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tout internés , le régime tonique devrait être suspendu , et remplacé par les émolliens et un traitement approprié.
Les tumeurs scrofuleuses doivent être attaquées dès leur début par les saignées locales peu abondantes et souvent répétées; elles agissent al'oi’s comme moyen antiphlogistique et révulsif, et si l’irritation extérieure n’est pas compliquée d’inflammation interne, on peut administrer les toniques indiqués précédemment , et faire concourir ce traitement avec l’air sec et les autres moyens hygiéniques. Mais quand les tumeurs sont anciennes , il n’est pas possible d’en obtenir la résolution au moyen des sangsues; celles-ci seraient même dangereuses en augmentant la faiblesse locale et générale. On applique alors sur les tumeurs des excitàns de diverses espèces pour les faire arriver à la suppuration ; de ce genre sont les emplâtres de savon, les linimens ammoniacaux, l’onguent styrax , les pommades d’iode, etc. Si les tumeurs ne sont pas encore tuberculeuses, il arrive quelquefois que ces applications , et surtout celles d’hydriodale de potasse , en opèrent la résolution.
Les ulcères scrofuleux doivent être pansés avec des plumasseaux enduits de cérat; si les chairs sont blafardes, on les excite légèrement avec la crème de tartre en poudre, ou'un digestif animé. Deviennent-ils sanieux, gangréneux? on a recours aux tranches de citron privées de leurs zestes , aux lotions de chlorure de soude; et si ces ulcères sont douloureux, on emploie le cérat opiacé, les cataplasmes émolliens. Quand les ulcères tendent à se cicatriser, il faut tâcher de prévenir les difformités que les cicatrices laissent après elles, en réprimant souvent les chairs avec le nitrate d’argent, en cautérisant les bourrelets formés par la peau et les végétations qui s’élèvent.
Le carreau y ou mieux l’irritation entéro-mésentériqüe , à laquelle on donne ce nom , doit être traitée comme les gastrites et les gastro-entérites chroniques; cette variété, ainsi que la phthisie tuberculeuse , exige l’emploi des émolliens à l'intérieur. ( V. Gastrite et Phthisie pcijiokaire. )
Le rachitis doit être traité par les moyens hygiéniques indiqués plus haut pour prévenir les scrofules , mais on suspendrait ‘ les slimulans à l’intérieur s’il survenait dé l’irritation. Au reste l’on doit, dans tous les cas, surveiller l’état des voies digestives pour permettre, diminuer , augmenter ou retrancher l’alimentation fortifiante. On corrige les déviations que les os peuvent avoir subies par l’emploi de divers moyens orthopédiqnes dont nous n’avons pas à nous entretenir dans cet ouvrage.
Les tumeurs des articulations, dites tumeurs blanches, doivent être attaquées d’abord par les sangsues sur la partie tuméfiée, ensuite par les révulsifs tels que les ventouses , les vési-
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catoires, les moxa. Repos absolu. Le traitement ioterne doit être tonique, à moins de complications qui s’y opposent.
L’ophthalmie , le coryza scrofuleux, n’exigent pas d’aiitre traitement local que si ces maladies étaient simples ; c’est pourquoi nous renvoyons à ces deux articles. Mais, comme il y a en même temps constitutionscrofuleuse , il faut la combattre par les moyens généraux , applicables d’ailleurs à tous les cas de scrofules.
Les scrofules constituent-elles une maladie héréditaire? sont-elles une maladie contagieuse , c’est-à-dcrè transmissible par le contact des personnes qui en sont affectées? Rien n’est si conforme aux préjugés du vulgaire, rien n’est aussi répandu que les idées de vice du. sang, de virus transmis par voie de génération. Les scrofules sont principalement Une des maladies que l’on signale comme devant se transmettre infailliblement de père en fils : on croit avoir tout dit quand ou a prononcé le mot d'écrouelles 9 d' humeurs froides ; et cpmnd il existe des individus chez qui cette maladie se manifeste par des symptômes extérieurs très-saiïlans, avec les glandes du cou engorgées', ulcérées , ces infortunés sont regardés comme impurs ; on craint de s’en approcher; on évite de communiquer, de s’allier avec eux. Montrons que ces préjugés sont non-seulement barbares , mais encore absurdes et fondés sur la plus stupide ignorance.- Sans doute que les parens transmettent à leurs i enfans: une organisation plus -ou moins semblable à la leur, en vertu dé laquelle ils sont plus ou moins disposés à contracter certaines maladies. Celui qui aura reçu dé ses parens une constitution: sanguine sera disposé aux maladies inflammatoires.; ;s’il. en a reçu un large cerveau , iiu cou volumineux et court, il sera disposé aux affections cérébrales, à l’apoplexie; sül est venir au monde avec une prédominance marquée du système nerveux, :il sera doué d’une sensibilité vive et sujet aux affections nerveuses; est-il né avec une prédominance des tissus cellulaires et du système lymphatique en général ? eh bien! il sera plus particulièrement sujet aux maladies de ce système ; et parce qu’on aura donné à ces maladies les noms passablement ridicules d’écrouelles , d’humeurs froides, s’en suit-il que ses parens lui aient transmis un vice du sang , un virus particulier qui doit aller infecter jusqu’à ses arrière-neveux ? Ou dirait avec autant de raison que la fièvre gastrique, que l'inflammation cérébrale, que les convulsions sont héréditaires, puisqu’on est disposé à contracter ces maladies , toutes choses égales d’ailleurs ,.en raison de son organisation et de la constitution transmise par les païens. Pourquoi une irritation des. vaisseaux? et des glandes lymphjtiqiies séraiMiie une maladie plus impure
qu’une irritation de la membrane muqueuse, qu’une irritation cérébrale ? Est-ce parce qu’elle est apparente ? Mais un érysipèle , un furoncle , un panaris sont également apparens ; et qui s’avise de regarder ces maladies, comme contagieuses? Seraitce parce que les scrofules durent long-temps et qu’elles se dissipent difficilement? mais cela dépend du peu d’activité , du peu d’irritabilité des vaisseaux- lymphatiques qui sont le siège de la maladie. Dans ces tissus, en effet, l’inflammation marche lentement, reste long-temps stationnaire ; mais la lenteur avec laquelle une maladie parcourt ses périodes ne dépend pas d’un virus particulier. Il est démontré jusqu’à l’évidence que, quel que soit le genre de communication quel’on ait avec les personnes affectées de scrofules , on ne peut gagner leur maladie, à moins qu’on ne s’expose en même temps à l’influence des causes qui peuvent seules la développer. Alors on doit accuser ces causes elles-mêmes , plutôt que les personnes que l’on fréquente et avec qui l’on passe sa vie. Placez dix plantes dans un lieu sombre , dans une cave, par exemple , à côté d’une autre plante étiolée, toutes s’étioleront, seront. scrofuleuses: dirat-on que c’est le voisinage de la première qui les a rendues telles? Il est évident que c’est parce qu’elles croissent toutes sous l’influence des mêmes causes, privées de la lumière du soleil. Il n’est pas difficile de faire l’application de cette comparaison. Si plusieurs personnes naissent ou sont élevées dans des lieux humides,, dans des rues étroites et sombres, dans des vallées obscures, dans une prison souterraine;; dans le voisinage de marais , etc. , faisant peu d’exercice , recevant une nourriture- de mauvaise qualité ; si en outre elles ont reçu de leurs par en s une. constitution lymphatique; nul doute que sous l’influénce de ces diverses causes isolées ou réunies on ne voie se développer la maladie qui nous occupe Mais l’opinion des médecins les plus instruits et les plus sages n’est rien aux yeux d’un public prévenu; il né réfléchit pas , il rie. raisonne pas. Sureé point les préjugés sont tellement outrés que si , par un accident quelconque , une plaie; une brûlure a laissé des eieatrices bien marquées autour du, eau d’une personne , aux en^droits où: se montrent or dinairement les -tumeurs scrofuleuses , on se hâte d’en conclure que cette personne est i¥un mauvais sang. lin phlegmon , un abcès, une maladie quelconque se dé^ veloppe-t-elle au cou d’une -jeune personne , ni elle ni ses parens ne souffriront qu’on- en fasse l’ouverture , et elle aimera mieux souffrir pendant des ann ées i que de permettre qu’on •pratique une opération qui la soulagerait , rirais qui laisserait une légère cicatrice. Long-^rtfpspenc'dro les^ots seront en majorité, et e?e$t presque peine perdue* que de vouloir opposér
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l’expérience et le raisonnement à des gens qui arrivent en champ clos , bardés de préjugés ridicules et vermoulus.
Puisqu’il est certain que la maladie scrdfjilëuse ne së ti-ansmet ni par contagion ni par hérédité , examinons quels sont les moyens de s’opposer à son développement.
, L’homme qui naît sans prédispositions n’a besoin pour s’y soustraire que d’éviter les causes dcpasionelles longuement dé-- .taillées dans les pages précédentes , et surtout dans l’article Rachi,tis. Mais celui qui apporte en naissant des prédispositions bien marquées, que ces prédispositions soient héréditaires Ou qu’elles ne le soient pas , devra éviter non-seulement Tïnfluence des causes précitées, mais il aura’à pornbaltré cette prédisposition., ce.tte constitution qui së trouve inhérente à son, organisation et le rend pius ouvert ù l’action de ces mêmes causes.
.Les moyens a employer pour y réussir, dit M. Morlgellaz dans son excellent ouvragé sur l’art de provenir Tes maladies dites héréditaires, doivent commencer avec la naissance, et varier suivant l’âge, suivant la forcé du sujet, et suivant que la prédisposition à contracter la maladie dont il s’agit èst plus ou moins grande. Ainsi , un enfant est-il issu de parens scrofuleux? vient-il au monde avec désdispositions.ale devenir lui-même? il faudra d’abord lui choisir une bonne nourrice ; car il est évident que , si sa mère est atteinte de scrofules ou présente uae^constitution sqrofuleuse^, elle ne devra point donmer le. sein à, son enfant , parce que , dans la supposition .même qu’il, n’eût pas '.apporté en naissant des dispositions organiques à la maladie dont il s’agit, il les contracterait avec le lait de sa urère;et!pour 'expliquer ce fait , il n’est { as nécessaire devoir recours à l’existence supposée .d’u.n virus particulier qui se communiquerait à l’enfant par .un. lait vicié. Sans le secours d’aucune supposition de ce genre, n’est-il pas aisé dé concevoir qu’un lait séreux , mal élaboré et peu animalisé , nç. serait nullement profitable â l’enfant ,? Ne. ço nçoil-on pas qn?un semblable lait fatigue son- estomac, , qui.d’ailleursne peut en tirer qu’un faible parti pour r'asswpi(a,ti.on et ceHeTci n’apportant dans ^économie que deAmaté^iauxÿe mauydse gualité gçomment :Jies(dtver§ tissiis; qui entrent dans-j sa composition pourraient-ils $^ens qui/leur- conviennent ? Ces tissus
doivent donc, souffrir,, s? altérer peu à peu , et laisser la prédominance à ceux .d’entr.é:ë$x qui ,.d,aps Tétât sain , reçoivent des matériaux de nutrition analogues à ceux qui abondent alors ;,dans l’écononrie.; de là ractiyité vitale plus -grande du syptfcme blanc, des. ‘-.vaisseaux. lactés ,,dês vaisseaux exhqlans et.ahsorbans ydes ganglions y des cartilages , des tendons, des os, etc, ; de là I* prédisposition de. ces tissus .à s’affecter ; de là , en un
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mot, la baissance et le développement de la constitution scrofuleuse sous l’influence du lait d’une mère ou d’une nourrice attaquée de scrofules.
Après le choix d’une nourrice fortement constituée y sanguine , ayant un bon lait, il faudra veiller d’une manière particulière à ce que l’enfant jouisse d’un air pur, plutôt sec qu’humide, fréquemment renouvelé et d’une température douce, modérée ; à ce qu’il soit couché sur un lit plutôt dur que mou, et couvert assez chaudement; il faudra changer souvent les linges de l’enfant, afin qu’ils soient constamment propres et secs. Chaque jour on lui fera des frictions , tantôt sèch'es, tantôt avec un Uniment huileux et aromatisé; on les exercera en particulier le long du dos, sur le ventre , sur les articulations.' Loin de chercher à obtenir des selles trop fréquentes, on évitera au contraire tout ce qui pourrait lés occasiôhër', comme de l’exposer au froid , de le laver dans l’eau froide' aussitôt qu’on le lève de sa couche chaude; de lui faire manger beaucoup de fruits , de légumes muçifagineux , etc. On ne lui donnera ni sirops ni remèdes purgatifs quelconques. II ne lui'faut absolument qu’un bon lait de femme jusqu’à quatre ou cinq mois ; alors on commencera à lui associer une légère panade faite avec de la croûte dé pain desséchée et du bouillon de poulet, puis des crèmes de riz, des soupes de jaune d’œufs. Du huitième au dixième mois ; des potages au bouillon de bœuf, et même quelques consommés. Quand l’enfant commence à se bien nourrir indépendamment du sein de sa nourrice, il ne faut point tarder à le sevrer et à le nourrir entièrement d’ajimens plus solidés/et plus substantiels que levait. On lui donnera quelques morceaux de chair de volaille , des gelées "de viande,' des viandes rôties dë poulet, de mouton , de canard , de pigeon , etc. On assaisonnera avec le jus de ces viandes les légumes qu’on lui fera prendre, et parmi lesquels 'on choisira de préférence les carottes, la chicorée, le salsifis , l’épinard, le choufleur, l’asperge, etC. Pour boisson ordinaire, l’eau coupée avec un tiers de vin, et même quelques gouttes de vin pur aux deux principaux repas.
Un moyen auquel on ne saurait attacher trop d’importaftee chez les enfans d’une constitution scrofuleuse , c’est de les exposer le plus souvent possible, lorsqu’on vient de les lever et àvant dë lès couchër, à la chaleur d’un feu flamboyant , principalement les jours ou un temps sombre et pluvieux empêche de les exposer au grand air, à la clarté d’un beau jour, à la chaleur bienfaisante et réparatrice du soleil. C’est parce que l’influence de cet astre est si avantageuse aux enfans disposés aux scrofules, qu’il faut leur choisir une habitation dans un
lieu bien percé , très-aéré, exposé pendant la plus grande partie de la journée aux rayons du soleil, et surtout du soleil levant.'
A mesure que l’enfant prend des forces et de l’accroissement, il lui faut beaucoup de récréations, d’exercices en plein air, au soleil, et toujours des alimens bien choisis; il faut alors le couvrir moins chaudement, le retenir moins long-temps au lit, et lui faire prendre au moins deux fois par semaine un bain froid ou de rivière dans la belle saison.
.11 ne faut les occuper à rien de sérieux avant que la secondé dentition ne soit achevée , parce qu’il n’est pas rare que le physique ait encore de grands échecs à éprouver; il n’est pas rare qu’alors on observe quelques changemens du côté de la tête et du cou, qu’il faut surveiller attentivement. Si les yeux , le nez devenaient un centre de fluxion annoncé par des ophthàlmies chroniques , des coryza, un gonflement des ailes du nez, etc. , il faudrait se hâter d’établir un exutoire derrière chaque oreille par le moyen d’un pètil vésicatoire , dont 'on entretiendrait long-temps la suppuration. Si l’on voyait së développer quelques glandes autour du cou, il faudrait les attaquer d’abord par les émolliens et l’application des sangsues , ensuite par des frictions résolutives avec un peu d’onguent mercuriel ou une pommadé hydriodatée. (Voyez , pour la manière d’administrer cette pommade, tom. I, pag. 1 844 Où elle est indiquée sous le titre de Pommade contre le goitre. ) 1
• Lorsqu’on a combattu avec succès jusqu’à la puberté les prédispositions à la maladie scrofuleuse que présentait un en-, fant, il est rare que cette époque ne lui soit pas très-avantaTgeuse, et que son économie ne prenne alors un. nouvel élan d’activité et de force, qui est presque un sûr garant pour, l’avenir.
On aura soin de favoriser l’évolution des règles chez la jeune, fille , de prévenir, avec soin la masturbation chez les jeunes garçons, parce qu’il est reçonnu que les personnes d’une constitution lymphatique sont souvent disposées à. des habitudes vicieuses , à des excès dans les plaisirs de l’amour, qui peuvent les épuiser , et favoriser le développement de la maladie, scrofuleuse. Il faut avoir soin de soumettre leur, corps à beaucoup d’exercices , et éviter de les faire coucher dans des lits mous. II faut qu’ils évitent les travaux d’esprit, trop, soutenus , les veilles prolongées , et tout ce qui peut les affaiblir , comme les dévoiemens, les hémorrhagies , et surtoutl’abus des purgatifs, des vomitifs , des saignées, des sangsues, des bains tièdes et. les excès de tout genre.
11 faut qu’ils conservent l’habitude d’une grande propreté, des frictions, des bains froids, qu’ils continuent à jouir d’un
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air pur, d’une habitation saine, à faire choix de bois*ons , d’alimens convenables; qu'ils usent avec modération d’un vin généreux , de café , de quelques vieilles liqueurs alcoholiques ; qu’ils choisissent de préférence leurs alimens dans le règne animal ; qu’ils soient aussi modérés pour la quantité que délicats pour la qualité ; qu’ils prennent habituellement de bons consommés ou des bouillons de bœuf et de poulet , des viandes rôties de volaille , surtout de canard , de pigeon , de grive , de mauviette , quelquefois de veau , plus souvent de mouton ; après viennent les œufs frais , de bons légumes préparés au jus de viande, etc. ; éviter en général les alimens qui fournissent assez de chyle, mais trop peu excitans , comme le lait, les .pâtes, les mueilagineux acides et peu sucrés, les pommes de terre, les haricots , les châtaignes, certains légumes comme la blette, l’oseille, la laitue, le pourpier, le potiron, etc. ; certains fruits acerbes ou trop doux, la chair des jeunes animaux, les substances grasses, huileuses, les fritures, le fromage (i).
En employant tous ces moyens hygiéniques, en combattant de çette manière et jusqu’à l’âge mûr les prédispositions innées ou^héréditaires à la maladie scrofuleuse , on parviendra infailliblement à la prévenir et à jouir d’une santé pleine et vigoureuse.
SEVRAGE. Nous avons dit, article àixaitement , que le lait de la mère était le premier aliment que la nature avait destiné au nouveau-né, que les cas où l’on était dans la nécessité de recourir à une nourrice étrangère' étaient très-rares, et que plus rares encore étaient ceux où l’on était obligé de recourir à l’allaitement artificiel, au moyen du biberon. Nous ne reproduirons pas ici les raisons que nous avons rapportées à ce sujet. Passons à une époque un peu plus avancée de la vie de l’enfant. Dans les premiers mois de Son existence , le lait est la seule nourriture qui soit appropriée à ses organes digestifs. Mais peu à peu , à mesure que ees organes se développent et qüe ceux de la mastication commencent à recevoir de l’aptitude à remplir, leurs fonctions, l’enfant s’essaie, à mordre les objets q'û’il peut porter à sa bouche , et l’instioct commence à lui annoncer qu’il lui faut un nouveau mode d’alimentation. Mais si tout se passe conformément aux voéux de la nature, ce n’est que lorsque la première dentition est achevée qü’il abandonne entièrement le sein de sa mère et qu’il est complètement sevré. « La condition de l’homme en ce point, dit
(ij Mongellaz, ouvrage cité.
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M. Desormeaux, comme dans tous les autres points de son existence qui ne sont pas du ressort de son intelligence, est la même que celle de tous les autres mammifères. L’époque naturelle du sevrage est aussi pour lui celle où sa première dentition est achevée ; mais dans le mode d’exécution de nos fonctions il n’est rien d’absolu. Elles peuvent errer, s’il est permis de parler ainsi , entre de certaines limites , sans que notre existence soit compromise ; mais non sans que nous éprouvions quelque souffrance, sans que nous courrions quelques risques , quand elles s’éloignent notablement du point que l’on doit regarder comme normal. Les risques augmentent d’autant plus que l’on s’éloigne davantage de ce point. Ces remarques s’appliquent directement à l’allaitement et au sevrage : rarement attend-on pour sevrer un enfant qu’il soit arrivé à l’époque fixée par la nature. Rarement aussi voit-on résulter des inconvéniens de ce sevrage anticipé, quand il se fait à une époque encore assez rapprochée de ce terme , surtout si l’enfant a été accoutumé peu à peu à sa nouvelle nourriture; mais il n’en est pas de même lorsqu’on sèvre l’enfant à une époque encore voisiné de la naissance. Les dangers qu’il court sont d’autant plus grands qu’il est moins âgé ; ils Sont très-grands, surtout quand on lui donne, dès l’instant de sa naissance, une nourriture autre que le lait puisé au sein de sa mère ou d’une nourrice. » Il serait assez difficile de déterminer l’époque à laquelle on peut commencer à donner avec le lait une nourriture plus substantielle. Cependant y on peut poser en principe qu’il faut s’en tenir au lait de la mère tant que l’accroissement et l’embonpoint de l’enfant annoncent que cette nourriture est suffisante. En général, il est rare que l’on soit obligé de recourir à un supplément de nourriture avant six ou sept mois, et même beaucoup plus tard si l’enfant se porte bien. Les nourrices, surtout celles des campagnes , sont dans l’habitude de donner dès les premiers jours à leurs nourrissons de la bouillie préparée avec la farine de froment et le lait de vache , et, peu de temps après, elles leur font prendre des alimens beaucoup plus substantiels : c’est une mauvaise méthode ; les organes digestifs des nouveau-nés sont trop irritables pour être appliqués à une autre nourriture que le lait, dont la digestion est déjà faite à moitié. On ne devrait jamais Oublier ce principe , que moins nos alimens sont composés , plus" ils sont à l’avantage de la santé et des forces du corps. Donner aux nouveau-nés de la bouillie ou du bouillon pour calmer les colt-, ques, comme on le prétend, est une absurdité'. Un bon lait est le meilleur et Je pli^ salutaire des caïmans; et s’il ne réussie sait pas à produire cet effet, on aurait recours à la diète , à l’eau