ROU
faites depuis quelques jours,, qui s’élargissent ensuite, mais comme si ces piqûres étaient très-récentes, et qui sont larges dès qu’elles paraissent. Ces taches se manifestent d’abord à la face , au cou, à la poilrine, et en>uite aux membres, comme la plupart des éruptions; elles se confondent bientôt pour former des piaques plus ou moins étendues, et qui laissent entre elles des espaces dans lesquels la peau est dans l’état naturel. Ce dernier symptôme peut servir seul pour faire distinguer la rougeole de toute autre maladie éruptive.
Chez les individus bien portons, 1 éruption faite, la fièvre disparaît quelquefois , l’appétit revient. Quant à la toux , elle subsi-le , même après la cessation de l’inflammation cutanée. Si elle aitaque un individu disposé à l’inflammation , et qu’elle soit épidémique, elle est plus grave, et la fièvre persiste. Ce qui constitue la gravité de cette affection , ce n’est pas l’éruption cutanée, mais l’inflammation de la gorge et des voies de la respiration qui l'accompagnent constamment. Les malades ont la voix rauque, des douleurs dans la trachée et le larynx, une toux violente; la respiration est gênée, quelquefois sifflante. Il est très-ordinaire que l’irritation du canal intestinal accompagne celle de la peau et de la gorge ; toutefois cette complication n’existe pas toujours.
La rougeole dure communément de douze à seize jours, depuis l’invasion jusqu’à la desquammation parfaite, mais la durée en est quelquefois plus longue. On appelle desqnammation la chute de l’épiderme , qui se détache en petites lamelles semblables àdes paillettes de son , sur les parties où les taches existaient.
Cette maladie attaque particulièrement les enfans, e^elIe est généralement moins à craindre que lorsque le sujet est plus avancé en âge, et dans-ce dernier cas, les complications sont aussi plus fréquentes.
La rougeole, surtout dans le bas âge, est ordinairement assez bénigne, mais il arrive quelquefois que l’inflammation, se fixant profondément dans les viscères soit de la digestion , soit de la respiration , et même dans le cerveau, elle peut s’élever au degré de ce qu’on appelle fiè vre adynamique. (V. Fièvre.) La maladie prend alors le nom de rougeole maligne ; le malade est profondément abattu, sans forces ou éprouvant par intervalles des agitations violentes; délirant; la langue et les dents se couvrent d’un enduit fuligineux, etc. L’on conçoit que dans ces. cas le danger est très-graud; ordinairement cette série de symptômes alarmans ne s’observe qu’après l’éruption. Quand l'inflammation interne, quel que soit son siège, n’est pas considérable , on peut prévoir une issue favorable ; si la