquefois, lorsque les douleurs deviennent insupportables , on peut les calmer momentanément par l’addition de quelque préparation d’opium aux substances destinées à être introduites dans le conduit.
Le plus grand nombre -des surdités qui surviennent lentement à la suite de suppression d’affections de la peau , de transpiration, d’hémorragie ou de tout autre évacuation habituelle dépendent en général d’une otite légère et non d’une affection simplement nerveuse. En effet , les saignées locales les font souvent disparaître avec facilité. Dans les cas où l’inflammation de l’oreille arrive à, la suite d’une affection goutteuse, rhumatismale, dartreuse, outre les saignées locales et les injections émollientes, on doit encore stimuler la peau par des frictions sèches ou irritantes , par des vésicatoires, afin d’opérer une révulsion favorable , c’est-à-dire de dissiper l’irritation de l’oreille, de l’arracher pour ainsi dire de son siège, en lui opposant une autre irritation,. d’après l’antique axiome du père de la médecine tant de fois cité dans cet ouvrage, et dont l’expérience confirme tous les jours la verit é : Duobus doloribus simul obortis , sed non in èodem loco , major obscur at aller uni.
OREILLONS, ourles , parotides. C’est le nom que l’on donne à l’inflammation du tissu cellulaire qui environne les glandes salivaires qu’on nomme parotides , lesquelles se trouvent placées au-dessous de l’oreille près de l’endroit où la mâchoire inférieure s’articule avec la supérieure.
Cette maladie s’annonce d’abord par un sentiment de gêne, ensuite de douleur, de chaleur dans l’articulation qui vient d’être indiquée. Quelque temps après il se manifeste vers la même région un gonflement qui augmente peu à peu et s’étend ensuite en haut, en avant, en bas, sous la mâchoire., et quelquefois le long du cou. La peau est tendue, chaude et douloureuse au toucher. Il est des cas où la tuméfaction gagne une grande partie de la face, qui devient rouge comme dans
l’érysipèle , et la tension que ce gonflement produit peut être telle qu’il est impossible au malade de desserrer les mâchoires.
Celte maladie arrive ordinairement à son plus haut degré d’intensité au bout d’un jour et demi ou de deux jours , reste dans cet état pendant un égal espace de temps, et se dissipe ensuite insensiblement, en sorte que la guérison est à peu près complète après sept ou huit jours, à partir de celui où la maladie s’était manifestée. Dans quelques cas, la terminaison a lieu au moyen d’une métastase, c’est-à-dire du transport de l’inflammation sur un autre point , et le plus souvent sur les testicules chez l’homme , et sur les organes sexuels ou sur les mamelles chez la femme.
Les causes de cette affection sont peu connues ; cependant on l’observe plus communément dans les climats humides et durant les saisons pluvieuses telles que1 le printemps et l’automne, et même on la voit assez souvent régner d’une manière épidémique soüs l’influence de ces causes. Elle ^atteint de préférénce les individus du sexe masculin, ainsi que lesenfans et les adolescens. Le plus souvent les deux côtés de la face en sont affectés, tantôt simultanément, tantôt l’un après l’autre. Il est très-rare que le même individu en soit attaqué deux fois durant sa vie. Comme on Ta vue affecter quelquefois un grand nombre de personnes dans les mêmes contrées , quelques médecins ont cru qu’elle était contagieuse, c’est-à-dire qu’elle pouvait se transmettre par le contact des individus malades à ceux qui ne l’étaient pas. Mais il n’en est point ainsi , et si plu1sieurs personnes peuvent en être affectées en même temps , c’est que ces personnes se trouvent placées sous les mêmes influences d’âge, de climat , de température , d’humidité oit d’autres causes plus ou moins appréciables.
Le traitement qu’exige cette maladie est des plus simples. II consiste dans Tusage" de boissons douces et émollientes ou légèrement sudorifiques, dans l’usage de lavemens mucilagineux faits avec la guimauve ou la graine de lin; on entretient en même temps une douce chaleur sur les parties tuméfiées au moyen de flanelles sèches qui servent tout à la fois à les garantir du contact de l’air et à les maintenir dans un état de douce chaleur propre à en opérer la résolution. S’il arrivait néanmoins que l’inflammation fût très-intense et que l’on eût à craindre la suppuration ou d’autres désordres; si cette inflammation, réagissant sur les viscères, déterminait soit une gastrite, soit une affection des organes de la respiration , il faudrait la faire avorter de bonne heure au moyen d’une forte application de sangsues sur la tumeur; je dis forte, parce qu’il
est maintenant bien prouvé que si le nombre des sangsues est trop petit, la déplétion sanguine n’est pas suffisante pour dégorger les tissus enflammés ; j’ajouterai même que l'irritation produite par la piqûre des sangsues poux-rait au contraire augmenter la congestion en y. appelant le sang, si elles n’en débarrassaient en même temps ces tissus. Cette observation est applicable à toute espèce d’inflammation. Quoique cette maladie soit d’une nature légère et peu grave , il convient néanmoins que les personnes qui en sont atteintes ne s’exposent pas à l’air, au vent, au froid ; qu’elles parlent peu et qu’elles n’exercent que très-peu ou pas les mâchoires , afin de laisser les parties enflammées dans le plus grand repos possible.
Lorsque l’inflammation des parotides ou du tissu qui les enveloppe est primitive, c’est-à-dire lorsqu’elle n’est pas produite par une autre affection, elle constitue une maladie de peu d’importance; mais quand elle survient durant le cours de fièvres graves , telles que sont celles que l’on nomme adynamiques, ataxiques, malignes, typhoïdes, l’apparition des parotides est toujours l’indice d’un grand danger, parce qu’elle annonce qu’il existe une violente inflammation soit dans le tube digestif, soit dans un autre viscère. Dans ces cas, le danger n’est pas produit par l’inflammation elle-même des glandes parotides. Pour la même raison l’éruption d’une seule parotide est beaucoup moins fâcheuse que l’éruption des deux, laquelle annonce une mort à peu près certaine , et dévoile l’existence d’une maladie très-grave.. Cependant on voit quelques individus guérir après avoir été affectés de parotides durant le cours des fièvres dont nous venons de parler, et l’on dit alors que les parotides sont critiques, parce qu’elles délivrent le malade. Ces cas heureux sont assez rares. Quand les parotides doivent être critiques , on les voit ordinairement apparaître vers le déclin de la maladie et lorsqu’elle a perdu de son intensité ; c’est alors une véritable métastase, c’est-à-dire un transport de l’irritation de son siège primitif sur ces parties; quand au contraire les parotides ne sont pas critiques, elles se manifestent ordinairement dès les premiers jours de la maladie et pendant son plus haut degré d’énergie.
La coïncidence des parotides avec la fièvre n’étant qu’un symptôme de plus qui sert à indiquer la gravité de l’inflammation des voies gastriques , les indications à remplir consistent à traiter ces fièvres par les moyens convenables. Comme nous avons parlé ailleurs des moyens de reconnaître ces fièvres, de leur nature, du traitement qu’elles exigent, nous y renvoyons le lecteur. ( V. Fièvhe. )
Ce n’est pas à dire néanmoins-qu’il ne faille nullement s’oc-
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cuper de 1’inflammâlion des parotides ; car qüôiqu’elle he soit que le résultat d’une inflammation interne qui mérite toute l’attention du médecin, l’expérience prouve que ces inflammations secondaires , quand elles ne déplacent pas l’irritation primitive, peuvent l’augmenter en réagissant à leur tour sur l’intérieur. D’ailleurs la gêne , la tension, le tiraillement inséparables de la tuméfaction vont souvent au point de rendre la déglutition impossible, la suffocation à craindre, et d’occasioner des inflammations du cerveau très-fâcheuses, principalement si les deux côtés de la face se trouvent affectés. Il conviendra donc, pour prévenir ces accidens, de calmer cette inflammation externe au moyen d’applications de sangsues, de cataplasmes , de fomentations émollientes. Si la suppuration venait à se former, on devrait faire pratiquer de bonne heure l’ouverture de l’abcès, pour éviter l’infiltration du pus dans les tissus voisins, dans les interstices des muscles du cou , et même. dans la poitrine.
ORGEOLET ou ORGELET. Petit bouton inflammatoire qui se développe sur le bord libre des paupières , et principalement sur celui delà paupière supérieure ou dans les angles de l’œil. Ce nom lui a été donné à cause de la ressemblance qu’on croyait lui trouver avec un grain d’orge. II peut exister à l’état. aigu ou à l’état chronique. Sil’orgeolet est aigu , il prend une couleur rouge foncée , fait éprouver des douleurs plus ou moins vives qui peuvent être accompagnées de fièvre. En point blanc se manifeste ensuite à son sommet, ce qui annonce un commencement de suppuration ; plus tard il s’écoule un pus clair soit en comprimant le bouton, soit qu’il se forme une ouverture naturelle qui ne tarde pas à se refermer. Souvent de nouveaux boutons s’élèvent dansle voisinage du premier; ils. s’ouvrent, et se ferment delà même manière. Quelquefois, et même le plus souvent, l’orgeolet se dissipe ainsi de lui-même, et n’exige pas d’autres soins que de simples lotions d’eau commune; mais si l’inflammation était trop vive, on tâcherait de l’adoucir par l’application d’un cataplasme de pulpe de pomme ou de mie de pain et de lait. Sous l’influence de ce léger traitement la douleur se calme , la peau s’amollit, et le bourbillon qui se forme ordinairement finit par trouver une ouverture. Si l’issue s’en faisait attendre trop long-temps , on pourrait l’accélérer en pressant avec les doigts la base de la petite tumeur.
Gomme l’orgeol.et se développe très-souvent sous l’influence d’une cause interne, et surtout d’une gastrite, c’est-à-dire d’une irritation de l’estomac on doit examiner l’état du canal
intestinal, voir si la langue est pâteuse , sale, si la bouche est mauvaise; daps ce cas on conseille aux malades de s’abstenir des excès de table, de boissons stimulantes, et de corriger par un régime doux, léger, végétal, et par des boissons aqueuses, l’état d’irritation de leur canal intestinal. Parce moyen , elles obtiendront deux résultats favorables , d’abord le rétablissement des fonctions digestives , ensuite la disparition de la roogueur des paupières et des boutons inflammatoires dont elles sont le siège.
Lorsque les paupières ont contracté l’habitude de l’irritation qui les rend rouges, suppurantes , sujettes aux éruptions qui nous occupent, et que celte affection existe sans beaucoup de douleurs, outre le régime dont nous venons de parler, on doit combattre cette disposition par l’usage de quelques lotions légèrement' astringentes et stimulantes, au moyen desquelles on parviendra très-souvent à rétablir les paupières dans leur santé primitive. Voyez , pour ce qui concerne l’administration de ces médicamens, le mot Collyre , tom. I, pag. i^o. Il est des cas où l’on est obligé de toucher avec le nitrate d’argent (pierre infernale) les petites plaies indolentes que l’orgeolet laisse quelquefois à sa suite.
OTALGIE, douleur d'oreille. (V. Oreille.)
OTITE, inflammation des organes de l’ouïe. (V. OaEiiXE.) OURLES. (V, Oreiu.ohs.)
PALES-COULEURS. (V. Chiorose.)
PALPITATIONS. Battement de cœur violens, accélérés, déréglés, convulsifs, souvent accompagnés d’oppression , de gêne de la respiration , d’abattement des forces et de défaillance.
Les palpitations de cœur peuvent être produites par deux ordres de causes différentes, ou par une grande mobilité de cet organe mise en jeu par une affection morale quelconque , affection que l’on peut regarder comme un stimulant passager du cerveau dont l’excitation se répète sur le cœur, ou par une irritation fixée soit dans le tissu du cœur lui-même , soit dans ses enveloppes, et même dans les organes voisins, surtout dans les poumons. Si cette irritation est violente, aiguë, le malade peut éprouver des constriclions spasmodiques du cœur répondant à toute la poitrine ou seulement à quelques-unes de ses parties , quelquefois avec gêne de la respiration , au point
de faire craindre la suffocation. C’est à l’ensemble de ces phénomènes que certains auteurs ont donné le nom d’angine de poitrine. Quelquefois , dans un état moins aigu , le malade éprouve des palpitations moins violentes , le sentiment d’anxiété peut disparaître entièrement pendant quelque temps pour revenir dans une autre circonstance; c’est alors que l’on dit qu’il y a névrose du cœur. Il suffit d’y réfléchir un instant pour voir que ces prétendues névroses sont d’abord des irritations légères,, mais qu’à mesure que ces irritations se fixent dans les tissus et qu’elles deviennent permanentes , elles finissent par produire des altérations profondes. Tantôt le cœur prend un développement considérable , et l’on dit alors qu’il y a anévrysme, tantôt il s’ulcère, se. déchire, ses orifices et les gros troncs artériels qui en partent s’ossifient et offrent divers obstacles à la circulation du sang. Dans le principe de la maladie, l’irritation se borne à appeler le sang dans cet organe, d’après le principe si connu que là où il y a irritation il y a appel de fluides. Il doit en résulter d’abord un dérangement dans les pulsations du cœur , tels que la lenteur de ses mouvemens, mais plus souvent leur accélération , "accident qui ne peut exister sans produire les désordres de la respiration ; enfin différentes altérations organiques , conséquence ordinaire et inévitable de toute inflammation chronique. On pourra donc observer successivement des palpitations d’abord légères, ensuite plus fortes, si les causes continuent d’agir ; ce qui pourra donner lieu à l’asthme, à des étouffemens, à des défaillances, à l’angine de poitrine ; enfin il pourra survenir un épaississement des parois du cœur ou une autre affection organique de ce viscère.
En examinant attentivement les causes sous l’influence desquelles les palpitations peuvent se manifester, on trouve donc qu’elles dépendent tantôt d’une affection organique du cœur, tantôt d’une inflammation des membranes qui l’enveloppent et qu’on nomme la péricarde; tantôt ces palpitations apparaissent lorsque la circulation du sang se trouve gênée dans les, poumons par les inflammations et les nombreuses altérations dont ces organes peuyeat être le siège. Gette der- . nière cause est pour le moins aussi fréquente que les altérations organiques du cœur ; aussi les palpitations se manifestentelles presque constamment cher les individus disposés aux maladies de poitrine ou qui en sont atteints. Enfin les palpitations peuvent exister sans inflammation et sans lésions organiques ni du cœur ni des poumons. Les personnes douées d’une grande mobilité nerveuse, d’une constitution délicate, ouvertes à toutes les émotions^ chez qui toutes les impres-
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sions reçues se transmettent facilement du cerveau qui les perçoit sur d’autres organes , ces personnes, dis-je, peuvent éprouver des palpitations de cœur sous l’influence d’une affection morale plus ou moins vive, d’une nouvelle agréable ou désagréable , de la frayeur, de la honte , de la pudeur, de la colère , de l’attente d’un bonheur désiré , etc. Elles surviennent encore à la suite de travaux intellectuels opiniâtres, d’excès vénériens , soit que les individus qui s’y sont livrés soient originairement doués d’une constitution nerveuse, mobile , délicate , soit qu’ils l’aient détériorée par un genre de vie contraire aux vœux delà nature. Dans ces cas, tous les stimulans du système nerveux , au nombre desquels les affections morales tiennent le premier rang , peuvent produire des palpitations. Pour les mêmes raisons les souffrances d’un organe malade pourront produire des effets semblables, en. réagissant sur le système nerveux et de là sur le cœur; c’est ce. que l’on observe chez les femmes hystériques , qui portent ordinairement une irritation de l’utérus ; chez les hypochondriaquea , dont les voies digestives et le cerveau sont presque constamment le siège d’une irritation. Une odeur forte, la vue d’un objet désagréable peuvent aussi donner lieu à des palpi-, tâtions. L’on voit encore ici que la première impression est perçue par le cerveau , dont l'influence s’exerce à son tour sur le cœur.
D’après tout ce qui vient d’être dit, l’ on doit conclure que lorsque les palpitations de cœur ne sont qu’un symptôme d’sine affection soit du coeur lui-même , soit des organes, de la respiration , ou tout au moins l’indice d’un com mène emen t d’ irrW tation dans ces divers organes , ce n’est point contre les palpitations que le traitement doit être dirigé., mais bien contre les affections qui en sont la cause véritable, et les palpitations disparaîtront ayeç çette cause qui servait à. les produire eu à les entretenir. Comme nous avons parlé de ces maladies dans divers articles de eet ouvrage, nous. »ç. croyons pas devoir y revenir, (V , AsÉVRYSME , ÂSTUME , PUTIIISIE PEEMONAIRE.)/
Quant aux palpitations qu’on appelle nerveuses , et que nous avons dit dépendre d’une grande mobilité , soit du cœur, soit du système nerveux, il faut d’abord s’attacher à éloigner les causes qui peuvent mettre en jeu ce, tte mobilité , cette sensibilité excessive. Si les individus appt sanguins , pléthoriques , les évacuations sanguines; ppAtrront être avantageuses; mais elles seraient nuisibles sj lè sujet était faible et peu sanguin- Chez les femmes dont les époques menstruelles sont supprimées, peu abondantes , irrégulières, il faudra rappeler le sang vers son siège naturel par dusage des bains tiedes, des cata-
plasmes chauds sur le bas-ventre, des lavemens purgatifs , et surtout par une application de sangsues aux organes sexuels tous les mois et aux époques où l’écoulement naturel doit avoir lieu. Les mêmes préceptes doivent être mis en pratique par les individus chez qui les palpitations seraient survenues à l’occasion de la suppression ou de la diminution du flux hémorrhoïdal; il faudrait rappeler ce flux par des moyens analogues aux précédens. Les personnes adonnées aux excès vénériens , les jeunes gens qui auraient contracté le vice des habitudes solitaires devront s’en abstenir, s’ils veulent obtenir la guérison d’une maladie qui peut être entretenue par ce genre de causes. Les individus sujets aux palpitations sont-ils d’une constitution peu sanguine , molle , faible, nous avons déjà dit que les évacuations sanguines pourraient leur être nuisibles. Il faut au contraire fortifier cette constitution par des alimens nutritifs sans être échauffans, pàr le séjour à la campagne où l’air soit pur et libre. On ne devra pas oublier que dans un grand nombre de cas les exercices musculaires sont d’un très-grand avantage ; car les exercices ont pour effet de développer les muscles, de diminuer la sensibilité morbide qui rend le système nerveux et par suite le cœur si ouvert à l’impression de toutes les causes tant morales que physiques. Ces exercices néanmoins ne doivent pas être trop violens , surtout dès le commencement, mais on débutera par des promenades de plus en plus longues , puis on fera des excursions de plusieurs heures qui pourront aller jusqu’à la fatigue, .toutefois en évitant avec soin de courir et de sauter. Les travaux rustiques exécutés avec modération conduiront aux mêmes résultats. A mesure que le corps prendra de la force, on sera plus libre dans le choix et la durée des exercices. On ne se contentera pas seulement de combattre les causes des palpitations de cœur de la manière dont nous venons de le dire ; il sera en outre avantageux de calmer directement la trop grande mobilité du cœur par l’emploi de quelques substances qui jouissent delà propriété de ralentir ses moüvemens, lorsqu’elles sont administrées à propos. Parmi ces substances il en est une qui produit cet effet d’une manière très-marquée dans un grand nombre de cas ; c’est la digitale. Comme nous avons dit ailleurs quelles précautions exigeait l’administration de ce médicament, nous n’y reviendrons pas. (V. tom. I , pag. 58 et ig3.)
On ne doit pas perdre de vue que les palpitations, lors même qu’elles ne seraient pas l’effet d’une lésion du cœur ou des organes de la respiration, finiraient par amener ce résultat, si on négligeait trop long-temps de les faire cesser. Car ces palpitations ont lieu sous l’influence d’une excitation passagère; mais