‹ Dictionnaire de santé ou vocabulaire de médecineChapitre 85 sur 106 · SAN · texte numérisé non relu

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cours aux émissions sanguines , soit au moyen des sangsues1, soit avec la lancette; car il est évident qu’il faudrait pour cela répéter ce qui a été dit dans les divers articles de cet ouvrage.

De la manière d’appliquer les sangsues. Après avoir lavé la place d’éleclion avec de l’eau tiède, on met dans un linge fin le nombre de sangsues dont on se propose de faire l’application; on en fait un paquet qu’on place sur l’endroit destiné, sous un verre plus ou moins évasé; on tire alors les bords du linge pour le déplisser et pour mettre par ce moyen les sangsues en -contact avec la peau ; elles ne peuvent pas alors s’attacher .au parois 'du- verre , comme cela arrive ordinairement quand il: n’y. a pasmn linge interposé entre elle et le verre, et si ellefc sont bien .choisies et dispbséés à mordre , elles ne peuvent le faire que sur la peau.

Le moyen qui vient .d’etre décrit ne serait pas toujours praticable , s’il s’agissait d’appliquer les sangsues sur une surface peu étendue ,-à lalyulye par exemple; on se sert aibrs d’un petit verie. dans lequel sont enfermées les sangsues1, et que l’on applique sur le point convenable. La conformation des parties ne permet pas toujours :de -'se servir de ce moyen. Ainsi ; quand on àoit poser les sangsues sur la muqueuse du nez, à l’intérieur de la bouche , sur là conjonctive des paupières , etc. , il faut les ^ovelopper une à une avec un linge, de manière qu;e la tête seule soit libre , et l’appliquer à l’endroit où Ton veut que l’animal morde. J

Lorsque les sangsues sont tombées, on entretient l’écoule^ ment du sang en lavant avec de l’eau tiède les petites plaies qu’elles ont faites ; si eiles ne tombent pas d’elles-mêcues ; il suffit , pour obtenir cet effet, de répandre sur elles quelques grains de sel ou un peu de tabac , du vinaigre , etc. Pour arrêter l’écoulement du sang j il Suffit presque toujours de recouvrir les piqûres avec un linge sec uu peu serré. S’il arri vait cependant que ce .moyen simple ne réussît pas, on aurait recours à l’amadou sec, aux lotions froides acidulées avec le vinaigre ou le jus de citron , aux astringens tels que l’eau de Rabel , la colophane , les poudres absorbantes qùi font une pâte avec le sang. Les hémorrhagies dé ce genre les plus rebelles cèdent presque constamment à l’application de morceaux d’amadou ou de bourdonnets de charpie imbibés d’eau-de-vie ou d’esprit de vin , et routés ensuite dans une poudre fine de colophane, ou de tannin , ou d’alun calciné. Si malgré ces moyens le sang continue de couler , on cautérise les petites plaies avec la pierre infernale. On a proposé en outre un moyen fort simple et qui ne manque jamais de réussir ; il consiste à placer sur la

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plaie qui saigne un morceau <Je linge plié, sur lequel on applique l’extrémité d’une spatule ou toute autre pièce de fer commode et chauffée de manière à ne pas oeçasioner de hrû-* lure; là chaleur fait évaporer les parties les plus liquides du |ang ; le reste se concrète et forme pu coagulum qui arrête l’hémorrhagie.

S’il arrivait , ainsi que l’on en a des exemples , que pendant l’application des sangsues dans l’intérieur de là bouche , des narines ou de toute autre manière, il s’en fût introduit dans l’estomac , il faudrait faire boire abondamment de l’eau salée, du vin ou de l?eau vinaigrée. On administrerait ensuite un vomitif. Ces seuls moyens suffisent pour faire périr la sang-, §ue et pour prévenir les accidens que pourrait causer sa . morsure. S’il s’en était introduitdâns l’anus, dans la vulve , dans les narines, une injection d’eau salée ou vinaigrée dans ces cavités suffirait également pour les détacher et les expulser.

. . Est-il prudent de faire usage de sangsues qui auraient déjà été employées pour d’autres malades ? La réponse est généralement négative; car 41 serait possible -que, si les; sangsues avaient piqué sur des parties affectées de maladie contagieuse ,• elles la communiquassent à d’autres personnes. J’ignore si cet accident est jamais arrivé, mais , dans tous les cas , il est infiniment rare. Le doute suffit néanmoins poub s’en abstenir, qupqd on ignore les maladies des personnes à qui elles ont'servi. S’il.s’agit de sangsues qui, après avoir dégorgé le -sang dont elles s’étaient remplies , sont ensuite conservées pendant plusieurs semaines dans l’eau fréquemment renouvelée ou dans un étang, if est hors de doute qu’on peut de nouveau les employer sans crainte. Une bonne manière pour conserver les sangsues consiste à les faire dégorger dans la céndfe après qu’elles sont tombées, à les laver et à leâ mettre ensuite dans un bocal d’eau fraîche , que l’on change deuxdu trois fois par semaine. On ne doit pas faire tomber, au moyen du sel ou du tabac , les sangsues que l’on veut conserver. Une précaution importante est d’enlever du bocal au furet à mesure toutes celles qui succombent. Il convient aussi de les tenir dans un lieu frais et à l’abri des rayons du soleil.

SARCOCÈLE; On appelle ainsi la tuméfaction des testiouïes , à la suite d’une contusion , d’une chute , de l’éqüitàtion , d’une gonorrhée , etc., etc. Sous lHnfluence de ces diverses causes, le testicule devient chaud, doulouréux, et acquiert quelquefois en' très-peu de jours un développement considérable. Si on ne l’attaque pas promptement, cette inflammation devient ordinairemertt chronique , et il est important de pré-

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venir ce résultât. Lorsque cette maladie vient à la suite d’une blennorrhagie, on l’appelle vulgairement chaude-pisse tombée dans les bourses. Ce n’est pas cependant que la blennorrhagie soit tombée dans les bourses , mais c’est que l’irritation a abandonné le canal de l’urètre, s’est portée sur les testicules , ou bien, en persistant dans son premier siège, elle s’est en outre étendue jusqu’à ees organes. Cette observation est importante en ee qu’elle apprend que le traitement du sarcocèle ne doit pas toujours varier, à raison des causes qui l’ont produit , surtout dans le commencement ; car, en dernier résultat, il est toujours question d’une irritation ou d’une inflammation plus ou moins intense qu’il s’agit d’apaiser. Cette flammatioh è'st -aiguë ou chroûiqiiei

Les symptômes de l’inflammation aiguë sont ceux qui viennent d’être énumérés. Quand elle est chronique j dn-observe ce qui suit. La tumeur peut rester plus ou moins long-temps stationnaire, et souvent il n’y a qu’un simple engorgement, mais point d’àltèràtiohs organiques ni douleurs bien sensibles. Cependant , ’si oh n’arrête pas l’irritation, le testicule continue à grossir et à se durcir ;, surtout vers l’épididyme : é’ést le sarcocèlê proprement dit. D’autres fois il se fait une sécrétion plus ou moins abondante de sérosité albumineuse, résultat de l’inflammation de la tunique vaginale; c’est ce qu’on appelle hydrocèle , ou hydropisie des bourses. Le sarcocèie et l’hydrocèle existent qüelquefois simultanément. Le cancer , le squirre , la suppuration , l’ulcération des testicules sont encore un des résultats de l’inflammâtion chronique des testicules , lorsqu’on if en arrête pas les progrès par les moyens convenables.

Trïutèfiïenf. L’irritatibn du testicule étant d’une nature identique, ainsi que nous l’avons déjà dit,, soit que la cause soit syphilitique', soit qu’elle ne le soit pas , le traitement de cettë inflammation à Y état aigu ou à son début doit être constamment lé même. Quand le testicule devient chaud, gonflé , douloureux, la; maladie est dans la circonstance où l’on doit l’attaquer. On conseillera le repos , le séjour au lit autant qu’il sera possible, l’usage du suspensoîr peu serré, les cataplasmes émoiliens sur l’organe malade, des bains tîèdes fréquens , ensuite une application de 10 jusqu’à 4o sangsues -sur le testicule , suivant la sensibilité et la force de l’individu. Par ce moyen on enlève en peu dé temps l’inflammation aigue du testicule. On persévère pendant quelque temps dans l’emploi des émoHiens , lors même que Pinflàmmation paraît enlevée : de cette maniéré on prévient l’hydrocèle, le sarcoeèie'et d’autres altérations organiques.

On a quelquéfois employé la glace" avec succès O rnais les

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personnes très-irritables n’en supportent que difficilement ^application.'

Quand la maladie est décidément chronique, ce qui dépend souvent de l’emploi intempestif des résolutifs tels que l’acétate de plomb , le vinaigre . la terre cimolée des couteliers , l'emplâtre de vigo , etc. , s’il n’y a pas encore altération organique, on peut avoir recours au régime et au traitement antiphlogistique indiqué plus haut. De nombreux succès attestent chaque jour les avantages d’un pareil traitement; mais le malade doit être prévenu que la guérison est lente, et que, pour l’obtenir, il faut de la persévérance dans l’emploi des moyens. Les douches dirigées sur le testicule, et suivies d’une application de 8 à 10 sangsues, une, deux ou trois fois par semaine, ont très-souvent réussi à faire disparaître l’engorgement lorsque tous les autres moyens avaient, échoué.

Après l’usage prolongé des antiphlogistiques, lorsque l’irritation est apaisée, on peut hâter la résolution de l’engorgement par l’emploi de certains médieamens appelés résolutifs, quelle que soit la cause de la maladie. On pratiquera des frictions sur le scrotum avec un peu d’onguent mercuriel ou de ealomélas délayé avec de la salive ; on fera des applications de compresses imbibées d’eau vinaigrée ou d’une. légère solution d’acétate de plomb. On essayera successivement l’emploi de ces divers moyens , et on n’y insistera qu’aulant qu’on en reconnaîtrait de bonne heure les heureux résultats. On peut aussi faire quelques frictions mercurielles sur la face interne des cuisses. 11 faut recommander l’abstinence des alimens et des boissons stimulantes, des plaisirs vénériens de toute espèce ; on conseillera aussi le repos , l’usage du suspensoir et les bains tièdes. Ce traitement doit encore être continué plusieurs. jours après que la guérison paraît confirmée. Les sudorifiques, tels que la salsepareille , les purgatifs légers, peuvent aussi être employés après les antiphlogistiques, mais avec prudence, et â la condition que le tube digestif se trouve en bon état. (Voyez, pour l’administration des sudorifiques, tqm. I, pag io3et suiv. , et pour celle des purgatifs , pag. ?5 et suiv. j

.Quand le testicule n’a pas été traité heureusement, qu’il est trop dur, lancinant, squirrheux, cancéreux, on doit avoir recours à la castration ; mais on n’en vient à cette extrémité qu’après avoir épuisé toutes les ressources que présentent les antiphlogistiques , les saignées locales, les douches, les résolutifs, etc. Dans les cas d’hydrocèle, on a recours à la ponction pour évacuer la sérosité.

SCARLATINE, fièvre rouge , fièvre scarlatine. Cette maladie,

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qui a beaucoup d’analogie avec la rougeole , a pour caractère principal une éruption de taches irrégulières à la peau, accompagnées d’une irritation de la membrane muqueuse du tube intestinal , et plus souvent encore de celle des voies aériennes, bile s’annonce par les symptômes précurseurs qui précèdent ordinairement les autres maladies éruptives. 11 y a donc d’abord malaise général , frissons , chaleur , mal de tête,. mal de gorge , rhume, larmoiement. Après trois ou quatre jours de fièvre, dite fièvre d’ incubation , le visage se tuméfie ; en même temps des taches rouges apparaissent sur la peau , d’abord disséminées , mais ne tardant pas à se rapprocher. Le plus souvent toute la peau, depuis le visage jusqu’aux pieds, prend une couleur d’un rouge écarlate , d’où la maladie a pris, son nom. Quelquefois il n’y a que certaines partiès du corps , principalement la poitrine, le ventre et les cuisses, qui soient le siège de l’éruption. Elle se manifeste quelquefois par de larges plaques ; elle ne produit pas ordinairement de boulons sensibles à la vue ni au toucher. La déglutition devient difficile ; il y a tuméfaction des amygdales, nausées et même vomissement ; respiration fréquente; la fièvre est ardente; souvent il y a du délire; la soif est considérable, mais le malade craint de la satisfaire , à cause de la douleur qu’il éprouve pour avaler ; le mal de tête est intense ; il y a beaucoup d’agitation , surtout pendant le sommeil; la démangeaison est insupportable. Ces divers symptômes sont plus ou moins violens , suivant que l’inflammation tant interne qu’externe qui y donne lieu est elle-même violente ou légère; quelquefois l’éruption est peu considérable, ainsi que le mal de gorge; d’autres fois l’inflammation est assez intense pour donner lieu à tous les phénomènes qui constituent les fièvres appelées malignes par les auteurs.

Quand la scarlatine a fait son explosion, la fièvre continue ; il y a rougeur vive de la peau et de la langue, sensibilité à l’épigastre, soif ardente. Tous ces symptômes disparaissent au bout d’une dizaine de jours. Il est facile de voir que la fièvre qu’on a nommée fièvre d’incubation , et qui précède l’éruption , est le signal d’une irritation gastrique accompagnée le plus souvent d’une angine ; puisque, malgré la rougeur de la peau, l’inflammation interne persiste encore pendant quelque temps , et que l’interne et l’externe disparaissent ensemble. Il y a donc en même temps inflammation de la peau , de la muqueuse gastrique et des ; voies aériennes. L’angine ou l’inflammation des amygdales peut être assez violente pour que le malade meure suffoqué : ces parties peuvent aussi être frappées de gangrène, et la maladie se terminer d’une manière fâcheuse. Quelquefois upe fluxion de poitrine (pneumonie) se manifeste et devient

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rôtit à coup la maladie principale ; d’autres fois la prédominance de l’inflammation a lieu dans le cerveau ou dans le canal intestinal, ou dans ces divers organes simultanément; c’est ce qui constitue la scarlatine maligne , facile à reconnaître par un état d’agitation extrême du malade, de prostration de ses forces , par des secousses convulsives * par la fuliginosité de la langue, etc. Dans d’antres circonstances il y a un tel excès d’inflammation à la peau , qu’elle devient tout entière d’un rouge vif et simule un vaste érysipèle.

La scarlatine , quand elle suit une marche régulière , se termine, comme la rougeole, par la desquammation , qui a lieu trois ou quatre jours après l’éruption, tantôt plus tôt, tantôt plus tard. La durée totale de la maladie est à peu près la même que celle de la rougeole et de la petite vérole.

Les auteurs ont distingué cette affection en bénigne et en maligne ; mais le mot bénigne , traduit en langage plus intelligible, doit signifier légère , et le mot maligne est l’équivalent de violeüte; car si l’inflammation des voies gastriques et aériennes, ainsi que celle de la peau est légère , on aura une scarlatine bénigne ou légère ; si cette inflammation est tellement violente qu’elle produise la gangrène, les convulsions, la prostration des forces, la scarlatine est grave ou maligne. On sent donc qu’il ne s’agit que du degré plus ou moins violent de l’inflammation , et qu’entre la scarlatine la plus bénigne et la plus maligne il y a plusieurs nuances intermédiaires qui ne sont jamais précisément les mêmes chez les différens individus. Au reste , cette remarqué ne s’applique pas plus particulièrement à la scarlatine qu’aux autres fièvres dont nous avons parlé dans un autre article , et qu’il Sera bon de consulter. (V. Fïèveè. )

A la suite de la scarlatine , on peut observer des irritations chroniques sur les mêmes points et dans les mêmes organes qui avaient été affectés d’une manière aiguë. Elle est souvent suivie d’ànasarque , c’êêt-à-dire d’une hydropisie générale du tissu cellulaire. D’autres fois il reste un catarrhe, une pleurésie, Une pneumonie. Cés terminaisons fâcheuses ont surtout lieu lorsque là maladie a été mal traitée dès le principe.

Causes. La scarlatine se développe de préférence chez les enfans et les adolescens, et particulièrement vers la fin de l’automne. Cependant aucun âgé n’en est exempt , et elle peut sfe manifester dans toutes les saisons de l’année : elle est beaucoup plus dangereuse dans l’âge adulte que dans l’enfance; elle règne quelquefois épidémiquement , et il paraît qu’elle peut se transmettre par le contact, comme la rougeole et la petite vérole , mais ce mode de transmissiomri’est pas à* beau-

coup près aussi fréquent que dans ëè's deux dernière^ màtdâœi. Ellè est généralement plus dangereuse lorsqu’ërië est épidémique que lorsqu’elle est sporadique , c’est-à-drrè qu’elle n’attaque que quelques personnes isolément. Dans lé plus grand1 nombre des cas , cette maladie se tèrmine d’une manière heureuse J à moins que l’on n’exaspère l’inflammation par un traitement stimulant; heureusement que de nos jours il s’est opéré à cet égard de grands et utiles changemens , fondés sur une connaissance plus précise de la maladie à laquelle ôn avait affairé. Dans tous lés cas , le danger est toujours en raison dé l’intensité dé l’inflammation , non-seulement dé la peau, mais encore et principalement dés complications qui peuvent l’accompagner.

Le traitement dé la scarlatine étant absolument le même que celui de la rougeole , il est inutile de le retracer ici. (Voy. Rougeoie.)

SCIATIQUE, névralgie sciatique, douleur sciatique. On donné ordinairement le nom de sciatique h une douleur qui se manifeste le long du trajet du nerf sciatique. Le nerf que l’on nomme' ainsi descend lë long dé la partie postérieure de là cuisse, et së divise dans son cours en plusieurs ramifications jusqu’aux extrémités du pied; üù autre nerf, que l’on nomme crural, suit là face antérieure et interne de la cuisse, èt fournit égàlemen't diverses branches dans son trajet.

Là névralgie sciatique sè manifesté par les symptômes suivait s ; il y a douleur vive et déchirante, quelquefois puisàtivè ou avec des élanceraens et des tiraillemens , s’étendant depuis là fessé le long de là partie postérieure dé la cuisse ; quelquefois Se propageant âüx côtés externes du genou , de la jambe et de la plante du pied. Lorsque la douleur occupe le nerf crufai , elle se fait ressentir à là partie antérieure et interne de la cuisse , au jaret j et quelquefois àü Côté interne de la jàmbé et au dos du pied. Ces deux affections ne différant i’une de l’autre que par le siège qu’elles occupent, flous les avons réunies en un même article, parce que lé traitement en est complètement identique. La cuisse h’ Offre ni rougeur, ni gonflement , et ce signe sert à faire distinguer la douleur sciatique du rhumatisme , avec lequel on pourrait d’abord la confondre ; les inbuvemens sont douloureux et quelquefois impossibles ; en général le malade éprouvé du soulagement quand on pratique des frictions sur le trajet de la donléur, ou îorsqué l’on comprime la partie souffrante. Cès moyens ne produisent pas non plus dé soulagement dans le rhumatisme.

Cette maladie peut affecter une marche àiguë ôü chronique ;

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elle offre peu d’intermittences , et la douleur est presque toujours continue; elle dure depuis quelques jours jusqu’à des mois, des années, et même, dans certains cas , elle dure pendant toute la vie.

Les causes qui produisent la névralgie sciatique sont les mêmes que celles de toutes les autres névralgies ; ce sont principalement l’impression du froid, et surtout du froid humide; la suppression subite de la transpiration cutanée, les contusions , les lésions , les altérations organiques du nerf sciatique ; quelquefois la douleur est causée et entretenue par une tumeur ou un corps étranger qui comprime ce nerf, par une altération des os de la colonne vertébrale vers le point où il sort de cette colonne osseuse; elle peut aussi dépendre, et dépend en effet souvent d’une affection de la moelle épinière dont le nerf sciatique tire son origine. (Y. Moelle épinière. )

Traitement. Dans le principe, et lorsque la maladie est aiguë, on doit employer les saignées locales abondantes , répétées , au moyen dé sangsues , ou mieux encore , de ventouses scarifiées sur le trajet du nerf, mais principalement dans le haut de la cuisse et vers l’endroit où la douleur semble avoir son point de départ : on a quelquefois ôté la douleur subitement en recouvrant de ventouses tout le bas des lombes et le haut de la cuisse. Si l’on avait affaire à un sujet fort , vigoureux , sanguin , on ferait précéder les sangsues ou les ventouses par une saignée de bras ou de pied. Lorsque l’on a produit comme une détente ou un relâchement des tissus par les émissions sanguines, si la douleur ne cède pas , c’est le cas d’avoir recours aux révulsifs les plus énergiques. Ainsi , après avoir administré pendant quelques jours les douches sur la partie malade, on y appliquera plusieurs moxa souvent répétés; et si les malades n’avaient pas le courage de se soumettre à ce traitement, à cause de la douleur qu’il détermine, on lui substituerait les vésicatoires volans , les frictions irritantes avec la pommade ammoniacale ou toute autre substance propre à produire la rubéfaction. (Voyez, pour ce qui concerne la manière d’employer les irritans externes, pag. 91 et suivantes, compris sous le nom de Révulsifs, Rubéfions , Moxa, Sinapismes, Ventouses, Sétons.)

Ce traitement extérieur, à part les saignées, est encorè celui qui convient dans la sciatique chronique. On a quelquefois obtenu de bons effets de deux gros d’huile essentielle de térébenthine mêlée avec un sirop ou avec du miel, pris en cinq ou six fois dans l’espace de vingt-quatre heures, et en continuant celte médication pendant sept ou huit jours , et même plus. Si l’on s’apercevait que ce médicament déterminât trop d’irrir

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tation sur le canal intestinal , on devrait en diminuer la -dose ou en suspendre entièrement l’administration. On pratique aussi des frictions sur la cuisse avec cette même substance , dont on imbibe un morceau de flanelle ou toute autre étoffe de laine.

On vante beaucoup les bons effets obtenus de l’acupuncture dans les douleurs névralgiques , et principalement dans celle dont il est question dans cet article. L’acupuncture est une opération renouvelée dans ces; derniers temps des Chinois et des Japonais; elle consiste à introduire plus ou moins profondément une ou plusieurs aiguilles très-déliées sur le siège de la douleur. De nombreux cas de guérison rapportés par des auteurs dignes de foi ne permettent pas de révoquer en doute les avantages que l’on peut obtenir de cette opération, qui n’a absolument rien de douloureux. Cette opération peut être combinée avantageusement avec l’action de l’électricité.

II est quelquefois utile d’entretenir la moiteur de la peau en enveloppant la cuisse avec une pièce de taffetas gommé, trèspropre à produire cet effet. On peut même en faire un caleçon doublé avec la flanelle. Cette seule précaution a suffi dans quelques cas pour faire disparaître la douleur.

Il est , je crois y inutile de dire que l’on doit éviter avec soin le froid et l’humidité, et qu’il convient de maintenir la chaleur du corps, en portant habituellement de la flanelle ou une fourrure chaude immédiatement sur la peau, durant l’hiver et toutes les fois que la température est abaissée.

SCORBUT. Presque inconnue des anciens, exerçant dès ravages épouvantables dans les derniers siècles, singulièrement ralentie et assez rare de nos jours , cette maladie se manifeste par les signes que nous allons décrire.

On peut distinguer trois degrés dans le scorbut. 1" degré. Les individus qui commencent à en éprouver les premières attéintes deviennent lents , paresseux, ressentant une lassitude inusitée, et sont fatigués par le moindre exercice ; le teint naturel du visage disparaît et se change peu à peu en une pâleur blafarde ; le moral est abattu; le malade est sujet aux défaillances , aux palpitations de cœur, surtout s’il fait quelque mouvemént ; des douleurs vagues se font sentir dans les membres ; bientôt il commence à avoir les gencives gonflées, rougeâtres et douloureuses. Malgré cet état, les digestions continuent ordinairement à se faire avec régularité , et l’on n’observe généralement du côté du canal intestinal qu’une constipation plus ou moins opiniâtre. 2e degré. Les gencives, devenues de plus en plus spongieuses, gonflées et douloureuses, commencent k laisser

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couler un sang peu coloré ; i’haleine est d’qne fétidité repoussante, les gencives s’ulcèrent, les dents commencent à se dénuder ,et à, vaciller; la peau est d’abord sèche et âpre au toucher; ensuite des tâches larges , livides , se manifestent sur différens points de son étendue et se changent en ulcères , qui deviennent fongueux et saignans ; l’affaiblissepaent général augmente ; souvent il y a impossibilité de marcher ; les membres se tuméfient et deviennent déplus en plus douloureux; les muscles des extrémités inférieures se contractent et occasionent quelquefois la rétraction des jambes sur les cuisses ; les plaies ne se cicatrisent point , et si le malade a quelques os fracturés, ils ne se consolident que difficilement ou pas du tout. 3e degré , Si l’on ne fait rien pour arrêter les progrès du mal, ou que les moyens employés soient inefficaces, tous les symptômes précédons s’aggravent encore ; des hémorrhagies abondantes ont lieu par différens points du corps, parla bouche, par les narines, par l’anus, le vagin, en un mot par toutes les ouvertures des membranes muqueuses ; les ulcères dont la peau et principalement les jambes sont parsemées , fournissent une sanie fétide; le gonflement fait des progrès, la face est bouffie; les extrémités inférieures tuméfiées ; les mouvemens muscrn , laires deviennent impossibles ; l’essoufflement est de plus en plus grand , à tel point que le moindre mouvement , le simple transport des malades au grand air suffit quelquefois pour faire craindre la suffocation. Dans certains cas , la carie s’empare, des os, des sueurs fétides surviennent, la fièvre hectique se déclare, et la mort vient enfin terminer cette scène de douleurs.

La marche du scorbut est généralement lente et telle qu’elle vient d’être décrite ; il faut ordinairement plusieurs mois avant qu’ilne devienne fatal. Dans quelques cas néanmoins le scorbut éclate tout à coup .et marche rapidement à son terme ; c’est ce qu’on nomme vulgairement le scorbut aigu. On a encore fait une distinction entre le scorbut qui attaque les marins durant des traversées de long cours et celui qui sévit sur la terre ferme ; le premier se nomme scorbut de mer, et l’autre scorbut de terre; mais cette maladie étant évidemment la même soit sur terre, soit en pleine mer , cette distinction doit être rejetée comme inutile.

Causes. On croyait généralement autrefois que le scorbut fût toujours et uniquement le résultat de l’usage des viandes salées et du biscuit, joint au manque de végétaux frais. Mais quand on a vu et que Ton voit encore cette maladie sévir parmi les individus qui se nourrissaient presque exclusivement de substances Végétales, on reconnaît bientôt. que cette. opinion est faussie'vpuisqu’elJe est en opposition avec les faits. Cepen-

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dant H serait absurde de prétendre que l’usage exclusif des viandes salées, du biscuit, d’eau corrompue, fût sans influence sur la production de cette maladie. Nous voulons seulement dire que cette cause ne la produit pas seule, et qu’on ne doit la considérer que comme une condition propre à favoriser l’action des autres. Le froid, et surtout le froid humide, joint aux privations ou à la mauvaise qualité de la nourriture , au£ affections morales tristes, à l’abattement, à un chagrin profond, sont les causes les plus propres à développer le scorbut. C’est pour cette raison qu’il est si fréquent dans les parties froides et humides de l’Europe , et qu’il ne se montre que par exception dans les pays méridionaux ; qu’il se développe ordinairement en automne , augmente et fait ses ravages durant l’hiver, et disparaît en été. L’insalubrité de l’air contribué aussi puissamment à le produire. En effet, il attaque principalement les individus enfermés dans des lieux bas » froids * humides et sombres » surtout quand ils y sont réunis en grand nombre. Que l’abattement moral favorise l’action de ces di* verses causes physiques , c’est ce que l’on ne saurait révoquer en doute , quand on connaît les diverses circonstances où cette maladie s’est manifestée. C’est ainsi , par exemple, qu’au siège de Breda, les soldats hollandais et allemands, portés par leur caractère à la morosité et à la tristesse , furent atteints en trèsgrand nombre par le scorbut, tandis que les Français, placés dans les mêmes conditions que leurs compagnons d’armes , trouvèrent dans leur gaîté inaltérable , au milieu de ,1a plus affreuse misère, un préservatif contre cette maladie. De nos jours, on a vu le capitaine anglais Parry et tout son équipage s’enfoncer dans les glaces du pôle pour explorer cette région, ses compagnons passer des journées entières jusqu’à mi-corps dans une eau gelée, pour traîner leur bateau au travers dés glaçons» et ne s’arrêter enfin que devant des obstacles qui paraissent insurmontables aux forces humaines. Eh bien ! aucun des hommes de eet équipage n’a été atteint du scorbut ; ce qui serait infailliblement arrivé si cette petite compagnie n’avait pas été composée d’individus pleins d’énergie » doués d’une grande force d’âme, et qui ne se laissaient abattre ni par les dangers, ni par le froid et l’humidité.

Quelle est maintenant ia nature du scorbut? Les uns regardent cette maladie comme le résultat d’une altération pro*fonde dans la composition chimique du sang; les autres au contraire regardent cette décomposition du sang comme l’effet dè l’altération des parties solides du corps. Il est hors de doute que , dans lé scorbut , le sang n’est plus le même qu’il se trouve à l’état de santé ; celui que fournissent les gencives le nez , là

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saignée, reste fluide , dissous, se prenant difficilement en caillot; on dirait du sang délayé dans une grande quantité d’eau. Riais de ce que le sang est ainsi altéré dans sa composition, doiton en conclure que cette altération constitue l’essence de la maladie ? Nullement. Car il n’existe aucune maladie un peu grave où le sang ne soit plus ou moins altéré , parce que les divers organes chargés de l’élaborer subissant une modification dans leur action, ils doivent donner des produits différens. En effet , il n’y a pas de raison pour que les principes constituans du sang puissent changer, sans qu’il y ait préalablement quelques changemens dans la trame des tissus qui servent à le former, à le renouveler, à le purifier. En admettant donc avec tous les observateurs que la composition du sang est profondément altérée dans la maladie qui nous occupe, nous en concluerons que c^est parce que les parties solides ont été modifiées , qu’elles ne sont plus dans leur état naturel , et qu’en conséquence les fluides qu’elles sécrètent doivent aussi être altérés. En quoi consiste cette modification des parties solides ? C’est ce que, dans l’état actuel de nos connaissances, on ne pourrait encore établir avec précision; et nous aimons mieux laisser.la question dans ces termes que de hasarder une explication qui'n’aurait pas les faits pour base.

Le scorbut est devenu une maladie très-rare de nos jours , sans doute à cause des grandes améliorations introduites dans l’hygiène publique; et l’on ne voit plus , comme dans des siècles qui ne sont pas encore bien éloignés de nous , des villes , des armées, des flottes entières en proie à cette affreuse maladie.

Traitement. La partie la plus essentielle de ce traitement consiste d’abord à soustraire le malade à l’influence des causes qui ont fait naître la maladie. Ce point est d’unè telle importance qu’il suffit pour que , sans autres remèdes , les individus affectés du scorbut recouvrent très-rapidement la santé. Il faudra donc les faire sortir de l’atmosphère dans laquelle ils ont contracté leur maladie ; si l’on néglige cette précaution, les secours regardés comme les plus efficaces n’empêcheront pas les progrès du mal. Ces observations sont d’une telle vérité , que l’on a vu souvent l’équipage entier. d’un bâtiment guérir du scorbut dont il était atteint, en relâchant dans une île ou sur le continent, sans avoir recours à aucune espèce de médication.

Ce n’est pas à dire néanmoins que l’on doive négliger les autres moyens dont l’expérience a constaté les bons effets. Ainsi, après que les scorbutiques auront été soustraits à l’influence de l’air froid , humide vicié , marécageux, on aura

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égàrd au* aîimèns et aüx boissons. 11 est incontestable, en effet* que l’on retire de grands avantages de l’usage des végétaux et des fruits frais, auxquels on pourra joindre un peu de viande blanche : les boissons acidulées, et principalement les limonades de citron et d’orange* sont généràlementcelles qui conviennent le mieux ; il est probable que c’est à cause de leur propriété rafraîchissante et en même temps légèrement astringente. On peut augmenter cette dernière propriété en ajoutant à ces boissoins, par parties égales , une décoction légère de tan , ou , mieux encore , de racine de ralhania , suivant les proportions qui sont indiquées au mot* RHatàriia'/ tomî I,;pagJ 123. Ayant eu occasion d’administrer cette boisson ainsi composée dans quelques cas de scorbut, je puis assurer qu’il n’est aucùninoyèn qui ait réûssi à arrêter aussi promptement les hémorrhagies, les ecchymoses de la peau, et à faire reprendre aux gencives leur consistance’ et leur couleur naturelle , effets que ne tardait pas à suivre une amélioration générale et une gérison solide. Les eaux de: groseille, de framboise, et d’autres fruits acidulés produiraient sans doute le même résultat. Le lait, administré pour toute nourriture ou joint aux végétaux , réussit trèsbien dans quelques circonstances , mais il faut alors abandonner les boissons acidulées. Si le scorbut était compliqué de l’inflammation de quelque organe, du canal intestinal par exemple,’ ce qui n’est pas très-rare , on n’emploierait que dés boissons légèrement acidulées ou -émollientes , quelques’ fruits frais , et même la diète, si l’inflammation était assez aiguë pour l’exiger. La bière, les décoctions de houblon , les. eaux ferrugineuses , peuvent être utiles quand il n’existe pas de. complication ; on peut même donner de temps en temps un peu de. vieux vin roüge.

Ce traitement devra être secondé par l’entretien d’une trèsgrande propreté , l’usagé des bains tièdes, de là flanelle sur toute la peau si l’on est en hiver ou dans un pays froid: L’én aura recours en outre à tous les moyens propres à relever le moral du malade.

Les ulcères de la bouche et des gencives seront combattues par des gargarismes.étnolliens d’abord , et ensuite par des gargarismès acidulés et astringens. Les ulcères des membres exigent à peu près les mêmes soins.

Doit-on , dans la maladie qui nous occupe, "avoir recours aux végétaux que l’on nomme anti-scorbutiques? La question seyait affirmative si , comme leur nom l’indique , ces substances étaient vraiment anti-scorbutiques; mais elles nè paraissent pas méritér la vogue qu’on leur accorde. Je dirai même qu’elles sont’ plus souvent nuisibles qu’utiles , à cause du’ principe

âçre qu'elles contiennent. On s’est fondé en effet, pour intro^ doive ces végétaux dans le traitement du scorbut, sur les résultats avantageux qu’en avaient obtenu des matelots qui débarquèrent dans une île qù ils trouvèrent du cresson ; Us en mangèrent en abondance et furent guéris ; mais le changement d’air, l’eau fraîche doivent être Comptés pour quelque chose dans Cette guérison; et nous devons ajouter que dans le pays où ils relâchèrent, le cresson est une plante douce et non âcre , comme il l’est dans nos contrées , à plus forte raison dans les régions plus équatoriales. Cette plante a agi dans cette circonstance comme aurait fait tout autre végétal doux et frais. Ou ne peut donc que blâmer l’usage où sont certaines personnes d’administrer des sucs de cresson ou de cocbléaria , des sirops , des vins dits anti-scorbutiques , préparés avec les mêmes plantes, aussitôt que les enfans sont pâles et que leurs gencives, se ramollissent. Ces substances irritent le canal intestinal et augmentent la disposition inflammatoire de la membrane muqueuse de ce canal que ces enfans portent ordinairement. Les anti-scorbutiques font donc alors mentir leur nom , puisque leur moindre inconvénient seyait d’être inutiles : maiscomme ils ne possèdent pas cette propriété négative , on doit les ranger parmi les autres irritans et en proscrire l’usage dans tous les cas où il y. a fièvre , tuméfaction: du ventre , dévoiement, rougeur de la langue; en un mot dans; tous les cas où le tube digestif est irrité , enflammé ou disposé à le devenir. (Voyez , pour ce qui regarde, l’administration et le mode d’agir des anti-scorbutiques, tom. I* pag. 4*5 et suiv.)

SCROFULES. Humeurs froides ,* écrouelles. (Voyez l’article Rachitis, qui sert de complément à celui-ci.) On a vu dans divers articles de cet ouvrage des altérations organiques produites par une inflammation préalable qui , par l’appel des fluides dans Les tissus enflammés, donnait lieu à des tubercules, à destumeursblaaches des articulations;, à des mélanoses, aux obstructions du foie, au cancer de l’estomac, de la matrice > de !a vessie, etc. C’était toujours, dans ces cas , l’inflammation qui venait se perdre sous ces formes. Maintenant considérons ces phénomènes comme primitifs et avant toute inflammation. C’est dire que nous allons nous entretenir des scrofule» et do plusieurs autres affections qu’on leur rapporte , telles que le rachitisme, le carreau, le goitre, etc.

Les médecins ont des opinions bien divergentes sur la nature; des scrofules : le.s uns les attribuent à la faiblesse, à l’atonie ; les- autres les font dépendre de l’irritation , mais d’une, irritation lente, faible;, au-dessous de L’irritation inflammatoire, et

lui donnent pour cela le nom de sub-inflammaiioh JLk doctrine des derniers paraît plus conforme à l'observation des faits èt âti raisonnement. Les objections que l’on élève contré cettë doctrine ne sont pas difficiles à réfuter ; elles se redüiâëttt: à peu près aux suivantes :

Première objection. Les affections scrofuleuses se rencontrent principalement chez les sujets faibles et sans énergie. Gela est yrai : mais il faut savoir si l’idée que l’on attache aux mots /brée et faiblesse est d’une grande exactitude ; celui-là est faible , d’après l’expression vulgaire , qui a des muscles peu développés et un système nerveux doué de peu d’énergie. On part de là pour attribuer à tous les, systèmes ce qui n’est ordinairement applicable qu’à certains d’entre eux, d’autant plus que. les divers systèmes de l’économie vivent dans une dépendance mutuelle, et de telle sorte que l’un d’eux ne prédomine souvent qu'aux dépens des autres.

Deuxième objection. Le tempérament lÿffipBMqufe ëst celui qui prédispose le plus aux Scrofules. Cela est eriëorè vrai : mais, dans ce tempérament, y a-t-il faiblesse du système lymphatique, comme on le pense? Il est bien plus naturel d’attribuer à un excès de vitalité ceftte action par Iaipfelle ce système absorbe, élabore, charrie une plus grande quantité de lymphe. C’est ainsi que l’on dit qu’il y a énergie du système sanguin , lorque toutes les parties sont abreuyées ,d’upn, grande quantité .de sang et que l’appareil de la circulation est,très-dç veloppq- .Pourquoi les mêmes conséquences ne seraient-elles pas applicables au système lymphatique ? .

PYffùüème objection. Lès causes- qtfi dé terminent' la dOffstlfu-» tion scrofuleuse ou qui amènent lé déV’eloppéïûènt* dès scrofules , lorsque cette constitution est innée y ' wM plutôt de nature à affaiblir qu’à exciter. Cette remarque est également vraie , mais là conclusion est faussement ‘dêdiiitë ; ;eàr,-u *- sous l’influence des causes débilitantes telles qùé Fhamidité', le froid, l’obsburité , l’absence de la lumière solaire , là mauvaise -nourriture , îè défaut d’exercice , les systèmes musculaires , sahguîas et nerveux ne sé developpent que très-péu , ce’ qui favorise la prédominance des tissus’ cellulaire et lymphatique sur les autres organes ; a° lorsque la prédisposition scrofuleuse existe, les causes irritantes ordinaires provoquent le développement des scrofules ; en effet , que chez un sujet d’une constitution scrofuleuse, une articulation vienne à être le siège d’une violence , il s’y développera une tumeur blanche , tandis que, chez d’autres sujets, on n’observera rien de semblable : les exemples de ce genre se présentent en foule, Si ,'chcz les

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sujets scrofuleux, les causes irritantes atteignent de préférence le système lymphatique, c’est que ces causes tendent toujours a déyelopp.er l’irritation dans les tissus les plus disposés à la contracter ; 3° les affections scrofuleuses, relativement à leur siège, suivent, dans les divers âges de la vie , l’ordre dé l’irritation en général, c’est-à-dire qu’on les observe dans les parties du corps qui jouissent de plus de vitalité ; ainsi , chez les enfans, elles se montrent à la tête , au bas-ventre, dans les parties extérieures du corps ; on voit chez eux la teigne , l’engorgement des glandes du cou, de celles du mésentère; dans la jeunesse, les poumons sont spécialement atteints, et l’on rencontre la phthisie tuberculeuse; dans la vieillesse, les articulations se tuméfient, les jambes s’ulcèrent , etc. ; 4° les engorgemens lymphathiques des scrofuleux aboutissent à la suppuration, de même que les engorgemens sur la nature inflammatoire desquels personne ne dispute.

Le peu de vitalité du système lymphatique expliquera lenteur de la marche de l’irritation. ,

Ce n’est donc pas la débilité qui est;la cause immédiate des scrofules, elle peut la déterminer par, toutes les raisons précitées ; mais l’affection scrofuleuse elle-même n’est pas une débilité; comment concevoir une faiblesse avec douleur, chaleur, tuméfaction ? . .

Quatrième objection. La disposition scrofuleuse et les scrofules se guérissent par l’usage des excitans. Cette observation , en partie vraie, prouve seulement que sous l’influence des excitans, tels qu’une bonne nourriture , l’insolation-, lés exercices en plein air et sous un beau ciel, les systèmes musculaire’, nerveux et sanguin prennent du développement et dé l'énergie ; dès lors le système lymphatique perd la prédominance qu’il avait sur ces systèmes, et l’équilibre se rétablit. Ne; sait- on pas d’ailleurs que l’usage des saignées locales favorise puissamment la résolution des glandes lymphatiques chez les.scrofuleux? Ne sait-on pas aussi que les excitans, quand ils n’opèrent pas sur les autres systèmes les effets dont on vient dé parier ; hâtent le développement des scrofules, parce que l'excitation est employée à l’avantage de la vitalité surabondante des tissus cellulaires et lymphatiques ?

Parlons maintenant des scrofules en particulier et de quelques-unes de leurs variétés.

Signes de la constitution scràfUlèusè. Les individus prédis* posés aux affections scrofuleuses présentent ordinairement dés l’enfance les caractères suivans : tempérament lymphatique , développement remarquable des tissus cellulaires gonflement

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