‹ Dictionnaire de santé ou vocabulaire de médecineChapitre 77 sur 106 · PIC · texte numérisé non relu

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à son plus grand développement. Alors on ajoute aux boissons précédentes le gaïâc et la salsepareille : c’est le second temps du traitement, qui pour l’ordinaire fait disparaître tout ce que le mal a d’extérieur. Mais les malades sont sujets à des rechutes que l’on préviendrait sans doute, si l’on prolongeait le traitement plusieurs jours, et même plusieurs semaines après cette guérison , qui n’est souvent qu’apparente. Les médecins qui pratiquent dans les contrées où cette maladie est endémique combinent aussi avec le plus grand succès les préparations mercurielles avec les sudorifiques , surtout lorsque la maladie est ancienne et qu’elle est devenue constitutionnelle. Le sublimé corrosif en dissolution dans l’eau distillée , est en même temps la préparation la plus efficace et la plus commode à administrer. (Voyez, pour ce qui concerné cette préparation, ce qui a été dit tom. I , pag. 169 , sous le titre d e Liqueur antisyphilitique. )

PICA. Aberration du goût qui se manifeste par l’envie dé manger dés substances inusitées ou nuisibles , tels que de la craie, de la suie, du charbon, du tabac, du sable, et même des excrémens. Cette perversion du goût doit être attribuée à une modification de la sensibilité des nerfs du. goût et de ceux de l’estomac : on l’observe surtout chez les femmes enceintes , chez celles affectées de chlorose, d’hystérie. (V. ces deux derniers mots. ) Quoique beaucoup plus fréquente chez la femme que chéz l’homme, on observe néanmoins quelquefois cette maladie chez ce dernier, et j’en ai vu moi-même deux exemples. C’est ordinairement dans le jeune âgé , entre dix et vingt ans , que cette aberration du goût se manifeste; cependant elle peut exister dans un âge beaucoup plus avancé.

Cette maladie, ou plutôt cette anomalie du goût, disparaît le plus souvent d’elle-même au bout de quelques années; quand elle dépend de la grossesse, elle cesse toujours avec la cause qui l’a fait naître. Si elle est causée par l’hystérie ou la chlorose, il est évident que pour la faire disparaître il faut s’occuper du traitement de ces affections. Qn a conseillé dans les cas où le pica dépendrait d’une simple perversion des nerfs du goût, sans complication d’hystérie, de chlorose ou d’affection cérébrale , d’employer un traitement perturbateur, tel que les vomitifs, les purgatifs, les amers, les antispasmodiques; mais en administrant au hasard ces médicamens, on court risque d’irriter le canal intestinal. Jusqu’ici le séjour à la eampagne, dans un air pur et libre, les exercices musculaires de toute espèce, tels que la chasse, l’équitation, les travaux agricoles , sont les moyens qui ont été le plus souvent couronnés de succès. L’on conçoit en effet que les exercices faisant faire

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a ucorps une dépense considérable , l’estomac éprouve le besoin de réparer ces pertes au moyen d’alimens substantiels et nutritifs , que ne sauraient remplacer ni le plâtre, ni la suie , ni les cendres, etc.

PIERRE , maladie de ta pierre. (Y. Cauccl.)

PIQURE D’ANIMAUX VENIMEUX. (V. Morsure.)

/ PLÉTHORE. Ce mot, qui signifie réplétion, est employé pour indiquer une surabondance de saUg dans les vaisseaux. Ainsi on dit qu’un homme est; pléthorique pour indiquer qu’il a trop de sang î s’il -y.- a en même temps embonpoint excessif;,' cét état s’appelle obésité. .{S. ce mot.)

La pléthore n’est point une maladie, mais elle dispose aux congestions sanguines du cerveau , des poumons, du foie, en un mot à toujtes: lés maladies inflammatoires. Il est donc important de détruire cet excédant de santé qui peut devenir nuisible. Le véritable traitement de la pléthore consiste essentiellement dans l’usage des végétaux et des fruits frais, des boissons aqueuses dans l’exercice, et dans les évacuations sanguines. Lés purgatifs peuvent aussi convenir, pourvu qu’on n’en fasse pas abus et que le canal intestinal ne soit le siège d’aucune irritation. Dès que la pléthore annonce un danger prochain de congestion , il faut recourir à la saignée.

PLEURÉSIE! Inflammation de la membrane qui enveloppe les poumons , et qui porte le nom de plèvre. Comme cette maladie se lie essentiellement â celle de la substance même du poumon, nous avons réuni toutes les maladies des organes de la respiration dans un même article. (V. Potjmons.)

PLEURÉSIE- {fausse). On donnait autrefois le nom d e fausse pleurésie à une affection qui paraît avoir beaucoup de rapport avec la pleurésie , c’est-à-dire avec l’inflammation des enveloppes du poumon, mais qui en diffère essentiellement. La fausse pleurésie, qu’on nomme aussi pleurodynie , se manifeste par une douleur qui a son siège dans les muscles intercostaux ou dans ceux qui recouvrent les côtes. C’est donc une affection rhumatismale qui n’a rien de commua avec la pleurésie , qu’elle s.imule jusqu’à un certain point, mais qu’un examen un peu attentif fait facilement distinguer de cette maladie. Elle a pour caractère une douleur de côté qui change souvent de place, qui, comme dans la pleurésie, augmente pendant la respiration et la toux, mais qui est plus extérieure, augmente par le toucher, ce qui n’a pas lieu dans la pleurésie ; d3ailleurs ' elle n’est pas accompagnée de fièvre.

La nature.de cette affection consiste dans une irritation ou

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une inflammation des muscles situés entre les côtes , et qu’on nomme pour cela intercostaux, ou dans ceux qui les recouvrent. Le traitement est absolument le même que celui des autres affections rhumatismales. (V. Rhumatisme.) L’application des sangsues et des vésicatoires volans sur le point douloureux fait souvent disparaître cette maladie.

PLEURO-PNEUMONIE. Inflammation simultanée du poumon et de ses enveloppes. (V. Poumons.)

PLIQUE. Cette maladie , que l’on rencontre fréquemment en Pologne et dans quelques autres contrées du nord, est caractérisée par l’agglutination et un entortillement inëxtricàble des cheveux , ordinairement accompagné d’une grande sensibilité du cuir chevelu , résultant de l’irritation «des bulbes des cheveux. Comme on n’observe cette ; affection que parmi les individus qui appartiennent aux classes pauvres et misérables, on la regarde avec raison comme étant l’effet de la malpropreté,’ du défaut d’habitude de se peigner, de l’usage habituel de gros bonnets de feutre qui tiennent les cheveux ramassés en. tas et déterminent par leur chaleur l’irritation, puis l’inflammation du cuir chevelu.

Le traitement consiste, en premier lieu à enlever l’irritation du cuir chevelu par des fomentations émollientes , huileuses, et par l’application d’un vésicatoire à la nuque ou au bras. Quand l’irritation est calmée, on peut couper les cheveux , mais il ne faudrait pas les raser dès le commencement du traitement ; car comme la plique est ordinairement accompagnée d’un suintement devenu habituel, la suppression brusque de cette espèce d’exutoire pourrait donner lieu à d’autres irritations , telles que des douleurs rhumatismales , à des inflammations internes, à l’inflammation plus vite du cuir' chevelu , ainsi que le prouve l’expérience.

PLOMB. Empoisonnement produit par les préparations de plomb. (Y. Empoisonnement.) Les individus qui par leur état sont exposés à avaler les préparations de plomb ou à en respirer les émanations , sont souvent affectés de violente colique à laquelle on a donné le nom de colique de plomb ou des peintres. En renvoyant le lecteur à ce dernier article. j je dois dire que depuis l’époque où il a été composé, on a proposé une nouvelle méthode pour traiter l’empoisonnement parles préparations de plomb. Elle consiste dans l’usage des eaux thermales sulfureuses à l’intérieur : ces eaux décomposent les préparations de plomb et transforment ce métal en sulfure de plomb , qui est sans action sur l’économie. Or combat la constipation par les pufga-

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tifs doux et par les lavemens. On conçoit que les eaux sulfureuses puissent produire cet heureux résultat lorsqu’elles sont administrées de bonne heure , parce que les préparations de plomb se trouvant encore dans l’intérieur du corps , peuvent les décomposer; mais il n’en serait plus de même si le plomb avait été introduit depuis long-temps dans l’économie , car il pourrait fort bien n’en pas rester un atome, malgré la persistance des phénomènes morbides auxquels sa présence aurait donné lieu. Dans ,oe cas, si les eaux thermales sulfureuses sont utiles, ce n’est plus en décomposant le poison, mais en agissant comme les autres boissons sudorifiques.

PNEUMONIE, inflammation des poumons. (Y. Poumons.)

PNEUMORRH AGIE , hémorrhagie pulmonaire. (Y. Hémoptysie.)

PODAGRE. (V. Goutte.)

POINT DE COTÉ , point pleurétique. On appelle ainsi une douleur poignante qui se fait sentir dans une partie des parois de la poitrine. Le point de côté étant un des symptômes de la pleurésie, nous renvoyons à l’article Poumons, où il est question de cette maladie.

POIREAU1, porreau ou verrue. Excroissance plus ou moins dure qui s’élève à la surface de la peau , et principalement à celle des doigts. Ces excroissances constituent plutôt une difformité qu’une maladie, qu’il est d’ailleurs assez facile de faire disparaître. On peut les détruire par deux moyens différens1: la ligature et la cautérisation. Pour faire la ligature , qui est le moyen le plus direct et le plus sûr, on se sert d’un fil de soie assez solide pour serrer et étrangler la jverrùe à sa base. La nutrition se trouvant ainsi interceptée, l’excroissance se flétrit, se dessèche, et ne tarde pas à tomber. Quelquefois la verrue, au lieu d’être étroite vers sa base et d’avoir ce qu’on appelle un pédicule, présente au contraire une large basé, ce qui empêche de fixer la ligature ; dans ce cas il suffit de faire, avec la lame d’un canif bien affilé, une légère incision tout autour de l’excroissance , destinée à maintenir le fil en place. La meilleure manière de pratiquer la cautérisation consiste à toucher deux ou trois fois par jour le sommet de la verrue avec l’acide acétique concentré ou avec l’acide nitrique (eau-forte). On peut aussi se servir des acides sulfurique et hydrochlorique. Dans tous les cas il faut avoir la précaution de garantir les parties voisines.

POISONS. (Y, Empoisonnement.)

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POITRINAIRE. Expression employée vulgairement pour indiquer un individu affecté de phthisie pulmonaire.

POITRINE (maladie de).. Ce mot, pris dans toute l’étendue de sa signification, comprendrait toutes les affections dont pourraient être atteints les organes contenus dans la cavité de la poitrine ; mais on l’a généralement restreint à l’espèce d’inflammation chronique des poumons qu’on nomme phthisie pulmonaire. (Y. Poumons.)

POLLUTION. Ce mot , qui signifie souillure , est employé tantôt pour indiquer le vice de l’habitude solitaire, tantôt pour désigner les émissions spermatiques provoquées soit par des rêves lascifs, soit par toute autre cause indépendante de la volonté. Comme il a été question de la première espèce dans un autre article (V. Masturbation) , nous ne nous occuperons ici que de la pollution involontaire qu’on nomme généralement pollution nocturne , parce qu’elle a lieu pour l’ordinaire pendant la nuit à l’occasion de songes voluptueux. II ne saurait être question ici d’une espèce de pollution nocturne qui n’est point une maladie, et qui sert au contraire à entretenir la santé: c’est celle qui est familière aux personnes de l’un et de l’autre sexe qui , jouissant dans la vigueur de l’âge de la plénitude de leurs forces et de la santé, se condamnent volontairement à une continence rigoureuse. La nature, qui ne perd jamais ses droits , parvient à son but en les trompant par des rêves agréables qui produisent tout l’effet de la réalité et débarrassent le corps de cet excès tourmentant de sensibilité, de vitalité et d’énergie que ne contribuent pas peu à augmenter les contemplations de la vie ascétique. Aussi ces personnes, après avoir éprouvé pendant la nuit ces pollutions innocentes , loin d’en être affaiblies , se réveillent plus tranquilles , plus alertes et plus propres aux travaux soit de l’esprit , soit du corps. Sous ce rapport, les démons incubes et succubes ont rendu et rendent encore parfois des services réels aux personnes condamnées par état, par choix ou par force aux privations du célibat.

Mais il n’en est pas ainsi des pollutions nocturnes produites non par un besoin naturel , mais par une excitation trop répétée des organes de la génération : elles sont considérées à juste titre comme une maladie. On regarde généralement une continence outrée et l’abus des plaisirs vénériens comme les causes ordinaires des pollutions nocturnes ; mais la continence ne produit que la pollution salutaire dont nous venons de parler, tandis que la pollution nocturne vraiment maladive et toujours l’effet de débauches immodérées , lorsque, non contens de se

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